L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Perspectives monstrueuses [ouvert à tous] [30/04/42]

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Angus MacLeod
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 27/08/2016
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Race : Humaine
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MessageSujet: Perspectives monstrueuses [ouvert à tous] [30/04/42] Jeu 1 Sep - 13:37

Angus déambulait dans les couloirs du Bristish Museum, au sein du département des Imprimés et Dessins. Bien que son éducation bourgeoise l'ait éveillé, voire initié aux arts, ces derniers ne suscitaient chez lui que peu d'intérêt – pour ne pas dire une respectueuse indifférence. Toutefois, un article paru dans le dernier numéro du Gentleman's Magazine, qu'il avait lu la veille au club, avait retenu son attention et piqué sa curiosité.

Le British Museum avait procédé l'an dernier à l'acquisition de plusieurs ouvrages de la Renaissance, dont plusieurs n'avaient jamais été exposés depuis lors. Et le musée allait en sortir certains des réserves, dans le cadre d'une exposition intitulée "Perspectives monstrueuses". Cette exposition, consacrée au bestiaire folklorique de l'humanité, associait présentation d'œuvres d'art, monstruosités en tout genre issues des collections du University College, et conférences littéraires et scientifiques. L'exposition devait durer jusqu'à la fin octobre, et serait conclue par un gala dansant, auquel chaque personne souhaitant participer devait venir costumée dans le respect de ce thème. Après tout, ce serait le soir d'Hallowe'en.

À l'entrée d'une salle, une citation extraite d'un poème tout juste centenaire de Thomas Gray.

Citation :
"Ah, show them where in ambush stand
To seize their prey the murtherous band!
Ah, tell them, they are men!"
- "Where ignorance is bliss, 'tis folly to be wise", murmura Angus.
Il avait lu ce poème, longtemps auparavant... Où donc ? Peu importe, après tout. Oui, lorsque l'ignorance est une bénédiction, c'est folie que d'être sage. Il en savait quelque chose, en sa qualité de chasseur.

Une salle l’intéressa particulièrement : celle consacrée aux "hybrides", monstres mi-humains, mi-animaux. Les représentations de divinités d'Égypte, étaient d'autant plus perturbantes qu'elles étaient remarquablement exécutées : Horus hiéracocépahle, Anubis cynocéphale, et l'indescriptible Seth... Les premiers monstres de l'histoire de l'homme, perçus comme des dieux. Plus loin se trouvait une représentation du héros Persée décapitant la Gorgone Méduse, à la chevelure de serpents. À côté, un vase athénien à figures noires montrait Ulysse aveuglant Polyphème – la peinture sombre renforçant l'obscurité glauque de la scène.

Délaissant les monstres antiques, Angus parvint devant des représentations plus modernes de "créatures". Il s'agissait d'une série issue de l'un des ouvrages dont l'article du
Gentleman's Magazine parlait, imprimé en 1585 par Giovanni Battista de'Cavalieri. Parmi les illustrations exposées se trouvait celle d'un loup-garou. Angus fut stupéfait par l'image ; il n'aurait su dire s'il devait rire ou se lamenter de l'aspect prêté à cette bestiole. L'auteur de l'illustration, de toute évidence, n'avait jamais croisé un loup de toute son existence – encore moins un loup-garou.
Illustration de loup-garou:
 

Songeant à sa propre expérience de ces monstres, Angus eut un frisson le long de son échine. Instinctivement, il effleura les balafres qui ornaient son visage avec sa main prothétique : souvenirs impérissables de deux rencontres avec un loup-garou. La première lui avait valu ses balafres, trois griffures parallèles, larges et profondes, lui zébrant la joue gauche. La dernière lui avait coûté son avant-bras gauche, désormais remplacé par une prothèse métallique. De temps à autre, il lui arrivait de ressentir des sensations, au bout d’un doigt ou au poignet par exemple, comme si son membre disparu était encore à sa place. Rien que de bien très normal, à peine quatre mois après l’amputation.

Les murmures des discussions alentour le tirèrent de ses réflexions glauques. Des membres de la bonne société allaient et venaient, dans un ballet quelque peu endimanché, rythmé par le discret claquement des cannes des messieurs auquel se mêlait le sourd froufrou des robes des dames. Agrémentant leur visite de commentaires sur leurs impressions à la vue des œuvres exposées, la bourgeoisie londonienne s’offrait, à peu de frais, une sensation du danger à goût de macabre. Oui, l’ignorance était une bénédiction, quand la sagesse pouvait vous faire tomber dans la folie. Angus glissa discrètement la main droite dans le long manteau qui le couvrait jusqu’aux chevilles, dissimulant ses armes. Il sortit d’une poche une petite flasque métallique, qu’il déboucha avant de boire une rapide gorgée ; puis il la rangea. Le scotch l’aidait à tenir ses sombres pensées à distance, mais point trop n’en fallait.


Sources:
 
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Chastity E. Stephenson
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Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: Perspectives monstrueuses [ouvert à tous] [30/04/42] Mar 20 Sep - 20:44

Il faisait beau, le soleil brillait sur Londres. Chastity était de sortie. Oui, elle profitait de sa nature expérimentale pour se rendre dans une exposition temporaire au British Museum. Elle avait ouï dire que le thème choisit était les monstres et créatures fantastiques. Sans doute un ramassis d'inepties et de dessins d'imagination sans aucune vraisemblance... Mais en ce jour de désoeuvrement pour la Vampire, elle trouva bon de se distraire devant ces oeuvres naïves.Et puis, peut-être que pas un heureux hasard, elle ferait quelques trouvailles d'exception...

Bien que le soleil ne la brûlât pas aussi gravement qu'un autre membre de sa race, la jeune femme devait prendre mille et une précautions pour sortir. Elle avait revêtu une longue robe bleu marine, une couleur rappelant celle des tenues des touaregs qui parcouraient l'immensité du sahara. La coupe, cependant, était à la dernière mode et dans des tissus délicats. Manches bouffantes, taille affinée, tulle fin venu de France... Chastity était une coquette.
Une fois la robe passée, Gracie, sa jeune camériste, lui apporta des gants de peau noirs. Sans doute un peu chauds pour la saison mais la chaleur ne lui faisait plus rien... Même dans un four, elle aurait eu froid.
Pour accompagner sa mise, la jeune femme fut dans l'obligation d'enfiler une cape de coton noire également et un chapeau additionné d'un épais voile sur le devant qui l'empêchait d'être exposée aux rayons du soleil sans être totalement dépourvue de vision. Enfin, pour protéger sa rétine, elle passa une paire de lunettes en verre fumés spécialement importée d'Italie à sa demande l'an dernier.

Chastity se regarda dans la glace et soupira alors que Gracie ajustait rapidement les ourlets de la jupe.


- Ciel, je ressemble à un affreux corbeau...

La jeune blonde remonta la tête. Pour elle, sa Vampire de maîtresse avait toujours été la plus belle et la plus admirable des femmes. Même dans cette tenue, elle la trouvait belle, plus belle que n'importe qui. Et, grâce au noir et au bleu nuit qui reposaient la vue des observateurs, le roux de sa chevelure n'en devenait que plus renversant.


- Certaines Ladies tueraient pour n'être qu'une pâle copie du corbeau que vous semblez être madame.

Chastity esquissa un sourire en coin puis tourna sur elle-même pour inspecter les coutures de la robe quand sa camériste eut fini.

- Allons bon Gracie, pas de flagorneries inutiles. Bien, je crois que je suis fin prête... Je rentrerai sans doute pour le dîner. Je mangerai léger, comme à mon habitude...

La jeune femme de chambre comprenait. Ce serait eau chaude et blood tablets, une boule de thé, quelques scones et un potage pour faire bonne figure auprès des cuisinières. Celles là ne s'étonnaient même plus de ne préparer que des en-cas pour leur maîtresse, qu'elles croyaient humaine. Au moins, elles avaient plus de temps pour baîller aux corneilles ou mitonner de meilleurs plats pour le personnel !

Chastity descendit lentement les couloirs de son manoir, en direction de l'entrée. Bien avant son passage, sa fidèle Gracie fermait les rideaux pour la protéger du soleil. Ici, tout le personnel pensait qu'elle était simplement très malade.
Avant de sortir, la Vampire déploya une gigantesque ombrelle et passa le pas de la porte avant de s'engouffrer presque aussitôt dans son véhicule personnel. Elle circula, rideaux baissés, jusqu'au lieu dit de l'exposition. Elle s'était renseignée sur la scénographie et avait appris qu'afin de retranscrire au mieux l'atmosphère fantastique des dessins présentés, les rideaux seraient tirés et les pièces éclairées en lumière artificielle. Tant mieux pour elle...

Arrivée devant le musée, la jeune femme fut obligée de sortir en pleine lumière. heureusement, elle ne sentit presque rien grâce à sa protection, à peine un picotement derrière la nuque. On se chargea de l'amener le plus vite possible dans le département des imprimés et elle put enfin se montrer en société, débarrassée de son chapeau, de ses lunettes et de sa cape. Elle dévoila ainsi sa chevelure rousse ramenée dans un chignon simple mais néanmoins séduisant grâce à l'ampleur de ses boucles naturelles.
Comme elle s'y attendait, son arrivée ne manqua pas d'être accompagnée de commentaires cinglants.


- Miss Stephenson, ici ? Pour une fois qu'elle n'est pas occupée par ses comptes et ses machines...

- Saviez-vous très chère qu'elle est allergique au soleil ?

Ils ne croyaient pas si bien dire...

-A la tête d'une entreprise, sans mari ni chaperon, cette femme est la ruine de notre beau pays !

Toujours la même Histoire...

- Selon-vous, combien de fois a-t-elle dû trousser ses jupes pour parvenir à sa position ?

Stupides mortels...

- Pour être si bien vue de la famille royale elle doit au moins compter le prince Albert dans ses amants !

Chastity avait envie de leur rire au nez. Ils étaient idiots. Ils méritaient qu'elle sorte les crocs, qu'elle se dévoile, qu'elle les fasse se retrouver nez à nez avec ce que l'Humanité avait fait d'elle. Quels monstres. Quels fieffés imbéciles... Ils se pavanaient, tous fiers du fait de ne rien savoir de plus profond que les manuels qu'on leur avait fait gentiment rabâcher à l'université et caquetaient en recrachant stupidement des articles de presse en se persuadant qu'il s'agissait de leur propre opinion.
La jeune femme constitua mentalement une bulle autour d'elle. Elle oublia tous ces êtres insignifiants qui l'entouraient. Elle ne vit pas l'homme à la flasque devant lequel elle passa pour examiner une gravure de loup garou, si grossière qu'elle douta fortement que l'auteur ait un jour vu une telle créature.

Puis elle se souvint. Elle se rappela d'un carnet de voyage qu'elle avait eu la chance de voir au cours d'un de ses déplacements en France. Dans l'une des pages un lion avait été représenté, et il ressemblait à tout sauf à l'animal tel qu'il était. Ou du moins qu'il semblait être. En fonction des époques, les codes de représentation pour représenter le vivant avait varié et ce qui semblait saugrenu aujourd'hui avait été hier criant de vérité.

Peut-être que le dessinateur avait vraiment vu un Loup-Garou en fin de compte.


- Comment s'appelait-il déjà.... Ah, oui. Villard de Honnecourt.

Elle avait parlé bas mais peut-être que l'homme à la flasque l'avait entendue. Qu'importe, ils ne se connaissaient pas et sans doute ne voyait-il pas de quoi elle parlait.
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Angus MacLeod
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MessageSujet: Re: Perspectives monstrueuses [ouvert à tous] [30/04/42] Jeu 22 Sep - 14:53

"… ruine de notre beau pays !"

Les mots claquèrent à l’oreille d’Angus, aussi secs qu’un coup de feu. Quelqu’un avait dû le voir boire en douce, et il s’attendait à tout moment à voir débarquer une troupe de viragos érigée en ligue de vertu. Son métier, sa position, son rang pourraient en pâtir… L’oreille aux aguets, il perçut néanmoins les échos des discussions. A priori, il n’en était pas le sujet ; les ragots se concentraient sur le manque de vertu d’une parvenue haut placée. Certaines femmes n’hésitaient pas à monnayer leurs charmes en échange d’un statut social. La démarche pouvait être moralement choquante, surtout dans un pays aussi puritain que l’Angleterre, mais après tout, quels choix s’offrent au beau sexe en ce bas-monde ? Devant ses yeux apparut le visage de Mary Jane. Elle avait été une femme libre, mais elle avait acquis cette liberté au prix d’une vie en marge de la société. Une société qui n’avait jamais été consciente ni du prix de ce sacrifice, ni de la dette qu’elle avait envers la défunte compagne d’Angus.

Un parfum subtil parvint à ses narines, accompagné du léger froufroutement d’une étoffe de luxe. Et bientôt une jeune femme apparut dans son champ de vision. Sa toilette, extrêmement soignée et dans des tons sombres, était rehaussée par le roux flamboyant de sa chevelure. L’ensemble faisait ressortir sa carnation d’albâtre de son visage, illuminé d’yeux d’ambre. Un rapide coup d’œil permit à Angus de jauger la silhouette de l’inconnue, du moins jusqu’à la taille : svelte et bien proportionnée. Pas l’une de ces accortes matrones qui, pour entretenir l’illusion de correspondre aux canons de beauté de l’époque, serrent leur corset jusqu’à l’asphyxie le matin et s’en extirpent le soir à l’aide d’un pied-de-biche. Angus se souvint d’avoir été appelé par l’une de ces dames pour une consultation en urgence ; le diagnostic avait été rapide et définitif : les côtes s’étaient fracturées sous la pression et avait perforé des organes, sans espoir de soins. L’infortunée lady était morte au matin, pour avoir trop voulu complaire aux normes sociales.

Un murmure de la jeune femme rappela Angus à la situation présente :

- Comment s'appelait-il déjà.... Ah, oui. Villard de Honnecourt.
Rangeant sa flasque, l’Écossais ôta son chapeau pour saluer l’inconnue.
- Milady…
Puis il indiqua d’un geste le cartel de l’œuvre :
- L’auteur de cette gravure s’appelait Giovanni Battista. Dois-je en déduire que ce Villard que vous évoquez fut le modèle utilisé pour ce dessin ?
Autour d’eux, le silence s’était fait. Angus embrassa la salle d’un rapide coup d’œil : certains visiteurs venaient de détourner promptement le regard, tandis que d’autres gardaient les yeux rivés sur le couple. La gêne, la honte, la jalousie, peut-être ? Leurs sentiments importaient peu à Angus, à vrai dire ; être jaugé et jugé comme une bête de foire, c’était autre chose. L’espace d’un instant, le temps parut suspendre son vol ; puis tout un chacun retourna à ses occupations – et ses commérages, à n’en pas douter.
Angus remit son chapeau, puis eut un petit sourire à l’adresse de l’inconnue :

- Il semblerait que les monstres ne soient pas que dans les vitrines. Mais nous n’avons pas été présentés : Angus MacLeod, médecin. À qui ai-je l’honneur ?
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Chastity E. Stephenson
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MessageSujet: Re: Perspectives monstrueuses [ouvert à tous] [30/04/42] Mer 28 Sep - 23:09

L'homme à la flasque bougea. Il vint la saluer. Mais que voulait-il celui là ? La railler devant tout le monde ? Ce serait le comble... Il la salua selon les règles d'usage avant de lui montrer le nom de l'auteur de la gravure. Comme si elle n'avait pas lu. La prenait-il vraiment pour une imbécile ?
Cependant, sa question l'interpella. Est-ce que le nom était celui du modèle utilisé pour le dessin ? Mais quel homme normalement conditionné pouvait poser ce genre de questions ? Comment pouvait-il penser que quelqu'un avait pu servir de modèle pour un dessin de loup garou ? Chastity réfléchit un instant. Soit cet homme pensait qu'il s'agissait d'un dessin d'imagination avec un modèle humain pour poser vaguement quelques bases anatomiques, soit sa question était piégeuse... Cet homme pouvait être n'importe qui...
Et elle commençait à s'inquiéter de tout.

Chastity était ici pour prendre du bon temps, découvrir des oeuvres anciennes et se perdre entre les rayonnages, pas pour craindre que l'on attente à sa vie. De plus, elle était bien la dernière cible potentielle des Hunters, grâce à sa nature hybride qui lui permettait de brouiller les pistes.
Chassant ces pensées tortueuses, la jeune femme sourit aimablement au nouveau venu alors que ce dernier se présentait. Un médecin ? Voilà une découverte intéressante... Elle qui avait longtemps étudié l'anatomie en autodidacte, elle avait grandement à gagner de l'écoute d'un spécialiste de ce domaine... A moins qu'elle n'en sache plus que lui dans la matière ? Après tout, il est facile d'arriver à la maîtrise de nombreuses disciplines exigeantes quand on a l'éternité devant soi...

Sa remarque la fit sourire. Visiblement, il n'approuvait pas les cans cans qui agitaient la salle depuis son arrivée. Cela la soulagea presque. Non pas qu'elle se sentit mal vis à vis de ces commérages de mortels de bas étage, mais les interférences sonores causées par ces derniers interféraient dans son appréciation de l'exposition. Avec une discrète révérence elle se présenta à son tour.

- Enchantée monsieur MacLeod. Je suis Chastity Stephenson, femme d'affaires si l'on puis dire ainsi.

Elle repensa à sa question vis à vis de la réflexion qu'elle avait eue, ce qui lui avait permis de l'aborder.

- Pardonnez-moi, il semblerait que je me sois mal exprimée.

En réalité elle ne s'était pas mal exprimée, c'était lui qui avait interféré dans le cours de ses pensées. Enfin, il n'avait pas l'air hargneux, voire même plutôt intelligent. Peut-être serait-il la distraction qui rendrait cette journée intéressante ? Avec un regain d'intérêt, une étincelle vive dans le regard, elle commença à s'expliquer.

- Voyez-vous je m'attachais à la représentation du sujet sur ce dessin... J'entends par là qu'il est plus qu'éloigné de la réalité, même en admettant que les Loups-Garous existent, l'on peut supposer qu'ils ne correspondraient sans doute pas à ce que nous voyons ici. Deux options s'offrent donc à nous... Soit l'artiste est incapable de dessiner correctement d'après modèle, ce qui paraît assez invraisemblable, soit c'est autre chose.

Elle laissa sa phrase en suspens quelques secondes pour poser ses yeux sur l'homme. Il était bien fait de sa personne. Ses traits avaient quelque chose d'aventurier, de baroudeur, sans doute ses balafres. Comment se les étaient-il faites d'ailleurs ? Il était médecin... Peut-être avait-il été mobilisé au front ? La guerre contre les Ashanti peut-être ? Sa stature haute et son maintien fier dénotaient une appartenance à un peuple plus rustique mais plus fort de ses origines que les anglais... Ecosse ? Irlande ? Il y avait dans son accent quelque chose d'atypique...

- Villard de Honnecourt était un dessinateur français qui a vécu au 13e siècle. Voyez-vous j'ai eu la chance d'observer son carnet de voyage lors d'un déplacement sur les terres Françaises... Sur l'une des pages, l'auteur y a placé un lion qui ressemble plus à une vieille gargouille qu'à autre chose... Cependant, sur la marge, il est précisé "Fa al vif". Comment se fait-il qu'un homme comme vous ou moi ai-t-il pu voir un lion de la même façon que nous aurions pu le voir et dessiner quelque chose d'aussi éloigné de la réalité ? La réponse est certainement qu'en fonction des époques, les codes de représentations varient et que cette recherche de l'identique qui habite les artistes de nos jours n'était pas la préoccupation des générations plus lointaine.

Chastity pris une petite pose. Son regard brillait quand elle parlait de ce qui l'intéressait. On pouvait voir qu'elle était particulièrement érudite, portée par son amour des arts, de la science et de la pensée.

-Qui sait ? Peut-être que ce Giovanni Battista a eu réellement un modèle vivant à représenter, dans l'hypothèse où les loups-garous existeraient, mais qu'il n'a pas recherché la ressemblance parfaite ? Enfin... Il est un peu tard pour lui poser la question je suppose !

A ce moment là, son regard dériva sur la prothèse qu'il avait à l'avant bras. Elle était dissimulée sous les vêtements mais l'oeil de Chastity ne pouvait être trompé. La peau n'avait pas cette rigidité de mouvements... Pourquoi l'avait-on amputé ? Elle ne posa pas la question, par politesse et respect des convenances, préférant s'excuser avec un petit sourire exquis.

- Veuillez m'excuser, je suis bien trop bavarde.
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