L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42]

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Comte Keï
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Race : Vampire
Classe sociale : Aristocrate
Emploi/loisirs : Lord / Metteur en scène
Age : 589 ans
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Proie(s) : Les Humains (pour se nourrir) et tout ceux qui se mettront en travers de son chemin.
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MessageSujet: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Ven 8 Juil - 12:08

[HRP/ Après "Soupir éthéré"/HRP]

Non loin du King's College, dans le hall de l'Architecte, une dizaine de personnes se saluait autour de petits fours. Chacun tenait une coupe de vin et affichait des sourires de circonstance. Parfois, le masque de l'hypocrisie sociale tombait et un pli plus sombre venait tracer aux coins des lèvres une entaille profonde d'ennui ou d'embarras. Il arrivait aussi que ce sourire soit franc. Cela devenait rare, mais Sir Barry avait pris soin de rassembler des invités qui avaient tous une chose bien précise en commun et dont ils seraient bien vite amenés à discuter : l'art du théâtre.
Certains visages figuraient souvent dans les journaux, d'autres, plus discrets, se demandaient sans doute ce qu'ils venaient faire dans cette soirée. A l'évidence, l'Architecte voulait redonner de l'importance au théâtre qu'il venait de rénover pour le lord Keisuke, mais cette démarche quelque peu cavalière pour les lier les uns aux autres cachait une stratégie que beaucoup tentaient de comprendre.
Près d'une haute plante tropicale qui donnait à ce hall majestueux une touche d'exotisme et de fraîcheur, deux hommes discutaient vivement. C'était Hamish Lawson, duc de Bracknell, un fier comédien qui tenait le rôle de Scapin dans les pièces que mettait en scène le très renommé Elliot Leeroy, et Raymond Parrish, le mari de la belle cantatrice connue sous le nom de Lys Rouge. Ils se connaissaient de longue date et avaient accepté l'invitation de Sir Barry uniquement par curiosité. Ce dernier était occupé à accueillir les invités avec moult courbettes et les deux amis l'observaient en riant un peu de ses manières parfois burlesques.

Au bout d'un moment, alors que le hall bruissait déjà de robes et que les petits fours diminuaient à vue d'oeil, Hamish tendit le cou et donna un bref coup de coude à son comparse.


- Qui est-ce ? demanda-t-il en regardant l'entrée avec insistance.

- Vous ne la connaissez pas ? s'étonna Raymond Parrish en apercevant la magnifique rouquine qui venait d'entrer.

Le jeune duc afficha un air intrigué et leva un sourcil en tendant un peu plus le cou pour mieux apercevoir la jeune femme.


- Le devrais-je ?

Elle portait une crinoline vert pâle à rubans blancs. Ses cheveux frisés étaient d'un roux flamboyant. Relevés sur sa nuque en une coiffure élaborée avec soin, ils brillaient de petites perles de nacre. Cette femme rayonnait non seulement par sa beauté éclatante mais aussi par son sourire joyeux qui donnait à ses pommettes tachetées un arrondi enfantin.

- Allons mon ami, répondit le grand brun avec une moue interloquée, c'est celle qui dirige toutes les pièces du lord Keisuke. Miss Ghrianstad...Elle l'accompagne toujours lorsqu'il s'agit de dîners mondains. Il se pencha en avant pour murmurer dans l'oreille de son ami. Comme pour entrer en confidence et être certain que nul autre ne pouvait l'entendre, il plaça même sa main en paravent près de sa bouche. Beaucoup disent qu'ils sont amants, mais je n'y crois pas une seconde...

- Vous devriez peut-être...souffla le duc en pouffant dans sa moustache.

Le Comte entra à son tour. Même à cette distance, il était facile à repérer et à reconnaître avec sa taille de géant et à ses longs cheveux blancs, même si ce soir il les portait en catogan.
Hamish frissonna. Il n'avait jamais eu l'occasion de s'adresser au lord et appréhendait un peu leur rencontre. En vérité, ils étaient rivaux sur le plan professionnel et ils se disputaient un peu la scène depuis quelques années. Il craignait que ses performances et ses accointances avec le metteur en scène du petit théâtre ne lui soient défavorables...


- Bon sang...J'ai beau l'avoir vu dans les journaux et aperçu de loin près de Buckingham, je ne peux m'empêcher de le trouver étrange...et effrayant.

Raymond grimaça à son tour.

- Attendez de voir ses yeux...On dit qu'il est albinos mais moi je pense qu'il est malade...

Les deux hommes se jetèrent un regard entendu et se turent pour observer le géant. Ce dernier venait de remettre son haut de forme et son manteau à l'un des domestiques avant de serrer la main de Charles Barry après avoir enlevé son gant droit. Son sourire paraissait franc et sa poigne appuyée. Il était de notoriété publique que le Comte et l'Architecte étaient bons amis. D'ailleurs, ce dernier n'attendit pas qu'un plateau ne vienne à eux pour aller quérir deux verres de vin par lui-même : le premier était pour le lord et le second pour sa compagne. Puis il attrapa son propre verre qu'un domestique lui tendait et trinqua avec eux en toute simplicité.

*************
 

Jirômaru n'avait que faire des regards posés sur lui. Il en avait l'habitude. Ce soir, il s'était donné deux missions : presser l'Architecte dans les travaux de restauration du théâtre et recruter quelques femmes pour ses pièces. Leurs maris pouvaient bien le dévisager toute la soirée, il ne comptait pas s'en préoccuper.

- Sir Barry, je suis heureux de vous revoir.

- Ah ! Monsieur le comte, je suis ravi que vous ayez accepté mon invitation. L'Architecte but une gorgé de son vin et continua avec entrain. Comment se porte votre genoux ? Vous avez l'air de marcher de nouveau normalement !

Jirômaru grimaça un peu et remua la jambe devant le petit homme.

- Même si c'était une méchante blessure, la balle n'a pas touché l'os. Je vais bien mieux, merci de vous en soucier. Le Vampire se força à boire une gorgée de son vin lui aussi, histoire de paraître humain, puis il reprit : Et vous, où en êtes-vous dans les réparations ? J'ai hâte de pouvoir reprendre mes activités.

Son hôte parut un peu gêné mais il répondit avec une apparente tranquillité.

- Le sol et les murs sont déjà repeints. Les sièges sont neufs et installés. Ce qui prend du temps, ce sont les fresques des plafonds. J'ai besoin de plus de main d'oeuvre mais les ouvriers sont occupés aux tanneries ou aux champs. Et puis, vous savez, c'était...le 11 mars si je ne m'abuse, un peu plus d'un mois, à peine. C'est encore très récent.

Les souvenirs de l'attentat rejaillirent dans l'esprit du Comte et Ambre pressa un peu son bras. Les Hunters, l'incendie, Sarah...Oui, c'était encore très récent...et douloureux.
Se raclant doucement la gorge, le Vampire préféra changer de sujet.


- Prenez le temps qu'il faudra, Charles. Pour l'heure, je dois recruter des comédiens, et plus particulièrement des comédiennes d'ailleurs. Ma troupe manque de femmes.

- Ah ! Oui, j'ai entendu ça oui...Mais vous avez déjà réussi à recruter la marquise de Runaway, non ? J'aurais peut-être dû l'inviter...

Le Comte sourit.

- En effet. Madame la marquise nous a fait le plaisir de rejoindre notre troupe. Elle a une voix merveilleuse. Mais ce n'est pas suffisant, nous manquons toujours d'actrices.

L'Architecte leva son verre et sourit au lord avec complicité.

- Ne vous inquiétez pas, j'ai convié les meilleurs comédiens de la capitale. Chanteurs, acteurs, costumiers...nous seront une bonne vingtaine ce soir et il y aura de nombreuses femmes. J'ai pensé à vous et à votre dernière lettre en préparant cette petite soirée...

- Vous m'en voyez ravi Sir, fit le Vampire en lui posant une main sur l'épaule.

- Allons, je vous laisse aux petits fours et je vais saluer ceux qui arrivent. Nous nous retrouverons autour de la table. Vous êtes à ma droite. Et vous verrez, nous avons mis le service à la russe, ça promet d'être amusant...héhé !

Jirômaru leva les yeux au ciel et poussa un peu en avant le brave homme pour s'en débarrasser.

- Quelle drôle d'idée...Allez, je vois un jeune couple arriver. A tout à l'heure.

Se tournant vers Ambre qui riait derrière sa main gantée, l'ancien samouraï soupira en souriant. Cet homme-là avait le don de le mettre de bonne humeur quelles que soient les circonstances.

- Détendez-vous maître, et profitez un peu de cette soirée. Oubliez ce qui vous chagrine...

Comment oublier... ? Sarah restait introuvable, il détenait deux Camarilliens sous l'opéra, un duel était prévu contre Crimson, Raphaël était sous la protection de Drake...Sans compter qu'une menace inconnue se dirigeait vers la capitale...
Jirômaru soupira à nouveau et se força à sourire.


- Oui. Je te l'ai promis. Allons saluer les invités.

Ambre pressa à nouveau son bras avant que tous deux ne se dirigent vers les petits fours et les autres convives. Courbettes, politesses mondaines et présentations en bonnes et dues formes furent de mise. Le Comte connaissait une grande majorité des personnes présentes. D'ailleurs, ils étaient quatre Vampires parmi les invités. Un autre couple vint en effet les saluer brièvement : c'était John Harris et sa femme, Amélia Harris, tous deux comédiens et Indépendants. Le Comte les connaissait de longue date, aussi leur discussion fut-elle un peu plus longue qu'avec les autres.
Certains invités lui étaient cependant encore totalement inconnus, du moins de visage. En général, il s'attardait sur ces derniers, surtout lorsqu'il s'agissait de femmes. De son côté, Ambre observait les manières de chacun et sélectionnait déjà celles qui valaient la peine que l'on s'intéresse à elles...


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Dernière édition par Comte Keï le Mer 10 Aoû - 11:07, édité 1 fois
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Mar 9 Aoû - 23:19

[HRP/ Après "La crainte d'un espoir"/HRP]

Le grand soir était enfin arrivé. Depuis le temps que les Hunter attendaient ce moment, de pouvoir s'approcher enfin du monstre qui régnait sur Londres dans l'ombre ! L'inquiétude naissait mais l'espoir d'y voir enfin le bout s'emparait de ces jeunes gens emplis de rêves et de volonté. Chacun haïssait ces créatures pour une raison qui leur était personnelle ou bien un peu plus héroïque mais aucun ne se sentait capable d'abandonner leur quête. La nouvelle d'une invitation pour Katherine avait tout chamboulé, ils ne cherchaient plus à savoir comment l'approcher mais désormais comment le piéger. Leurs plans avançaient et leur courage s'amplifiait. Oh oui, ils ne pouvaient plus échouer,ils avaient ce qu'aucun autre ne possédait, une volonté de fer, des rêves, de l'ambition et un cœur, un cœur qui battait et qui les lançait à la poursuite de criminels assoiffés de sang. Ils n'y avaient plus plusieurs personnes, ils ne formaient qu'un, oui, les Hunter n'étaient qu'une seule et même personne, la voix de la justice, de la liberté. Un seul but, plusieurs âmes, une arme destructrice.

Peu après l'arrivée du courrier, Katherine passa du temps avec ses nouveaux compagnons et en particulier avec Alexender son amant de quelques nuits. Il s'inquiétait pour elle, elle n'en doutait pas. Elle connaissait les risques qu'elle encourait et y aller avec une certaine impatience cependant l'angoisse la dévorait de l'intérieur et elle pensait incessamment à tout ce qui pourrait arriver à elle ou bien à ses amis. Et si on la torturait ? Et si elle les livrait ? Oh non, elle ne devait pas penser à ça, elle était résistante e forte, elle ne se laisserait pas avoir aussi facilement.
Dans le manoir des Thornes la jeune femme se préparait. Dans son bain déjà Michael s'occupait de ses cheveux. Il les rendait plus soyeux encore qu'ils ne l'étaient la veille et les démêlait avec douceur. Il les parfumait avec un savon à l'odeur délicieuse puis les rinçait délicatement afin de ne pas abîmer ses belles boucles brunes. Lorsqu'elle eut fini de passer ses mains sur son corps, la Comtesse se leva et laissa le lycanthrope la laisser tandis qu'elle restait muette. Elle réfléchissait, à tout, son comportement, ses prestations. Londres l'aimait t-elle ? Oui, du moins seulement pour ses représentations. Elle était douée, cela ne faisait aucun doute, douée mais pas pour autant la meilleure, elle n'y consacrait plus assez de temps mais elle savait dévoiler son talent lorsqu'elle se retrouvait en présence de personnes importantes. N'avait-elle pas été comédienne pour la Cour de Hongrie ? Le roi n'avait-il pas apprécié ses prestations ? Ne l'avait-il pas accueilli contre son cœur ? Oh oui… Peut-être réussirait-elle encore aujourd'hui. Katherine devait être naturelle, elle ne devait pas jouer la comédie, le Comte ne serait pas dupe, non, elle devait simplement se mettre en tête une chose : c'est un humain. Avec cette pensée elle pourrait lui accorder ses moindres désirs et rester avec lui sans éprouver le moindre dégoût. Encore fallait-elle qu'elle y arrive. Elle avait peur qu'il la perce à jour, lui qui ne savait pas grand-chose sur elle. Simplement peut-être qu'elle était comtesse et comédienne. Elle avait toutes ses chances, nul ne se doutait de ses escapades nocturnes et de ses meurtres.

Quelques temps plus tard, un fiacre noir comme les ténèbres s'élançait dans la nuit sombre. Tiré par deux frisons à l'allure élégante il renfermait pour sûr des personnalités soit importantes soit assez riches pour que tous les regards  se tournent sur leur passage. Lorsque la voiture s'arrêta enfin, un premier homme descendit du petit escabeau que le cocher venait de placer sous son pied. Il se dirigea de l'autre côté de la diligence et ouvrit la portière. L'homme à la chevelure brune tendit sa main et une autre plus fine et féminine se glissa dans la sienne. Gantée de dentelles noires, des bagues ornaient ses doigts. Pour la plupart des saphirs et des rubis ou bien des diamants elles étaient cerclées d'or et faisaient pétiller de mille feux la main qui les portait. De ce fiacre en descendit une femme, une femme à l'allure des plus élégantes, fine et aux courbes assez prononcées pour que les hommes y laissent glisser leurs yeux. Des courbes vertigineuses. Un sourire se forma sur ses lèvres, elle touchait au but.

Katherine pénétra dans la pièce au bras de son majordome, peu lui importait les différences de classes sociales, que le monde fasse avec ! A la lumière des lustres les tons de sa robe furent enfin dévoilés. Elle ne portait pas de col montant ni même de manches longues, elle privilégiait la beauté de ses gants en dentelles qui grimpaient sur ses bras fin quoi que… Laissant deviner une légère pointe de musculature, soit sculptés avec délicatesse. Le regard vif, la demoiselle observait déjà la salle entière pendue au bras de Michael. Les dames se retournaient devant son chignon élégant d'où s'échappaient quelques mèches sombres sauvages. Les hommes n'hésitaient pas à faire glisser leur regard sur sa poitrine que sa robe ne cachait pas beaucoup. La naissance de sa poitrine était bien visible, du moins assez pour que l'on s’aperçoive qu'elle possédait de belles formes mais aussi que la Comtesse n'avait pas peur de se dévoiler. Un sourire fin étira imperceptiblement ses lèvres, elle venait de percevoir un murmure qui s'adressait à elle, du moins à la prestance qu'elle dégageait ce soir-là. En effet, Katherine avait sorti l'une de ses plus belles robes. Bleutée elle cascadait sur ses hanches et s'échouait par terre dissimulant ainsi le reste de son corps, une petite traînée courait dans son dos. Des dorures venaient la faire étinceler principalement sur la fin de la robe mais aussi sur son drap bleu nuit. Son décolleté quant à lui n'était fait que de dorures et de dentelles. La jeune femme posa son regard sur les autres femmes présentes, toutes aussi belles, toutes aussi gracieuses mais certaines avaient peut-être un peu plus de retenue qu'elle, elles ne dévoilaient pas autant leur poitrine ni même leurs bras. La belle put croiser certains sourcils froncés, oui elle était au bras d'un domestique qui était cependant vêtu comme un petit noble mais sa manière de la tenir et de s'adresser à elle montrait belle et bien qu'ils n'étaient pas du même rang.

Se détournant de toute cette foule pour la plupart fausse et hypocrite la jeune femme se détacha de son majordome et de sa démarche féline se dirigea vers l'homme qui l'avait invitée à sa soirée. Katherine lui adressa un sourire tout à fait sincère et tendit la main d'un geste gracieux afin qu'il puisse y déposer un baiser tandis que quelques secondes plus tard elle fit une révérence presque un peu trop marquée. Elle avait toujours été dans l'exagération. Laissant ses doigts jouer au niveau du col de son hôte la jeune femme s'exclama de sa voix mielleuse :


- Monseigneur, je tenais à vous remercier pour cette invitation, c'est un véritable honneur, je ne doute pas de la réussite de cette soirée. Je ne vous embête pas plus longtemps, j'espère pouvoir parler un peu avec vous au cours de cette soirée, si l'envie vous en prend rejoignez moi…

Elle sourit de son air aguicheur avant de se retourner sans lui accorder plus d'attention. Simplement séduire, il ne l'intéressait pas, simplement jouer, lui lécher les bottes. Etre simplement appréciée voir regardée. Michael salua convenablement le noble avant d'accompagner sa maîtresse vers la table des rafraichissements. Il lui tendit un verre de champagne. Katherine se rapprocha de son oreille et souffla :


- As tu vu mon cher ? Notre ami est déjà là…

Elle glissa une main derrière sa nuque et mordilla son oreille :

- Ne le quitte pas des yeux, je ne voudrais pas le rater ce soir…


En effet l'homme qu'elle cherchait était déjà arrivé. Elle l'avait déjà aperçu en entrant mais ne voulant pas attirer quelques soupçons sur ses intentions elle avait rapidement détourné le regard de cet homme étrange. Du moins si l'on pouvait appeler ça un homme. Un frisson de dégoût la traversa. Oh comme elle aurait cent fois mieux apprécié la compagnie des autres hunters mais surtout d'Alexender. Rêvassant quelques secondes de leurs nuits passées ensemble elle attrapa le verre que lui tendit Michael et se mit à le boire doucement avant de s'intéresser à un couple qui se dirigeait vers elle. La compagne de celui-ci semblait être assez réticente à la saluer, elle ne connaissait que trop bien les manières de son interlocutrice qui ne lui cachait rien de la relation qu'elle avait eu avec son mari. Katherine, quant à elle, réagissait comme s'il s'agissait d'une grande amie à elle. L'hypocrisie la tenait. Dans ce monde il fallait parfois jouer avec.

- Mon cher William quel bonheur de vous revoir enfin ! Depuis cette pièce où nous avions joué ensemble je n'ai plus eu de nouvelles de votre part, j'ai eu peur que vous m'ayez oublié ! Avez-vous reçu mon invitation ? Je vous conviais à un repas à mon manoir mais je n'ai eu ni réponse et j'ai beau vous guetter à ma fenêtre, aucun destrier ne vint perturber le silence de ma demeure et aucun couple aussi beau que vous n'arriva.


La jeune épouse de l'homme s'empourpra. Juddith répondit suite au regard de son mari :

- Je suis navrée mademoiselle mais votre courrier a du se perdre, nous n'avions rien reçu sinon nous aurions accouru je puis vous l'assurer.

Katherine eut un petit rire et attrapa la main de la jeune femme sur laquelle elle déposa un baiser :

- Voyons ma chère ce n'est rien, je vous renverrai un courrier ce mois-ci afin de vous revoir au plus vite.

- Ce serait avec plaisir de vous revoir à nouveau Mademoiselle Thornes, fit l'homme avec un sourire aux lèvres tout en serrant un peu plus fort la main de sa femme qui s'inquiétait d'une potentielle et nouvelle relation extraconjugale entre les deux jeunes gens. Oh Katherine je vous en prie, cela fait maintenant bien trop longtemps, jouez-moi Phèdre je vous répondrai comme au bon vieux temps au nom de Thésée.

La Comtesse jeta un regard à son majordome qui sans réellement le montrer suivait la progression du Lord Keïsuke. Elle afficha alors un sourire, réellement réjouie de pouvoir jouer à nouveau avec un ancien collègue comédien.

- Avec plaisir…

Son regard se teinta à la fois de douleur mais aussi de détresse. Elle entama alors une réplique de la dernière scène:

- Non, Thésée, il faut rompre un injuste silence ;
Il faut à votre fils rendre son innocence.
Il n'était point coupable.


Le visage de William s'illumina et s'exlama alors tel un père venant de perdre son enfant.


- Ah ! père infortuné !
Et c'est sur votre foi que je l'ai condamné !
Cruelle, pensez-vous être assez excusée...


- Les moments me sont chers, écoutez-moi, Thésée.
C'est moi qui sur ce fils chaste et respectueux
Osai jeter un oeil profane, incestueux.
Le ciel mit dans mon sein une flamme funeste ;
La détestable OEnone a conduit tout le reste.
Elle a craint qu'Hippolyte, instruit de ma fureur,
Ne découvrît un feu qui lui faisait horreur.
La perfide, abusant de ma faiblesse extrême,
S'est hâtée à vos yeux de l'accuser lui-même.
Elle s'en est punie, et fuyant mon courroux,
A cherché dans les flots un supplice trop doux.
Le fer aurait déjà tranché ma destinée ;
Mais je laissais gémir la vertu soupçonnée.
J'ai voulu, devant vous exposant mes remords,
Par un chemin plus lent descendre chez les morts.
J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines
Un poison que Médée apporta dans Athènes.
Déjà jusqu'à mon coeur le venin parvenu
Dans ce coeur expirant jette un froid inconnu ;
Déjà je ne vois plus qu'à travers un nuage
Et le ciel, et l'époux que ma présence outrage ;
Et la mort, à mes yeux dérobant la clarté,
Rend au jour, qu'ils souillaient, toute sa pureté.

La jeune femme durant sa longue tirade s'était rapprochée de l'homme qui avait comblé une de ses nuits. Jouant dans la proximité elle feignit l'amante perdue et malheureuse, celle qui avait perdu l'amour de sa vie, qu'elle avait condamné elle-même par pure égoïsme, par douleur qu'il n'ait pas répondu à ses attentes. S'agrippant à son bras la belle chuta volontairement et s'éteignit dans les bras de Thésée. Elle ne jouait pas comme elle l'aurait fait sur scène, elle n'imaginait pas Thésée la rattraper ainsi, lui qui venait de tout perdre par sa faute. Elle qui l'avait trahie. Katherine rouvrit les yeux et tendit la main à Michael qui l'aida à se redresser gracieusement tandis que William la faisait descendre de ses bras. Reprenant son verre elle en vida la moitié d'un trait ne se souciant pas des quelques regards outrés des autres femmes et murmura :

- Vous m'inspirez toujours autant mon cher, j'espère de tout cœur jouer à nouveau en votre compagnie.

Sur ces mots elle caressa sa main d'une manière affective, salua son épouse et fit volte face afin d'aller saluer d'autres personnes et peut-être le Comte s'il se trouvait parmi eux. Elle comptait bien l'intercepter avant qu'il ne soit englouti par une foule d'admirateurs, d'amis ou d'hypocrites.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Jeu 18 Aoû - 16:36

[HRP/ RP en accord avec Katherine./HRP]

Le Comte s'ennuyait déjà. Malgré la présence d'Ambre à ses côtés et malgré le nombre de personnes qui prenaient le temps de venir le saluer et d'engager quelques conversations, il soupirait en son âme.
Il était fatigué. Fatigué des Hunters sur lesquels il ne parvenait pas à mettre la main; fatigué de cette pitoyable scène à la Grande Bibliothèque où Raphaël avait forcé sa Salle Noire; fatigué de Drake qui lui avait tenu tête; des Loups-Garous qui se mêlaient de ses histoires; de la Camarilla avec laquelle il devait pactiser et mettre en jeu son titre pour sauver Sarah; il était fatigué de tous ces pantins désarticulés qui servaient ses desseins. Il mourrait d'envie de les éliminer sans plus attendre...
Le vieux Vampire n'en pouvait plus de subir tant de pressions diverses et de porter son masque. Il étouffait. Ses pouvoirs conservaient encore une certaine puissance mais ses songes et ses faiblesses commençaient à lui ronger les dernières forces qu'il lui restait. Il était temps qu'il mette à genoux ses frères et qu'il cesse de se torturer. Il s'égarait depuis trop longtemps.
Salluste l'avait mis en garde avant de mourir..."Ne perds pas de vue l'objectif final"
Qu'avait-il fait de cet avertissement? Il l'avait contourné, pour traquer les Hunters, comme s'il avait rejeté la faute de la mort de son ami sur eux. Mais, son objectif final...nécessitait Sarah. Sans elle, il ne retrouverait pas sa plus puissante alliée. Sans elle, il ne tuerait jamais le Père et la Mère...
"Pourquoi cette humaine en particulier?"
Comment l'expliquer? Il aurait pu choisir une aristocrate, n'importe laquelle. Du moment qu'elle était jeune et belle, robuste et en bonne santé...elle ferait l'affaire. Mais Sarah avait quelque chose de plus que les autres. Elle portait en elle cette noblesse d'esprit que de nombreuses filles ne possédaient plus. Elle avait du cran, du caractère et surtout des dons qui lui seraient très utiles...Jusqu'à présent, il n'avait pas rencontré d'autres humaines qui l'équivalaient.


- Monseigneur ?

Le Comte abandonna ses sombres pensées et laissa son regard froid tomber sur sa disciple. Ambre le dévisageait avec une moue d'enfant frustré.

- Je vous présente Messieurs Hamish Lawson, duc de Bracknell, et Raymond Parrish. Ils ont mis en scène...

- ..."Les Fourberies de Scapin", le mois dernier. Oui, je sais, Miss Ghrianstad, la coupa le Comte en lui faisant un sourire presque paternel. Puis il tendit la main pour serrer tour à tour celles que lui tendaient les deux hommes. Ravi de vous rencontrer messieurs.

Le comédien et son ami semblaient aussi heureux que gênés par cette puissante poigne et ce sourire composé que leur offrait le Comte. Ils avaient enfin trouvé le courage de venir l'aborder. Heureusement, monsieur Parrish connaissait Ambre et cela avait été une excuse valable pour se présenter au lord.

- Tout le plaisir est pour nous, monsieur le comte.

- Enchanté.

Le Vampire décrypta les deux hommes. De toute évidence, ils le craignaient. Parrish ne cessait de ramener ses yeux sur Ambre, comme pour se raccrocher à une entité rassurante, et Lawson s'était empourpré lorsqu'il avait réalisé qu'il avait dévisagé le lord avec un peu trop d'insistance. Apparemment, il était intrigué par ses yeux étranges.
Jirômaru prit les devants. Il détestait ce genre de tableau social où chaque acteur hésite à cause des carcans habituels.


- J'ai beaucoup entendu parler de vous, monsieur Parrish, fit-il avec amabilité. D'ailleurs, Miss Ghrianstad ne tarit pas d'éloge sur votre femme. Mais je ne la vois pas. Notre beau "Lys Rouge" aurait-il pris froid ?

Parrish fit une grimace puis sourit avec pudeur. Il se passa une main dans les cheveux, pour se donner contenance, et soupira légèrement.

- Ah! Ma femme aurait réellement souhaité venir, mais elle répète ce soir pour une chorale d'Amsterdam. Elle doit s'y rendre à la fin de la semaine et les derniers préparatifs lui prennent du temps.

Le Comte fit claquer sa langue et rit un peu.

- Tss! Les artistes...et les femmes...ajouta-t-il en lançant à Ambre un regard amusé.

Parrish rit à son tour, trop heureux de voir l'atmosphère se détendre. Le regard du Comte dévia alors sur Lawson. Ce dernier sembla se ratatiner sur lui-même lorsqu'il s'adressa à lui.


- J'ai entendu dire que vous jouiez excellemment bien Scapin, monsieur Lawson. Sir Leeroy a sans doute de la chance de vous avoir parmi ses comédiens.

- Oh...je ne sais pas my lord...Mais moi, je suis heureux de pouvoir travailler avec lui. C'est un homme respectable et ses pièces ont du succès, répondit le comédien en serrant nerveusement ses doigts autour de son verre.

- C'est en partie grâce à vous. Ne vous noyez donc pas dans l'humilité, monsieur Lawson, soyez fier de ce que vous accomplissez.

Ambre avala sa salive de travers et se retint de tousser. Interloquée, elle jeta un regard en biais à son maître. Depuis quand faisait-il de tels compliments à des hommes aussi quelconques que Lawson? Il était bon acteur, cela était certain, mais c'était également un rival qui ne cessait de leur voler la vedette et de réserver le petit théâtre sans se préoccuper des besoins des autres...
Parrish rougit d'autant plus fort qu'il ne pouvait détacher ses yeux des pupilles grises du lord.


- Ah! Oh...Vous...C'est bien aimable à vous...monsieur.

Le Comte leva son verre et sourit.

- L'amabilité n'a rien à voir là-dedans. Je sais reconnaître le talent. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai besoin de me laver les mains, ce verre est poisseux et c'est assez désagréable. Nous auront l'occasion de poursuivre cette discussion...

Sur ces mots, le lord fit une courbette pour prendre congé des deux hommes et, accompagné de sa disciple, il fendit la foule à grands pas. A la première occasion, il posa son verre encore à moitié plein sur le plateau qu'un serviteur portait çà et là et chercha du regard une salle d'eau.

- Vous allez bien Seigneur ? s'inquiéta la jeune rousse à ses côtés.

- Ce vin est infecte ! Pesta la lord en fronçant les sourcils. Bien pire que les autres ! Ce n'est plus seulement de la cendre...

Dégoûté par ce qu'il avait ingurgité, le Comte ne cessait de ramener sa langue sur son palais. Décidément, depuis qu'il avait bu le sang de Joyce, il ne percevait plus les goûts de la même manière. Comme tous les Vampires, la nourriture et la boisson avaient un goût ignoble et leur texture se rapprochait de celle de la cendre. Mais jusqu'à présent, il avait réussi à conserver des sensations intéressantes ou du moins tolérables. Depuis qu'il avait anéanti le Camarilien et volé une partie de ses pouvoirs, il ne supportait plus ce qu'avalaient les humains.

Abandonnant Ambre un moment, il se laissa guider par un serviteur jusqu'à la première salle d'eau et s'y enferma. Face au miroir, il sortit ses canines et soupira bruyamment avant de se passer un peu d'eau sur le visage. Comme il lui était pénible de sourire ! Fixant son regard, il laissa ses pensées revenir sur Salluste. Ils s'étaient rencontrés en France et leurs liens s'étaient développés en Afrique, il y avait maintenant quatre siècles. Il avait été sa conscience, cette petite voix qui vous remet souvent sur le droit chemin. Sa sagesse et sa fidélité en avait fait son plus fidèle disciple, son ami sincère. Il lui avait confié ses plans, ses craintes, ses envies. Il lui avait même imposé le sceau qui lui léguait son sang et ses pouvoirs...
Le Comte apposa ses doigts à la base de son cou. Il n'en portait plus les marques, mais les crocs de Salluste avaient pénétré sa peau au début du mois...Le vieux Vampire serra les dents. En lui demandant de le mordre, pour l'aider à gérer les pouvoirs de Joyce, il l'avait tué...

Un bruit dans le couloir le sortit de ses pensées. Il se sécha le visage en quelques gestes et quitta la salle d'eau. En sortant, il retrouva sa disciple qui l'attendait docilement.


- Méfie-toi des miroirs, Ambre. Il y en a beaucoup ici.

La belle rousse ne répondit pas, mais son sourire signifiait qu'elle avait bien pris en compte cet élément. Ambre était maîtresse des illusions. Elle trompait les Humains en persuadant leur esprit à l'aide d'images fixes. C'était la raison pour laquelle elle accompagnait toujours son maître aux grandes réceptions : c'était elle qui donnait au Comte son reflet dans le miroir de l'entrée, c'était elle aussi qui leur faisait croire qu'il avait enlevé ses gants lorsqu'il dînait avec des couverts d'argent...Évidemment, lorsqu'il n'était pas possible d'avoir Ambre à ses côtés, le Vampire utilisait d'autres astuces, mais elles restaient toujours moins confortables.

De retour dans la petite salle de réception où les convives finissaient de se saluer, le Comte et sa compagne se dirigèrent vers un groupe qui leur était familier. Ils échangèrent un peu, notamment sur les rénovations du théâtre et sur l'avancée de l'affaire « Ravellow », ce qui irrita un peu le Vampire. Puis, ils discutèrent au sujet de la dernière pièce de John Hipkins, un metteur en scène quelque peu hautain qui négligeait ses acteurs et faisait régulièrement scandale.

Après un moment, le Comte se mit à fixer du regard une jeune femme qui venait d'entrer. Elle saluait apparemment un vieil ami avec lequel elle avait dû jouer. Ambre suivit le regard de son maître et observa la belle.


- Cette femme m'intrigue, Ambre. L'ais-je déjà rencontrée ?

- C'est la comtesse Thornes, monseigneur, Katherine Thornes. Vous l'avez croisée à plusieurs reprises au théâtre, ainsi qu'au Queen's Head...Mais vous n'avez encore pas été présentés l'un à l'autre.

Le lord leva un sourcil.

- Étrange...Je ne m'en souviens pas. C'est pourtant une belle femme.

Ambre sourit en détaillant la jeune humaine. C'était une beauté aux formes voluptueuses enfermées dans une robe des plus élégantes, quoiqu'un peu trop décolletée à son goût. Elle portait ses cheveux noirs bouclés en un chignon relevé avec distinction. Ils ressemblaient fort à ceux de Maria, aussi n'était-il pas étonnant que son maître la remarque.
La belle comtesse se mit alors à réciter Phèdre en jouant son rôle. C'était une situation cocasse. La femme du sieur avec lequel elle interprétait la célèbre héroïne tragique semblait pincée...Le Comte ne disait mot. Il écoutait la justesse des répliques et analysait les gestes et expressions de la jeune femme. Lorsque la comtesse se laissa aller dans les bras de son ami, la commissure de ses lèvres se marqua d'un pli amusé. Miss Thornes était connue pour ses extravagances et beaucoup la trouvaient vulgaire. C'était le genre de femme fatale dont les épouses devaient se méfier comme de la peste et dont les hommes pourchassaient les courbes jusqu'à se perdre. C'était une aristocrate très indépendante, sans attache, consciente de ses atouts et de son charme. C'était également une bonne actrice et son visage était plaisant à regarder.
Ambre sentit l'intérêt que son maître portait désormais à la jeune femme. Elle ouvrit son éventail et murmura derrière quelques remarques:


- Elle est sûre d'elle, son ton est juste, son jeu peut être un peu trop voyant mais je pense qu'elle souhaite attirer l'attention. C'est une femme qui possède un certain caractère, une force de conviction et qui sait sans doute donner beaucoup d'elle-même pour obtenir ce qu'elle désire...

- Une excentrique. Tu l'as dit.

Le Comte hésita. Il adorait recruter des êtres particuliers. Ses sbires et ses acteurs étaient surtout composés de fortes personnalités. Il aimait tendre la main aux rejetés, utiliser les dons de ceux qui faisaient peur, donner une nouvelle chance à ceux qui s'étaient trompés de chemin ou frayer avec des caractères bien trempés. Il n'aimait pas la banalité.

- Souhaitez-vous que nous allions à sa rencontre ? Demanda Ambre en lui attrapant doucement le bras.

- Pourquoi pas...

Il allait se diriger vers la comtesse lorsqu'un tintement de verre retentit dans la salle. Sir Charles Barry s'était posté sur une chaise et affichait un air bonhomme que beaucoup lui connaissaient bien.

- Ladies and gentlemen, s'il vous plaît, nous allons pouvoir passer à table, dans la salle d'à côté ! Si vous voulez bien me suivre...

Ambre et son maître suivirent le mouvement de foule. Tant pis, ils aborderaient la comtesse plus tard. Ils avaient le temps. Lentement, ils passèrent avec les autres convives dans la salle que leur avait indiqué l'architecte et prirent place autour de la table selon les sièges que leur désignaient les domestiques. Le Comte était à la droite de Sir Barry et Ambre était à côté de lui. Raymon Parrish et le duo de Vampires suivaient avant toute une ribambelle de baronnes (qui piaillaient déjà comme des poules dans une basse-cour) et de Mac Douglass, un des plus éminents pianistes de Londres. En face siégeait le couple auquel s'était adressé miss Thornes, les Spartley. Cette dernière allait pouvoir s'asseoir près de ses amis. Venaient ensuite Hamish Lawson, le couple Bremner, miss Winston connue pour ses talent au violon et monsieur Lindenbrock, grand ténor. En bout de table, face à leur hôte, se tenait Joseph Core, un architecte qui travaillait souvent avec ce dernier. Apparemment, Sir Barry avait pris soin de faire passer les comtes/comtesses avant les ducs/duchesses et barons/baronnes. Sans doute par soucis de hiérarchie. Mais il avait également pris le soin de mettre les chanteurs ensemble et les musiciens en bout de table. Son coéquipier servait presque de wagon d'arrière-garde, comme pour fermer un cercle construit avec calcul. Tout semblait parfais, ou presque...
Un siège de différence opposait les deux bords et la comtesse Thornes insista pour que son majordome prenne place près d'elle. Puisqu'il manquait une personne, autant que l'espace soit comblé ! Cette idée fit immédiatement réagir les convives qui affichèrent pour la plupart des moues de surprise et de colère. Comment ? Faire manger un domestique à leur table ? Mais c'était ridicule ! Un grondement monta bientôt et Sir Barry dut intervenir.


- Allons, allons ! Si tel est le plaisir de miss Thornes, nous pouvons bien faire une exception !

Un siège fut ramené près de la jeune femme et son majordome put les rejoindre. Le Comte accueillit cette fantaisie avec une grimace de dégoût. Il faisait partie de ces nobles qui ne supportaient pas de siéger avec les classes sociales inférieures. Pour lui, c'était un parfait scandale et une insulte. Cependant, il ne souhaitait pas lancer un débat d'autant que Sir Barry semblait réellement heureux de jouer avec les conventions. Le Vampire n'eut pas le cœur de déclencher une polémique.

Voir le plan de table
Spoiler:
 


Une fois que tous eurent pris place, le service à la russe fit de nouveau monter le ton. Certains ne comprenaient pas cette nouvelle disposition des couverts et prenaient cette mise en scène pour un manque cruel de convenance. D'autres, amusés et habitués à ce type de service, tentèrent de convaincre les premiers de son intérêt. L'architecte s'amusa beaucoup en tâchant d'expliquer ses démarches novatrices.
Vinrent enfin les alcools et les entrées. De grandes soupières en porcelaine furent amenées et les domestiques servirent avec efficacité les invités. Soupe à l'oseille, crème de volaille et salades élaborées flattèrent le palais de chacun.

Ambre aida son maître et les deux autres Vampires à utiliser les couverts en argent. Grâce à son pouvoir, l'assemblée garda l'illusion qu'ils conservaient les mains nues alors qu'en réalité ils avaient tous remis des gants. Ce passage resta cependant délicat car les Harris crurent pendant un instant qu'ils n'avaient pas emporté leurs gants. Alors qu'ils allaient trouver une autre astuce, Amélia les retrouva dans son petit sac et les glissa sur les genoux de son mari.

Le Comte fit mine de boire du vin et prit un peu de soupe. Cela lui brûla la gorge et il décida, comme ses confrères, de refuser le pain.
Ce fut Ambre qui aborda la comtesse Thornes. Doucement, elle accrocha son regard et se pencha un peu en avant.


- Excusez-moi, madame la comtesse, mais je vous ai aperçue tout à l'heure tandis que vous jouiez Phèdre. Si je puis me permettre, c'était une belle interprétation ! Monsieur le comte et moi-même n'avons malheureusement jamais eu l'occasion de venir assister à l'une de vos performances. Avez-vous un spectacle de prévu prochainement ?

Le Comte se redressa un peu, laissant de côté l'architecte avec lequel il avait un peu discuté des prix des moulures au théâtre, pour ramener son regard sur la jeune actrice. Il lui sourit et tendit son verre comme pour la célébrer.

- Je rejoins l'opinion de Miss Ghrianstad : votre tirade était intéressante.

Il but une gorgé, prit soin d'éviter de grimacer et le reposa pour s'essuyer la bouche avec sa serviette.

- Vous et monsieur Spartley avez du talent. Vous semblez bien vous connaître...Quels rôles incarnez-vous en général ? A part Phèdre, vous avez des préférences ?


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Jeu 1 Sep - 23:33

Katherine s'amusait, du moins elle se détendait. Tant de crispation dans les sourires, les courbettes, les paroles la mettait mal à l'aise. Elle avait besoin de rire, de parler, de se divertir pour ne pas sombrer dans la monotonie de ces soirées. Du moins cette nuit-là elle était présente pour une bonne raison, elle et Michael avaient une mission. Une quête à la fois délicieuse et effrayante. Elle était à la fois euphorique d'approcher le Comte et inquiète. Qui ne le serait pas en sachant qu'elle était la possibilité pour un groupe de résistant d'approcher l'un des plus grands vampires de Londres. Son coeur se mit à battre un peu plus fort. Elle était une chance pour eux, eux qui le haïssait tant. Elle le haïssait aussi mais contrairement à Alexender pour une autre raison bien que tout soit finalement lié. Pour sa simple condition de vampire. Des monstres qui ne méritaient pas de vivre. Des erreurs de la création ou bien… Des suppôts du diable. Oh Katherine en était certaine, Dieu n'en voulait pas sinon ils ne craindraient pas la lumière, Dieu n'était pas aussi assassin qu'eux, pour quelles raisons aurait-il fait cela ? Lui qui disait aimer ses enfants ?

Prêt de William Spartley la belle n'avait pas hésité à jouer la comédie en sa compagnie. Elle avait beaucoup aimé les moments qu'elle avait passé auprès de lui. Attentionné, joueur, vif, elle n'avait même pas eu à lui faire une seule réclamation, il accédait à ses désirs si facilement. Sa femme en avait de la chance ! Contre lui, elle avait interprété Phèdre, il avait été son roi. Échouée contre son torse elle avait fini par rouvrir les yeux et lui sourire. C'était un homme charmant, homme que jalousait Michael comme à son habitude. Cependant n'appartenait-elle pas plus à Michael qu'à lui ? Celui ne lui suffisait donc pas ? Tendant la main ce fut son majordome qui vint la récupérer et la ramener contre lui afin qu'elle ne titube pas de retour sur la terre ferme. D'une manière très agréable la jeune Hongroise salua son ami ainsi que son épouse avec beaucoup de chaleur, ce que Judith n'arrivait réellement à apprécier à cause de l'infidélité de son mari. Se retournant Katherine attrapa son verre et but. Elle voulait penser à la fois à autre chose pour oublier qu'elle était ici en présence d'un vampire mais aussi afin de se détourner des regards outrés, des sourires en coin et des paroles désobligeantes de certains nobles qui la trouvaient assez extravagante pour faire le trottoir.


- Mademoiselle ?

La brunette tourna la tête presque surprise qu'on lui adresse la parole.


- Oui Michael ?

Afin de ne pas être entendu du vampire mais également des autres personnes présentes à cette soirée les paroles qu'il prononça furent en hongrois. Elle n'était pas tout à fait sûre que le Comte ne comprenne pas le hongrois cependant… Cependant cela ne leur coûtait rien d'essayer en s'exprimant de manière légèrement abstraite.

- Vous avez attiré notre ami commun par votre tirade de Phèdre. Il vous a regardé et il me semble, Mademoiselle, qu'il a parlé de vous avec la jeune femme qui se trouve à ses côtés. Vous avez capté son attention. Il n'a pas décroché son regard de vous Katherine, votre prestation semble lui plaire. Un autre verre mademoiselle ? Le loup approche…

Au fur et à mesure de ses paroles la jeune femme s'était mise à sourire comme s'il lui susurrait des mots doux à l'oreille. Ne se tournant pas pour observer le comte et sa compagne qui avaient l'intention de les approcher ou bien de s'intéresser à un autre couple la jeune femme tendit la main afin qu'il lui serve un second verre. Alors qu'il allait lui en rapporter un un tintement cristallin titillèrent leurs oreilles. La Comtesse se détourna de son verre et s'intéressa au lord Barry qui tentait de capter leur attention. A table ! C'était comme une bénédiction, son estomac s'apprêtait presque à crier famine mais ce soir n'était pas aux réjouissances, elle ne devrait pas se montrer telle qu'elle était réellement. Une femme qui aime manger, elle faisait déjà assez scandale avec toutes ses manières pour qu'on la voit par-dessus ça comme un ventre sur pattes. Le couple n'eut d'autre choix que de se rendre à leur tour dans la salle mitoyenne où allait être servi le repas. Se dirigeant gracieusement vers la table en riant avec Michael, du moins feignant en sa compagnie de bien s'amuser, la belle eut le loisir d'observer que sa proie se trouvait non loin d'elle. Son estomac se tordit et son coeur rata un battement. Ah ! Oui ! Enfin ! Cependant son esprit divagua, la place à côté d'elle était libre et son majordome ne semblait avoir nulle chaise pour s'asseoir. Abandonnant la chaise que Michael lui tenait elle rejoignit Sir Barry et minauda doucement à son oreille :

- Monseigneur, je vous prie de m'excuser alors que nous allons passer à table mais je constate à mes côtés une place libre qui ma foi m'attriste un peu. Je m'apprête à vous faire une demande un peu délicate que peu accepterait et que beaucoup mépriserait. Cependant vous connaissant, un peu tout du moins, je peux m'autoriser ce petit caprice, mon majordome ici présent n'a nulle place pour manger, il sait se taire et bien se comporter et dans le pays d'où nous venons il descend d'une lignée de nobles… Pourriez-vous faire rajouter un couvert ? Je vous en serais infiniment reconnaissante et saurais vous remercier un jour prochain...

La Huntress ne put que gratifier d'un magnifique sourire tant de bonne humeur de la part de leur hôte. Il réalisa son souhait et fit placer un siège supplémentaire ainsi que des couverts pour Michael afin qu'il puisse partager ce repas avec elle. La réaction des autres nobles l'amusa un quelque peu, elle s'y attendait, ils n'avaient pas encore progressé dans le temps, cela ne tarderait plus à venir. Au fil des siècles tout changeait, les mœurs, les tenues vestimentaires… Elle était passée aux robes au décolleté vertigineux aux robes à col où l'on ne voyait presque plus la peau.
Ravie que l'on accède à ses désirs la jeune femme s'installa près de son compagnie et eut l'agréable surprise de voir Juddith assise à ses côtés. Elle ne put s'empêcher de s'exclamer plus pour son ami qeu cette pauvre femme :


- Oh nous voilà à nouveau réuni, c'est parfait ne trouvez-vous pas ? Nous pourrons parler un peu et définir une date pour un prochain dîner.

William la regarda avec un petit sourire et attrapa doucement la main de sa femme sous la table avant de répondre :

- Ce serait avec plaisir Mademoiselle Thornes.

La belle lui sourit à son tour et se tourna vers Michael en s'extasiant du service :

- Ne trouves-tu pas cela fantastique Michael ? Un service à la russe comme je l'aime ! Cela me rappelle nos années en Hongrie.

Michael hocha la tête sagement mais fit remarquer :

- Cela ne semble pas plaire aux autres convives.

La belle tiqua et répliqua :

- Oh qu'ils sont reboussiers, ils n'aiment pas le changement ! Soyons heureux mon ami de ne pas finir comme eux…

Elle lui prit doucement la main et la retira lorsque les entrées arrivèrent. Un beau spectacle pour les yeux ! Katherine se régalait déjà bien avant d'avoir goûté. Alors qu'elle commençait doucement à manger en parlant à sa voisine la jeune femme s'arrêta un instant et mal à l'aise elle se remit à parler avec Judith et William. Sa gorge se noua. Une petite voix au fond d'elle l'interpela :


* De l'argent Katherine, ils utilisent les couverts en argent !* rugit Raïna.

* Je… Oui. J'ai vu ça. Comment ? Comment est-ce possible ? Nous les tuons avec de l'argent !*

Elle serra les poings discrètement. Et il buvait du vin ! Non ça ne pouvait pas être possible.

*Cela doit être une ruse, ce sont les mêmes couverts Katherine ? * Fit Syrya.

La jeune femme fit mine de continuer à manger.


* Il n'y a pas eu de changements… A moins-ce qu'on les leur ait changés avant le dîner. Non… Nous avons tous les mêmes sinon cela voudrait dire que Sir Barry est au courant… *


*Es-tu sûre qu'il soit réellement un vampire ? Il ne t'a jamais touché encore. * insinua la louve au pelage aussi blanc que neige.

* C'EST UN VAMPIRE. Je ne suis pas la seule à penser cela. Sinon pourquoi serions-nous autant ? Non… Peut-être a t-il développé une résistance à l'argent… *

Michael se pencha vers Katherine qui revint à elle. Il lui proposa du vin pour qu'elle cesse de parler à ses entités. Non pas qu'il le voyait mais il le sentait. Ce regard qui faisiat comme si elle écoutait alors qu'elle était plongée dans les méandres de son esprit. Elle accepta et but un coup en continuant.

* Pense à Alexender * continua le léopard.

* Tu as raison… Il a réussi à le blesser avec de l'argent… Non… Je ne comprends pas. *

Katherine était perdu. Un mirage ? Une illusion ? De la magie ? Des faux couverts ? Une capacité à la résistance après la blessure ? Elle remettait tout en question, elle ne comprenait pas, elle était troublée, troublée au point de ne plus savoir que penser. Elle lança un regard entendu à Michael tout en lui parlant de tout et de rien. Il avait compris, il avait vu lui aussi… Tout ceci la troublait, non, les troublait. Eux et leurs entités ne comprenaient pas leur comportement. C'était si… si… Peu habituel pour des vampires, la première fois qu'ils voyaient cela. Il leur faudrait en parler aux autres. Sa conversation fut interrompue par la belle rousse qui accompagnait le Comte. Prenant son verre elle avala une gorgée de vin tout en l'écoutant et lui adressa un sourire charmeur. Elle était presque certaine que cette femme n'était pas humaine, elle était bien trop proche du Comte pour cela mais elle pouvait se tromper. Elle accepta son excuse d'un geste de la tête et eut le plaisir d'être félicitée pour sa prestation. Elle haïssait ces personnes mais au fond elle trouvait qu'elles avaient… Bon goût ? Tout ceci l'honorait bien que cela vienne d'eux, elle aimait que l'on apprécie son travail même si ce dernier avait été accentué par le simple fait que William avait été son amant.
Katherine se pencha à son tour afin de pouvoir mieux s'adresser à la jeune femme et lui lança un regard à la fois amusé et reconnaissant :


- Que de compliments ! Vous m'en voyez ravie, j'aime savoir quand mon travail est apprécié mais également lorsque que j'y ai commis quelques erreurs, cela me permet de progresser. Malheureusement je n'ai nul spectacle à vous proposer pour les jours et les semaines à venir. Je dois vous avouer que j'ai été très préoccupée ces derniers temps, question de résidences secondaires, quelques papiers à remplir et à renvoyer en Hongrie et en France, veiller à ce que le salaire de mes domestiques qui y vivent soit bien versé, j'aime que les choses soient bien faites. Je n'ai pu me consacrer pleinement au théâtre ces derniers temps. Cela pourrait cependant changer si j'entends parler d'une potentielle troupe cherchant des comédiens pour une future représentation...

Se taisant la jeune femme inclina à nouveau la tête en plongeant ses prunelles dans les yeux perturbants du Comte. Ses lèvres ne se détendirent pas pour autant et elle continua à sourire en levant son verre à son tour :

- C'est un honneur Monsieur.

Le suivant dans sa petite célébration elle ferma les yeux afin de mieux apprécier le goût du vin. Elle ne put s'empêcher de penser qu'elle en possédait des bien meilleurs en France.

- Tout le mérite revient à Monsieur Spartley mon seigneur, sans une telle source d'inspiration je suis impuissante ! Lança t-elle en riant sans le penser.

William rougit faiblement et salua le Comte presque timidement.

- Allons ma chère pas tant de modestie. Monsieur vos propos me vont droit au cœur...


La Comtesse s'intéressa à nouveau au Comte après un petit regard empli de sous-entendus dirigé au Duc elle posa son doigt sur le haut de sa coupe et lui fit suivre doucement le rebord. Et dire que des comédiens espéraient toutes leur vie de pouvoir parler à un tel homme ! Katherine ne voyait en lui qu'un cadavre ambulant qu'elle croquerait bien, il était élégant mais il restait ce qu'il était et ce qu'elle haïssait. Un monstre.

- J'incarne n'importe quel rôle, pourvu qu'il soit plaisant à jouer, qu'il soit comique ou tragique ; Du moment que je suis sur scène je suis une femme comblée. Des préférences ? Je dirai que j'aime beaucoup jouer des femmes tiraillées par l'amour, la haine et la vengeance. Médée est un rôle qu'il m'a été donné de jouer à plusieurs reprises et que j'affectionne énormément. Je m'accommode tout autant de rôles plus doux et naïfs tels que Juliette ou bien malins tels que Lyse dans l'Illusion Comique. Je peux également, pour vous Monseigneur, devenir quelques instants quelques heures, un homme du moment que cela ne gêne personne. Lorenzaccio est un rôle que j'apprécie de jouer, de voir jouer mais aussi de lire…

Elle lâcha son verre et prit une pause qui gêna Judith qui avait une vue plongeante sur sa poitrine. Cela ne semblait en rien contrarier son mari qui avait tout le loisir d'en profiter.

- Je suis ouverte à beaucoup de rôles My Lord…

Katherine sourit à la Miss Ghrianstad et observa le couple d'un air à la fois honoré et amusé.



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Dim 18 Sep - 10:44

Mademoiselle Thornes était délicieuse, dans tous les sens du terme. Le Comte l'observait avec décence, sans pour autant négliger la beauté de ses lèvres et la volupté de ses boucles noires. A sa droite, Judith Spartley paraissait bien vieille et fade en comparaison. Pourtant, de nombreux hommes enviaient son mari pour les formes agréables et les bonnes manières qu'elle affichait. D'ailleurs, beaucoup savaient que Monsieur Spartley n'était pas des plus fidèles et cela avait réveillé l'appétit de quelques loups qui espéraient profiter de cette situation afin de mettre la main sur la belle. Mais Katherine avait décidément plus de charme que cette femme. Son regard éclatant, d'un bleu aussi profond que celui de Sarah, reflétait le lustre qui brillait dans son verre. Cela lui donnait un petit air aventureux qui ne pouvait laisser un homme indifférent. Au fond de lui, le Comte la comparait à Maria. La pensée que cette beauté puisse un jour rejoindre sa troupe lui fit plaisir et son visage s'éclaira d'un sourire un peu plus franc tandis qu'ils engageaient la conversation.
De son côté, Ambre avait rapidement remarqué l'intérêt que son maître avait porté à l'actrice et avait tâché de les en approcher. Par bonheur, le plan de table que l'architecte leur avait proposé les avait placés en face d'elle et cela avait été un jeu d'enfant d'ouvrir le dialogue.

Ainsi, tandis que les musiciens et les chanteurs discutaient bruyamment au bout de la table et que Sir Barry entretenait avec son homologue, Monsieur Core, des regards amusés à travers toute la tablée, Jirômaru prit le parti d'entretenir la conversation qu'Ambre venait de lancer. De toute évidence, Miss Thornes plaisait à la jeune metteuse en scène autant qu'à lui-même. Il fallait désormais s'assurer que c'était une bonne actrice et qu'elle désirait les rejoindre. Pour l'heure, les paroles se faisaient badines.


- Vous êtes donc bien hongroise ? J'avais ouïe dire que vous veniez du Danemark.

Portant un toast au talent de la belle actrice, le Comte lui sourit avec bienveillance puis jeta un regard amusé à Monsieur Spartley qui rougissait non loin d'elle. Sa femme s'était redressée, consciente que le regard du lord pouvait également retomber sur elle. Son sourire s'étira sur ses lèvres peintes et ses yeux brillèrent d'un nouvel intérêt.

- Comme vous êtes modestes ! Rit le Vampire en reposant son verre avec précaution entre son assiette et la soupière chaude qui trônait devant lui. Oui, parlez-moi un peu de vos goûts en matière de rôle, j'aimerai savoir ce qui vous motive...

Katherine ne semblait pas avoir de préférence concernant les rôles à jouer sur les planches. Elle pouvait aussi bien jouer une femme qu'un homme, un personnage doux et naïf qu'un personnage plus fourbe. Elle semblait à l'aise dans un second rôle sans importance autant que dans le premier rôle, comme l'indiquait son penchant pour Lorenzaccio. C'était là une comédienne qui adorait son métier et qui le pratiquait quelles que soient les conditions. Elle paraissait prête à tout incarner, pour l'amour du théâtre. C'était une bonne chose pour les besoins du Comte.

- Vous êtes donc une véritable actrice, Mademoiselle Thornes. Fit le Comte en repoussant un peu son assiette. Je considère qu'un comédien qui ne sait incarner qu'un rôle ou deux n'est pas un bon comédien pour la simple et bonne raison que cela prouve qu'il n'est pas capable de dépasser son propre caractère.

Sur ces mots, il leva une nouvelle fois son verre et le repas reprit. Les conventions nécessitaient de changer régulièrement d'interlocuteur pour ne pas délaisser les autres convives. Ils auraient le temps de discuter plus tard. Le Comte s'amusa cependant à considérer les regards des Spartley apparemment perturbés par le décolleté plongeant de la jeune femme à leurs côtés. Katherine était une femme provocante, cela sautait aux yeux. C'était un point qui ne le dérangeait pas. Après des siècles d'existence, peu de choses étonnent encore.

Depuis le début de la soirée, le lord et sa disciple discutaient par la pensée. Ils avaient déjà repéré quelques éléments et devaient maintenant débattre sur lesquels conserver. De tout évidence, Katherine figurait en tête de liste.


*Je pense que Madame Renold fera une très bonne actrice. Elle n'a plus que ça dans sa vie et son amabilité reste toujours très plaisante.* Exposa Ambre en jetant un coup d'oeil à la veuve.

*Je suis d'accord. Nous avons besoin d'une femme mature pour les rôles de gouvernantes. Et puis, elle connaît bien les Harris. Prenons également Miss Winston, j'aime la voir jouer du piano, je trouve qu'elle présente bien. J'ai déjà vu une pièce dans laquelle elle jouait Dorine du Tartuffe. Elle excellait ! Plus que Miss Fiennes qui incarnait Mariane...*

*Miss Fiennes est une piètre actrice. Et puis, ses accointances avec Miss Lawrence en font une chipie insupportable. Que pensez-vous de Miss Thornes ?*

*Délicieuse, à croquer... plaisanta le Vampire en lui jetant un regard complice. Je suggère de la mettre à l'essai, comme les deux autres, mais je pense qu'elle fera parfaitement l'affaire.*

Le repas fut long et bruyant. Les convives conversèrent avec parfois quelques éclats vifs et le dessert fut accueillit avec joie. Le Comte et les autres Vampires trouvèrent ce dîner particulièrement fastidieux. Faire semblant de manger comme un être humain n'était pas donné à tout le monde. Même si Ambre maintenait avec soin l'illusion qu'ils avaient tous enlevé leurs gants et qu'ils vidaient leurs assiettes comme les autres invités, elle ne pouvait tout gérer seule. Les Vampires étaient malheureusement obligés d'avaler quelques aliments et de boire du vin afin de conserver l'illusion. Ce fut pénible surtout pour Amélia Harris qui, enceinte depuis trois mois, ne supportait pas du tout la nourriture humaine. Son mari confia à plusieurs reprise que leur enfant la rendait un peu malade et qu'il fallait l'excuser si elle ne se servait pas beaucoup.
Jirômaru était songeur au sujet de cet événement à venir. Il savait depuis longtemps que le Don Obscur ne les empêchait pas d'avoir une descendance « naturelle ». Cela était très rare, mais il semblait que cela fonctionnait lorsque l'enfant était conçu avec un être Humain...Amélia avait donc trompé son mari ? Ou était-ce la preuve que les Vampires étaient capables de se reproduire entre eux ? Il en aurait le cœur net sous peu. Ce genre d'information était capitale pour lui.


*Vous pensez à Sarah, mon seigneur ?*

La question de sa disciple mit Jirômaru mal à l'aise. Il y avait songé, plusieurs fois, mais cela ne correspondait pas à ses plans.

*Tu sais bien que je ne prétends pas lui faire d'enfant...*

Le repas se termina sur divers gâteaux couverts de crème et de fruits confits. Les invités ne tarirent pas d'éloges sur les merveilles gustatives qui s'étaient offertes à eux ce soir et Sir Barry prit la parole pour les remercier tous. Puis, il les convia à passer dans les salons afin de profiter d'un peu de musique et d'alcools plus forts pour digérer. Ils allaient continuer leurs conversations dans un cadre plus sympathique et danser jusqu'au milieu de la nuit.

Il y avait trois salons : les deux premiers, de taille moyenne, accueillaient divers sofas et fauteuils de plaisance, ainsi que deux grandes tables sur lesquelles alcools et biscuits avaient été soigneusement disposés. Des plantes exotiques et des tentures colorées agrémentaient les lieux pour leur donner un aspect colonial. Le troisième salon était plus vaste, disposé de façon à ce que l'on puisse danser. Un petit orchestre jouait dans un angle et la grande porte fenêtre s'ouvrait sur un balcon à balustrade de pierre blanche. Deux escaliers descendaient ensuite de chaque côté et donnaient accès au jardin de l'Architecte. Une douce brise soufflait dans les saules et les ormes. La roseraie paraissait bien calme.

Ambre et le Comte se séparèrent. La jeune femme alla trouver Miss Renold et Miss Winston tandis que son maître s'occupait de recruter la jeune Thornes.
Ce n'était pas évident d'aborder ainsi les convives, surtout lorsque leur majordome leur servait apparemment de garde du corps...De toute évidence, Katherine et son domestique étaient liés d'une forte amitié. Cela irritait le Vampire qui ne supportait pas la présence d'inférieurs au milieu de personnes distinguées. Si le peuple se mêlait aux seigneurs, la hiérarchie finirait par disparaître et le monde sombrerait dans le chaos. C'était ainsi qu'il voyait les choses. Déjà à l'époque, maintenant très lointaine, où il suivait les traces de son père parmi les plus hauts samouraïs des ères Kenchō et Kōgen, Jirômaru avait appris à protéger le peuple sans pour autant se mêler à lui. Il avait été chef de guerre aux côtés de nobles figures, et n'avait jamais accepté que le monde paysan, et même marchand, ne s'accapare leur dignité.
Mais, après avoir discuté longuement avec le pianiste Mac Douglass, il trouva enfin l'occasion d'aborder la jeune comédienne. Profitant en effet d'un moment où elle était séparée de son majordome et qu'elle semblait terminer une conversation, il l'approcha doucement et lui sourit.


- Miss Thornes, j'espère que vous passez une agréable soirée ? J'aurais quelques mots à vous dire, une requête plus précisément. Permettez-vous que l'on sorte un peu pour en discuter ?

Lui indiquant aimablement le balcon, le Vampire l'invita à le suivre. Une fois les portes franchies, l'air frais réveilla les sens des deux êtres. Dehors, les étoiles brillaient sur la surface noire du ciel. Le vent apportait du jardin des fragrances musquées et une chouette hululait dans un arbre en contrebas.

- J'espère que vous n'aurez pas trop froid. N'hésitez pas à me le dire, nous rentrerons. Fit le Comte en s'approchant de la rambarde de pierre.

Posant ses deux mains dessus, il se rendit compte qu'il ne savait plus où il avait laissé ses gants. Il les avait enlevés après le repas, pour éviter de commettre des impairs mais il ne se souvenait plus de ce qu'il en avait fait. C'était sans doute Ambre qui les avait récupérés.
Ainsi appuyé sur la pierre froide, l'ancien samouraï jeta un regard paisible sur le jardin. Il voyait loin, malgré la pénombre. Un sourire en coin fendit son visage : il venait de voir disparaître dans la roseraie le baron et la baronne Bremmer...
Laissant là ses pensées amusées, il ramena son regard sur Katherine et entra dans le vif du sujet.


- Vous n'êtes pas sans savoir que je suis à la recherche de comédiens pour ma troupe. Depuis l'incendie et l'attentat, je tente de donner à celle-ci un nouveau souffle. « Coriolan » sera joué, comme cela avait été prévu, mais j'ai d'autres projets en préparation et j'aimerai confier les rôles à de nouvelle têtes...Le Comte marqua une pause et vérifia rapidement que personne ne pouvait les entendre. Ils n'étaient pas seuls sur le balcon. En effet, Parrish et Lawson discutaient vivement non loin d'eux. Aussi Jirômaru prit-il le parti de baisser la voix. Je compte mettre en scène « Antoine et Cléopâtre ». Évidemment, je compte sur votre discrétion : les sujets de mes pièces restent secrets jusqu'à ce que les journaux ne les annonce. Seriez-vous intéressée ? Le Comte se redressa, quittant des mains la balustrade de pierre afin de faire face à la belle. J'aimerai vous mettre à l'essai pour le rôle de Cléopâtre. Je sais que cela peut faire peur, mais je trouve que votre physionomie, si je puis me permettre, serait un avantage pour l'incarner. Vos cheveux et votre teint correspondent à ce que je cherche. Et puis, votre manière d'interpréter Phèdre m'a conquis. Après le rôle de la reine de Trézène, je pense que celui d'une reine égyptienne, éperdue d'amour et prête à s'empoisonner pour son amant et sa dignité, vous conviendrait fort bien. Peut-être me trompe-je, mais cela vaut la peine d'essayer, vous ne pensez pas ?


> Jirômaru Keisuke <

Shakespeare, Macbeth, I, 4 (1605).
Spoiler:
 

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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Dim 16 Oct - 17:53

A table la gaieté était de mise ce soir-là. Du moins, c'était ce que les invités laissaient paraître. Leur hôte était parfaitement radieux et satisfait de son dîner bien que la jeune comédienne avait insisté pour que son ami, amant et majordome les rejoigne à table. Le problème fut vite réglé, il fut assis près de la Comtesse et bientôt nul ne se préoccupa plus de ce qui paraissait auparavant comme un outrage à la convenance. Oh diantre, un domestique à leur table ! Certes mais un domestique d'origine noble, confident du père de la Comtesse il avait préféré se soumettre à l'autorité de cette famille pour suivre la jeune femme comme son ombre. Il n'en avait pourtant pas moins perdu son titre hongrois. Titre qu'il jetterait pas la fenêtre pour plaire à sa chère et tendre. Michael ne parlait que très peu, il ne s'intéressait guère aux discussions des convives, le lycanthrope se contentait d'observer les différents invités. Katherine en connaissait quelques uns pour leur avoir déjà parlé lors de soirées mondaines et repas mais aussi durant certaines de leurs prestations. Le majordome le savait, le majordome observait, scrutait chaque détail silencieusement répondant à sa maîtresse lorsque la situation l'exigeait. La main délicate et gantait de la demoiselle se glissait souvent sur sa cuisse lorsqu'elle désirait s'adresser à lui et lui… Se contentait de frémir et de rêver d'elle encore une fois. Une femme délicieuse ! Sa muse…

A côté d'elle se tenait la jeune Judith, femme tout à fait agréable qu'elle savait apprécier à sa juste valeur. Une perle douce et réservée. Une femme que chaque homme pouvait convoiter pour ses jolies traits et son caractère prude, personnalité des plus recherchées à l'époque. La femme du comédien était bien mal à l'aise, en effet, elle se retrouvait à côté de celle qui l'avait faite cocue et qui savait pertinemment que la jeune épouse n'était pas dupe. Lorsque la comtesse se tournait vers elle pour lui adresser la parole un sentiment de méfiance, de dégoût et de panique la tiraillait. Et si elle recommençait ? Et si son mari la délaissait pour cette femme seule et charmante ? Ses réponses se faisaient brèves, peu accueillantes, timides et balbutiantes. Elle désirait en finir au plus vite et s'échapper de ce repas auprès de son mari qui, et cela ne l'échappait était troublé du décolleté de la comédienne.
De son côté Katherine était ravie, quoi que belle et bien angoissée. Angoissée d'une manière assez légère. Elle aimait jouer avec le feu, se brûler les ailes tels un papillons de nuit virevoltant auprès d'une bougie, étincelant puis disparaissant dans un halo de cendres. Ravie de pouvoir aider, de montrer aux Hunter que même les femmes pouvaient servir, qu'elles pouvaient êtrez bien lus utiles qu'à la maison à préparer le repas. Montrer à Alexender qu'il avait eu peur pour elle vraiment pour rien. La disposition de la table lui permettait de faire face à la compagne du Comte qui n'avait pas hésité à lui adresser la parole. Le bel éphèbe se trouvait non loin d'elle dans sa diagonale. Ça pour sûr, Jiromaru Keïsuke était un homme des plus agréables à observer. Une beauté froide, des yeux perçants, des allures charismatiques et à la fois sensuelles, tout pour plaire à la jeune femme. Seul problème, sa véritable nature et cela suffisait à la dégoûter quoi qu'en son fort intérieur… Avoir un homme tel que lui dans son lit ne la dérangeait absolument pas du moment qu'il finissait mort. Un sourire se dessina sur ses lèvres à cette simple pensée. La panthère qui vivait en elle s'en réjouissait d'avance tandis que son esprit lupin luttait contre ces envies peu catholiques.
S'excusant de ne point pouvoir leur faire part d'une prochaine représentation, elle prit pour excuse les nombreux papiers qui la submergeaient. Ce n'était pas totalement faux mais pas toute la vérité non plus. Ce qui lui prenait bien plus de temps que ça c'était sa mission de justice, son envie de répression des créatures monstrueuses de la nuit.


- Le Danemark ? Voilà un pays où je n'ai jamais mis les pieds mais oui, je viens bien de Hongrie, pays tout à fait fabuleux, je dois bien vous confier…

Les compliments du Comte, bien que vampire, la toucha réellement. En voilà un qui savait reconnaître le talent où il y en avait ! Ses propos la faisaient intérieurement jubiler, non pas parce que c'était non seulement bon pour sa mission mais également tout à fait excellent pour sa carrière. Katherine était flattée et honorée qu'on puisse la considérer comme une véritable comédienne là où d'autres la voyaient comme une dépravée, une prostituée tout juste bonne à assoiffer puis satisfaire des hommes. Ses manières ne manquaient à personne et le fait que sur scène elle puisse incarner un homme pouvait en outrer bien plus d'un. Après un regard taquin jeté en direction de William, comme si sa chère et tendre épouse avait disparu et n'était plus installée entre eux-deux elle reposa ses prunelles sur l'albinos qui lui faisait presque face.

- Vous m'en voyez flattée, my lord mais je ne peux qu'acquiescer vos dires. C'est là, l'une des bases de notre métier, s'oublier et devenir autre. Si nous restions nous-même, si nous faisions passer nos propres passions à la place du personnage incarné, quel intérêt y aurait-il à exercer un tel métier ? L'argent peut-être, mais le plaisir de regarder et d'écouter n'y est plus. Je parle pour moi et peut-être pour vous aussi. Je ne suis là que par pure passion.

Lui adressant un sourire à la fois provocateur et agréable, la demoiselle repartit dans une longue discussion avec William puis son épouse à son plus grand damne. Voyant son malaise elle s'efforça à discuter un peu avec les autres personnes qui l'entouraient et à faire connaissance, ainsi eut-elle le loisir d'échanger quelques mots avec le duc Raymond Parrish et le duc de Bracknell installé non loin d'elle. Elle put sourire plusieurs fois à la dame la plus âgée de la table puis se concentrer à nouveau sur Michael qui ne touchait presque pas à son assiette tandis que la sienne était déjà presque vide. Katherine aimait manger, elle appréciait les bonnes choses et n'avait qu'un seul regret, que les doses, pour paraître bien élevé et respectable soient si petite que son estomac criait encore famine.
Alors que le dessert pointait le bout de son nez la jeune femme se mit à songer aux merveilleux repas qu'elle avait partagé avec ses nouveaux compagnons, elle les appréciait tous ou presque. Elle entretenait des rapports assez délicats avec Izaac un peu trop sexiste à son goût mais quel homme ne l'était pas dans cette société ? Les rires des Hunter lui manquaient déjà, il ne lui manquait qu'eux pour pouvoir rire à son tour et laisser ses yeux se teindre d'une joie non feinte. Ici elle jouait, elle jouait avec ces gens de la haute noblesse, tous hypocrites à n'en pas douter bien que certains semblaient se connaître depuis bon nombre d'année. Ici Katherine l'était bien elle aussi, elle ne riait que par pure politesse non avec réelle envie. C'était bien triste, pitoyable de sa part. La jeune femme sentit son ventre se tordre à chaque fois que le mari d'Amelia Harris annonçait que sa grossesse la rendait malade. Cette femme allait fonder une famille. Que Dieu lui fasse aimer son enfant… Elle était envieuse, elle aussi elle aurait aimé mais après un siècle à passer ses nuits avec des hommes elle n'eut que quelques avortements pour son roi puis plus rien. Des fausses couches et pas d'enfant à donner. Mais à donner à qui ? A des inconnus ? A Michael ? Désormais elle ne pouvait plus se le permettre du moins, ce n'était plus la question, peut-être n'en était-elle plus du tout capable. Sa main se posa sur son ventre qu'elle se mit à caresser comme s'il portait l'enfant de ses rêves puis elle se reconcentra sur la nourriture et finit son repas avec un peu moins d'appétit bien que cela fut des plus délicieux. Des gâteaux aux milles couleurs et des fruits qui feraient rêver des enfants d'ouvriers pour des années durant.


Ce fut bientôt la fin du repas, les convives furent invités à quitter la table pour se rendre dans des salons bien plus propices à la discussion, à la danse et aux gentilles beuveries. Se levant de sa chaise à l'aide de Michael elle se dirigea vers l'un des salons attrapant au passage un biscuit délicieux ainsi qu'une coupe de champagne pour faire bien. Discutant avec Michael de tout et de rien puis échangeant quelques mots sur un lointain ami qu'ils avaient vu une fois dernière se comporter bizarrement et se disant qu'il était peut-être tombé malade ils se joignirent à d'autres discussions. Le comte et sa compagne les avaient bien troublé. Ils avaient mangé de la nourriture humaine, n'avaient pas porté de gant comme si l'argent ne semblait absolument rien leur faire ! Que se passait-il ? Katherine n'oubliera pas d'en faire part aux Hunter. Ayant fini son verre la jeune femme le glissa dans la main de Michael et lui fit signe d'aller lui en chercher un autre mais plus fort. Le champagne c'était fini pour elle, elle voulait noyer son angoisse dans l'alcool, assez pour être un peu plus téméraire. Discutant avec la pauvre femme qui avait perdu son mari, elle finit par la saluer poliment et se retourna. Non sans surprise elle se retrouva face à sa proie et lui adressa un sourire des plus aimables.

- Ne vous en faites pas pour ça bien que j'apprécie lorsque l'on m'invite à danser ma foi, mes cavaliers ne sont point là. Je vous le permets… Sortons…

Elle lui lança un regard amusé et le suivit sagement en attrapant finalement un verre au passage puisque Michael semblait trouver la tâche bien trop difficile pour lui. En réalité il avait hésite sur l'alcool à choisir puis au moment de revenir il avait pu voir leur cible se rapprocher de sa maîtresse et lui parler. Restant non loin du balcon là où en un regard il pourrait les observer il fit mine de rien et plongea son regard dans le vide comme un bon majordome le ferait afin de ne point déranger les autres convives. De son côté, Katherine leva la tête vers le ciel et put scruter attentivement les étoiles. Chacune scintillait, frappait de leur éclat les prunelles de la jeune Hongroise pour finalement la faire cligner des yeux et les fermer afin d'apprécier dans un noir plus complet les derniers fragment luminescent. Ouvrant les yeux elle se glissa aux côtés du Comte frôlant sa main sur la rambarde glacée de pierres et souffla :

- Il me faudra plus que rentrer et d'un manteau afin de me réchauffer mon seigneur… mais promis je n'hésiterai pas à vous en faire part…


Sa voix s'était faite légèrement plus sensuelle afin de mettre l'accent sur ses sous-entendus puis doucement elle fit passer ses jambes par-dessus la rambarde les laissant pendre dans le vide. Ses quelques mèches qui s'échappaient de son chignon voletaient autour de son visage et fouettaient impétueusement ses joues. Elle se tourna doucement pour faire face au Comte et l'écouta attentivement. Au fur et à mesure des mouvements de son interlocuteur la demoiselle se tournait vers lui afin de pouvoir lui faire face. Finalement elle tourna le dos au vide n'ayant pas peur de basculer. Tout semblait fonctionner à merveille. Voilà qu'il lui faisait la proposition que tous au QG attendait. Celle de faire partie de sa troupe de comédiens pour au moins une pièce…

- Tout ceci restera entre nous, bien entendu. Voilà une offre tout à fait agréable à entendre. Je me tâte, devrais-je vous sauter au cou pour vous remercier d'une telle proposition ou bien tout simplement accepter sans plus d'effusion ? Elle se pencha légèrement en avant et se mordilla la lèvre avant de se ressaisir. Je dois vous avouer que je me sens honorée, c'est volontiers que j'accepte que vous me mettiez à l'essai. Je n'ai jamais eu encore l'occasion de jouer Cléopâtre, voilà un nouveau défi qu'il me plaît de relever. J'espère répondre à vos attentes et provoquer en vous l'envie de conquérir d'autres territoires.


Un rire cristallin s'échappa de sa gorge tandis qu'elle porta le verre d’absinthe à ses lèvres et en avala une gorgée. Le liquide chaud s'écoula le long de sa bouche pour venir brûler sa gorge et la faire frissonner de plaisir. Elle pencha la tête sur le côté et étira ses lèvres en un sourire ravi. Descendant de son perchoir, elle s'avança vers le lord et lui tendit son verre. Son coeur battait la chamade. Elle avait réussi et puis… Et puis...Elle allait remonter sur scène, se mettre dans la peau d'un nouveau personnage, devenir autre, s'oublier. Ses yeux pétillaient de joie, de passion. Replongeant ses lèvres dans le liquide clair elle finit par se retourner pour observer le jardin et demanda :

- Quand désirez-vous me mettre à l'essai ?

héhé:
 



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Lun 17 Oct - 1:08

Sur le balcon de l'Architecte, les conversations des convives s'atténuaient. Profitant de cette paix toute relative, le Comte respirait l'air frais du soir en compagnie de Katherine Thornes. Le ciel était clair et les étoiles illuminaient le monde tandis qu'une légère brise soulevait les feuilles des ormes et des saules pleureurs. Appuyé sur la rambarde de pierres blanches, le vieux Vampire laissa ses pensées errer un instant sur les bords obscurs de son passé pendant que ses cheveux en catogan ondulaient dans son dos.
Ce fut le couple Bremmer, qui venait de s'éclipser dans la roseraie, qui fit remonter dans son esprit les images d'un temps passé. Jirômaru se souvint ainsi de ses jeux débridés lorsqu'il était encore à Rome, capitale de la luxure et sa ville de cœur. Il se souvenait que la belle Amélia n'avait pas refusé ses avances le soir où il l'avait retenue dans l'arrière cour de la villa des Mazerro entre deux buissons parfumés...Il se souvenait également que Juvia et Elisa l'avaient accueilli à bras ouverts lorsqu'il les avait retrouvées dans l'atrium de leur père parti en voyage d'affaire...C'était la belle époque de son insouciance, l'époque durant laquelle il avait appris la débauche et esquissé une vie de plaisirs et de savoirs, errant entre sa villa, celles de ses comparses, les bains publics et la bibliothèque nationale. C'était là qu'il avait connu ses plus grands amants et qu'il avait failli s'établir et fonder une véritable famille...
Aujourd'hui, il passait ses soirées à chasser le Loup-Garou, à gérer des disciples qu'il trouvait souvent trop nombreux ou à badiner autour de canards laqués dont l'odeur le révoltait tout autant que les masques que portaient ses hôtes. Aujourd'hui, il s'ennuyait dans son immortalité ou souffrait sans commune mesure dans une ville pluvieuse où un pin était une aberration, où les aiguillères remplaçaient les jarres et où le moindre écart vous collait une étiquette à vie dans le dos, si ce n'était un poignard. La cendre dans sa bouche lui rappelait à chaque repas qu'il était en guerre contre les Hunters et les sourires des femmes ce soir l'empêchaient d'oublier que Sarah était toujours introuvable. Son front se plissa de soucis.
Mais par bonheur, la présence de Miss Thornes à ses côtés le détendit quelque peu. Sa voix claire et son air joyeux lui redonnèrent un soupçon d'enthousiasme. Après tout, il avait accepté cette soirée afin de se détendre un peu : il devait donc profiter de ces mondanités surannées dans le but de trouver des acteurs pour sa pièce et non pas pour ruminer d'amers souvenirs et imaginer cet avenir incertain. Il était là pour parler théâtre et retrouver la saveur des planches !

La main de Katherine frôla la sienne sur la rambarde tandis qu'elle venait près de lui. Le Vampire apprécia ce contact plus qu'il ne l'aurait sans doute souhaité. Il ne voulait pas se l'avouer mais en vérité ce genre de soirée lui avait manqué. En effet, s'il détestait sourire aux hypocrites et jouer la carte mondaine du gentleman guindé, il adorait converser sur certains sujets et conquérir les cœurs. Les repas étaient un calvaire mais la danse était toujours un plaisir. Les mesquins lui donnaient envie de meurtre, mais les figures qu'il appréciait lui donnaient parfois de l'espoir pour l'Humanité ou réveillaient ses pulsions intimes.
Katherine était une jeune femme étonnante. C'était une belle créature aux yeux magnifiques et aux formes généreuses. Propre sur elle, le teint de porcelaine, le nez fin, elle avait tout de la grande aristocrate. Et pourtant, ses extravagances venaient sans cesse briser les règles de la bienséance et divers codes de conduite que la haute société avait instaurés. Elle venait seule avec son majordome, l'invitait à table, riait facilement aux éclats, s'attardait volontiers dans l'oeil des gentlemen, dévoilait sa poitrine avec peu de pudeur et buvait même de l'absinthe. C'était une femme du monde, sans aucun doute, mais également une amatrice de sensations, une belle aventurière qui n'hésitait à mettre le doigt sur ce qu'elle désirait. Sa beauté naturelle et sa façon parfois un peu brute de partager ses envies lui conféraient un charme incroyable.
Le Comte l'avait remarquée peu de temps après son arrivée mais c'était en la voyant jouer
Phèdre et en l'entendant à table qu'il s'était décidé à l'engager. Il aimait ce genre de caractère fort. Sarah elle-même était de ces femmes entêtées qui ne juraient que par elles-mêmes. De plus, la belle comédienne semblait posséder du théâtre une vision semblable à la sienne. Cela allait sans doute les aider à collaborer pour Antoine et Cléopâtre, si elle acceptait le rôle.
Le Vampire sentait que la jeune femme et lui allaient bien s'entendre, non seulement sur le plan professionnel mais aussi sur le plan personnel. Un sourire étira ses minces lèvres en repensant à leur petit entretien à table. N'avait-elle légèrement appuyé sur sa « passion » du théâtre ? Ne lui avait-elle pas jeté un coup d'oeil un peu osé ? Jirômaru n'était pas né de la dernière pluie : il savait qu'il lui plaisait et que la belle plaçait ses pions tout autant qu'il plaçait lui-même les siens. Elle était sans doute de ces artistes qui rêvent de se faire engager par des metteurs en scène aussi connus que lui afin d'obtenir la gloire, ou tout du moins l'assurance d'une carrière brillante. En tant que femme, et se sachant certainement très désirable, elle allait donc jouer de ses charmes pour l'amadouer. Cela n'était pas pour lui déplaire d'ailleurs et il comptait bien le lui faire comprendre si elle continuait ses allusions...Sa dernière remarque au sujet de la fraîcheur de la nuit ne lui avait pas échappée...


- Je saurai alors faire rougir l'âtre pour vous...murmura-t-il doucement en lui jetant un coup d'oeil amusé tandis que la belle passait ses jambes par-dessus la rambarde.

Encore une manière quelque peu déplacée : depuis quand les ladies risquaient-elles d'abîmer leur mise en tenant de semblables positions ? Et ce chignon qui se défaisait...Katherine était une jeune femme sans réelle pudeur, sûre d'elle, plus libre que les autres. Sa posture était dangereuse mais elle n'en avait cure. Le Comte faillit lui demander d'être prudente mais il se retint. Il pensait que leur futur accord allait dépendre de sa facilité à l'accepter telle qu'elle était ou non. D'ailleurs, ces manières un peu enfantines lui plaisaient beaucoup.
Il aborda donc au plus vite le sujet de sa prochaine pièce de théâtre et expliqua à la jeune aristocrate ce qu'il attendait d'elle si elle acceptait son rôle. La belle sembla immédiatement conquise. Cependant, sa question quant à l'attitude qu'elle devait adopter avec lui pour lui montrer sa gratitude perturba un peu le lord.


- Allons Miss Thornes, vous ne voudriez pas que les rumeurs fusent à notre sujet, j'en suis certain. Ce n'est ni le lieu, ni le moment...

L'actrice accepta avec une joie non feinte l'intérêt qu'il lui portait et le rôle qu'il lui proposait. Son allusion avec les nouveaux territoires à conquérir fit lever un sourcil au Comte. Comment devait-il interpréter cette phrase ? Faisait-elle de lui un Antoine ? C'était amusant.
L'éclat de rire de la jeune femme fit sourire le Vampire qui laissa son regard s'attarder sur son verre d'absinthe puis sur le décolleté provocateur qu'elle exposait sous son nez. Diverses pensées traversèrent son esprit.
Tout d'abord, Katherine ferait une magnifique Cléopâtre sur les planches : elle possédait une taille de guêpe et des cheveux d'un noir profond, ses mains étaient fines et son regard illuminait le cœur. Son jeu, un peu osé, ferait sans doute scandale la première fois mais il attirerait rapidement la foule pour le plus grand bonheur des comptables qui allaient gérer les entrées. Les spectateurs l'adoreraient.
Ensuite, l'immortel songea qu'il désirait la posséder, comme il avait possédé de nombreuses femmes avant elle. Il sentit un certain besoin de la conquérir elle aussi et de lui montrer qu'il n'était pas indifférent à ses charmes. Il se demanda si les sous-entendus qu'elle avait laissé rouler près de lui se confirmeraient dans le parc en contre-bas, s'il les avait rêvés ou si elle n'était qu'une petite impertinente qui aimait se jouer des hommes. Au fond, il enviait les Bremmer qui batifolaient dans la roseraie...


- Miss Thornes, fit-il de sa voix douce et chaude en s'approchant d'elle, je suis heureux que vous acceptiez ce rôle. J'espère que vous ne le regretterez pas.

La jeune actrice semblait particulièrement heureuse d'avoir été choisie par le lord. Ses yeux pétillaient d'excitation et sa voix s'était faite un peu plus aiguë. Elle leva son verre à sa santé et but une nouvelle gorgée d'absinthe. L'ancien samouraï la regarda faire, riant d'avance des effets qu'aurait l'alcool sur l'organisme de la jeune femme et des suites possibles que cela annonçait pour la fin de la soirée.
Alors qu'elle lui tournait le dos pour s'appuyer à son tour sur la rambarde Vampire la dévora des yeux. Sa robe marquait sa taille avec grâce et son chignon défait lui donnait un air un peu sauvage et déjanté. Le Comte osa s'approcher un peu plus et alla jusqu'à lui frôler la hanche d'une main avant de s'appuyer sur la rambarde près d'elle. Leurs coudes se touchaient.


- Je ne sais pas...Ce sera quand vous voudrez. Je suppose que vous ne serez pas libre avant un moment ? Que diriez-vous que nous nous donnions rendez-vous la semaine prochaine pour en discuter ?

La chouette qui était perchée dans un saule non loin du double escalier qui donnait dans le jardin s'envola soudain dans un bruissement mât. Le Vampire la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans un autre arbre au fond du parc.
Un sourire paisible anima son visage. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas autant apprécié le ciel noir et ses étoiles. Le vent dans les branchages lui donnait des envies poétiques et ravivait ses sens. Le Vampire soupira doucement et le silence se fit.


- Conquérir de nouveaux territoires ne me fait pas peur Miss...souffla-t-il au bout d'un moment en plongeant soudainement ses yeux gris dans ceux de la jeune femme, ...et vous ? Son sourire se fit un peu plus provocateur. Que diriez-vous d'aller explorer ce parc ? Ses yeux brillèrent d'une lueur maligne. Mais peut-être êtes-vous trop fatiguée ? A moins que vous n'ayez peur du noir... ?

Jirômaru s'éloigna un peu et entama la descente des marches vers le jardin. Il ne quitta pas le regard de la jeune femme, et ce pour attiser sa curiosité et la convier plus explicitement à l'exploration nocturne qu'il venait de lui proposer. Le jeu des mondanités ne faisait que commencer...

[HRP/ J'ai répondu vite, c'est ta punition pour ce "s'urvole"! Mouhahaha!/HRP]


> Jirômaru Keisuke <

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Katherine Thornes
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Ven 18 Nov - 18:46

Michael. Son regard se perdit sur les formes de sa jeune maîtresse. Ses prunelles vertes détaillaient chacune des parcelles de son corps. Le coeur du lycanthrope se serrait un peu plus à chaque pas qu'elle faisait. Elle délivrait en lui des envies sauvages, primitives, il rêvait d'elle jour et nuit. A chaque instant il désirait lui partager ses désirs, la couvrir de baisers jusqu'à ce qu'elle étouffe et supplie qu'il cesse enfin. Elle lui échappait, elle se dérobait à nouveau à son regard. Elle ne lui appartenait pas et ses attitudes ne le lui criaient que trop bien. Tant d'indécence en la voyant. Nul ne pourrait la qualifier de femme respectable. Non, elle ne pouvait l'être pour l'époque. Suivant le vampire à l'extérieur la jeune femme laissa Michael seul à nouveau. C'était cruel, il l'estimait cruel. Ou bien était-ce lui. Pour qui se prenait-il ? Éprouver des sentiments pour une femme de ce rang était déjà fort déplacé et Katherine était déjà bien trop présente à ses côtés au goût de la noblesse. La peur le tenaillait, elle lui nouait l'estompait, l'étranglait, il en frémissait et crispaient ses doigts. Elle, seule, avec un vampire. Non ce n'était pas cette idée qui l'effrayait. Sans lui elle avait déjà tenu compagnie à ces créatures sournoises. Non, ce qui le terrorisait c'était le fait que ce vampire n'était pas le plus inoffensif. N'était-ce donc pas le Comte ? L'un des maîtres ? Leur cible principale ? Il se mit soudainement à penser qu'ils court-circuitaient tout. Ils allaient beaucoup trop vite il fallait attendre, attendre qu'il s'affaiblisse. Ils n'avaient aucune chance, il allait la perdre. Reculant en un moment d'effroi il renversa le verre qui se tenait au bord de la table dans un bruit fracassant. Des invités se tournèrent vers lui et sans se démonter il se baissa rapidement afin de ramasser les débris. Aie, une coupure. Ses doigts vinrent arracher le morceau de verre qui s'était frayé un chemin dans sa chaire sournoisement. Aie, ses gants étaient tachés. Le blanc virait lentement au rouge. Un rouge si délicieux. Mince ! Ce n'était pas le moment ? Enlevant ses gants il porta son doigt à ses lèvres et tenta d'arrêter le saignement. Une voix le fit sursauter. Un problème ? On lui demandait s'il y avait un problème. Non, aucun, absolument aucun. Il avait fait tomer un verre, avait propagé l'alcool sur le sol, s'était ouvert le doigt, Katherine était seule dehors avec un fou et et !! Et il en faisait trop. Gardant son calme il sourit aimablement et accepta l'aide du domestique. Il devait reprendre ses esprits. Une fois les débris ramassés il se redressa. Il devait avoir confiance et cesser de douter. Le Comte n'avait aucun intérêt à lui faire du mal ce soir-là… les convives étaient partout, au moindre cri l'alerte serait donnée et tous se jetteraient pour comprendre les causes du cri.

Soupir.

Michael ferma les yeux et osa sa main sur le pistolet à percussion qu'il gardait dans une poche de sa veste. Des balles d'argent. Elle ne craignait rien. Katherine savait se débrouiller, il avait confiance. Reprenant contenance il partit s'excuser, après tout, la coupe qu'il avait brisée était d'une grande beauté.

Fuyant le regard de son majordome, la belle avait suivi le Comte à l'extérieur. L'air frais venait caresser sa peau douce. Que n'aurait-elle pas donné pour être sous l'une de ses autres formes et être ainsi protégée par la fourrure. S'approchant de sa proie la jeune femme posa ses mains sur la rambarde. Ses doigts frôlèrent la peau du Vampire, une peau froide, glaciale. Une peau si perturbante que ne possédait pas le commun des mortels. Aucun effort physique, aucune source de chaleur ne pourrait réchauffer cette peau diaphane, cette chaire froide. Un frisson parcourut son corps, ce n'était pas un rêve ni même une illusion, elle était bien là, proche du vampire, à jouer de ses charmes, à converser comme elle avait l'habitude de le faire avec n'importe quel homme. Dialoguant à propos du théâtre, malgré cette proximité effrayante, la jeune Hongroise se trouvait dans son élément. Elle en oublierait presque sa condition sa mission, elle parlait de ce qu'elle aimait, de ce qui avait animé sa vie pendant un siècle. Le théâtre.

Un sourire étirait ses lèvres.

Le comte entrait peu à peu dans son domaine. Il lui tendait la main, ils abordaient des sujets aimés de chacun et… se souciaient de l'autre. Du moins Katherine se contentait de répondre à son inquiétude. Oh oui la fraîcheur caressait son visage, sa peau nue, faisait voleter ses cheveux rebelles au gré de la bise. Oh oui, elle souffrait du froid. Son sous-entendu assez provocant sembla faire mouche un instant. Elle s'en amusait. Il ne s'en offusquait pas et semblait même rentrer dans son jeu. Mmh… Passant à côté de lui elle lui jeta un regard osé et tout aussi amusée par la réponse de son interlocuteur elle passa ses jambes par-dessus la rambarde de pierre. En un instant elle se vit tomber. L'excitation la gagna. La rattraperait-il ou bien plongerait-elle en un premier et dernier vol ? L'adrénaline la submergea et pendant quelques secondes elle se tâta de sauter, se laisser chuter mais elle résista à la tentation. Puis elle se demanda, quelques gestes sensuels pourraient-ils faire chauffer son sang ? Une fois mort pourrait-elle profiter d'une chaleur temporaire du vampire ? Elle n'y avait jamais vraiment fait attention jusque là. Elle se contentait de tuer, séduisant sa proie pour mieux l'abattre. Cette fois cela allait être différent. Un vampire si vieux, si sournois si… Séduisant. Quelle couleur ? Quelle odeur ? Quelle chaleur ? Quel soupir ? Quelle mort ? Des pensées toutes les plus macabres les unes que les autres traversèrent son esprit. Elle voulait voir sa belle chevelure teintée de son sang. Etait-il clair ? Foncé ? Quelle couleur.. ?

Rejetant la tête en arrière afin de ne pas être génée par ses cheveux qui s'évadaient de son chignon elle se mit à balancer ses jambes fines dans le vide. S'imaginant le comte dans une posture compromettante et un peu macabre Katherine écarta ses perverses pensées lorsqu'il lui parla de sa prochaine pièce de théâtre. L'annonce la ravissait elle en oubliait presque ses sombres desseins ! Jouer à nouveau, découvrir un personnage plus excitant encore que ceux qu'elle avait déjà connu, en voilà une bonne aventure en perspective ! Sa passion pour le théâtre la rendait euphorique et cela se sentait. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas joué elle n'en avait pas eu le temps ni de se trouver une troupe ni même d'y penser. Sa haine envers les vampires lui prenait plus de temps que ce qu'elle aurait voulu. Se retournant vers lui elle l'avait contemplé comme s'il s'agissait du messi. Son enthousiasme se traduisit par une demande et ce fut la réponse du jeune homme qui la fit rire aux éclats. Se rapprochant de Jiromaru elle se risqua à poser sa main sur les vêtements du lord et les froissa doucement avant de déplier ses doigts et de faire glisser sa main le long du tissus :


- Mais je suis faite de rumeurs mon cher… une de plus ou de moins… Faisons les jaser !


Riant à nouveau elle reporta son attention sur son verre et n'hésita pas à le porter à ses rêves. Oui elle acceptait. Elle acceptait de revivre sa passion, de souiller la scène à nouveau de son passage. Elle n'avait aucun doute sur la tournure des événements. Elle sera prise. Elle savait s'en donner les moyens et puis un metteur en scène qui faisait une telle proposition… C'était intéressant. Il la voulait déjà. Elle n'avait qu'à accourir. Le liquide chaud roula dans sa gorge comme un millier de petites flammes toutes prêtes à la consumer. Effroyablement décadente, succube de sa Majesté des Enfers, vipère aristocrate, veuve noire. Se mouvant avec sa grâce à la fois féline et reptilienne la belle s'était reculé afin de pouvoir pleinement l'observer. La joie grandissait dans son être. Enfin ! Alexender pouvait être fier d'elle, elle avait eu cette chance que le Comte pose ses yeux transparents sur elle, qu'il veuille lui parler. Le regardant s'approcher d'elle elle lui lança un regard des plus amusés. Ses yeux se perdirent dans le cou du vampire puis sur son torse. Qu'elle désirait lui enlever ses vêtements, mettre à nue sa peau, toucher l'emplacement de son coeur, sentir l'excitation lui faire toucher du bout des doigts cette chaire glacée avant d'ôter de son écrin ce coeur qui ne valait plus rien, qui avait fait tant de mal. L'écoutant elle releva les yeux vers ses lèvres. Regretter ? Comment le pouvait-elle ? Elle n'avait rien à regretter. Elle accomplissait sa mission et deviendrait Cléopâtre. Elle avait toutes les cartes en main pour réussir, libre à elle de savoir les manipuler.  Buvant à nouveau une gorgée d'absinthe elle reprit contenance et retourna vers la balustrade. Y posant ses coudes elle observa le jardin et huma les délicieuses odeurs qui s'en échappaient. En garderait-elle le parfum ?

Frémissant au contact de sa main sur sa hanche la belle ne détourna pas le visage du paysage. Ce geste ne l'étonnait plus, elle avait connu tant d'hommes autant des bons que des mauvais. Son corps ne lui appartenait plus vraiment, elle l'avait jeté en patûre depuis bien longtemps afin de mener à bien ses objectifs. Elle l'avait bien compris, dans ce monde d'hommes les femmes ne valaient rien d'autre qu'un récéptacle, une machine à faire des enfants, un objet de décoration, d'honneur et de prestige. C'était ainsi qu'il fallait fonctionner afin d'être une femme respectable. Katherine n'avait pas de mari, ni d'enfants et elle n'était en rien respectable. Dieu le lui pardonnera. Elle agissait pour lui la plupart du temps même si elle devait avouer prendre plaisir à se faire désir et à s'enticher de beaux jeunes hommes malheureusement pas tous humains et qui malheureusement n'en ressortent pas toujours vivants. Emergeant de ses rêveries la Hongroise se contenta de répondre :


- Je saurais me libérer pour vous Monseigneur. Voilà qui serait parfait ! Faites moi parvenir vos souhaits en ce qui concerne la date, le lieu et l'heure, je n'y manquerai pas.

L'envol de la chouette la fit sursauter. Elle se sentit soudainement honteuse. Elle s'indignait intérieurement de son propre comportement. Redoutait-elle autant que ça la solitude avec ce vampire ? C'était pitoyable. Bien sûr qu'elle avait peur elle n'était pas assez stupide pour ne pas le craindre et le prendre de haut mais tout se déroulait pour le moment très bien. Inspirant profondément elle ferma les yeux et laissa un sourire planer sur ses lèvres. Si seulement il avait été humain. Sa condition ainsi que ses crimes passés allaient la forcer à commettre de terribles choses.
Le silence avait fini par bercer leur sens et les deux « jeunes » gens se laissaient emporter. Ce fut finalement l'albinos qui le rompit en premier. La belle tourna la tête et plongea ses lacs jumeaux bleutés dans ses deux miroirs gris. La belle se retourna vers lui et fit un pas en avant d'un air aguicheur :


- J'aime les conquérants My Lord, découvrir et étendre mon territoire sur de nouveaux ne m'effraie nullement mais je peux faire quelques concessions si un grand souverain venait à marcher sur mes terres.

Sa main fine attrapa son verre qu'elle vida presque d'un trait en observant son interlocuteur. Laissant au fond assez pour une gorgée elle lui tendit le verre et arqua un sourcil d'un air provocateur :

- Voyons m'estimez-vous à bout de force ? L'obscurité n'est pas à craindre, ce qui s'y cache en revanche si mais je suis accompagnée ce soir, je n'ai rien à redouter. Allons explorer ce parc mon seigneur, à moins-ce que vous n'ayez peur du noir ?

Katherine laissa s'échapper un petit gloussement et posa son verre. Le voyant s'éloigner de plus en plus au sein des ténèbres la demoiselle quitta la balustrade pour marcher vers lui. Finalement en passant, elle laissa sa main caresser le bras du seigneur, frôler ses doigts avant de le devancer. S'asseyant sur la rambarde à un peu plus d'un mètre du sol elle l'attendit et lorsqu'il arriva à sa hauteur elle se laissa tomber et atterrit souplement debout. Lui lançant un regard aguicheur dans l'obscurité elle recula pour ne pas lui laisser la tâche trop simple de la rattraper. Jouer. Oui elle avait envie de jouer, voir jusqu'où elle pouvait aller avec lui. Voir s'il avait encore cette part d'humanité d'amour pour les frivolités. Puis, doucement, gracieusement elle lui tendit sa main. La prendrait-il ?



"Parce qu’on se sent quelques fois seul, délaissé, abandonné, rejeté. On pense alors à la seule échappatoire possible : la mort. On manque de cran, on a peur. Et on finit par y renoncer en choisissant la facilité : tuer."
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Comte Keï
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MessageSujet: Re: Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42] Jeu 1 Déc - 13:28

Katherine était une femme fascinante. Elle ne craignait ni les rumeurs, ni les scandales. Elle semblait toute entière faite de passions et laissait libre cours à ses pulsions sans se soucier des regards posés sur elle. Ses yeux brillaient d'une grande expérience et son sourire recelait des mystères qui n'attendaient qu'à être découverts.
Depuis qu'il l'avait aperçue dans la foule et qu'ils avaient conversé autour du dîner, le Comte ne cessait de l'observer et de la juger. Avec Ambre, il avait décrété qu'elle ferait l'affaire pour incarner Cléopâtre : physiquement, c'était l'idéal qu'ils cherchaient, et son jeu les avait impressionnés lorsqu'elle s'était amusée à prendre le rôle de Phèdre au beau milieu des convives. La jeune Thornes était aussi belle que douée, cela ne faisait pas de doute. Malheureusement, la mauvaise réputation qui la précédait et ses manière quelque peu décalées, méritaient que le lord ne l'approche d'un peu plus près pour s'en faire une idée plus personnelle. C'est qu'il n'acceptait pas n'importe qui dans sa troupe, pour garantir la qualité de ses spectacles et sa propre réputation : il devait sélectionner avec soin ses acteurs.

Pour la cerner davantage et obtenir son avis sur ses ambitions artistiques, le Vampire avait entraîné la jeune actrice à l'extérieur, sur le grand balcon de pierre. Puis, il lui avait dévoilé son envie de la recruter : la réaction de la jeune femme compterait beaucoup pour la concrétisation de cette offre. Katherine avait alors immédiatement accepté, et avec une joie que le Comte supposait non feinte. Cependant, il désirait tout de même la tester et la connaître davantage avant de s'en forger une opinion.  
Qui était réellement Katherine ? Une actrice pouvait revêtir tant de masques...
Le Comte restait d'autant plus prudent qu'il savait que son titre et sa position faisaient des envieux et qu'il avait déjà eu affaire à des femmes vénales qui n'avaient cherché qu'à l'escroquer ou à le faire tomber aux yeux de la société. Il tenait à sa réputation dans le monde des Humains car c'était sa couverture, la garantie de son pouvoir : il devait s'assurer d'avoir des garantis plus fiables qu'une simple motivation.

Ainsi, dans l'ombre de la nuit, sous la brise glacée qui venait du parc devant eux, le Comte et Katherine se découvrirent l'un l'autre.

Le Vampire ne savait pas ce qu'il se tramait réellement dans la tête de sa nouvelle recrue, mais il prit soin de lui renvoyer de lui-même une image particulièrement positive et entra dans le jeu qu'elle lui proposait afin d'en découvrir les ressorts et les limites...

Ce que Jirômaru remarqua tout d'abord, ce fut que Katherine possédait une grande assurance que d'aucuns auraient qualifié de « culot » ou de « témérité ». Elle osait le provoquer avec ses charmes et même le toucher...Sa main sur sa manche montrait bien qu'elle n'avait pas froid aux yeux et que la débauche était son domaine. Tout en elle était volupté : ses lèvres, insolentes, souriaient avec malice tandis que sa voix, sensuelle à souhait, tournait toujours ses phrases de manière à ce qu'un double sens soit possible.
Le Comte n'était pas farouche, mais il ne pouvait s'empêcher de trouver cette situation cocasse quelque peu dangereuse. Mises à part les catins, les représentantes de la gente féminine restaient enfermées dans des carcans qui les empêchaient généralement d'être aussi explicites. Katherine, elle, s'émancipait volontiers de ces carcans et pouvait représenter un réel danger pour sa troupe. Il faudrait qu'elle fasse plus attention si elle intégrait les siens.
Au fond, Jirômaru rêvait de déchaîner son talent sur scène en annihilant tous les beaux principes ridicules que la société leur imposait. Il adorait la terrible sensualité qui se dégageait de Katherine, mais il ne pourrait jamais la tolérer en public. La belle allait devoir refréner ses envies, tout comme il refrénait les siennes, afin de rester, du moins en apparence, dans le moule que la société leur imposait.

Ainsi, malgré son attirance pour la jeune femme, qu'il ne dissimulait d'ailleurs déjà plus, le Comte tâcha de lui rappeler qu'il ne pouvait se permettre de la suivre trop loin et surtout que les convives ne devaient pas se rendre compte de leur petit manège.


- Les faire jaser ne nous apporterait pas grand chose...murmura-t-il de sa voix grave tandis que la belle actrice lui jetait un regard ardent.

Se provoquer l'un l'autre était une chose, pousser leurs pairs à les considérer comme une attraction en était une autre. Le Comte ne voulait pas faire de vagues et la jeune femme allait devoir se plier à sa façon de faire si elle désirait continuer à le fréquenter. A l'heure actuelle, Sarah avait disparu mais ses parents avaient presque annoncé en public qu'ils acceptaient qu'elle se marie avec lui. Après sa demande au théâtre, Jirômaru ne pouvait pas afficher son véritable tempérament en public. Ce soir, il apprendrait simplement à connaître Katherine, il la charmerait certes, mais il n'irait pas jusqu'à se compromettre en sa compagnie.

Ce que le Vampire remarqua ensuite, c'était que la jeune femme dissimulait une certaine dose de brutalité qu'il n'avait que trop rarement vue chez le sexe faible. En effet, lorsqu'il l'observa boire, il remarqua que sa manière de vider son verre tenait plus de celle d'un homme que d'une lady. On disait que la belle Thornes vivait seule dans son manoir et qu'elle y avait pris ses aises...Peut être que sa solitude lui avait laissé assez de liberté pour qu'elle adopte des comportements quelque peu masculins ? Sans doute, mais cela ne dissimulait-il pas une tendance à la violence ? Dans ses yeux de braise, le Comte trouva une lueur maligne qui l'intrigua grandement et l'excita malgré lui. Son esprit trouva à cette facette un attrait particulier qu'il croisait parfois chez ses consoeurs. Katherine était une femme fatale, une femme sans doute capable de gifler son amant pour le plaisir de lui rappeler qu'elle dominait la situation. Jirômaru n'avait pas connu beaucoup de femmes de ce genre, mais il se souvenait qu'à Rome il avait déjà eu affaire à quelques furies qu'il avait pris un plaisir fou à soumettre à ses envies.

Cette confiance en elle, cette sensualité exacerbée et cette dose de rébellion qui agitait son regard plurent au Vampire qui vit bientôt en elle une future amante au tempérament de feu. Katherine ne dissimulait plus guère ses propres envies : elle lui tournait autour et le frôlait bien trop souvent pour que cela puisse rester anodin. Dans cette danse, que le lord ne connaissait que trop, il comprit rapidement qu'elle tentait de l'amadouer et de faire sienne la place qu'il venait de lui proposer.

Jirômaru laissa doucement de côté la prudence et accepta les avances de la belle en lui accordant les siennes. Après tout, Katherine était magnifique et ses hanches lui donnaient déjà envie de concrétiser ce qu'ils ne tarderaient pas à expliciter avec plus de sincérité. Une amante de plus ou de moins n'allait pas le compromettre, loin de là, surtout s'il s'accordait avec elle sur le contexte dans lequel ils pourraient se permettre quelques écarts...Sur ce balcon, par exemple, ils devaient demeurer distants à cause des invités qui pouvaient les observer depuis les portes-fenêtres dans leur dos. Jusqu'à présent, Katherine n'avait pas franchi les limites de la décence. Elle semblait avoir compris qu'ils devraient s'apprivoiser l'un l'autre avec prudence.
Après avoir échangé quelques mots alléchants, le couple se rapprocha en prenant appui sur la balustrade et se permirent de se toucher discrètement. Le Comte eut ainsi un petit geste vers la taille gracile de la jeune actrice, histoire de lui faire comprendre qu'il n'était pas insensible à ses charmes et que l'avenir leur réservait bien des occasions de poursuivre cette agréable discussion. Le frisson qui fit trembler la belle à son contact le convainquit quant à la nature des sous-entendus qu'elle venait à nouveau de proférer. Un accord tacite semblait se mettre en place entre eux, soupirs autour d'un lendemain plein de délices interdits...
Bientôt, ils se donnèrent rendez-vous, « pour le théâtre ».


- Je vous ferai parvenir mes dispositions, Miss Thornes, et nous nous arrangerons un dîner autour duquel nous pourrons discuter avec mes autres comédiens...

Katherine accepta, soufflant à sa suite que les conquêtes ne lui faisaient pas peur. Nouveaux sous-entendus, nouvelles perspectives de jeu...Jirômaru ne put retenir son sourire en coin. Aller batifoler dans la roseraie comme les Bremmer lui donnait follement envie, mais son esprit restait préoccupé et il n'était pas assez fou pour croire que les rumeurs qui découleraient d'un tel écart en public n'auraient aucune influence sur sa notoriété et surtout sur le bon déroulement de la suite de ses plans concernant la jeune Spencer.
Riant un peu en entendant Katherine lui offrir son « territoire », il finit par soupirer tandis qu'une chouette s'envolait dans le parc. Il hésita un instant, mais il mourrait d'envie d'aller se promener dans la nuit. Donnant l'impression à la belle qu'il souhaitait poursuivre leurs petites douceurs plus loin, à l'abri des regards, il la convia à le suivre dans l'ombre. C'était le dernier test qu'il désirait lui faire passer : celui qui lui confirmerait qu'elle était capable d'aller jusqu'au bout de ce qu'elle proposait.
Katherine accepta de le suivre et le Vampire décréta enfin qu'elle avait tout à fait sa place dans sa troupe. Il ne lui restait plus qu'à exécuter cette petite promenade et à rentrer, satisfait de ses nouvelles recrues.


- C'est la peur qui nous maintient en vie, miss Thornes...Vous devez la ressentir...Mais vous avez raison, avec moi vous ne risquez rien.

Le Comte rit intérieurement. Si la pauvre jeune femme savait...L'inviter dans le parc pouvait signer son arrête de mort, mais c'était surtout pour lui l'occasion de lui chuchoter ce qu'il pensait de tout ça sans risquer qu'une oreille indiscrète ne puisse l'entendre.
Katherine le devança dans l'escalier qui menait au jardin. Elle lui frôla les doigts et l'invita à la poursuivre gentiment. Le Comte la suivit, mais il n'accéléra jamais le pas. Jouer comme les enfants pour courtiser les dames lui plaisait beaucoup, mais ce soir il ne pouvait se le permettre. Lorsqu'elle ralentit le pas dans l'herbe fraîche et lui tendit gracieusement sa main, le Vampire la prit doucement et s'avança vers elle. Lentement, avec humilité, il la lui baisa sur le dos en lui jetant un regard amusé. Puis, lorsque ses lèvres quittèrent sa peau de pêche, le lord serra de ses deux mains celle qu'il tenait encore et sourit à la belle d'un air légèrement inquiet.


- Vous êtes belle, Katherine, belle et désirable. Mais...méfiez-vous ! Vous êtes entourée de loups et de requins qui n'attendent qu'une occasion pour vous dépouiller de tout ce qu'il vous reste.

Le regard du Comte se fit plus profond : il connaissait les rumeurs au sujet de la jeune Thornes et ce que la société lui reprochait. Il ne l'avait jamais réellement fréquentée mais Ambre avait eu le temps de lui rappeler quelques anecdotes croustillantes. La jeune femme n'avait ni mari, ni enfant. Elle était réputée pour briser les ménages et pour exhiber au monde entier ses opinions parfois douteuses. Elle était sujet de controverses et de débats houleux dans les salons à cause de son charme mortel, de ses attitudes désinvoltes et de ses intrigues amoureuses. Il fallait qu'elle fasse attention si elle ne voulait pas finir dévorée dans un coin par ces vautours jaloux, frustrés, en retard sur leur propre temps, lâches et méprisants.

- Je suis de ceux qui tolèrent l'excentricité et la rupture des codes, le scandale ne m'effraie pas réellement. Mais j'ai des responsabilités que je ne peux oublier...Je ne peux me compromettre à chaque fois que l'occasion m'est donnée, aussi puissant soit mon désir...ajouta-t-il en ramenant la main de la belle contre son veston en approchant son torse d'elle. Il la serra, comme un objet précieux que l'on étreint contre son cœur, et planta ses yeux de brume dans ceux de la jeune femme. Il profitait clairement de la distance qu'ils avaient mis entre eux et le balcon pour expliciter ses envies et lui faire prendre conscience des barrières qui s'opposaient à ces dernières. Il saisissait l'occasion de promettre à la belle ce qu'elle voudrait du moment qu'ils réussissaient à conserver les apparences. Katherine, tout cela me plaît, soyons francs, mais je ne compte pas mettre en péril mon mariage...Il nous faudra être prudents...

Le Comte lâcha doucement la main de sa nouvelle actrice et lui tendit le bras pour l'inviter à la promenade.

- Les invités sont loin mais les Bremmer sont déjà dans le parc...Évitons la roseraie, même si l'idée de les surprendre au beau milieu de leurs ébats m'amuse beaucoup. Allons plutôt du côté du lac. Sir Charles Barry a aménagé toute une promenade autour. Nous pourrons discuter à notre aise.

Le Comte entraîna la belle avec lui autour du lac. Il réussit alors à détourner la conversation pour revenir sur la pièce qu'il souhaitait mettre en scène et sur le rôle que Katherine aurait à y jouer. Ils s’accordèrent très mondainement sur leur prochain rendez-vous, destiné à présenter la belle aux autres acteurs et à lui donner un exemplaire du texte qu'elle aurait à apprendre. La promenade qu'ils firent autour du lac ne dura pas plus d'un quart d'heure. Sur la fin, le lord rappela à Katherine qu'il n'était pas insensible à ses charmes mais que le lieu était mal choisi pour aller plus loin dans leurs sous-entendus. Son regard la transperça, comme pour lire dans son âme, et son sourire se fit sincère lorsqu'il lui murmura qu'il avait hâte de la revoir.

*******************

Dans le fiacre du retour, Ambre trouva son maître plus joyeux qu'à leur arrivée. Elle sourit en le voyant quelque peu rêveur et acheva d'écrire sur un petit carnet la liste des nouvelles actrices qu'ils venaient de recruter grâce au dîner de l'Architecte. Katherine Thornes promettait d'être la plus choyée...

[HRP/ Fin du rp avec le Comte. Suite à venir./HRP]


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Quand l'agneau devient loup [Comte, Katherine] [28/04/42]

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