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Patris Mortem [10-11-12/06/1842]

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Sarah Spencer
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Sarah Spencer
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Race : Humaine (Hunter)
Classe sociale : Aristocrate
Emploi/loisirs : Hunter
Age : 21 ans
Proie(s) : Les êtres de nuits mais plus particulièrement les vampires.
Patris Mortem [10-11-12/06/1842] Empty
MessageSujet: Patris Mortem [10-11-12/06/1842] Patris Mortem [10-11-12/06/1842] Icon_minitimeLun 28 Sep - 20:30

Patris Mortem


Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.



[11/06/1842]

Lord Dorian Spencer était mort.

La mauvaise toux que traînait l'homme depuis quelques semaines s'était empiré, surtout après l'épisode du bal. Pris par ses affaires, le refus du contrat de mariage par le Comte Keï, les drames de Sarah et ceux de son épouse, Mr Spencer avait refusé de voir un médecin, par manque de temps et de conviction (que des charlatans disait-il). Mais son état s'était empiré jusqu'à atteindre le point de non-retour...

C’était deux jours après le retour de l’héritière de la campagne. L’aube venait à peine de se lever que les domestiques s’étaient mis au travail. L’on s’afférait à préparer le déjeuner, à ouvrir les rideaux, à lever la maisonnée. Dehors, les oiseaux chantaient, une magnifique journée de juin qui s’annonçait bien ensoleillée. En passant par la chambre du maitre, Albert, son majordome, constata que celle-ci était vide. Cela n’avait rien de surprenant. Il arrivait souvent que Dorian passe une partie de la nuit penchée sur ses affaires au point de le trouver assoupis dans son bureau le matin. Descendant au rez-de-chaussé, le majordome cogna à la porte du bureau sans obtenir de réponse. Peut-être Monsieur Spencer avait-il passer la nuit à son club? Avec délicatesse, Albert ouvrit la porte, surpris de voir que les bougies s’étaient éteintes, complètement consumée. Pourtant, Lord Spencer était un homme économe qui n’oubliait jamais d’éteindre les chandelles. Un livre était tombée au sol et les rideaux étaient encore fermer. La pièce baignait dans le noir le plus total. Incapable de percer l’obscurité, le vieil homme alla ouvrir les tentures pour éclairer un peu. La lumière de juin entra alors par les grandes fenêtres, éclairant de ses rayons dorée la pièce austère du père de famille. Au début, Albert cru que le maître dormait. La tête du grand homme était posé contre les oreilles de son fauteuil préférée dans une position confortable, légèrement inclinée sur le côté. Avec ses yeux fermer, il semblait assoupi, presque paisible. Le livre au sol semblait avoir chuté des mains endormies de l’homme. Mais en s'approchant, le majordome fut forcé de constater que son maitre ne dormait pas. Aucun souffle ne sortait plus de son corps inerte. Sa peau déjà froide, semblait de la même texture que la cire. Cela ne laissait aucun doute.

Lord Dorian Spencer était mort.

La maison tout entière fut alors saisit par le malheur. Les domestiques furent les premiers avisés de la situation, Albert cherchant de l’aide pour se convaincre qu’il avait mal vue la scène. Ceux-ci étaient rassemblé dans la cuisine des domestiques, terminant leur petit déjeuner avant le levé de la maison. Lorsque le vieux majordome entra, ils surent aussitôt que quelque chose était arrivé. Personne n’avait jamais vue Albert courir dans les couloirs. En moins d’un instant, ils envahirent le bureau de monsieur, le jardinier et le garçon d’écuris courant chercher la police. Anna, en brave fille, alla vérifier le poult de monsieur, avant d’en aviser la gouvernante qui se signa aussitôt. Juste ciel, le maitre, mort? C’était surréaliste. Puis les domestiques se regardèrent de nouveau. Il fallait prévenir Lady Spencer. Mrs Groove alla réveillée la dame qui descendit aussitôt, sans prendre le temps de s’habillée. Frappée par l’émotion, Lydia s’évanouie à la vue de son époux, incapable d’accepter cette terrible nouvelle. On alla chercher des sels pour réveiller la maîtresse de maison tandis que deux domestiques entraînait Mrs Spencer dans une autre pièce. C’est à cet instant que le gardien arriva, Bentley le fidèle chien sur ses talons. Il avait été surpris de voir le jardinier et le garçon d’écuries sortir du domaine à la course, comme si le diable était à leur trousse avait il penser. Toutes les voix s’élevèrent au même moment pour raconter une partie de l’histoire et la terrible nouvelle qui en découlait. Un véritable brouhaha envahis dans le corridor car personne n’osait entrer dans le bureau du maître.

C’est au milieu de toute cette agitation qu’apparut Sarah, alerté par les cris.


-Que ce passe-t-il?

La fière jeune fille se tenait dans l’entrée du couloir, vêtue seulement de sa chemise de nuit et de sa robe de chambre. Ses cheveux défaits encadraient son visage sévère et elle dévisageant les domestiques qu’elle tenait responsable de toute ce boucan. Que faisait ils là a une heure aussi matinale. Un pesant silence s’installa. Même Mrs Groove en oublia les sels qu’elle tenait à la main pour réveiller Lady Spencer. Personne n’avait songée un instant à prévenir l’héritière de la maison. Les domestiques s’échangeront un regard atterré : Qui allait donc annoncer la terrible nouvelle?

Il y eut un nouvel echange de regard qui s’arrêta sur la gouvernante de la maison. De sa voix la plus solonelle, Mrs Groove présenta ses condoléances à l’héritière de la famille. Sarah se figea alors, sans comprendre. C'était comme si son cerveau refusait d'endurer une douleur supplémentaire. Lord Spencer était mort? Son père était mort? Que racontait-elle? Mort? Impossible! La chasseuse traversa brutalement le petit groupe pour aller voir d'elle-même ce qu'il en était. Incapables qu’ils étaient ils avaient sûrement confondus. Il arrivait souvent que son père dorme profondément. Cela devait être ça, Albert avait dû s’en faire pour un rien encore une fois. La Chasseuse s’approcha d’un pas determiner vers son père, le secouant doucement. Il fallait qu’il se réveille, il ne pouvait pas être mort, ce n’était pas possible. Elle sentit la froideur du mort contre sa main et sursauta. Des larmes envahirent les yeux bleus de la jeune femme. Non, non, non, ce n’était pas possible. Elle secoua plus fort son père pour qu'il se réveille. Elle martela sa poitrine de coup, criant comme une hystérique, lui ordonnant d’ouvrir les yeux. Les domestiques assistèrent impuissant à cette triste scène. Aucun mot n’arrivait à calmer l’héritière. Édouard finit par la tirer par le bras, cherchant à l’envelopper dans ses bras pour qu’elle se reprenne. Madame Spencer qui venait à peine de se remettre, pleurait en de gros sanglot dans le corridor. Lla douleur fit lentement un chemin jusqu'au cœur de la jeune fille éploré. Le corps de Sarah se mis à trembler tandis que ses mains refermées sur le veston froisser de son pere agrippait le tissu dans un geste de désespoir. Il ne pouvait pas être partît. Pas comme ça. Pas maintenant. Mais la mort était une implacable invité qui n'annonçait jamais réellement sa visite. Incapable de supporter la situation et toutes ces mains qui tentaient de la réconforter, la Chasseuse se redressa brusquement, repousant les domestiques d’une force qu’il ne lui connaissait pas. C’était l’un de ses nouveaux cauchemars. Elle allait se réveiller dans quelques instants au milieu de son lit et soupirerait de soulagement. La magicienne sortit de la maison d’un pas précipité. Ce n’était qu’un rêve. Ce ne pouvait pas être réelle. Pourtant elle sentait le soleil contre sa peau. Elle sentait le vent qui lui fouettait le visage. Elle sentait sa chemise de nuit s’accrocher aux longues herbes et aux buissons qui ponctuait les jardins. Ce n’était qu’un rêve, ce ne pouvait pas être réel. Le pied de la magicienne buta contre la racine d’un imposant chêne qui trônait près du mur de l’enceinte du parc, arrêtant brusquement sa course effrénée. Le rêve s’effaçait pour laisser place à une vérité implacable. Son père était mort. Sarah se laissa tombée à genoux dans l’herbe, restant immobile, incapable de refouler la douleur qui la paralysait. Le souffle lui manquait, l’air était trop pauvre pour remplir ses poumons et le chagrin qui lui comprimait la poitrine. Sa main s’appuya contre l’arbre cherchant un appui mais elle ne fit que glisser contre l’écorce mouillé par la rosée. La brulure des réaflure contre sa paume la transperça comme la foudre. Tout ceci était bien réel. Incapable de contenir plus longtemps la douleur, la rage, la peur et la souffrance qui secouait l’héritière, elle posa ses deux mains contre l’arbre, poussant contre sa force de la nature en un cris déchiant. La violence de ses sentiments la subergea comme un rez de maré et elle sentit la magie affluée contre sa paume dans un élan destructeur. Les flammes embrasèrent l’arbre tout entier, serpent tortueux s’enroulant contre l’écorce de l’arbre et ravangant ses branches tournées vers le ciel.


†††††

Depuis l’événement, un terrible silence s'était saisit du manoir. L’imposante demeure s’était figé dans un silence immuable, frapper d'une terrible malédiction. Les portes du domaine qui s’étaient ouvertes quelques jours plutôt demeuraient à présent close et plus rien ne subsistait de cette magnifique soirée qui en avait fait rêver plus d’un. De large tenture noir avaient été fixée aux fenêtres annonçant que le domaine était en deuil. Les policiers s’étaient présentés, puis le médecin et enfin l'embaumeur. La cause du deces avait rapidement été trouvée : Dorian était mort d’une terrible toux. Son secrétaire particulier avait confirmé à l’inspecteur que l’homme était malade depuis un certain temps. Une mort naturelle en somme. Une veillée funèbre fut annoncée. Comme le voulait la coutume, le corps de monsieur Spencer fut installé avec le plus grand soin dans un cercueil aux couleurs sombres dans le grand salon où les domestiques se relayaient afin de veiller sur le défunt. On avisa le journal qui planifia pour sa deuxième édition de la journée l’avis de décès du Lord. À midi, toute la bonne société avait après cette nouvelle tragédie.

†††††



[11/06/1842]
Une journée pluvieuse se levait. Dignitaire, amis et membres de la famille avaient été invité à la demeure pour rendre un dernier hommage au grand homme. Madame Spencer, en bonne aristocrate, surmontait sa douleur au milieu des convives. Une lady se devait de tenir sa place, même dans les périodes les plus sombres. Elle avait revêtu une magnifique toilette de satin noir qui habillait sa silouhette d’une elegance rafinee. Ses cheveux blonds remontée contre sa tête laissaient voir les rides qui plissaient le coin de ses yeux. C’était elle qui avait tout organiser les obsèques et qui serrait les mains de ceux venu offrir leur condoléance avec chaleur. Ses remerciements chaleureux, ses larmes discrètes, ses sourires compatissants, elle était l’incarnation même de la Grande dame. À ses côtés, l’héritière de la famille Spencer faisait de son mieux pour lui ressembler. Sarah gardait la tête haute, la hochant simplement en guise de réponse aux questions qu’on lui posait ou encore aux condoléances des parfaits inconnu qui défilait devant elle comme un amas de visage fantomatique. D’aucun n’aurait pu la qualifié d’agréable mais il se dégageait de sa personne une dignité et une prestance qui faisait fuir les plus curieux. Sa mince silhouette enveloppée dans une robe noire, elle semblait plus pâle que jamais. D’énormes cernes violets marquaient le contour de ses yeux rougis et donnait à son regard un expression vide et sans vie. Ses cheveux bruns avaient été remonter en un chignon sévère où aucune mèche ne s’échappait. Seul un discret ruban pourpre fixait l’arrière de sa chevelure contre sa tête. Anna avait insisté pour utiliser un ruban noir mais lorsque la jeune fille l’avait vue s’approcher avec le morceau de tissus, elle avait refusé catégoriquement de le porter. L’odeur de rose blanche lui avait été insupportable. Près des jeunes femmes, se tenait Blake, qui observait la Chasseuse d’un air grave. Vêtu pour les circonstances, il continuait d’agir comme une ombre derrière la jeune Spencer. Il avait été l’un des premiers à arriver sur les lieux, croisant les agents de police en cette matinée ensoleillée tandis qu’ils sortaient le corps de la maison en compagnie de l’embaumeur. Comprenant le malheureur qui avait frappé la famille, Blake avait été présenter ses condoleances à Lady Spencer qui se trouvait déjà avec son amie Margaret. Les deux femmes prenaient en charge les funérailles. Il y avait tant à faire. Un fleuriste devait passer, le fiacre qui transporterait la dépouille jusqu’au cimetière passerait après demain. Malgré les larmes, Lydia s’était montrée d’une redoutable efficacité. Blake avait parcouru la maison avant de retrouver la Chasseuse assise sur les marches de la terrasse. Pas le moindre mot n’avait franchi ses lèvres serrées. Et depuis, rien n’avait pu faire sortir la belle du terrible mutisme dans lequel elle s’était enfermée. Pas même ses amis qui étaient passer la voir. Il y avait eu Loic qui était venu leur offrir ses sympathies et ceux de sa tendre épouse qui n’avait pu se déplacer, sa grossesse la forcant à garder le lit. Même Hortense avait quitté le Club pour venir lui offrir son soutient dans cette terrible épreuve. Mais rien n’avait réussi à faire réagir Sarah. C’était comme si elle s’était enfermée dans un monde parallèle où rien ne la faisait réagir. Rien, si ce n’était qu’un silence implacable.

11h00

12h00

13h00

14h00

La grande horloge du salon sonna 15h00 et Anna passa parmi les invités, un plat de sandwich à la main. Sarah, assise sur l’une des chaises dans un coin du grand salon observait le cercueil de son père. Installé dans l’une des extrémités de la pièce, il était entouré de gens qui discutaient, se rappelant les explois et bon coup financier du père de famille. La fois mémorable où il avait bien discuté de son point à la chambre des lords, de cette partie de carte que tous croyaient perdue d’avance, de ses placements judicieux.

Tout cela lui donnait envie de vomir. Il n’y avait aucune anecdote personnelle, aucun ne le connaissait vraiment. Pendant un instant, la magicienne s’imagina à son tour, étendue sur le satin blanc, le corps recouvert d’un linceul. Qui serait venue lui rendre un dernier hommage? Qui aurait pu prétendre la connaitre réellement? Et dire qu’il existait une solution, une échappatoire à cette mort implacable... Les yeux bleus de la jeune femme se posèrent sur sa main gauche où elle sentait sa plaie lui bruler sous son gant. Était-ce cela que tentait de lui dire l’étrange apparition de ses songes? Une main se posa alors sur la sienne, coupant court à ses réflexions. La chasseuse tourna la tête vers l’homme qui lui tenait la main, le remarquant pour la première fois. Depuis combien de temps était-il là? Elle le dévisagea longuement, comme si elle le voyait pour la première fois. La belle ignorait qui était cet homme, sa mémoire refusnt de faire l’effort de se rappeler de son nom. Que lui disait il déjà? Besoin d’aide? Soutient pour sa famille? Compter sur lui? Non, elle ne pouvait compter sur personne. Un malaise s’installa et bientôt le jeune homme la lacha, bégayant, rougissant avant de s’éclipser en silence. Mais que pouvait-il bien lui vouloir? Ah oui, il lui avait offert de la réconforter. Futile discours d’un idiot.

Mais alors que Sarah croyait avoir surmonter la situation, un mouvement des invités lui fit tourner la tête. Un photographe venait d’arriver, son équipement sur l’épaule. Son air solennel avait quelque chose de factice, comme un mauvais comédien qui aurait répété son rôle sans savoir y mettre l’émotion adéquate. Il discuta quelques instants avec Lady Spencer avant de déposer son appareil près du cercueil. L’héritière le regarda faire sans comprendre. La photographie post-mortem était une chose courante à leur époque et représentait bien souvent le seul souvenir tangible que pouvait posséder une famille, mais la Chasseuse ne voyait pas ce qu’il faisait ici. Elle regarda le photographe installer sa lentille et son imposant appareil sur un trépied. Son visage déjà si pâle se mit à perdre toute ses couleurs. Alors que le photographe approchait sa main pour ouvrir les yeux sans vie de son père, la réaction de Sarah fut plus rapide que sa pensée. D’un geste brusque, elle saisit le bras de l’homme l’agrippant de manière si dure, qu’il sursauta en se retournant vers elle. Le regard noir et remplis de haine qu’elle posa alors sur le photographe le figea complètement. Jamais il n’avait vue une telle expression dans des yeux aussi pur. La Chasseuse bouillait intérieurement. Comment osait-il porter la main sur son père? Comment osait-il le toucher comme s’il n’était qu’une vulgaire poupée? La colère lui fit serrer d’avantage les doigts, arrachant une grimace de douleur à l’homme. Pour peu, elle l’enflammerait directement sur place, elle le pousserait par la fenêtre lui et son équipement de pacotille elle


-Sarah

L’héritière cligna des yeux. Sa mère près d’elle avait posé sa main contre son dos, se penchant à son oreille comme pour lui faire une confidance mais son ton était tranchant.

- je t’en prie, ne fais pas de scène...

Les murmures dans la salle enflèrent et quelques visages se mirent à les observer avec attention. Au prix d’un effort sur-humain, Sarah dessera ses doigts un a un avant de relacher le bras du photographe qui en profita pour masser son membre meurtris. Les voix se mirent à enfler et un véritable vromissement envahis la pièce. La magicienne remarqua alors les visages scandalisés et les dames qui marmonnaient derrière leur évantailles.

Sans un mot, l’héritière tourna les talons et sortir de la pièce, trouvant refuge dans l’escalier qui menait au deuxième. Loin de tous ces gens, elle d’autorisa à respirer de nouveau. La rage battait à ses tempes et ses poings serrers tremblait de colère. Elle sentait la haine envahir son cœur comme un poison violent. Elle voulait tout bruler, tout détruire. Elle avait envie de renverser les meubles, brûler la tapicerie. Pour peu elle aurait mis le manoir en cendre. Mais cela ne lui apporterait aucune satisfaction. Elle était inconsolable.

18h00 sonna. La veillée allait encore se poursuivre jusqu’à très tard ce soir et les domestiques s’afférait à ce qu’il y ait de la nourriture en permanance. Le fleuriste avait apporté la couronne mortuaire et l’odeur des chrysanthèmes remplissait à présent l’air. La mise en terre aurait lieu demain. Après le départ du photographe, elle était redescendue, reprenant sa place de figurante devant la tragédie. Des membres de la chambre des Lords étaient passé, un messager personnel de la reine avait apporté ses condoléances. À chaque fois, le même discours avait été prononcé. Au bout de quelques heures, incapable de supporter plus longtemps son mutisme, sa mère lui avait permis de se retirer quelques instants. Plonger dans le silence du deuxième étage, la jeune femme cherchait à reprendre son souffle. Son verre de vin entre ses doigts tremblant, l’héritière entendit les pas des visiteurs qui commençait à quitter l’endroit. Ses yeux purs fixaient la fenêtre où le paysage avait complètement disparut derrière un rideau d'eau qui ruisselait contre la vitre. Comme elle aurait voulu pouvoir pleurer autant. Vider son cœur et son âme de toute la douleur qu’ils renfermaient. Mais sa peine était comprimée derrière une terrible rage qui enserrait son cœur. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle sentait la colère gonfler dans ses veines elle sentait ses pouvoirs qui lui échappait. Parmis les murmures qui lui parvenait elle entendit son nom résonner à quelques reprises. Elle les entendait la traiter d'enfant ingrate et faible. Une vraie lady aurait affronté la mort et aurait accueillis les invités au côté de sa mère. C'était encore aux yeux de tous une enfant. Mais Sarah n'en avait que faire, qu’aurait-elle pu dire à cette foule dont elle ne connaissait pas la moitié des visages.




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Patris Mortem [10-11-12/06/1842] Sans_t10
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Patris Mortem [10-11-12/06/1842]

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