L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Un jour de pluie

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Jane Mac Fate
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MessageSujet: Un jour de pluie Jeu 22 Sep - 11:57

De l’intérieur du Silver Dusk, une jeune dame à la chevelure de feu, regardait à travers la vitrine le temps qu’il faisait dehors. C’était une journée comme en avait souvent connu les mois d’octobre, c’est-à-dire, pluvieuses à souhait. Partout des averses tombaient sur Londres. La ville entière était parcourue par des torrents d’eau, ce qui était l'occasion de la laver de toutes ses souillures quotidiennes.

Les rares personnes qui se déplaçaient dans les rues, étaient celles qui devaient s’acquitter de leurs obligations. Autant vous dire que ce genre de temps était mauvais pour le commerce.

Jane hésitait à fermer boutique comme l'avaient fait plusieurs de ses compères commerçants. Personne ne viendrait aujourd’hui. Soupirant, elle se dirigea mollement vers le comptoir. Là, elle sortit une boite raffinée en bois sculpté où était représenté un serpent dans les serres d'un corbeau. Délicatement, elle l’ouvrit. Une pipe couteuse en écume de mer ainsi que du tabac de première qualité s’y trouvaient. Comme toujours lorsqu’elle ouvrait cette boite, Jane inspira un grand coup et se laissa enivrer par l’odeur. C’était une habitude qu’elle avait prise depuis qu’elle était toute jeune. Elle se revoyait encore, rembourrer de tabac la pipe de son père et la lui apporter après une dure journée de labeur.

D’un geste machinal, elle garnit soigneusement la pipe de tabac avant d’aller s’asseoir confortablement sur la chaise se trouvant derrière le comptoir.

Le temps filait. Le smog embrumait son esprit, détendait ses muscles. Aucun songe ne la troublait. Seul comptait le va et vient de la fumée qui s’insinuait langoureusement dans ses poumons et ressortait par ses lèvres charnues.

C’est alors que contre toute attente, le doux carillon de la porte d’entrée vint l’extirper de sa bulle si agréablement enfumée.


Dernière édition par Jane Mac Fate le Mer 12 Oct - 21:11, édité 2 fois
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Melrique
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MessageSujet: Re: Un jour de pluie Jeu 22 Sep - 23:25

Des efforts réduits à néants. Tant d’efforts.
Un nuage de vapeur épais s’échappa des lèvres, presque inexistantes tants elles étaient fines, d’un homme au dos courbé. Un soupir qui rendait compte de son mécontentement. Rapidement le petit nuage brumeux s’évapora, traversé par les incessantes gouttes de pluies qui tombaient du ciel. Ce ciel gris souris qui larmoyait par à-coups, accompagné par le vent qui quant à lui ne cessait de souffler par bourrasques et s’engouffrait dans les moindres recoins. Partout il sifflait et créait une cacophonie de sons : des volets qui claquent, des papiers qui se déchirent, des journaux qui se froissent. Et pour bien faire, ce mois d’octobre était glacial, alors que dire de la pluie qui dégoulinait des longs cheveux tirés en arrière de cet homme qui patientait, sans bouger, comme s’il attendait quelque chose. On ne pouvait rester ainsi, frigorifié, si l’on n’attendait pas qu’une chose arrive. Et cela devait être important pour rester ainsi immobile sous cette averse.
Mais Melrique n’attendait rien. Du moins il n’attendait plus. Il restait ainsi parce qu’il n’avait pas envie de rentrer à Chinatown. Enfin, l’envie ne lui manquait pas, seulement il fallait de la volonté pour se mouvoir. Et il n’en avait guère. De nouveau il poussa un soupir. Il faudrait bine qu’il se décide, il ne pourrait pas rester ainsi éternellement, quoiqu’il en avait la possibilité, cependant il n’en était pas encore arrivé à ce point dans la paresse. Seul l’appel du confort de sa chambre douillette, mais délabrée, réussirait à le faire bouger. Mais pour le moment, il était occupé. Et oui, il se fustigeait d’être sortit par un jour maussade comme celui-ci. Comment avait-il pu espérer détrousser un homme de son argent, de ses bijoux, de tout ce qu’il possédait qui pourrait s’avérer utile pour lui ? Les aristos s’ils pointaient leur nez seraient dans des fiacres, alors il n’aurait aucune chance de s’approcher. Qu’avait-il donc bien pu lui traverser l’esprit pour ainsi perdre son temps ? Alors qu’il aurait pu écouter le doux clapotis de l’eau glissant sur ses carreaux, il avait été TRA-VAIL-LER. D’un geste brusque, l’homonculus resserra les pans de son manteau sur lui. * Mais quel vent ! * Quelle bêtise tout de même.
Il ne serait pas sortit si cela n’avait pas été nécessaire. L’homme à qui il louait sa chambre de bonne lui avait encore demandé de payer. Comment pouvait-on être si ponctuel ! Il faut se laisser le temps de vivre parfois, et aussi laisser les autres tranquilles. Bien sur qu’il allait lui payer cette satanée chambre, mais pas tout de suite. Comme d’habitude Melrique n’avait pas un sou. Lorsqu’il faisait en sorte d’en ramener, il n’en gagnait qu’assez pour rembourser ses dettes. Pourquoi s’embêter à faire maintenant ce que l’on pourrait remettre au lendemain ?
Aujourd’hui, il avait œuvré pour rien.
Et il était grand temps de se mettre à l’abri.
La créature regarda de droite et de gauche. Elle inspecta les enseignes des commerces à proximité, il contempla leurs vitrines. Beaucoup n’avaient pas ouverts, ou avaient fermé en voyant l’horrible temps qu’il faisait. Melrique les imaginait en train de se prélasser dans fauteuil, un bon thé fumant à porté de la main. Mhhh… Il aurait aimé être à leur place. Et c’est cela qui lui donna la force de mettre un pied devant l’autre. Sans se presser il se rendit jusqu’à la boutique la plus proche. Mais en en voyant la vitrine de plus près, il fit une grimace. Il ne pouvait pas entrer là. Comme il pouvait détester ces endroits ! Emplis de viande dégoulinant de sang. Non.
Ainsi il passa son chemin et poussa la porte du commerce suivant. Des antiquités. Cela ne pouvait pas lui faire de mal. Lui-même pouvait être considéré comme tel après tout. Il se demanda alors à combien il pourrait être vendu.
Un carillon annonça sa venue. Sans s’en soucier, Melrique repoussa la porte derrière lui et le bruit retentit à nouveau. C’était un bien joli son.


- Bonjour.

Politesse, politesse. Mais à travers la fumée qui semblait venir de derrière le comptoir Melrique ne sut pas vraiment si la personne qui s’y trouvait était un homme ou une femme. Quelle odeur en plus de ça ! Quoique, cela ne déplût pas au nouveau venu. D’un rapide coup d’œil il remarqua les livres accumulés dans une bibliothèque à sa gauche et les nombreuses tables ou des objets divers et variés étaient exposés. Ses yeux s’arrêtèrent sur une petite marionnette de bois sombre. Elle était encore en bon état, mais elle ne semblait plus très jeune. En même temps, qu’espérait-il trouver dans ce genre de boutique ?
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Jane Mac Fate
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MessageSujet: Re: Un jour de pluie Sam 24 Sep - 15:16

Il fallut que le visiteur salue Jane pour que cette dernière daigne enfin réagir.

*Zut !*

Fumer la pipe derrière son comptoir ne donnait pas une bonne image, surtout lorsqu’on est une femme de la petite bourgeoisie.

Comme si elle avait reçu une décharge électrique, elle se leva d’un bond et fit ce que tous les fumeurs prit en faute font: elle essaya pitoyablement de dissiper avec ses mains le nuage qui s’était formée autour d’elle avant d'abandonner, comprenant que ça ne servait à rien.

Alors qu’elle s’avançait vers son seul et unique client de la journée, s’apprêtant à s’excuser de la posture gênante dans laquelle elle se trouvait, elle fut désarçonnée quelques instants par l’aspect général de l’individu.

Premièrement, il ne ressemblait pas à ses clients habituels. Ses habits laissaient peu de doute sur son origine sociale, c’est-à-dire des origines ouvrières. Ce n’était donc pas un riche acheteur, ni le domestique d’un riche acheteur. Au vue de son gilet de cuir rouge et de son pentacour vert -n’avait-il pas froid habillé comme ça d’ailleurs, s’était demandait Jane -, Ce n’était pas non plus un archéologue qui venait lui vendre une de ses trouvailles.

Non, au vue des gouttes qui dégoulinaient de ses longs cheveux cendré et qui venaient tremper son tapis, elle parierait plutôt sur un saltimbanque. Il pleuvait à outrance. Il devait avoir besoin d’un toit où s’abritait. Sa boutique était ouverte, il était rentré. Faudrait vraiment qu'elle s'écoute plus souvent: elle aurait dû fermer le Silver Dusk.

Deuxièmement, outre le fait que ce ne soit pas vraiment un client, c’était son attitude qui l'avait interpellé. Tous respirait l’ennui chez lui : sa posture nonchalante, sa respiration lasse... Elle trouvait même que les marionnettes qu’il était en train de regarder, hagard, dégageaient plus d’énergie que lui.

Une fois l'étonnement passé, Jane s'était vite reprise. Politesse et hypocrisie commerçante obligent, elle s'exclama:


-Bonjour monsieur! Magnifiques marionnettes n'est ce pas? Savez-vous qu'elles viennent de loin? Je les ai ramenée d'Asie.


Dernière édition par Jane Mac Fate le Sam 24 Déc - 20:31, édité 2 fois
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Melrique
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MessageSujet: Re: Un jour de pluie Lun 26 Sep - 21:05

Melrique n'avait pas bougé de l'entrée de la boutique. Une flaque d'eau était en train de se former à ses pieds, s'agrandissant au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient, s'imbibant peu à peu dans un tapis coloré. Derrière le comptoir, du coin de l'oeil, il vit se lever une femme (et non pas un homme), qui devait certainement être la gérante de ce commerce. De sa main elle tenta de dissiper la fumée qui s'était accumulée dans sa périphérie, mais rien ne semblait pouvoir faire disparaitre l'épais nuage. L'homonculus avait finalement détaché son regard de la marionnette et regardait dans la direction de cette dame à la chevelure rousse et bouclée qui venait de lui rendre son bonjour et d'aimablement lui porter son attention. Il remarqua son teint halé, qui n'était certainement pas du au soleil timide de la capitale d'Angleterre. Elle devait être de ces femmes qui avaient du caractère et qui étaient capable d'accomplir aisément le travail d'un homme. Enfin, ce n'était qu'une idée. Quoique confirmée par ses dires. Elle voyageait.

- Oui, ce sont de bien beaux objets, qui viennent de si loin vous dites?! Dit Melrique du bout des lèvres alors que ses paroles auraient dû être dites avec entrain.

Il reporta son attention sur ces antiquités venues d'Asie alors qu'il était observé sous toutes ses coutures. Les marionnettes étaient immobiles et semblaient attendre qu'une main salvatrice les sorte de leur long sommeil. Melrique imaginait ces petites choses se mouvoir dans leurs habits de tissus aux couleurs chatoyantes et le servir. Ah qu'il serait agréable d'être le maître de ces objets! Elles lui obéiraient au doigt et à l'oeil, elles feraient tout à se place... Mais c'était un doux rêve. Il était impossible de donner vie à quelque chose d'inanimé et les marionnettistes ne donnaient que l'illusion éphémère de la vie.


- Dites moi, n'avez vous pas l'impression qu'elles nous fixent?

Il lui semblait qu'elles ne détournaient pas les yeux de son corps. Comme c'était étrange et déconcertant. Peut-être était-ce du au réalisme de leur fabrication. Quoi que ce fut, l'homonculus fonça légèrement les sourcils.

- Vous vendez des objets ensorcelés?

Les pensées de la créature vagabondaient paisiblement. Il ne semblait pas se rendre compte que ses paroles pouvaient êtres prises pour celles d'un fou. Il était sans cesse entre deux mondes, entre l'ici maintenant et l'infini qui l'entourait. Son vieil esprit n'était pas toujours clair, la vieillesse le rendait terriblement imprévisible, comme si le temps n'avait fait qu'empirer ce qu'il était. Un monstre.
Ses lèvres s'étirèrent pour former un arc. Un sourire mystérieux.
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Jane Mac Fate
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MessageSujet: Re: Un jour de pluie Sam 1 Oct - 12:57

Tout allait bien. C’était une journée comme les autres. Il n’y avait rien de particulier à signaler mis a part des averses, des éclairs et encore des averses. Certes, un client inhabituel avait trouvé refuge dans sa boutique, mais quoi de plus banale un jour de pluie ?

Oui. Son tapis imbibé d’eau était peut être foutu mais rien de quoi se formaliser. Elle engagea le jeu courtois des questions/réponses entre vendeur et client, et comme de convenances, l’homme y avait répondu poliment– quoi que de façon étrangement atone-.

Non, rien n’avait laissé présager le changement brutal d’atmosphère qui allait s’opérer quelques secondes plus tard. Tout avait été pour le mieux jusqu’au moment où le mystérieux visiteur avait demandé :


-Vous vendez des objets ensorcelés?

Un sourire vint animer le visage jusqu’alors inexpressif de l’inconnu. Un sourire insondable et une phrase ambiguë qui glaça le sang de Jane.

Si à l’extérieur, rythmé par la pluie, le temps continuait de s’écouler normalement, à l'intérieur du magasin, la jeune rouquine eut l’impression que cela n’était plus le cas. Le temps et l’espace semblaient s’être dérobés, laissant la place au doute qui s'insinuait lentement dans le corps et l’esprit de Jane.

Le temps semblait suspendu pourtant dans sa tête des tas de questions explosaient comme des feux d’artifices.


* Pourquoi cette question ? Est-ce posée au hasard ou a-t-il des doutes sur l’identité secrète de Jane ? Est-ce une question piège ? Qui était-il ? Que voulait-il ? Que faisait-il ici ?*

Se forçant au calme, elle décida de n’y voir dans cette question qu’une expression destinée à traduire l’étonnement de ce dernier quand au regard fixe et réaliste des poupées.

*Une simple façon de parler, ce n’est qu’une simple façon de parler*

Après d’interminables secondes, Jane, dont le masque hypocrite de vendeuse ne l’avait pas quitté, répondit le plus naturellement possible :

- Ensorcelé dites vous ?

Elle esclaffa.

- Dieu merci, rien de tel ici.

Et pour donner plus de poids à son propos, elle l’appuya d’un signe de croix. Jane n’était pas particulièrement pieuse. Mais après tout, face a un inconnu, mieux valait se montrer croyant que son contraire.

- Quand nous regardons leurs yeux nous suivre partout dans la pièce, il est vrai qu'il y a de quoi se poser la question. Brillant de réalisme n’est ce pas ? Hélas, il ne s’agit là que de la même ruse qui habite le portrait de Mona Lisa.


Des objets ensorcelés, elle en vendait bien. Mais dans l’arrière boutique. Elle ne les partageait qu’avec certains initiés. A moins d’être trahi, personne ne se serait aventuré à donner ce genre d’information sans la consulter au préalable. Elle avait toute confiance en ses frères et sœurs du Silver Dusk. Cependant, s'il s’avérait que cet étranger connaisse l’existence de la confrérie, alors les choses pourraient très vite dégénérer.

A cette pensée, le cœur de Jane s’accéléra. Tout allait dépendre de la réaction du mystérieux visiteur…

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Melrique
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MessageSujet: Re: Un jour de pluie Dim 9 Oct - 14:04

Sa question était restée en suspend. Les secondes s'étaient accumulées, pas de beaucoup, mais de manière assez longue pour que cela se remarque. Melrique pensa à une absence de la gérante de ce magasin. Il l'avait vue fumer en entrant, elle ne devait pas être dans son état normal, après tout il n'était certainement pas prévu que par un tel jour de pluie quelqu'un vienne entrer dans cette boutique d'antiquités.
Derrière lui il sentait un filet d'air froid pénétrer dans l'entrée, il eut un léger frisson, les poils sur ses mollets étaient hérissés malgré la couche d'humidité qui aurait dû les plaquer sur sa peau. Il s'avança de quelques pas pour s'éloigner de ce courant d'air. Ses chaussures quittèrent le tapis engorgé de pluie et se posèrent sur le parquet bien entretenu et patiné de la pièce principale de la bâtisse. La charmante vendeuse lui répondit le plus naturellement du monde, accompagnant ses paroles d'un rire :


- Ensorcelé dites vous ? Dieu merci, rien de tel ici.

Un signe de croix et la dame continua. Melrique n'avait jamais pu croire en Dieu ou tout autre espèce de choses auquelles les humains prêtaient tant d'attention. Il aurait tellement aimé pouvoir se raccrocher à quoique se fut qui puisse lui expliquer ses origines et lui donner espoir. Mais il savait d'où il venait, il savait de quelle manière il avait été créé. Il n'était pas humain, il n'avait pas ce que les hommes nommaient âme, il n'était qu'une enveloppe ressemblant à un être humain, certainement une personne chère à celui qui lui avait donné forme. *Quel idiot celui-là!* Souvent il rageait contre cet alchimiste qui avait décidé de jouer avec la nature. Mais c'était peine perdue, le bougre était mort maintenant et lui, Melrique, était bel et bien vivant dans un monde qui ne lui appartenait pas. Un monde qui ne serait jamais prêt à l'accueillir.
Ah alors ces poupées avaient les mêmes yeux que Mona Lisa. Il n'avait aucune idée de qui pouvait être cette femme. C'était un mystère pour lui. Des poupées aux yeux humains. Enfin, qui semblaient tellement humains qu'il en ressentait un réel malaise, et maintenant qu'il était plus près qu'avant, il se sentait d'autant plus fixé. Son sourire l'abandonna et ses sourcils se froncèrent plus encore.


- Oh, ce n'est donc pas de la magie, dit l'homonculus de sa voix trainante, il avait connaissance de la magie et cela aurait bien pu en être. Mhhh... C'est un "truc" d'artiste alors ? Cela me rend mal à l'aise de voir ces yeux me suivre partout. Vous ne vous sentez pas épié sans arrêt dans votre boutique avec ces marionnettes ?

Lui n'aurait pas pu supporter d'être très longtemps dans la même pièce que ces fabuleux objets. Les voir tous les jours le rendrait dingue. Plus fou qu'il ne l'était déjà. Il lui vint alors une idée. Elle avait prononcé un mot qui l'avait intrigué. "Hélas, c'est la ruse du portrait de Mauna Lisa" ou quelque chose s'en approchant. Elle regrettait que la mage ne soit pas à l’œuvre dans ces poupées de bois? Les yeux de Melrique, soudain plus énergiques se levèrent vers la vendeuse et se rivèrent dans ses prunelles. Si elle aimait la magie, il pourrait peut-être l'amuser un peu! Au moins ici il était au chaud et faire son métier autre part que dans la rue était une bien meilleure perspective.

- Cela va peut-être vous surprendre, même si les marionnettes me troublent, je suis un amateur de magie. Êtes-vous intéressé?
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Jane Mac Fate
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MessageSujet: Re: Un jour de pluie Ven 11 Nov - 16:53

Se sentait-elle épiée dans sa boutique ? Pas vraiment. Elle avait bien la croyance un peu folle que son mari continuait à la surveiller de là où il reposait mais rien qui concernait les poupées.

Cette question plutôt candide, arracha un sourire tendre à Jane.


_Cela va peut-être vous surprendre, même si les marionnettes me troublent, je suis un amateur de magie. Êtes-vous intéressé?

Pour la deuxième fois de la journée, le cœur de Jane fit un raté. Était-elle intéressée par un amateur de magie ? Bien sûr qu’elle l’était. Étant une chercheuse- et pas dans n’importe quel domaine- sa proposition ne pouvait que l’intriguer. Mais n’était-ce pas une drôle de coïncidence ? Un inconnu, qui ne comptait clairement rien acheter ici, rentre dans sa boutique et parle d’ensorcellement et de magie. Boutique dans laquelle aucun autre client ne se trouvait. L’étrangeté de la situation l’incitait à la prudence.

Cependant, et c’est ce qu’il y a de pervers lorsqu’on possède un secret, c’est que le cerveau humain a tendance a analyser toutes les situations vécues par la personne en fonction du secret.
Ainsi, soit Jane devenait paranoïaque soit il s’agit là d’un hasard voulu, monté de toute pièce dans le seul but d’infiltrer le Silver Dusk .

Curieuse de voir ce que valait le saltimbanque, prestidigitation ou magie, Jane déclara le plus naturellement possible :


_ Vous êtes magicien ? J’adorerais voir un de vos tours, cela me rappellera mon enfance lorsque mon père m’emmenait voir le cirque en ville.

Ce qui, en plus, était totalement vrai. Petite fille, ses parents l’emmener souvent voir les merveilleux spectacles du cirque. Ses petit yeux d’enfant était alors particulièrement attiré par ses agiles magiciens qui a 2 cm de son nez faisait apparaitre et disparaitre à volonté des objets, cartes ou être vivant. Elle les harcelait alors pour comprendre et apprendre comment il faisait. Elle leur courait derrière sous le regard amusé et intéressé de son père.

Plus tard, après avoir connu la déception de constater que beaucoup de saltimbanque n’était que des charlatans illusionnistes, elle connue également la joie d’apprendre que d’autres pratiquaient réellement la magie et que tout un monde occulté par les humains attendait d’être découvert.
Aussi, les yeux de Jane se mirent à briller d’impatience et d’excitation à l’idée que l’inconnu qui se tenait en face d’elle maintenant était peut être un véritable sorcier.
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