L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42]

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Van Collins
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Race : Alchimiste libre
Classe sociale : ouvrière
Emploi/loisirs : Medecin au noir /l'Alchimie
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MessageSujet: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Jeu 28 Jan - 12:23

Un nouveau jour se levait timidement sur la capitale londonienne, chassant de ses rayons bienfaiteurs l’obscurité de la nuit ainsi que ses créatures tout droit échappé des entrailles de l’enfer. Cela faisait des années que Van ne croyait plus en Dieu, depuis qu’il avait été vendu dans les mines de charbon alors qu’il n’était qu’un enfant. Pourtant, il était issu d’une famille irlandaise catholique très pieuse et à l’époque, il aurait été épouvanté de détourner ne serait-ce que son regard des magnifiques icônes ecclésiastiques que l’on pouvait trouver dans les églises. Aussi loin qu’il se souvenait, Van avait toujours aimé cette atmosphère rassurante qui se dégageait des églises. Il y faisait chaud, du moins, la température était bien meilleure que celle qu’il y avait chez lui, les prêtres et les sœurs avaient toujours un peu de pain à partager avec le mendiant affamé qu’il était, et puis surtout, il était fasciné par tous ces vitraux colorés qui narraient l’histoire du Christ dont il ne se lassait pas d’écouter les récits. C’était à ses yeux, le plus bel endroit au monde… Comme il était crédule et naïf… il lui avait été donné de fouler de ses pieds des endroits bien plus fastueux et incomparablement plus merveilleux que ces ridicules églises. Par contre, rien n’avait jamais égalé un lieu plus sordide que les mines de charbons…
Là-bas, il avait connu l’enfer sur terre. Aux côtés de son frère et de ses sœurs Van était parvenu à garder la foi et ce malgré les sévices quotidiennes qu’on leur infligeait impitoyablement. Ensemble, dès qu’ils le pouvaient, les enfants priaient ce Dieu clément qui devait les protéger et accueillir à ses côtés les enfants sages et méritant. Mais ils avaient beau le prier de tous leur cœur, jamais il n’était venu à leur secours, bien au contraire, il les avait lâchement abandonné à leur sort, ne se souciant que peu de la famille Collins qui avait vu périr ses membres les uns après les autres et le malheur s’abattre sur leur famille avec la même violence que les 7 plaies d’Egypte. Van avait toujours essayé de se montrer fort pour son frère et ses sœurs principalement, mais il n’était qu’un enfant lui-même. Un enfant qui rêvait des vastes plaines d’Irlande et d'un foyer probablement fantasmé mais qui lui paraissait dans ses souvenirs bien plus heureux qu’ils ne l’avaient jamais été. Et lorsqu’il se réveillait dans cette pénombre froide, sale et humide, le corps douloureusement endoloris par les lourds travaux et les coups il se mettait à pleurer silencieusement, priant le seigneur pour qu’il vienne les délivrer, mais il n’était jamais venu ! Au lieu de ça, la mort lui avait arraché tout ceux qu’il aimait dans les profondeurs de la mine… Ce fut à partir de ce moment-là qu’il renia Dieu et son existence.

Ses souvenirs de cette époque restent confus et douloureux dans son esprit, comme s’il cherchait à les occulter, à les effacer de sa mémoire, comme si sa vie n’avait véritablement commencé aux côtés de Brain…
Brain cet alchimiste libre dévoré d’ambition et de vengeance qui lui avait tout apprit et qui n’avait fait que le nourrir de ses envies de vengeances…
Différentes épreuves avaient jalonné sa jeune vie, et il en résultait qu’aujourd’hui, l’alchimiste recherchait la rédemption. Non pas pour entrer à nouveau dans les grâces d’un Dieu qu’il méprisait et dont il continuait de nier l’existence, mais pour être enfin en paix avec lui-même. Pourtant aujourd’hui, il était à nouveau entrain de mettre toutes ses croyances en causes. Dieu existait-il ? Il n’en savait toujours rien, par contre, les portes de l’enfer c’était bel et bien ouvertes sur Terre. Des créatures aussi dangereuses que maléfiques arpentaient désormais les rues de l’ombre. Il y avait tout d’abord les vampires, et à présent, ces hideuses créatures qu’il ne saurait identifier. Ces créatures mi-hommes  mi-loups… mais qu’était-ce donc ? Jamais il n’avait vu ni entendu parler de telles créatures démoniaques.

Ravivant dans l’âtre les braises du feu qui réchauffaient autant qu'il éclairait la pièce, Van jeta un regard par-dessus de son épaule en entendant sa patiente gémir une nouvelle fois dans son sommeil. Reposant son tisonnier, il se leva de sa chaise tout en prenant appui sur l'extrémité du lit. La blessure qu'il s'était infligé à la cuisse le faisait encore boiter mais elle était beaucoup moins douloureuse et guérissait même très bien, malheureusement, il ne pouvait pas en dire autant de la princesse qui occupait son lit depuis 1 journée.
Prenant place à ses côtés, il passa avec douceur une serviette humide sur son visage tourmenté par la fièvre et, il supposait, d'horribles cauchemars. Les mêmes cauchemars qu’il faisait lui-même et qui le tenait éveillé alors même qu’il tombait de sommeil, des cauchemars qui en réalité n’en n’étaient pas. Lui-même, lorsqu'il repensait à tous ces derniers événements auxquels il avait été confronté, avait encore bien du mal à réaliser ce qui s’était passé. C’était presque à en devenir fou. D'abord des vampires et ensuite... ça. Qu'est-ce que c'était au juste ? Quelles autres créatures démoniaques se terraient donc dans les rues de Londres ? Son regard se perdit sur cette mystérieuse jeune femme qui se tenait là, étendue dans son lit. Qui était-elle réellement ? Au vu de ses manières et de sa toilette, la jeune femme venait d’un milieu aisé, comme Katherine, mais contrairement à cette dernière qui était pleine de ressources, cette femme-là, était l’exemple même des bourgeoises typiques, alors pourquoi ? Pourquoi ces créatures en avaient-elles après elle en particulier ? Qu’avait-elle donc de si spécial ?

36h plus tôt...

Le feu s’était étendu impitoyablement et les docks se retrouvèrent très vite à l’assaut des flammes. Des hommes, probablement des marins, commencèrent à affluer en direction du sinistre pour tenter de l’endiguer avant qu’il n’atteigne les habitations. De leur côté, lui et ces deux femmes à laquelle il avait tenté d'apporter son aide se trouvaient très mal en point. Il ignorait pour quelle raison elles avaient été faites prisonnières par les vampires mais grâce à Jun qui lui avait donné les armes pour s’en défendre, il avait tenté de leur venir en aide, malheureusement c'était sans compter l'intervention de ces… monstres. Ça c'était beaucoup trop pour lui. Survivre à cet incendie, voir la vie lui offrir une seconde chance avec l’opportunité de rattraper ses erreurs passé en venant en aide aux plus démunis et aux parias de la société était la principale raison qui l’avait poussé à embrasser cette vocation de médecin pratiquant illégalement mais avec beaucoup de savoir son art. Il n'avait rien à envier à tous ces riches bourgeois qui avaient étudié dans les meilleures écoles et qui affichaient fièrement leurs diplômes sur les murs de leurs bureaux. La plupart d'entre eux refusaient de se salir les mains et exerçaient cette profession uniquement pour le plaisir de la découverte, sans se préoccuper de leurs patients quant aux autres, ils ne pensaient qu’à s'enrichir et à vivre dans l'oisiveté privilégiant ainsi une clientèle aisé. Van jugeait tous ces médecins avec autant de mépris qu’ils devaient en avoir pour lui. Pourtant à une époque, il était exactement comme eux. Lui aussi ne jurait que par ses recherches et son confort personnel, se fichant éperdument des autres et de leurs besoins ou de leurs souffrances. Il avait fallu qu’il frôle la mort et qu’il perde absolument tout pour qu’il prenne conscience de ses erreurs.
C'était une autre époque, une autre vie... Néanmoins, il y avait deux poids deux mesures et risquer sa vie contre des créatures démoniaques ne faisait pas parti de ses prérogatives. Il ignorait qui était ces deux femmes, et il avait essayé de leur venir en aide tant que ce pu mais force était de constater que seul contre toute cette meute de démons c'était perdu d'avance, il ne savait même pas comment il avait fait pour s'en sortir vivant jusqu'à présent.

Au loin, il avait pu apercevoir les premier secours venir pour tenter d'endiguer le feu dévastateur. Il était plus que temps pour lui de mettre les voiles et de disparaitre, il ne devait surtout pas rester là malheureusement, il n'avait plus de chevaux à sa disposition et sa blessure à la cuisse, bien que supportable, allait forcément le ralentir et de surcroit cela allait augmenter ses risques de se faire surprendre, ce dont il n’avait absolument pas besoin. Le clapotis de la Tamise l'incita alors à se retourner. Là, amarré à proximité, une petite barque se laissait bercer par le mouvement régulier des vagues. Un sourire se dessina sur son visage, la chance était avec lui, il venait de trouver la solution pour se sortir de cet enfer sans se faire repérer. Alors qu'il se dirigeait discrètement vers sa planche de salut, des éclats de voix attirèrent son attention. Faisant volte-face, il se retourna tout en s'accroupissant pour se dissimuler derrière les caisses en bois de marchandises lourdement entassées les unes sur les autres. De là où il se trouvait, il reconnut l'un des vampires qui les avait agressé. Face à lui, se dressait un homme à la haute stature et à la chevelure aussi dorée que le soleil et à en juger par leurs attitudes menaçantes respectives et par le ton de leurs voix, il semblait s'opposer à lui. A l'image de Jun, ce vampire, car il ne pouvait s’agir que d’un vampire, possédait cette beauté surnaturelle et si particulière. A leurs pieds, maintenue au sol, se trouvait l'une des deux femmes qu'il avait tenté de sauver. Pour une raison qui lui échappait totalement, le blond semblait furieux mais curieusement, alors qu’il l’aurait pensé beaucoup plus puissant que son adversaire, il n'insista pas et disparu après avoir laissé plané une très étrange menace. De toute évidence cette femme n’était pas n’importe qui…
Resté seul l’autre vampire était visiblement déterminé à en finir une fois pour toute avec l'aristocrate. Bien résolu à sauver sa peau plutôt que la sienne, Van se releva tout doucement pour s’en retourner vers la barque qui l'attendait pour le mener vers d'autres eaux, loin de ce carnage, comme il l’avait initialement prévu avant que leur échange n’attire son attention lorsqu'un hurlement absolument inhumain le figea sur place et lui glaça les sangs. Jetant un regard par-dessus de son épaule, l'alchimiste écarquilla les yeux d'horreur en voyant la créature se faire mettre en charpie par l’un de ces démons. Est-ce qu’il l’avait senti venir ? Etait-ce pour cette raison que le blond avait fui ? Effrayé par ce spectacle, Van se prit les pieds dans un filet et tomba sur les fesses. La créature qui en avait probablement fini avec le vampire se tourna vers lui et alors qu’il pensait sa dernière heure venue, le monstre se désintéressa de lui, et s’en alla....

Encore sous le choc, il lui fallut un petit moment pour sortir de sa torpeur et se fut les éclats de voix des marins tentant de maitriser le feu qui ravageait les docks qui le tirèrent de sa méditation. S'en retournant vers la jeune femme, il prit son pouls qui, bien que faiblement, battait toujours mais l'état dans lequel elle se trouvait était assez préoccupant. Elle affichait bien quelques blessures apparentes cependant le sang qui la maculait de la tête aux pieds l'empêchait d'évaluer correctement la gravité de ses blessures. Tiendrait-elle jusqu'à ce que des secours arrivent ? Rien n'était moins sur, et puis il devait reconnaître que cette femme avait su susciter son intérêt et éveiller sa curiosité. Qui était-elle ? Pourquoi les vampires en avaient-ils après elle ? Quel intérêt avait-elle pour ces créatures ? Qui était le maître du vampire blond ? Il y avait beaucoup de mystère et beaucoup trop de questions sans réponses qui l'entouraient. Il regrettait que Jun ne soit pas à ces cotés pour lui expliquer ce qui se passait. Le reverrait-il un jour ? Son instinct lui murmurait que oui mais pour l'heure il allait devoir faire sans lui. Plaçant ses bras sous son corps frêle, Van se releva en grimaçant douloureusement sous le poids de l’aristocrate qui, bien que légère, accentuait involontairement la blessure de sa jambe. Serrant les dents, il se dirigea vers la barque qui les attendait toujours et qui fort heureusement pour lui ne se trouvait pas très loin du lieu où ils se tenaient. Il y déposa la jeune femme avec toute la délicatesse dont il put faire preuve avant de détacher la barque et de sauter avec la souplesse d'un chat à son tour à l'intérieur. Puis, silencieusement, emmitouflé par le brouillard environnant, il s'était laissé porter par le courant pour ne pas attirer l'attention,...

Fort heureusement pour lui, Van était loin d'être un homme sans ressources. Il lui était impossible de regagner la chambre qu'il louait actuellement dans le quartier irlandais car il était beaucoup trop éloigné de la Tamise et dans son état, il ne se voyait absolument pas porter la jeune femme inconsciente jusque chez lui, sans oublier qu’il ignorait ce dont elle souffrait pour le moment et que la déplacer sans un minimum de précaution pouvait aggraver ses blessures. Il avait donc trouvé refuge chez une vieille femme qui vivait au bord des quais. Il s'agissait d'une alliée plus que d’une amie. Une de ces personnes à qui il était venu en aide sans rien attendre en retour et avec lesquels il avait tissé des liens utiles. Il savait qu'il pourrait toujours venir chez elle en cas de besoin c'est pourquoi il n'avait pas hésité à le faire. Lorsqu'elle le vit débarquer avec cette femme inconsciente couverte de sang dans les bras la vieille dame eut un haut le coeur mais la surprise passée, elle ne posa aucune question et les laissa entrer. Elle le conduisit dans une petite pièce qui faisait office de chambre et lui apporta tout ce dont il avait besoin. De l'eau chaude, des ciseaux, du fils, des bandages,,.. Pour sa part, Van lui tendit une petite bourse qui contenait une petite partie de l’argent qu’Azami lui avait donné pour ses services, afin qu'elle se rende chez l'herboriste et qu’elle lui apporte les différentes plantes qu'il avait noté sur une liste et qui lui seraient nécessaires pour fabriquer un onguent cicatrisant et de quoi faire baisser la fièvre de la belle inconnue. Ce qu’il resterait de monnaie, elle pourrait le garder en dédommagement pour la gêne occasionné et surtout pour son silence.

Une fois qu'ils furent seuls, il délesta la jeune aristocrate de ses encombrants vêtements dont il se débarrassa presque aussitôt en les jetant directement au feu de crainte que l’odeur du sang n’attire les créatures qui la poursuivaient jusqu’ici. Puis, il entreprit de la laver afin de mettre à jour ses blessures. Fiévreuse, en état de choc, elle avait de nombreuses lésions superficielles sur le corps allant des écorchures sur les mains, les coudes et les genoux, à une profonde marque de griffure sur l'épaule droite. Sa lèvre était fendue et elle avait une blessure à la cuisse droite qui était impressionnante mais sans aucune gravité, ainsi que diverses contusions et marque d'ongles et de griffes sur les avant-bras. Beaucoup plus graves et préoccupantes, la jeune femme portait une trace de morsure sur son épaule gauche, et si elle n'était pas mortelle, il ignorait ce que ce genre de blessures pouvaient engendrer comme séquelle...  Il nota également une blessure à la tête au-dessus de son oeil droit près du cuir chevelu et qui était probablement la cause de son évanouissement. Enfin, elle avait deux côtes fêlées...

Méthodique et consciencieux, Van s'occupa de sa patiente avec tout le soin et la même attention qu'il aurait accordé à n'importe qui d'autre. Lorsqu'il la jugea sorti d'affaire, il se préoccupa de ses propres blessures auxquels il s'était contenté d'apporter de rapide soin pour les plus importantes.
Cela faisait plus de 24h à présent qu'ils étaient là, ensemble à partager cette pièce qui leur servait de refuge. Par moment il lui arrivait de se réveiller, d'ouvrir les yeux, puis elle se rendormait presque aussitôt. Qui était cette femme ? Au vu de son rang il s'était attendu à ce que les journaux londoniens fassent référence de la disparition d'une riche aristocrate, mais s'il fut bien question de l'incendie qui ravagea les docks personne n'avait signalé la disparition d'une jeune femme. Qui était-elle ?


- Bonjour, fit-il en réalisant qu'une paire d'yeux l'observait avec curiosité. Ne vous en faites pas, vous êtes en sécurité ici, et je pour ma part je ne vous ferais aucun mal. Je m'appelle Liam, et vous ?
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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Ven 29 Jan - 4:08

[HRP/ En provenance de Sacrifice au dieu de la guerre/HRP]

Saules blanchis, trembles frissonnants,
Petites brises, obscurité et frisson
A travers l'onde qui passe pour toujours
Près de la rivière



Le matin s’était levé, paresseusement, éloignant avec son apparition la brume matinale. Sarah  avait ouvert les yeux dont les pupilles étaient dilatées par la fièvre et la folie. Elle avait crié et tenter de se débattre ce lit dont les couvertures lui pesait. Dans sa folie, elle voyait des ombres qui grimpaient le long des murs, s’étendant paresseusement jusqu’à ses pieds, allongeant leurs griffes pour la saisir. Elle hurlait sans fin, raclant ses talons sur son matelas pour échapper à leur emprise et à leurs crocs avant de perdre de nouveau conscience.
Elle ne sait pas ce que peut être la malédiction
Aussi tisse-t-elle sans arrêt.
D'autre souci elle n'a guère
La Dame de Shallot.


Les hurlements avaient repris. La Chasseuse s’était de nouveau réveillée en criant, alertant les maisonnées environnantes. Heureusement dans ce coin éloigner des docs, personne ne posait de question, chacun se mêlait de ses propres problèmes. Ils en avaient déjà assez comme ça. Les médicaments et flacons posés près d’elle avaient volé dans tous les sens, heurtant les murs, éclatant en morceau. Ses pouvoirs se déchaineraient, incontrôlable, consumant les chandelles avant de les faires explosées. Les soins de Van ne faisaient pas encore effet.
" Je suis presque malade d'ombres ", dit
La Dame de Shallot.



Le soleil était haut, mais aucun de ses rayons ne parvenaient à franchir les épais rideaux qui masquaient les grandes fenêtres. La pièce était plongée dans la pénombre où se mélangeait diverses odeurs. Il y avait celle des chandelles, qui brulaient depuis fort longtemps, celle du feu dans la cheminée qui avait finis par mourir. Il y avait les diverses arômes des médicaments qui trônaient en capharnaüm sur la commode. Lavande, eucalyptus, cataplasme de moutarde, toutes les senteurs créaient un voile épais dans la chambre de la malade. Pourtant, ils masquaient à peine celle qui tentait de s’immiscer dans la pièce, l’odeur de la mort. Les ombres continuaient de tourner autour du lit, murmurant des paroles dont elle ne parvenait qu’à saisir quelques mots. Blessures profondes, délire, peut-être ne passerait-elle pas la nuit. La nuit, qu’en savait-il de la nuit ces ombres brumeuses. Elle en avait vue tant de nuit qu’elle avait oublié la couleur du soleil. Elle sombra dans un état comateux, un profond sommeil ou les rêves vous entrainent à la frontière de la mort.
Etendue dans sa robe blanche comme neige
Qui flotte légèrement de gauche à droite.
Les feuilles au-dessus d'elle tombent doucement.
Dans les bruits de la nuit



‘’Elle se trouvait dans un grande salle remplis de gens en tenus de soirée. Ils étaient pâle, translucide, emportée dans une joie silencieuse. Chacun portaient un masque aux couleurs effacées. La fête était à son plus fort. Au loin, des musiciens jouaient une musique qu’elle n’entendait pas. Des serveurs distribuaient des verres, les danseurs tournaient en une valse qui faisait tournée les robes des demoiselles. La magicienne s’approcha de l’une des dames près d’elle. Du bout des doigts, elle tenta de frôler son bras. Ses doigts s’enfoncèrent dans le vêtement, créant une onde sur le personnage qui ne dura qu’une seconde.

Sarah recula, surprise. Les personnages autour d’elle n’étaient donc pas réels? Elle s’éloigna de la foule, se rapprochant de l’une des grandes fenêtres qui bordaient la salle. Dehors régnait une obscurité profonde. Une obscurité sombre comme l’encre, sans aucun éclat de lumière, aucune forme. Comme s’il n’existait rien au delà de la vitre. La magicienne posa la paume de sa main contre le morceau de verre. Elle ne ressentait rien. Ni chaleur, ni froid. Et si tout cela n’était qu’un rêve? Son regard quitta sa main et remonta, rencontrant son reflet. Elle ne se reconnaissait pas. Aucune blessure de marquait sa peau de nacre. Elle était habillée d’une longue robe d’un rouge profond et ses cheveux étaient remontés en un charmant chignon, laissant des mèches rebelles retombée le long de son visage. Comme les autres invités, elle portait un masque aux couleurs dorées.  Sarah reconnu enfin l’endroit où elle se trouvait. Ce n’était pas tout à fait un rêve. Ce n’était pas tout à fait un souvenir. Elle était au bal, chez Alexander. Elle était exactement au même endroit, au même moment de leur première rencontre. La magicienne sourit, elle n’avait qu’à attendre qu’il vienne la rejoindre, comme la première fois. Elle n’avait qu’à attendre...’’
Sarah revient doucement à elle, comme lorsqu’on immerge d’un sommeil profond. Lorsqu’elle se réveilla, elle demeura un long moment immobile, les yeux fermée à simplement écouter le bruit qui l’entourait. Le bourdonnement avait disparut et les sons parvenaient doucement à ses oreilles. Elle entendait au loin le vent qui soufflait, le bruit des vagues, des éclats de paroles de gens qui passaient tout près. Une odeur fraiche remplissait la pièce, l’odeur du printemps. Quelqu’un avait ouvert la fenêtre avant de la refermer, laissant entré l’air frais. Il y avait une sorte d’apaisement dans ces bruits anodin de la vie. Doux hymne des mortels. Sarah prit une grande respiration, prenant conscience du poids qui pesait sur son corps. Tous ses membres étaient lourds, engourdies. Elle remua le bout des doigts sentant le tissu contre sa peau. C’était le poids des couvertures qu’elle sentait contre elle. Avec difficulté, elle ouvrit les yeux, battant des paupières comme une belle endormie. Sa vision s’éclaircit et lentement, le plafond se dessina. Elle bougea doucement la tête et le simple mouvement réveilla en elle une douleur atténuée, beaucoup moins forte que ce qu’elle avait déjà vécut. Un profond soupir vida l’air de ses poumons. Elle était en vie. Comment cela était possible? Ses souvenirs étaient loin, embrumé. Comme si les derniers jours n’avait été qu’un  grand cauchemars qui avait finalement prit fin. La magicienne se laissa tomber sur le dos, retenant un sanglot. Son cauchemar était terminé. Elle se rendormit de nouveau, ayant épuisée le peu de force qu’elle avait retrouvée.

La nuit tombait de nouveau lorsque la jeune femme ouvrit les yeux. De nouveau, le plafond se dessina devant elle, pareil que la dernière fois qu’elle s’était endormie. Elle n’avait donc pas changé d’endroit. Elle demeura un long moment immobile rassemblant ses souvenirs à travers la brume qui obscurcissait encore ses pensées. Elle se souvenait d’une maison, une jolie dame qui lui parlait doucement, elle était en sécurité qu’elle disait... Puis il y avait eu le feu, les vampires, les loups-garous retenant un gémissement, la magicienne se redressa sur ses coudes, portant une main à sa tête. Un bandage recouvrait sa blessure. Quelqu’un avait du prendre soin d’elle.  Malgré le flou qui obscurcissait encore le fil de ses pensée, elle se sentait mieux, plus sur d’elle-même. Le craquement du feu attira son attention. L’aristocrate posa ses yeux d’azur sur les flammes. Une ombre se dressait devant l’âtre du feu. L’homme, à n’en pas douter par sa stature, était accroupi le visage tourné vers la chaleur. Elle l’observa un instant, ne sachant pas quelle attitude opter. Elle était dans cet endroit qui lui était inconnu en présence d’un inconnu, peut-être la situation n’était-elle pas aussi salvatrice qu’elle ne le paraissait. Lorsque l’homme tourna son visage vers elle, Sarah esquiva un mouvement de recul, détaillant ses traits avec anxiété. Après les loups garous et les vampires, elle ne voulait pas être prisonnière de la même pièce que l’un de leur membre. Mais le jeune homme ne semblait pas appartenir aux créatures de la nuit. Certes, son visage était fatigué, ses traits soucieux. Il semblait avoir passer une épouvantable journée. Ses cheveux noir en bataille tombait près de ses yeux dont elle ne pouvait deviner la couleur vue le clair-obscur dans lesquelles ils se perdaient. Sa voix était douce, calme. Ses souvenirs se mirent en place et elle replaça lentement l’homme. Elle l’avait vue sur le doc. C’est lui qui était apparut dans l’entrepôt, les libérant elle et Swan


-C’est vous qui m’avez sauvée? Vous étiez sur les docs n’est-ce pas? Qu’est devenus Swan? Et les créatures? Comment avez-vous pu faire apparaitre des flammes?

La magicienne se tue, étourdie elle-même par le flot de questions qui la tourmentait. Sa gorge était sèche. Son esprit voulait se remettre en mouvement mais son corps n’était pas encore prêt à reprendre le court de la vie aussi rapidement. Sarah baissa le regard, réalisant soudainement que sous cette couverture, elle se trouvait nue. D’un geste brusque elle ramena la couverture contre elle tandis que son visage prenait une teinte rouge mais sans entendre aucun commentaire de la part de l’homme. Ou il était habituer de voir des femmes à moitié nue, ou il était plus intéressé par le sexe opposé ou encore il avait assez de décences pour ne pas rendre la situation plus malaisant qu’elle ne l’était déjà. La belle porta une main à sa tête. Et maintenant? Qu’allait-elle faire? Elle était avec ce Liam qui ne semblait pas la reconnaitre. Mais qui était-il au juste? Il se battait contre les créatures nocturnes mais ne semblait pas réellement les connaitre. La demoiselle se rendit compte qu’elle n’avait pas répondu à sa question. Bien sur son identité lui était peu à peu revenue. Pourtant elle ne voulait pas s’ouvrir à cet homme. Non pas qu’elle craignait pour sa sécurité mais ceux qui l’approchaient c’est temps-ci subissait de grand malheur. Elle ne voulait pas mettre quelqu’un d’autre en danger par sa faute.
-Je m’appelle Gabrielle...

Elle choisit de transformer le nom qu’elle avait emprunté quelques mois plutôt.


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Van Collins
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Mer 10 Fév - 13:06


Il s'était approché d'elle lentement sans précipitation, afin de ne pas l'effrayer plus qu'elle ne l'était déjà, mais à la vue de sa réaction, il n'y était pas parvenu et à vrai dire, il ne pouvait pas prétendre en être étonné, pas après tout ce qu’elle venait de vivre. Après avoir été enlevé par des vampires, être offert en pâture à des démons, voici qu’elle reprenait connaissance dans un lieu qui lui était totalement inconnu et probablement indigne de sa condition en compagnie d’un illustre inconnu. Par pur réflexe, la jeune femme s'était légèrement reculée à son approche comme pour établir entre eux une certaine distance de sécurité. Une distance qui en réalité était vaine puisqu'elle ne la protégeait en rien. S'il avait décidé de lui sauter dessus pour la violer ou l'égorger, personne n'aurait pu l'en empêcher, et certainement pas cette ridicule petite distance qui la séparait d'elle. Une chance pour la belle inconnue, il n'était pas mal-attentionnée. Afin de la rassurer et d'apaiser ses angoisses sommes toutes légitimes après ce qu'elle venait de traverser, Van s'adressa à elle d'une voix qu’il voulait douce et rassurante. Tremblante et perdu, la jeune femme devait remettre de l’ordre dans son esprit avant d’être capable de comprendre qu’il ne lui voulait aucun mal. Une chance pour lui, elle n’appartenait pas à la catégorie de ces nobles hystérique qui se seraient mise à hurler à plein poumon sans chercher à comprendre ce qui leur arrivait réellement, ni même lui laisser la moindre chance de s’exprimer, mais pas elle. Elle n’était pas comme ça, et de cela, il lui était reconnaissant. Cette femme, bien que de noble lignage et craintive, était une survivante. Elle savait exactement ce qu’elle devait faire pour rester en vie. Il s’en était déjà rendu compte dans le hangar et sur les docs. Certes, elle était maladroite et on voyait clairement qu’elle n’avait pas pour habitude de se battre ou de manipuler des armes mais son instinct de survie l’avait préservé de la mort. Elle réagissait vite et bien. Courant sans se retourner quand il fallait s’enfuir et faisant preuve d’ingéniosité pour préserver sa vie, comme lorsqu’elle avait renversé cette substance inflammable sur le sol. Dans le fond de ses magnifiques prunelles il capta une lueur vivace qui lui indiqua qu'elle venait de le reconnaître. Aussitôt les questions déferlèrent sur ses lèvres bien dessinées les unes derrière les autres. Des questions qui se justifiaient parfaitement mais dont il ne possédait pas toutes les réponses

L'avait-il sauvé ? Lorsqu’il repensait à tout ce qui s’était passé et à son attitude peu glorieuse alors qu’il s’apprêtait à fuir en l’abandonnant sans en éprouver le moindre remords à ces deux créatures qui se battaient pour leur proie, il n'irait peut-être pas jusque-là. Quand à son intervention, il ne pouvait pas prétendre qu’elle leur avait été d’un quelconque secours. Les chevaux du fiacre avaient été abattus avant qu’ils n’aient le temps de s’enfuir, et il avait été très vite mis hors course lors de son affrontement. L’avait-il sauvé ? Non. Face à toutes ces créatures démoniaques, il n'avait pas été d'un grand secours, tout ce dont il pouvait s’enorgueillir c’était de l’avoir recueilli et soigné. Et encore, il ne pouvait pas prétendre qu’il avait agi par pure bonté d'âme, car s’il ne l’avait pas abandonnée là, sur le pavé c’était pour une seule et unique raison : il voulait savoir qui elle était véritablement et pourquoi des créatures aussi dangereuses et démoniaques que des vampires ou des démons cherchaient tant à s’emparer de cette frêle créature. Qu’avait-elle donc de si particulier à leurs yeux ? Pourquoi avaient-ils orchestrés une telle mise en scène et dans quel but ? Qui était-elle vraiment pour attirer à elle toutes les créatures des ténèbres ?
Préférant ignorer sa première question, il s’attarda plus volontiers sur la seconde.

Swan ? Répéta-t-il en fronçant les sourcils.

Il n’était pas sur de comprendre de qui elle parlait jusqu’à ce que le lien entre la femme qui l’accompagnait et ce nom qui lui était totalement inconnu jusqu’à présent ne lui apparaisse soudainement comme une évidence. De qui d’autre pouvait-elle parler ou s’inquiéter ? Cette femme, pour le peu qu’il en avait n’était pas une servante ni une demoiselle de compagnie. La robe qu’elle portait lui permettait d’affirmer qu’elle appartenait à la même classe aristocratique que sa patiente actuelle, mais contrairement à cette dernière, elle lui avait paru bien plus débrouillarde et combative, en un sens elle lui avait légèrement rappelé Katherine.

- Vous parlez de la femme qui vous accompagnait, n’est-ce pas ? S’enquit-il avant de lui répondre qu’il n’en savait rien. Je serais vous je ne me ferais aucune illusion, elle est probablement morte à l’heure qu’il est.

Van ne désirait pas se montrer désobligeant ou cruel avec la jeune femme mais bercer les gens d’illusion n’était pas dans ses habitudes. Il préférait une froide vérité à un pieu mensonge, d’ailleurs comment pouvait-on prétendre qu’un mensonge était pieu ? Il préférait ne pas faire de promesses qu’il ne pouvait pas tenir. Prétendre que cette dénommée Swan avait survécu et se portait surement très bien à l’heure actuelle, uniquement pour lui faire plaisir ou parce qu’elle avait envie d’entendre des paroles rassurantes, n’était absolument pas dans sa nature. Il ignorait ce qu’il était advenue d’elle, la dernière fois qu’il l’avait vu en vie, était cet instant où ils s’apprêtaient à s’enfuir tous les trois ensemble, avant qu’un vampire ne leur barre le passage et ne l’envoi valdinguer dans les caisses de marchandises. Qu’était-il arrivé par la suite, il n’aurait su le dire, mais en toute franchise, il doutait grandement que l'autre noble, bien qu'elle semblait terriblement courageuse ait réussi à réchapper de ce piège infernale.
La troisième question, concernant le devenir de ces monstres qui les avaient attaqués et qui avaient décidé de faire d’eux leur festin du soir, lui parut totalement incongrue. Se souciait-elle réellement d’eux ? Il avait du mal à le concevoir. S’inquiétait-elle qu’il puisse partir à leur poursuite et retrouver leurs traces ? Cela lui paraissait beaucoup plus plausible, mais 24h s’était écoulée depuis et il n’avait à déplorer aucune mauvaise surprise de ce côté-là

- Les créatures ? Je n'en sais rien, je ne suis pas resté pour savoir ce qui allait leur arriver et tout à fait entre nous, je m’en moque complétement. Seul comptait de sauver ma peau et la vôtre. Tout ce que je peux vous dire c’est que l’incendie a attiré des hommes venu pour le maitriser, sur le lieu du carnage et que cela a du les effrayer. Je ne me suis préoccupé que de vous et moi, je n’avais aucune envie de leur expliquer ce qui venait de se passer ni pourquoi vous étiez blessé et couverte de sang, parce que moi-même je ne suis pas certain d’avoir absolument tout comprit et pour le peu que j’en savais personne ne m’aurait cru, au mieux on m’aurait jeté à Bedlam et au pire en prison. C’est pourquoi j’ai profité de la panique générale pour fuir à bord d'une barque. Il n’y avait pas de moyen plus discret que celui de glisser sur les eaux de la Tamise dans le fond d’une barque pour ne pas être vu. Une chance pour nous, nous n'étions pas loin. Vous étiez inconsciente et dans mon état je ne me voyais pas vous porter. Nous avons vogué jusqu’ici, nous sommes à l'abri chez une personne de ma connaissance qui saura se montrer discrète. Sa maison borde la Tamise, ici on ne risque rien, lui assura-t-il.

Il avait espéré répondre à toutes ses interrogations mais c’était sans compter la dernière question qu’elle avait gardé en réserve. Une question dangereuse sur laquelle il ne désirait nullement s’étendre. Il avait pratiqué l'alchimie sans y prendre garde et ne regrettait nullement son choix, sans quoi, il ne serait plus là pour discuter. L’alchimie était les seules armes qu'il possédait pour se défendre contre ces créatures échappées des entrailles de l’enfer, et il n'était pas stupide au point de risquer sa vie en renonçant à y avoir recours sous prétexte que des témoins allaient le voir en faire usage. Un sourire complaisant s'afficha sur ses lèvres, bien décidé à la faire douter, ce qui ne devrait pas être trop difficile vu les circonstances

- Faire apparaître du feu ? Moi ? Répéta-t-il innocemment en espérant être convainquant. Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je ne suis qu’un simple médecin, pas un magicien, mais il n'est pas étonnant que vos souvenirs soient confus avec ce qui vous est arrivé, sans parler du traumatisme que vous avez reçu à la tête.

Détournant son regard, il se leva du lit bien décidé à changer de sujet de conversation au plus vite. Il se dirigea vers la table et s’empara de la cruche d’eau qui s’y trouvait pour y verser un peu d’eau dans un verre avant de revenir vers elle. Lorsqu'il se retourna vers elle, il se sentit rougir involontairement en même temps qu'elle et pour cause. La jeune femme venait de réaliser que les draps qui la recouvraient étaient les seuls remparts à sa nudité. Comme pour se couvrir davantage, elle ramena la fine couverture un peu plus contre son corps tandis que son visage s’empourprait de plus en plus violemment. La déshabiller, la laver et la soigner ne l’avait pas perturbé sur le moment parce qu'il ne faisait que son travail et qu'il s'appliquait à lui sauver la vie, mais à présent, les choses était sensiblement différentes.

- Tenez, buvez, lui dit-il en lui tendant le verre d'eau. Vous devez vous hydrater.

Il prit place prêt du lit à ses côtés et l'aida à porter son verre vers ses lèvres. Il la fit boire doucement, gorgée après gorgée. Lorsqu'il estima qu'elle s’était suffisamment hydrater pour le moment, il retira doucement le verre de ses lèvres et le posa à ses cotés, sur la table de nuit puis, il se dirigea vers une chaise en bois sur laquelle trainait quelques frusques.

- J'ai brulé vos vêtements. Lui annonça -t-il. Ils étaient recouvert de sang et ça empestait tellement que j'ai craint que vos agresseurs ne finissent par nous retrouver... Notre hôte nous a déposé quelques frusques pour vous mais vous transpiriez tellement que j'ai jugé préférable de ne pas vous en couvrir immédiatement. Tenez, fit-il en lui tendant une simple chemise en lin.

Il lui tourna le dos afin de lui laisser l'intimité nécessaire pour s’habiller, guettant au son de ses gémissements si la difficulté pouvait être surmonté seule ou non. Lorsqu'il comprit qu'elle avait terminé de se revêtir il se tourna vers elle et fut surprit par l’image qu’elle renvoyait d’elle. Avec cette chemise beaucoup trop grande pour elle et ses longs cheveux bouclé qui retombait en cascade sur ses épaules, ses yeux de biches encore effrayé, il se dégageait d’elle beaucoup de pureté et… d’innocence avait-il presque envie de dire. Gabrielle… telle l’archange. Un nom tout à fait à porpos. Respectant son espace qu’il ne désirait pas envahir, il rapprocha la chaise qui se trouvait à proximité de son lit et y prit place, les mains jointes devant lui. Elle lui avait posé de nombreuses questions depuis son réveil, à présent s’était son tour. Lui aussi avait des questions à lui poser, des questions qui lui brulaient les livres. A vrai dire, il n’espérait absolument pas à ce qu’elle y réponde en toute franchise mais il voulait quand même croire qu'elle lui apporterait quelques réponses.

- Alors dites-moi, qui êtes-vous Gabrielle ? Pourquoi des vampires se battaient-ils pour vous et ces... démons... qu'est-ce que c'était au juste ?

Elle n'était pas n'importe qui, elle était celle pour qui toute cette mise en scène avait été orchestré, mais pour quelle raison ? Il ne faisait aucun doute que c'était uniquement pour elle que les vampires s’affrontaient. Certains pour la tuer d'autres pour la protéger. Elle semblait être la propriété d'un vampire qu'ils appelaient « le maître », cela signifiait qu'il était au moins aussi âgé que Jun pour avoir un semblant d’ascendance sur eux, sans quoi le vampire blond n'aurait pas agi avec autant de déférence à son égard en le mentionnant. Etait-ce un de ces vampires que Jun combattait ? Pourquoi un vampire vieux de plusieurs siècles s'intéressait-il à une simple humaine ?
Une simple humaine... non, elle était tout sauf une simple. Alors qu’il la veillait et qu’elle était perdue dans les méandres de ses délires, lorsque la fièvre la contrôlait totalement, il l'avait vu faire usage de la magie. Une magie dangereuse et incontrôlable qui faisait exploser les chandelles et voler les médicaments dans la pièce. Elle avait déchainé quelque chose de terriblement puissant et terrifiant. Etait-ce pour ses pouvoirs que ces créatures la poursuivaient ?


- Qui êtes-vous réellement Gabrielle ? Quels sont vos liens avec les vampires, et ne prétendez pas que vous ne savez pas pourquoi ils en avaient après vous car je n'en croirais rien.
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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Ven 12 Fév - 20:12

Sarah regardait l’inconnu avec un mélange de crainte et de scepticisme. Il avait beau l’avoir sauvée, elle n’était pas encore prête à lui accorder une confiance aveugle. Instinctivement, elle s’était reculée lorsqu’il avait fait quelques pas dans sa direction. Comme un animal craignant un quel conte danger. Elle savait que cette distance ne lui serait d’aucun secours si l’homme était un vampire. Le Comte lui avait déjà dit. Mais, s’il était un humain, elle allait au moins avoir le temps de le voir s’approcher. L’homme fit quelques pas dans sa direction, avec lenteur, comme s’il s’approchait d’un chat sauvage. Doucement, il s’assit sur le coin du lit. De plus près, la jeune femme eut le loisir de l’étudier plus attentivement. Il avait un visage accueillant, les traits volontaires. Sur ses joues se dessinait une barbe naissante. Ses yeux verts brillaient d’une intelligence et d’une bienveillance qu’on retrouvait chez la plupart des médecins. Pour l’instant, les intentions de son sauveur ne semblaient pas belliqueuses. Il la regardait avec une curiosité à peine dissimulée. C’est vrai que dans la situation, la magicienne devait faire peur. Le piteux état dans lequel elle se trouvait présentement, à moitié nue, couverte de blessure, de bandage et de bleu. Et puis ce qui s’était passé sur les docks... Il devait la croire folle ou ayant de bien mauvaises fréquentations. C’était bien. Tant et aussi longtemps qu’il continuerait de croire cela, sa vie ne serait pas en danger.

La Chasseuse aurait voulu pousser un profond soupir et se rendormir. Retarder le moment où elle aurait à revenir à la réalité, penser à un plan d’action, constater son état…Elle aurait voulu dormir encore, plonger dans un silence immuable. Mais maintenant qu’elle avait ouvert les yeux, elle devait faire face à la situation et tenter d’en apprendre un peu plus sur ce Liam. Il avait asséné l’ensemble de ses questions sans répondre, la laissant s’épuiser elle-même. Il semblait être un homme de patience, qui réfléchissait avant d’agir. Sarah sentit la colère gronder en elle-même devant tant de silence, mais elle prit sur elle de ne rien dire. Ses nerfs étaient à fleur de peau. Elle se sentait stressée, à vif. Tous les événements avaient épuisé sa patience. Elle avait envie de hurler et de pleurer, mais elle devait se contenir. Au lieu de céder à la panique, elle tourna la tête vers la pièce, laissant son regard s’attarder sur l’endroit où ils se trouvaient. Chaque détail lui apparaissait pour la première fois, s’inscrivant dans sa mémoire endormie. La pièce était petite, le plafond bien bas. Il n’y avait qu’un seul lit, où elle se trouvait. Un foyer, dont les flammes grondantes répandaient une douce chaleur. Il y avait aussi une petite table au loin remplie de fiole et de produit. Il y en avait quelques-unes sur le sol, comme si elles avaient été jetées là. Quelques chandelles éclairaient l’endroit. Certaines avaient l’air d’avoir explosé, répandant de la cire désormais figée sur les murs et le sol. Ils devaient se trouver dans l’une des petites maisons qui bordaient les docs. Au loin on entendait le bruit de l’eau et des bateaux. La pièce n’avait qu’une seule fenêtre qu’on devinait ouverte par le balancement irrégulier du rideau miteux qui la couvrait.



-Swan?


La voix douce et grave de Liam ramena l’aristocrate à la réalité. Elle se tourna de nouveau vers lui. Il semblait enfin prêt à répondre à ses questions. Elle nota son timbre grave qui avait quelque chose de rassurant. La lenteur de ses gestes, sa voix, tout en cet homme avait quelque chose d’apaisant. La jeune femme ramena ses genoux contre sa poitrine, entraînant la couverture pour se couvrir plus. Liam sembla chercher un peu puis il reprit un air impassible.



- Vous parlez de la femme qui vous accompagnait, n’est-ce pas ? Je serais vous je ne me ferais aucune illusion, elle est probablement morte à l’heure qu’il est.


La magicienne encaissa la nouvelle sans faire le moindre sursaut. Ce n’était qu’une chose de plus par dessus ses frêles épaules. Elle n’arrivait même pas à avoir de la peine à cette annonce. Elle ne voyait que cela, les gens entré et sortir de sa vie des manières les plus brusques qu’il puisse exister. Doucement, Sarah porta une main contre le bandage qu’elle portait à la tête, fermant les yeux un instant. Que pouvait-elle faire contre cette malédiction qui lui collait à la peau. D’abord Alexander, puis Madeleine, dont elle n’avait eu aucune nouvelle depuis l’accident, Jane et maintenant Swan. Comment pouvait-elle éviter tout ce carnage, toutes ses vies inutilement perdue par sa faute? Le vampire avait bien raison de la comparer à Hélène. Elle ne voulait pas qu’un royaume entier disparaisse pour elle. Elle soupira de nouveau. Comme elle se sentait lasse de toute cette course. De nouveau la voix de Liam lui fit ouvrir les yeux. Il était vrai que sa voix avait quelque chose d’apaisant. Le timbre grave résonnait à ses oreilles sans la faire sursauter. Pourtant le visage du jeune homme demeurait fermé, ne laissant voir aucune émotion.



- Les créatures ? Je n'en sais rien, je ne suis pas resté pour savoir ce qui allait leur arriver et tout à fait entre nous, je m’en moque complètement. Seul comptait de sauver ma peau et la vôtre. Tout ce que je peux vous dire c’est que l’incendie a attiré des hommes venus pour le maîtriser, sur le lieu du carnage et que cela a dû les effrayer. Je ne me suis préoccupé que de vous et moi, je n’avais aucune envie de leur expliquer ce qui venait de se passer ni pourquoi vous étiez blessé et couverte de sang, parce que moi-même je ne suis pas certain d’avoir absolument tout comprit et pour le peu que j’en savais personne ne m’aurait cru, au mieux on m’aurait jeté à Bedlam et au pire en prison. C’est pourquoi j’ai profité de la panique générale pour fuir à bord d'une barque. Il n’y avait pas de moyen plus discret que celui de glisser sur les eaux de la Tamise dans le fond d’une barque pour ne pas être vu. Une chance pour nous, nous n'étions pas loin. Vous étiez inconsciente et dans mon état je ne me voyais pas vous porter. Nous avons vogué jusqu’ici, nous sommes à l'abri chez une personne de ma connaissance qui saura se montrer discrète. Sa maison borde la Tamise, ici on ne risque rien...


Sarah acquiesça de la tête sans pour autant partager l’avis de son sauveur. Certes le Yard et les hommes ne pourraient retrouver leurs traces. Les pauvres avaient dû avoir beaucoup à faire avec les flammes mélanger aux produits chimiques des docks. Sans compter les morceaux et membres arrachés qui traînaient ici et là au milieu du brasier. Ce que les flammes n’avaient pas détruit attirerait bien des questions. Les vampires en mourant se transformaient en cendre et ne laissaient donc aucune trace. Mais les loups-garous... Mort ils reprenaient leur apparence humaine. Combien avaient été massacrés sur les docks? Et toute cette agitation attirerait inévitablement l’attention des vampires, de leur Secte et surtout la Sienne. Était-ce ce que le vampire blond avait voulu dire? Lorsqu’il parlait de son maître, parlait-il de Lui? La magicienne secoua la tête, refusant de laisser cet homme envahir de nouveau ses pensées. Peut-être l’avait-il oublié... Après tout elle n’était qu’une simple humaine... Un jouet de passage pour égayer de manière fugace son existence le temps d’un siècle, peut-être moins. Elle n’avait été qu’un jeu divertissant, à travers ces chasses, ces intrigues, c’est coups d’éclat social... Maintenant, il allait pouvoir passer à autre chose, retourner à ses plans... Oui ses plans…Que pouvait-il bien chercher au cœur de la ville et des songes? Le cahier de rêve du Comte lui en avait un peu appris sur ses recherches, mais elle avait l’impression de n’avoir effleuré que la surface miroitante d’une eau profonde. La jeune femme releva de nouveau la tête, sentant le poids du regard de Liam. Elle devait lui sembler bien faible, disparaissant ainsi dans ses pensées. Il pouvait bien penser ce qu’il voulait, elle n’allait pas le démentir. Tant qu’il la croirait aussi faible et perdue, elle bénéficierait de l'effet de surprise. Liam parla alors de ses pouvoirs et la Chasseuse se redressa sur elle-même, attentive.



- Faire apparaître du feu ? Moi ? Je ne suis qu’un simple médecin, pas un magicien, mais il n'est pas étonnant que vos souvenirs soient confus avec ce qui vous est arrivé, sans parler du traumatisme que vous avez reçu à la tête.


Sarah ne put retenir une grimace d’exaspération. Bien sûr son esprit était confus à ce moment-là, mais elle l’avait vue dessiner sur le sol des symboles incompréhensible. Elle avait vu les flammes apparaître pour ensuite se propager à l’huile qui couvrait le pavé des docks. De cela, elle ne pouvait douter. Mais le médecin s’entêtait à prétendre le contraire. Soit. Elle ne le questionnerait plus sur le sujet.



-Quel drôle de médecin faites-vous... marmonna-t-elle.


Il était vrai que l’homme ne semblait à rien à ce qu’elle avait connu. Il était intrépide, sans pitié lorsqu’il s’agissait de tuer vampire et loup-garou, et pourtant, il se tenait devant elle, comme si elle venait simplement de se fracturer le bras en tombant à cheval. Pourtant, même le sourire condescendant qui étirait ses lèvres en ce moment sonnait faux. Définitivement, il était un piètre menteur. Où était-ce elle qui était trop susceptible? Elle le regarda se lever du lit pour se diriger vers la table plus loin. La jeune femme en profita pour se redresser complètement, étouffant un gémissement que la douleur à ses côtes provoqua. Elle releva la tête juste à temps pour voir le visage du docteur s’empourprer tandis qu’il la regardait. Elle ne put retenir un grognement en ramenant le tissu contre elle. Quelle indécence. Il lui faudrait trouver des vêtements et rapidement.



- Tenez, buvez, lui dit-il en lui tendant le verre d'eau.Vous devez vous hydrater...

L’aristocrate fut d’abord tenté de refuser. Elle n’avait jamais vraiment aimé qu’on s’occupe d’elle et en ce moment sa gorge était si serrée qu’elle doutait qu’elle puisse avaler quoi que ce soit. Sous l’insistance de Liam, elle tendit la main vers le verre en bois qu’il lui tendait. Sa main couverte de bandage fut incapable de se refermer sur l’objet sans trembler. Sarah suspendit son geste un instant, regardant sa main agiter de petit tremblement incontrôlable. Plus elle refermait les doigts plus sa main s’agitait. Elle n’avait aucune force pour l’instant. Finalement, le bon docteur l’aida à boire. Dès la première gorgée, la jeune demoiselle se rendit compte à quel point elle était déshydratée. L’eau coulait le long de sa gorge comme si c’était un vin rare. Lorsqu’elle fut rassasiée, Liam déposa le verre avant de se lever de nouveau.



- J'ai brûlé vos vêtements. Ils étaient recouverts de sang et ça empestait tellement que j'ai craint que vos agresseurs ne finissent par nous retrouver...


La Chasseuse grimaça au souvenir du seau de sang qui l’avait aspergé. Elle ne voulait même pas imaginer l’état de ses vêtements après tout cela.



-Notre hôte nous a déposé quelques frusques pour vous, mais vous transpiriez tellement que j'ai jugé préférable de ne pas vous en couvrir immédiatement. Tenez...


Sarah attrapa d’une main incertaine le vêtement qui lui était tendu. Il s’agissait d’une chemise blanche, de bien mauvaise qualité, deux fois plus grande que sa taille. La jeune femme releva la tête vers le docteur, mais celui-ci avait déjà tourné le dos pour lui laisser un peu plus d’intimité. L’aristocrate le fixa un instant, se demandant s’il n’allait pas se retourner par curiosité, mais ne le voyant pas bouger, elle repoussa la couverture, grimaçant en voyant les énormes bleus qui couvraient sa peau d’albâtre. Lentement, elle passa le vêtement, étouffant un gémissement lorsqu’elle du lever son bras gauche. La douleur à son épaule était vive et ses côtes l’empêchaient de poursuivre le mouvement. Elle du se reprendre pour faire glisser sa main sensible dans le vêtement avant de le passer par dessus sa tête. Une fois la chemise mise, elle se redressa doucement pour faire descendre le vêtement le long de ses jambes avant de les couvrir avec le drap. Elle noua rapidement les cordons du collet, évitant ainsi de trop montrer sa gorge. Elle terminait de sortir ses cheveux du collet lorsque le docteur se tourna vers elle, une expression de surprise se dessinant sur son visage. Sarah se trouvait ridicule dans cet accoutrement et avec tous ces pansements, aussi ne sut-elle pas lire l’expression correctement sur le visage de Liam. Celui-ci reprit ses esprits et approcha sa chaise du lit, pour mieux discuter avec elle.



- Alors, dites-moi, qui êtes-vous Gabrielle ? Pourquoi des vampires se battaient-ils pour vous et ces... démons... qu'est-ce que c'était au juste ?


-Je ne vois pas de quoi…Elle suspendit sa phrase. Ce n’était pas logique. Liam n’était pas stupide, après de tels événements il était plus qu’évident que c'était après elle qu’en voulait les créatures de la nuit. D’ailleurs il la coupa presque aussitôt.


- Qui êtes-vous réellement Gabrielle ? Quels sont vos liens avec les vampires, et ne prétendez pas que vous ne savez pas pourquoi ils en avaient après vous, car je n'en croirais rien.


La jeune femme soupira. Elle avait une réelle empathie pour les gens perspicaces. Il fallait qu’elle invente quelque chose. Comment pouvait-elle lui expliquer qu’un vampire vieux de plusieurs siècles la voulait comme amante et qu’il la pourchassait à travers la ville entière? Comment pouvait-elle lui expliquer qu’elle non plus ne comprenait pas ce qu’elle avait de si précieux aux yeux de cette créature pour qu’il se donne autant de peine pour la traquer? Elle ne comprenait pas sa propre situation alors comment un simple inconnu aurait-il pu comprendre?



-C’est à cause d’une amie... Finit-elle par dire. Elle est morte il y a quelques jours en tombant dans la rivière...


Elle ignorait combien de temps s’était écoulé depuis son accident. Elle avait choisi de parler de jour pour demeurer le plus vague possible. Elle inventa le mensonge au fur et à mesure. Il lui fallait contenter la curiosité de Liam tout en lui en dévoilant le moins possible.



-C’était une Hunter...Un des chasseurs qui tue les créatures de la nuit. Malheureusement elle est tombée sur l’un des vampires les plus puissants de la ville... Si puissant que même les Sectes le craignent...Et il souhaitait en faire son esclave.


Esclave, c’était le mot qui lui semblait le plus juste en son esprit. Sarah bougea un peu, soudainement malaise. Aussitôt elle grimaça de douleur.



- Je ne sais pas pourquoi ces vampires en avaient après moi... Ils doivent penser qu’elle ne s’est pas noyée et que je sais ou elle se cache...Certains doivent vouloir la ramener au Comte et d’autres...


Elle ne termina pas sa phrase, repartant dans ses pensées. Ce n’était pas logique... Si les sectes l’avaient reconnue, pourquoi avait-il voulu l’offrir en sacrifice? Que lui avait dit Corvinus... Sa mort la ferait entrer dans la légende… mais quelle légende... Ils voulaient mettre sa mort comme étant un des agissements de la Camarilla... Mais pourquoi?
Le Prince pensera qu’il s’agit d’une mise en scène organisée par la Camarilla et sa colère sera-t-elle, qu’Il réglera une fois pour toutes le compte de ces pleurnichards de vermine. C’était donc cela… Chacun souhaitait s’attirer les faveurs du Comte et rejeter sa colère sur le clan adverse. Et quel meilleur moyen que de se servir d’elle. La jeune femme ne put retenir un haut de cœur de dégoût. Ils voulaient donc tous l’éliminer... L’attaque sur la route n’avait pas été un hasard. C’était bien à sa vie qu’il en voulait... Ils étaient bien sots s’ils croyaient que le Comte se souciait assez d’elle pour mettre la ville à l’envers pour la retrouver. Toutefois cela révélait une situation bien plus urgente, non seulement elle n’avait plus que le comte à ses trousses, mais aussi les deux sectes. La situation ne pouvait être plus pénible. Comment la société nocturne réagirait-elle lorsque l’histoire des docks se répandrait? Les loups-garous n’en feraient rien, mais les vampires. Si un seul était parvenu à se sortir du braiser et à rapporter ce qu’il avait vu... Sarah sursauta, le vampire blond! C’était probablement l’un des adeptes du Comte... Ce qui signifiait qu’il allait indéniablement prévenir son maître qu’il l’avait vu... ce n’était plus qu’une question de temps avant que la ville ne se remette à sa recherche... La jeune femme frissonna... Avec ses blessures, elle ne pouvait espérer une fuite efficace. En ce moment même les vampires devaient la chercher à partir des docks. Il ne leur faudrait pas bien longtemps pour atterrir ici. Elle doutait que Liam puisse faire quoique ce soit contre une horde de vampires.



-Je ne peux pas rester ici. Finit-elle par dire à voix haute.


Son esprit encore faible s’activait à chercher un endroit sur ou elle pourrait trouver refuge. Il lui fallait un endroit loin, oublié, ou personne ne songerait à venir la chercher. Toute inquiétude disparut de son regard alors qu’une étincelle de détermination s’illumina dans au milieu de ses iris. Elle en avait assez de jouer les victimes. Il lui fallait partir, trouver un endroit ou elle aurait le temps de se remettre de ses blessures avant de fomenter un nouveau plan d’action.



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Van Collins
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Mar 8 Mar - 12:24

Il y avait chez Gabrielle une attitude qui avait suscité immédiatement son intérêt ! Tel un animal sauvage et craintif qu'il fallait patiemment apprivoiser, elle tenait à garder ses distances avec lui. Il y avait beaucoup de peur dans son regard, et après avoir vécue une telle aventure qui oserait prétendre qu'il ne serait pas aussi perdu et effrayée qu'elle ne l'était ? Pourtant outre de la peur il y avait autre chose qui l'avait interpellé dans le fond de ses prunelles. Elle était comme lui, elle fuyait ! Qui ? Ce n'était pas bien difficile à deviner? Contrairement à lui, il ne s'agissait pas des autorités mais de ces créatures de la nuit qui avaient tenté d'en faire leur repas. Mais pourquoi elle ? Qu'avait-elle de si particulier ? Il pouvait essayer de répondre à cette question également. Alors qu'elle était inconsciente, en proie à la fièvre et à ces délires que cette dernière avait provoqués en elle, il s'était produit des événements très étranges dans les pièces. Des événements auxquels il n'aurait jamais cru s'il ne les avait pas vus se produire de ses propres yeux. Des phénomènes dont il aurait pu douter de leur véracité tant ils étaient incroyables, s'ils ne s'étaient pas produits à plusieurs reprises. Le manque de sommeil, la fatigue, les hallucinations... Il existait tant d’explications tellement plus rationnelles pour expliquer ce qu'il pensait avoir vu, mais pourtant, tout ceci était bel et bien réel, au même titre que cette coupure sur sa pommette gauche provoqué par le bris d'un éclat de verre.

Comment faisait-il pour s'étonner encore ? Depuis ces derniers jours on ne pouvait pas dire que son existence était ce qu'il avait de plus normal. Il découvrait l'existence de créatures diaboliques en la personne de vampires, qui se fondaient dans leur monde avec une aisance si extraordinaires que jusqu'à présent, personne n'avait soupçonné leurs existences. Mais encore, s'ils étaient les seuls, ce soir il venait de découvrir l'existence de monstre mi-homme, mi-bête qui lui avaient paru encore plus impitoyable que les vampires, peut-être à cause de leur apparence bestiales... Jun devait connaître ces monstres.
Jun, ses conseils et son savoir lui seraient tellement bénéfique en ce moment. Il regrettait de ne pas savoir comment faire pour le contacter... Manouk avait mentionné l'Opéra, avait-il une chance de l'y trouver ? Mais même si c'était le cas, même si Jun s'y trouvait, avait-il une chance de l'approcher avant d'être taillé en pièce par ses fidèles ? Est-ce que ça valait vraiment le coup de courir de tels risques ?
Quand à elle, se demanda-t-il enfin en posant son regard vert sur la jeune femme qui se trouvait ainsi recroquevillé dans son lit, qui était-elle ? Et surtout qu'était-elle au juste ? Il lui paraissait à présent que plus rien depuis l'autre nuit, ne parviendrait à l'étonner mais se dévoilerait-elle réellement ? Après tout, lui-même n'avait pas été honnête lorsqu'elle lui avait posé des questions sur lui et sur ses pratiques de l'alchimie et à vrai dire, il ne comptait absolument pas se dévoiler à elle à ce sujet, pourquoi n'en ferait-elle pas autant ? Il ne savait pas ce qu'elle était au juste mais une chose était sur, elle n'était pas une simple bourgeoise et elle était loin d'être plus honnête que lui

Il y avait dans son attitude beaucoup de choses qui l'interpellait. Elle était inquiète et encore choquée par tout ce qu'elle venait de vivre pourtant elle ne hurlait pas de terreur pire, elle avait encaissé la mort de son amie avec beaucoup de stoïcisme comme si la mort était devenue une compagne habituelle et qu'elle ne perdait plus de temps à pleurer ses proches.
Ses bandages qui entouraient son front pour se dissimuler dans son épaisse et magnifique chevelure, ses bleues et ses blessures qui balafraient impitoyablement son corps cela contrastait tellement avec l'allure si aristocratique qui se dégageait d'elle, de plus, les blessures de cette soirée n'étaient pas les seules à l'avoir marqué. Il avait ainsi pu déceler deux ou trois anciennes cicatrices qui avaient marqué sa peau de porcelaine, ce qui signifiait qu'elle était coutumière de ce genre de circonstances. Pourtant, lorsqu'il l'observait ainsi, elle lui paraissait si fragile et délicate, assise dans son lit complétement perdue, pourtant malgré les événements elle faisait preuve d'une très grande maitrise d'elle-même. Elle n'était pas terrorisée ou alors elle le dissimulait bien, car un calme olympien se dégageait d'elle. Et puis elle avait oublié d'être sotte.

De toute évidence, la belle n'avait pas cru un traitre mot de ses paroles lorsqu'il avait feint ne pas avoir fait apparaître du feu. Elle ne pouvait prouver le contraire mais elle n'était pas dupe. Le fait qu'elle marmonna de manière désapprobatrice qu'il était un drôle de médecin signifiait qu'elle ne croyait pas un traitre mot de ce qu'il venait de lui dire et qu'elle ne s'en cachait pas mais elle n'insista pas pour autant, ce en quoi il lui était gré même s'il n'était pas certain de lui accorder la même politesse. Mais s'il était un piètre menteur il allait sans dire qu'il en allait de même pour elle. Lorsqu'il lui avait légitimement demandé pour quelle raison toutes ces créatures s'étaient autant battue pour s’approprier sa personne, elle avait tout d'abord chercher à nier, en voulant lui faire croire qu'elle en ignorait la raison, mais le regard qu'il lui lança, un regard bien plus inquisiteur la coupa dans son mensonge. Répétant sa question, la jeune femme lâcha un soupir avant de lui expliquer que tout ceci était la faute d'une amie à elle. Fronçant les sourcils, son instinct lui dicta de se méfier. La mystérieuse amie en question était en règle général très souvent la personne elle-même qui essayait de se cacher sous une fausse identité, une identité qu'il ne pourrait vérifier, toutefois, le fait qu'elle précise en détail la manière dont elle était morte et son attitude face à ce douloureux souvenir laissait à penser que tout cela pouvait être finalement vrai, choisissant de ne pas l'interrompre, il l'écouta avec attention en n'émettant aucune remarque tout le temps que dura son récit.

Des Hunters... il existait donc des chasseurs qui tuaient les créatures de la nuit ? Jun ne lui en avait pas parlé. Du moins il ne s’en rappelait pas. Mais qui étaient-ils ? Etaient-ils donc dotés de pouvoir comme Gabrielle ? Ce qui expliquerait qu'ils soient des sortent d'élus capables d'affronter ces monstres... Et dans cet ordre se trouvait également des femmes ? Des femmes qui chassaient ce genre de créatures ? Voilà qui était fort surprenant mais est-ce que ça l'était tant que ça ? Van ne pu s'empêcher de penser aussitôt à Katherine. Faisait-elle partie de cet ordre elle aussi ? Il se dégageait d'elle et Gabrielle la même allure aristocratique mais elles étaient caractérisées par la même force, la même... volonté.


- Ne vous agitez pas !


Il s'était permis de l'interrompre en voyant qu'elle avait grimacé de douleur en bougeant un peu. Elle venait à peine de reprendre conscience, et ses blessures n'étaient pas tout à fait cicatrisés, elle devait avant tout se reposer. Reprenant son récit, elle lui assura ignorer les raisons pour laquelle ils étaient tous après elle. La raison la plus probable, selon elle, était probablement qu'ils s'imaginaient que Gabrielle savait où se dissimulait son amie et qu'ils devaient probablement vouloir la ramener auprès du Comte.

Un Comte ?!!
Ses sourcils se froncèrent soudainement. Le vampire le plus puissant serait donc un Comte ? Comment cela se pouvaient-ils ? Ils pouvaient posséder un tel titre ? Ne vivaient-ils donc pas cacher de tous, dans les sous-bassement de la ville ? Certains d'entre eux étaient-ils donc parvenus à se dissimuler par l'élite voir même le gouvernement londonien ? Non cela ne se pouvait, ces créatures ne pouvaient pas sortir en plein jours sous peine d'être réduit en poussière, un Comte qui ne faisait aucune apparition publique en plein jour devait forcément attirer l'attention... Et ce fameux Comte était-il plus âgé et plus puissant que Jun ?
Ses tergiversations internes furent interrompues par la dernière réflexion de la jeune femme qui lui disait qu'elle ne pouvait pas rester là. L'étincelle qu'il y avait dans son regard avait changé de but en blanc. Il ne comprenait pas ce qui c'était passé ni pourquoi elle avait soudainement eut cette réaction mais la peur avait laissé place à une surprenante détermination, celui de fuir cet endroit

- On ce calme, vous n'irez nulle part dans cet état. Vous ne ferez pas deux mètres dehors, vous avez besoin de repos, je vous l'ai dit, ici vous ne risque rien, personne ne vous trouvera alors détendez-vous. Aussi puissant soit ce fameux Comte je doute fort qu'il songe à venir ici pour vous retrouver, ça va vous laisser un peu de temps pour vous remettre. Est-ce que vous voulez que je contacte quelqu'un ? Des Hunters peut-être ? Je veux bien vous aider mais il va falloir me dire quoi faire. J'ignorais l'existence de cette caste de chasseur jusqu'à aujourd'hui et je n'ai découvert celle des vampires que très récemment

Devait-il lui parler de Jun ? Plaider sa cause et lui dire qu'un vampire voulait se battre tout comme eux pour protéger l'espèce humaine ? Non, il en doutait, ce ne serait pas judicieux, pas maintenant. Après ce qu'elle venait de subir elle n'était pas prête à entendre ce genre de vérité, plus tard peut-être.

- Comment devient-on un Hunter ? Voulut-il savoir. Comment les connaissez-vous ? Vous en êtes une vous aussi n’est-ce pas ? Et votre amie Swan également ? J’imagine qu’il s’agit d’une caste aristocratique,... Je vois mal de vulgaires paysans se battre contre ces créatures, il faut être armé pour les affronter, et l’argent ne cours pas les rues dans les entrailles de Londres, d’ailleurs vous ne m’avez pas répondu, ces monstres à l’apparence bestiale, est-ce que vous savez ce que c’était ?



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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Lun 14 Mar - 4:03

L’Ondine s’agitait. La peur de voir surgir à tout moment l’un des suppôts du Comte l’avait fait frissonner. Dehors, la nuit noire offrait toute la couverture nécessaire pour les agissements de ses bâtards lunaires. Ils pouvaient surgir, à tout moment. Porté par une intuition ou encore les gouttes de sang qu’elle avait laissé perler de ses blessures sur les quais. Une seule chose consolait la jeune femme, la pleine lune ayant déjà commencé sa régression, les loups-garous ne pouvaient suivre l’odeur de son sang. Mais encore, ces créatures étaient bien le cadet de ses soucis. L’emprise du Comte sur la ville finirait par se refermer autour d’elle. Elle pouvait le sentir, remuer la ville dans tous les sens, pour la retrouver. L’attaque sur les quais en était la preuve. Chacun cherchait à s’approprier sa mort ou encore à la faire passer pour celle du clan ennemi. Aux yeux de tous, elle n’était qu’une humaine gênante dont on pouvait tirer profit. Il fallait qu’elle quitte cette cachette précaire pour un endroit plus sûr, un endroit impossible pour un vampire comme lui de la retrouvée. En s’agitant de la sorte, la jeune femme ne put retenir un gémissement. Ses côtes fragiles la faisaient souffrir ce qui ne manqua pas d’être remarqué par Liam.


- On se calme, vous n'irez nulle part dans cet état. Gronda-t-il.[color :green] Vous ne ferez pas deux mètres dehors, vous avez besoin de repos, je vous l'ai dit, ici vous ne risque rien, personne ne vous trouvera alors détendez-vous. Aussi puissant soit ce fameux Comte je doute fort qu'il songe à venir ici pour vous retrouver, ça va vous laisser un peu de temps pour vous remettre.[/color]

L’aristocrate grimaça. Si seulement le médecin pouvait avoir une petite idée des pouvoirs de ses ennemis. Il ne devait connaître que l’essentiel. Vitesse, rapidité, force, puissance, vision nocturne... Il ignorait sans doute que les vampires pouvaient retracés les humains grâce à un pouvoir de leur don obscur. Il ne savait sans doute pas non plus que certains pouvaient créer des animaux de sang ou encore prendre l’apparence d’une chauve-souris… et encore... Non, Liam dans ses connaissances limitées ne voyait pas le danger qu’une telle proximité avec ses créatures pouvait représenter. Elle ne pouvait le blâmer. C’était un homme pragmatique, comme Alexender et la plupart des hunters. Il ne croyait que ce qu’il voyait. La magicienne se souvint douloureusement que son beau hunter n’avait jamais compris le danger que représentait le Comte et ses pouvoirs et surtout de sa terrible pièce noire. La belle se redressa pour mieux appuyer son dos contre le mur. Pour le moment le médecin avait raison. Elle ne ferait pas deux pieds dehors. Elle était encore beaucoup trop faible.


- Est-ce que vous voulez que je contacte quelqu'un ? Des Hunters peut-être ? Je veux bien vous aider, mais il va falloir me dire quoi faire. J'ignorais l'existence de cette caste de chasseur jusqu'à aujourd'hui et je n'ai découvert celle des vampires que très récemment

Sarah demeura un instant interdite avant de secouer négativement la tête. Qui pouvait-elle bien appeler à son secours? Qui le gentil médecin pouvait-il aviser? Elle eut une pensée pour ses parents. Aussitôt, elle eut envie de voir de nouveau se dessiner les hauts pignons de la demeure, de pousser d’une main heureuse la grille de fer de l’entrée de la demeure. Comme elle aurait aimé entendre le gravier sous ses pieds tandis qu’elle courrait en direction de la grande porte. Oui, elle aurait tout donné pour pouvoir retourner tranquillement chez elle comme si la vie n’avait pas changé. Bien sûr elle se doutait que ses parents devaient être morts d’inquiétude, que la savoir vivante les rendrait heureux... mais encore... Retourner au manoir mettrait ses parents en danger, jamais ils ne pourraient faire face aux vampires et aux loups-garous et au Comte… Simples humains... elle ne se le pardonnerait jamais s’il leur arrivait quoi que ce soit par sa faute. Il valait mieux les laisser à leur peine. Tant qu’il la croirait morte, aucun faux espoir ne viendrait les troubler...
Sur qui d’autre pouvait-elle compter? Abigail? Non sa pauvre amie était introuvable depuis cette terrible nuit ou elle avait été mordue...Katherine? Raphael? Eulalia? Stan? Elle ne savait même pas comment les retrouver. Et il y avait son cher Alexender… Son cœur se serra. Elle porta aussitôt une main contre sa poitrine. Ah son cher amour lui manquait. Lui aussi était disparu... Depuis sa fuite de la tour, la jeune femme l’imaginait bien loin de Londres et de ses intrigues. Peut-être était-il retourné en Nouvel-Orléan, dont on le disait originaire. Seul comptait qu’il soit encore en vie.

À nouveau, le poids de la solitude s’abattit sur la jeune femme qui demeura silencieuse. Elle était définitivement seule au monde. Elle ne pouvait compter sur personne. Ah comme les illusions de la guilde étaient loin à présent. Elle qui s’était sentie comme un membre d’une merveilleuse équipe avant le théâtre et maintenant… maintenant elle se retrouvait seule au monde. Comme cette fois au fond de la rivière, tandis que l’obscurité l’engloutissait. Comme les ténèbres étaient profondes. Encore une fois, une voix douce et amère murmura contre son oreille. Cela valait-il réellement la peine? Elle était si épuisée... Pourquoi ne pas tout abandonnée? Loin dans les songes et la mort, elle serait enfin hors de danger, jamais le Comte ne pourrait venir la chercher. Et elle pourrait attendre les jours et les années que son tendre amour la rejoigne. Elle serait loin de tout, de la douleur, des tourments, de la vie elle-même… La voix grave du médecin la ramena doucement à la réalité. La jeune femme cligna des yeux, refoulant une fois de plus toutes ces émotions contradictoires au plus profond d’elle, retardant une fois de plus l’instant ou elle devrait tout affronter et reprendre pied dans la réalité des choses. Le médecin semblait la considérer comme un curieux animal. Il est vrai que cela devait n’être la première fois qu’il se retrouvait confronté à ce genre de personne. Sarah songea un instant que quelque mois plutôt elle ne lui aurait même pas accordé un regard. Qu’en avait-elle à faire des hommes plus bas que son rang à l’époque. Comme ces futilités lui semblaient loin.


- Comment devient-on un Hunter ? demanda soudainement le médecin.Comment les connaissez-vous ? Vous en êtes une vous aussi n’est-ce pas ? Et votre amie Swan également ? J’imagine qu’il s’agit d’une caste aristocratique... Je vois mal de vulgaires paysans se battre contre ces créatures, il faut être armé pour les affronter, et l’argent ne court pas les rues dans les entrailles de Londres, d’ailleurs vous ne m’avez pas répondu, ces monstres à l’apparence bestiale, est-ce que vous savez ce que c’était ?

Tant de questions... Pourquoi voulait-il absolument savoir? L’Ondine secoua de nouveau la tête. Ne comprenait-il pas que moins il en savait plus il pouvait continuer de mener une existence normale, loin de tout ce que représentait le monde de l’obscurité. Sarah ramena doucement la couverture contre elle. Il était curieux, comme elle l’avait été à une certaine époque. Cela lui semblait bien loin à présent.


-Il n’y a pas de formation pour devenir hunter...murmura la jeune femme.Rien ne vous prépare à ce que vous allez affronter, à ce que vous allez perdre, à tous ces sacrifices, ni à tous ces morts qui parsèmeront votre route. Je suis devenu hunter par idéalisme... Je connaissais ses créatures et elle s’en on prit à quelqu’un qui m’était cher. J’ai voulu le venger, venger l’humanité, sauver tous ceux qui ne le pouvaient pas, qui ne le savaient pas. Ma route ma fait croiser des gens qui avaient la même vocation que moi. Et puis nous nous sommes dressé contre un ennemi commun, une créature si noire…

Sarah marqua un arrêt. Si elle avait su ce qui se serait passé par la suite, l’aurait-elle tué, cette nuit-là, dans le parc. N’était-ce pas pour cet idéaliste qu’elle avait retenu sa main, qu’elle n’avait pas tué le Comte, alors qu’il lui demandait. Et si elle l’avait fait. Cela aurait été contre toute ses croyances et ses valeurs à cette époque, mais aujourd’hui? Elle soupira, reprenant son récit en un murmure.


-Mais les hunters travaillent difficilement ensemble... ils sont pour la plupart solitaires…

Comme elle l’était désormais. Sarah marqua de nouveau un moment. Elle n’avait jamais aimé travailler seule. Bien sur elle effectuait des chasses nocturnes en solo, car il était beaucoup plus facile de coordonner le tout mais jamais elle n’avait été complètement seule. Il y avait eu son maitre, puis Abigail, à qui elle demandait conseil, soutenance et aide. Elles avaient même effectué quelques beaux combats ensembles. Puis il y avait eu Alex suivit de Raphaël, d’Eulalia et de Stan. Mais après... Après le théâtre, ils étaient partis ensemble et elle... Elle elle avait été laissée de côté. Sans nouvelle, sans aucun message. Si ce n’avait été de sa rencontre fortuite avec Katherine, jamais elle n’aurait apprit la fuite du jeune aristocrate de la sinistre tour. La magicienne sentit son cœur se serrer de jalousie. Comment ne pas se sentir à l’écart quand même une belle inconnue avait plus de nouvelle de votre amour que vous-même? Pourquoi Alexander n’avait-il pas cherché à la contacter? Pourquoi l’avait-il laissée sans nouvelle, dans son couvent, alors qu’elle-même avait parcouru Londres en entier pour le retrouver. Elle avait même réussit à faire pencher l’opinion publique du côté du rouquin. Mais tout cela était bien vient. Encore une fois, le poids de la solitude la happa de plein fouet, assombrissant son regard d’une aigreur.


-Je ne peux dire pour Mademoiselle Swan... Je ne la connaissais pas vraiment, nous étions seulement ensemble lorsque les vampires sont arrivés...

Mais le médecin avait raison, la jeune femme n’avait pas eu l’air surprise de la présence des vampires. Elle n’avait même pas semblé se demander ce qu’ils étaient comme créature. Elles les avaient combattus avec beaucoup d’agilité et de savoir-faire. Il était vraiment dommage que Liam n’ait pu la sortir du brasier. Quelque chose au fond de la chasseuse lui disait que l’aristocrate n’était probablement pas morte. Elle avait une volonté de fer et il était fort à parier qu’elle avait pu se tirer de l’enfer elle-même. Mais Sarah n’irait pas vérifier. Tant qu’elle resterait éloignée de tous, cela valait mieux...


-[color=yellowgreen]Je crois qu’il est plus facile pour un aristocrate de devenir hunter, car il a accès à plus de ressource, mais les créatures de la nuit ne font pas de distinction des classes sociales. Aussi je ne serai pas surprise de voir des paysans traquer ces créatures. Je crois simplement qu’ils utilisent d’autres armes...[color]

Comme Stan. Le visage du jeune voleur se dessina difficilement dans son esprit. Elle ne l’avait vue qu’une seule fois aussi était-elle incapable de se souvenir de son apparence. Mais Alex lui en avait parlé. C’était un voleur, un paysan et pourtant il s’était rangé dans leur rang. Chacun avait sa chance après tout.


-Ce que vous avez vu est des loups-garous. Autrefois ils étaient des hommes bien banals. Des hommes qui ont été mordus par un loup-garou avant d’en devenir à leur tour. Une fois qu’un loup-garou vous mort, vous êtes condamné à devenir l’un des leurs. La pleine lune suivante vous vous transformerez à votre tour. Ils ne se transforment en bête qu’à la pleine lune. Aussitôt que l’astre lunaire disparaît, ils reprennent leur forme humaine...

L’Ondine songea aux immenses créatures qu’ils avaient affrontées sur les quais. C’était la première fois de sa vie qu’elle avait vue autant de créatures regroupé à un endroit. Cela avait ébranlé ses croyances qui voyaient en les loups-garous des créatures solitaires, isolées. Mais il est vrai que leur bestialité devait les poussé à se regrouper avec leur semblable, comme des meutes.


-Une fois que leur transformation est complétée, ils perdent tout ce qu’il y a d’humain en eux pour se devenir des bêtes guidées par leur instinct animal. Ils prennent l’apparence d’hommes-loups. Ils sont plus forts, plus rapide, leurs crocs et leurs griffes peuvent fendre la chair et les os. Certains savent se contrôler, mais cela demande des années et des années et même encore là, un rien peut leur faire retrouver leur bestialité.

La magicienne soupira. L’impression d’être traqué lui revenait encore. Il y avait maintenant le Comte, ses adeptes, les vampires des sectes, les loups-garous et le yard au complet. Autant aller s’enfermer dans un trou et ne plus en sortir...


-La seule chose qui les affectes sont les objets en argent.

La jeune femme écouta encore un moment les questions du jeune médecin et répondit à certaines. Le jeune homme était un homme de savoir et curieux. Son côté pragmatique cherchait une logique à tout cela, mais il n’y en avait pas. Les créatures des contes pour enfants existaient et il fallait y faire face avec les seules armes qu’ils possédaient. Liam émit quelque réflexion à voix haute. La demoiselle se perdit bientôt de nouveau dans ses pensées. Une idée avait effleuré son esprit tandis qu’elle discutait avec le médecin. Il avait raison, des femmes hunters étaient facilement remarquables. C’était le cas de Sarah. Sous son apparence féminine, elle deviendrait une proie de choix aussitôt qu’elle quitterait l’endroit. Il fallait qu’elle change son apparence. Sous les traits d’un homme, elle serait plus difficilement repérable. Il lui faudrait reprendre les traits de Gabriel Fitzwilliam. En tant qu’aristocrate elle aurait alors accès à plus de ressources. Mais elle serait facilement remarquable des cercles mondains que fréquentait le Comte. Non, c’était la chose à faire. Elle eut soudainement un doute. Et si tout cela était vint? Que ferait-elle une fois de plus à errer dans la grande ville? Comment pouvait-elle contacter les autres hunter?

Au fil de ses réflexions, la belle cessa d’écouter la voix apaisante de Liam. Ses paupières lourdes se fermèrent d’elle-même. Toute cette discussion l’avait épuisée. Elle était encore bien faible des derniers événements.




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Van Collins
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Lun 18 Avr - 20:46


La jeune femme ne dissimula nullement son humeur à la seule idée d'être contrainte de rester ici plus longtemps qu'elle ne l'avait prévu fort heureusement la belle était assez raisonnable pour prendre conscience qu’elle avait besoin de récupérer avant de songer à sortir d’ici. D’ailleurs pour aller où ? Où désirait-elle aller ? Connaissait-elle un lieu où elle estimait qu'elle serait plus en sécurité ? Van savait, pour l'avoir vécu, ce que c'était que d'être traqué, il fallait bouger régulièrement au début pour semer ses poursuivants. Rester à la même place pouvait s'avérer fatale, mais était-ce bien-là ce qui motivait réellement la jeune femme ? A moins que ce ne soit la vétusté des lieux qui la répugnait ? Au vu de sa condition, elle ne devait pas avoir l'habitude de fréquenter ce genre d'endroit...
Il pouvait la sentir inquiète, nerveuse, émotionnellement très fragile mais au vu des derniers événements dont elle avait été la principale victime il n'y avait la rien de surprenant. Si ses angoisses persistaient et ne se dissipaient pas, il lui ferait prendre un calmant mais pour le moment ce n'était pas à l'ordre du jour, car sa réaction actuelle était on ne peut plus naturelle, elle ne devait même pas essayer de la combattre. Il la trouvait d'ailleurs exceptionnellement courageuse pour une petite bourgeoise. Elle était effrayée, certes, mais pas pour autant hystérique.
Gabrielle n'était pas le genre de personne à vivre en solitaire, elle avait probablement des amis ou une famille désireuse de la retrouver, ce qui lui enlèverait passablement une épine du pieds, s'il pouvait se décharger de ce fardeau il n'hésiterait pas un seul instant. Pour le moment elle était sous sa responsabilité et il veillerait sur elle tant qu'elle ne serait pas rétablit mais peut-être bien qu'un de ses proches souhaiterait s'occuper de cette charge à sa place, après tout, il voulait bien sauver des vies sans la moindre condition, c’était son travail, mais il ne désirait pas pour autant risquer la sienne pour de beaux yeux, aussi charmants soient-ils...ou alors moyennant rémunération, après tout, elle ne semblait pas être dans le besoin, et lui n’était pas généreusement altruiste. Contre toute attente et contrairement à ce qu’il avait d’abord cru déceler dans son regard, la jeune femme ne lui répondit pas, préférant garder le silence. Soit elle était véritablement seule et n’avait personne à contacter ce dont il doutait fortement, soit elle ne lui faisait pas suffisamment confiance pour lui donner le nom de l'un de ses proches. Il n’allait pas s’en formaliser, après tout, ce n’était pas lui qui pourrait lui reprocher de ne pas lui faire confiance, c’était au contraire une preuve de discernement.

- Pour le moment vous êtes en sécurité ici, la rassura-t-il, mais si vous vous pensez traqué alors rester trop longtemps au même endroit pourrait effectivement s'avérer dangereux. Pensez-vous être traqué ? Lui demanda-t-il sans la quitter du regard. Si vous me répondez que oui, je nous trouverais un autre refuge que l'on gagnera aux prochaines lueurs de l'aube, en attendant vous avez besoin de reprendre des forces et moi... j'ai envie d'en savoir plus.

Après tout, la jeune fugitive lui devait bien ça. Il ne lui demandait pas grand chose si ce n'était un peu d'honnêteté et le moyen d'y voir un peu plus clair dans cette histoire dont au final, il ne savait que très peu de choses.

- Tout à l'heure vous m'avez dit que ce vampire en avait après votre... amie. Qu'avait-elle de si spéciale pour susciter l'intérêt d'un vampire vieux de plusieurs siècles ? Et... pourquoi pensent-ils que vous savez où elle se trouve ? Est-ce la cas ? Est-elle toujours vivante ?

Si effectivement, la jeune femme en savait bien plus long sur cette histoire qu'elle ne voulait l'admettre leurs ennuis étaient loin d'être fini. Il connaissait l'existence des vampires depuis peu mais ce qu'il en avait retiré en discutant avec Jun c'est qu'il s'agissait de créatures patientes, très patientes, après tout, elles avaient l'éternité devant elles, et surtout elles n'abandonnaient jamais et allaient jusqu'au bout de ce qu'elles entreprenaient...
S'ils désiraient vraiment mettre la main sur cette jeune femme alors ils n'abandonneraient pas mais c'était le genre d'observation qu'il préféra garder pour lui afin de ne pas l'effrayer plus qu'elle ne l'était déjà. Elle devait absolument se reposer et songer à se déplacer maintenant ne ferait que lui porter préjudice.

La discussion dévia ensuite sur l'existence des Hunters dont il venait tout juste de prendre connaissance, mais à bien y réfléchir c'était tout à fait dans l'ordre des choses. Aucun prédateurs aussi terrifiant et puissant soit-il ne vivait sans ennemis à combattre. Qui était ces hommes et ces femmes de l'ombre qui se dressaient contre les créatures de la nuit ? Il avait tellement envie d'en savoir plus sur ce monde dont il ne soupçonnait même pas l'existence il y a quelques jours encore. Au départ, la jeune femme ne semblait pas désireuse d’entamer la conversation avec lui, c'était du moins la sensation qu'il éprouvait pourtant elle n’ignora pas ses questions. Attentif, il écouta tout ce qu'elle lui révélait et fronça les sourcils d'incompréhension en découvrant qu’il n’y avait pas de formation précise pour devenir Hunter. Comment cela se pouvait-il ? Il ne pouvait le concevoir, il fallait bien savoir comment combattre ces créatures, avoir l’armement approprié. Une victoire face à ces démons dotés de pouvoir et d'une force qui les dépassait ne se vainquaient pas au petit bonheur la chance. Il n'était ici plus question d’affronter un adversaire redoutable mais bien des créatures avec des forces inimaginables. En tant qu’alchimiste d'Etat, il avait lui-même suivi un entrainement militaire qu’il estimait nécessaire alors dans cette situation autant dire que c’était vitale. C’était d'ailleurs peut-être ce qui leur manquait. Il l’écouta silencieusement parler, toujours plus intrigué par son récit.

Plus il l'écoutait et plus il avait la certitude que Gabrielle était portée par un naïf idéalisme mais il fallait bien plus que de valeureuses idées et un idéal pétris de bonnes attentions pour venir à bout de ces créatures. Elle avait voulu se venger disait-elle ? Il n’y avait pas de sentiments plus humains que celui-ci. Son regard se fit plus perçant lorsqu’elle évoqua son affrontement avec une créature plus noire encore que ce qu'il lui avait été donné de croiser… S’agissait-il de ce vampire que le blond avait évoqué à demi-mot sur les quais ? Probablement

- Vous manquez de cohésion, mais les vampires c’est pareil. Analysa-t-il

Mais comment un goupe d'hommes venus d'horizons différents avec des mentalités, des éducation, une moralités différentes, pouvaient-ils s'unirent et faire front commun comme un seul homme devant une telle menace ? Il leur manquait à n'en pas douter la rigueur disciplinaire de l'armée. Mais les vampires n'étaient pas leurs seuls ennemis puisqu'après l'existence les vampires il venait de découvrir que les loups-garous n'étaient pas des... légendes ! Il avait encore du mal à l'accepter, c'était plus qu'il ne pouvait tolérer, pourtant il ne pouvait nier leur existence puisqu'il les avait vu de ses propres yeux. Passant sa main dans ses cheveux tout en baissant la tête pour essayer de garder la tête froide face à ces révélations, il ne put s'empêcher de tressaillir en réalisant ce qu’elle venait de lui apprendre.
Son regard inquiet glissa sur la jeune femme en réalisant qu'il aurait pu devenir lui aussi un de ces monstres ! Dieu du ciel il n’avait pas été mordu pendant cette attaque mais, cela aurait très bien pu se produire et si cela avait été le cas, lui aussi serait devenu un de ces monstres repoussant ?! Voilà bien quelque chose qu'il aurait apprécié de savoir avant ! L’idée de se transformer, de devenir comme eux… non cela ne se pouvait… et pourtant il les avait bien vu…


- Vous voulez dire que le reste du temps ces créatures que l’on a combattu sont des êtres humains  comme vous et moi ? Et... est-ce que l'on peut en guérir ? Existe-t-il un antidote ?

C’était à peine croyable, comment est-ce que cela se pouvait ? Il ne savait pas ce qu’il craignait le plus les vampires ou les loup-garous… finalement si, il savait. Le souvenir de Jun lui rappelait qu’un vampire n’était pas dépourvu d’humanité alors que ces choses… une fois transformée, elles n’avaient plus rien d’humain. Il releva la tête intrigué en découvrant que les loup-garou étaient sensibles aux même métal que les vampires : l’argent


- L'argent ? S'étonna-t-il. Comme les vampires ?! C’est étrange vous ne trouvez pas ? Ces créatures sortis tous droit des enfers et qui s’affrontent sont sensibles à la même chose… Doit-on en déduire qu'elles ont des origines communes ?

Cette constatation lui avait donné envie d'en savoir plus sur ces créatures de la nuit mais de toute évidence les humains étaient dépassés concernant ce sujet, même les plus aguerris d'entre eux. La seule personne qui pouvait lui apporter des réponses aux questions qu'il se posait était Jun. Jun devait savoir mais parler de sa rencontre avec le vampire à une femme qui les chassait et qui venait d'être à nouveau durement éprouver par ces créatures n'était pas un choix judicieux. Risquer la vie de Jun pour des inconnus qui manquaient de cohésion n'étaient pas un choix judicieux. Il était une créature puissante et l'avoir comme allié était un atout non négligeable mais il n'était pas certain que ceux qui les chassaient étaient prêt à entendre ça et à faire une exception... Cela étant lui-même ignorait comment contacter Jun alors ce n'était pas lui qui risquait de lui faire courir le moindre risque. Il s'apprêtait à ouvrir la bouche lorsqu'il réalisa que la jeune femme s'était assoupie de fatigue. S'approchant doucement pour ne pas l'effrayer au cas où elle se réveillerait brusquement. Avec délicatesse il l'installa confortablement et la recouvrit d'un drap

Le crépuscule tombait lorsqu'il referma la porte derrière lui. Gabrielle était toujours là, endormie, la respiration calme, elle semblait plus sereine et beaucoup moins tourmentée par ses cauchemars. Retirant son manteau qu'il posa sur sa chaise, il se dirigea vers l'âtre de la cheminée pour y déposer une buche, puis rejoignant la table il commença à préparer de nouveaux onguents.
C'est en l'entendant bouger, que Van compris que sa patiente était réveillée et qu'il daigna enfin lever les yeux de son ouvrage. Attrapant un livre au passage qu'il avait négligemment posé sur le coin de la table, il la rejoignit et prit place sur le rebord du lit.

- Je vous ai apporté de quoi vous occuper un peu, mais peut-etre l'avez-vous déjà lu, fit-il en lui tendant le recueil de poésie, entre nous je ne l'espère pas parce que je suis resté au moins une heure dans la librairie à me demander ce qui pourrait vous plaire, sourit-il. Comment vous sentez-vous ? Vous avez eut un sommeil beaucoup plus calme, vous allez vite récupérer. Je vais changer vos bandages si vous le permettez.



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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Lun 16 Mai - 3:38

Bercée par le crépitement des flammes, l’Éthée s’était endormie. Les potions du médecin l’avaient plongé dans un sommeil sans rêves. Il était réparateur pour elle de s’éloigner quelque peu des songes qui ne faisaient que la torturer un peu plus. La tête posée contre son épaule, elle avait fermé ses grands yeux bleus remplis de douleur et de fatigue.

Avant de s’endormir, elle avait discuté un peu plus avec le jeune homme. Décidément sa curiosité était sans limites. La jeune aristocrate commençait à trouver cela agaçant. Chaque réponse amenait une nouvelle question. Elle voyait en le jeune le reflet de son propre caractère et comprenait un peu mieux l’énervement qu’elle pouvait causer à ses semblables. Liam semblait s’intéresser grandement au monde des hunters et Gabrielle ne voyait plus comment elle pouvait le dissuader d’en apprendre plus sur le monde des ténèbres. Il ne semblait pas comprendre que lorsqu’on regardait l’Abîme, celle-ci vous regardait également. Le monde des vampires s’agitait. Les guerres intestines les avaient ébranlés et rendus paranoïaques. La chasseuse était encore choquée par les derniers événements. Était-ce des membres de la Camarilla qui l’avait attaqué dans le fiacre? Pourquoi le Sabbat avait voulu l’offrir en sacrifice aux loups-garous? Au fond d’elle-même, elle le savait. Toutes ces intrigues tournaient autour d’une seule et même personne : Le Comte. À cette pensée, la jeune femme n’avait pu retenir un frisson désagréable. Tout le monde cherchait à l’utiliser elle pour l’atteindre lui. Pourquoi ne comprenaient-ils pas qu’elle n’était qu’un simple pion, un caprice dans l’existence du vieux vampire? Les autres créatures semblaient pensées qu’elle fût d’une quel conte importance dans la vie du Prince, mais ils se trompaient. Le Comte n’attendait que l’occasion de la tuer lui-même. Elle ne pouvait faire confiance à personne...

Le médecin se mit à reparler de son ‘’amie’’. L’Ondine demeura imperturbable. Encore une fois, le jeune homme lui posait une question à laquelle elle n’avait aucune réponse. Pourquoi le Comte la voulait-il? Pourquoi elle et pas une autre? Il pouvait facilement avoir les plus belles femmes de la ville, ses disciples étaient prêts à exaucer ses moindres désirs. Pourquoi voulait-il s’acharner contre elle? Était-ce, car elle n’avait pu le tuer lors de leur première rencontre? Était-ce, car elle lui avait survécu à plus d’une reprise? Mais plus la jeune femme tentait de se concentrer sur ses souvenirs avec le vampire, plus le nuage qui obscurcissait ses pensées s’intensifiait. Comme si certains de ses souvenirs avaient tout simplement disparu. Pourtant, sa haine envers cet homme demeurait la même. Avec un léger soupir, elle haussa de nouveau les épaules.


-Cela fait plusieurs mois que nous ne nous sommes pas vues. L’attentat aux théâtres nous a séparés. Je doute qu’elle soit en vie, personne ne survit à une chute dans la rivière Thames.

Elle-même n’arrivait pas à se souvenir comment elle avait pu survivre aux remous agités de l’impétueux courant d’eau. Elle se souvenait des vagues, de la noirceur, puis de s’être réveillée dans cette chapelle remplie de murmure. Il y avait aussi cette Jane qui l’avait aidé à regagner la ville, mais la manière dont elle s’était extirpée de l’eau et surtout comment elle avait survécu à sa chute était un mystère. Le sujet dévia ensuite sur les loups-garous et aussitôt l’esprit analytique de médecin reprit le dessus. Il voulait trouver le moyen de sauver ces êtres.


-C’est une malédiction,répondit doucement la jeune femme.Il n’existe aucun moyen d’arrêter leur mutation. C’est comme chercher à redonner la vie aux vampires. C’est tout simplement impossible.[/i]

Son cœur se serra lorsqu’elle se mit à penser à Abigail. Sa jeune amie qui avait été mordue devait être loin à présent si elle n’était pas morte. Beaucoup de loups-garous ne survivaient pas à leur première transformation, se blessant eux-mêmes bien souvent. S’il avait existé le moindre moyen de briser cette malédiction, la Chasseuse l’aurait su bien avant. Elle n’éprouvait aucun plaisir à tuer un loup-garou. Surtout qu’au moment de sa mort, il reprenait sa forme humaine. C’était comme commettre un meurtre d’innocent à chaque fois. Le médecin se perdit alors dans ses pensées, se parlant à voix haute. Au fond de lui, le jeune homme avait une soif de connaissance, mais surtout le besoin d’aider ses semblables. C’est en l’écoutant raisonner que Sarah finit par s’endormir. La fatigue l’avait gagné imperceptiblement et ses yeux gorgés de lourdeur avaient fini par se refermer d’eux-mêmes. Ses songes étaient sans rêves. Simplement plongés dans une pénombre lourde comme l’encre. Lorsqu’elle ouvrit de nouveau les yeux, elle fixa le plafond un bon moment. Avait-elle rêvé? Se redressant sur un coude, elle observa la pièce quelques instants, une main posée sur son cœur. Non, tout cela était bien réel. L’endroit n’avait pas changé. Sarah frissonna en se souvenant que c’était bien la première fois depuis longtemps qu’elle se réveillait au même endroit deux fois de suite. La présence de Liam se dessina devant ses yeux. Le jeune homme était accroupi devant le feu, occupé à ranimer les flammes. La Chasseuse remarqua pou la première que le jeune médecin était un bel homme. Son visage aux traits réguliers et ses yeux verts pétillants observaient les gestes qu’il posait, sans doute pour éviter de se brûler. Ce qui étonnait la jeune femme était le grand sérieux qui habitait le médecin. Comme s’il était en constante réflexion. Mais Sarah comprenait cette attitude. C’était celle des gens qui en avaient trop vu pour leur jeune âge. Elle devait avoir le même regard à présent. Le médecin sembla remarquer qu’elle était réveillée, car il se tourna soudainement vers elle, ses traits s’illuminant d’un sourire. Il la rejoignit sur le bord du lit un livre à la main.


Sarah esquissa un sourire en prenant l’ouvrage entre ses mains. Le petit livre pesait bien peu lourd dans sa main couverte de bandage. Elle caressa la couverture un instant. Elle était flattée d’autant d’attention.


-Byron... C’est un bon auteur commenta-t-elle...

Elle le laissa changer ses bandages. Ses blessures répondaient bien aux onguents du jeune homme. Lorsqu’il s’occupa de son épaule, la magicienne grimaça un peu. La morsure du vampire était bien vilaine, mais elle ne fit aucun commentaire. Dehors la pluie commença à tomber. On entendait les gouttes heurter les carreaux de la fenêtre. Lorsque le médecin eu terminée, la magicienne rajusta la couverture sur ses épaules. Pour la première fois depuis un bon moment elle se sentait bien. Mais elle savait qu’il ne fallait pas qu’elle se laisse aller à cette oisiveté chérie. Il fallait qu’elle quitte cette confortable cachette. Elle observa les flammes du feu en silence. Demeurer au même endroit trop longtemps la rendait facilement détectable, d’autant plus que cette petite cachette ne lui était d’aucun secours contre les créatures de la nuit. Il n’y avait n’y armes, n’y piège. Ceux qui l’avaient trouvé chez Swan devaient encore la chercher.


-Écoutez-moi monsieur, elle posa sa main sur l’avant-bras du médecin. Je dois quitter cet endroit. Ils ne tarderont pas à me retrouver...

Elle comprenait les réticences de Liam, comme un bon médecin il voulait veiller à son bien-être, mais elle devait lui faire entendre raison. En tant que fugitif, il devait comprendre qu’elle ne pouvait risquer de se faire prendre. Il avait vu à quel genre de carnage elle s’exposait.


-Il me faudrait des vêtements. Des pantalons et une chemise, des vêtements d’hommes de préférence.Lui demanda-t-elle.

Sa demande devait sembler incongrue, mais elle avait assez confiance en son sauveur pour savoir faire la part des choses. En homme elle avait plus de chance de passer inaperçue.


-Il me faudrait quitter à l’aube...


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Van Collins
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Sam 23 Juil - 18:29

Van avait éprouvé le besoin de sortir et de respirer un peu l'air marin du port. Sans but réel ses pas l'avaient fait marcher le long des quais jusqu'au dock où se trouvait le hangar auquel il avait mis le feu, il y avait 48h à présent. Du bâtiment, ne restait plus qu'un tas de ruine et de cendre. Il ne restait désormais plus rien du théâtre sanguinolent de l'autre soir. Plus de cadavres de bêtes, d'hommes ou de cheval, plus de carriole, plus rien... pourtant, dans son esprit tout était encré dans les moindres détails... De là où il se tenait, sur le quai qui faisait face à celui qui avait été le théâtre d’une lutte sanglante, il ignorait si les tâches de sang maculaient encore le sol mais il ne comptait pas s'approcher pour en avoir le coeur net, préférant ne pas s'attarder sur un lieu où des crimes avaient été commis si ce n'était pas nécessaire.
La police de Scotland Yard et ses renifleurs avaient du y perdre leur latin, mais il n’en n’allait peut-etre pas de même pour ceux qui étaient comme lui. Il était prêt à parier que des alchimistes d'Etat étaient venus pour enquêter, s'ils étaient futés, ils avaient du comprendre que le feu avait été invoqué par un alchimiste, mais de là à ce qu’ils soient sur sa piste, lui où ces créatures, il ne s’inquiétait pas vraiment. Alors que la brise s’engouffrait dans sa cape et ses cheveux, Van continua de fixer l’horizon, perdu dans ses pensées et imperturbable jusqu’à ce qu’une voix âgé mais forte, ne se mette à trembler toner derrière lui


- Le diable, fit une voix derrière lui, le diable est de retour, il a ouvert les portes de l'enfer et à lâché ses sbires sur nous

Van fit volte-face et se retrouva face à un vieux pêcheur qui fixait tout comme lui ce qui restait du hangar

- Le diable ? Vous savez ce qui s'est passé ? Demanda-t-il innocemment

- Mieux que ça, lui répondit le vieil homme que le poids des années n'avait guère épargné, je l'ai vu. J'étais là, lui expliqua-t-il en pointant du doigt une vieille barque bercé doucement par le clapotis des vagues, sous la bâche. Invisible aux yeux de tous, je les ai vu, j'ai tout vu !

- Qu'avez-vous vu ? Demanda Van dont la main s'était instinctivement refermée sur le manche de son couteau

- Les démons... le diable a lâché ses démons sur nous, l'apocalypse selon St Jean se prépare et ils vont tous nous tuer ! Personne n'en réchappera... Prédit-il en le pointant du doigt. Ces démons sont des créatures malfaisantes qui sucent votre âme et vous dévore les entrailles, ils sont sans pitié. Le jour est proche où les rues de Londres seront teintés de notre sang

Les yeux de Van se plissèrent avec méfiance. De là où l’homme s’était dissimulé cet homme, il avait un point de vu assez large sur toute la scène, de plus avec le hangar en feu, on y voyait probablement comme en plein jour, il avait forcément du apercevoir leurs silhouettes à lui et Gabrielle, embarquant à bord d’une barque pour tenter de s’enfuir. Il les avait forcément vu, même s’il n’avait pas pu voir leurs visages… devait le laisser en vie ou le tuer pour être certain qu’il ne puisse indiquer leur piste aux poursuivants de la jeune femme ?


….



Le bruit provoqué par le froissement des draps lui indiqua que la belle endormie venait de bouger. Il lui suffit de jeter un regard par-dessus de son épaule pour comprendre qu’elle était réveillée. Abandonnant le tendre foyer qu’il entretenait et qui luttait contre le froid des murs de pierres pour essayer de répondre sa douce chaleur dans toute la pièce, Van se leva pour la rejoindre sans oublier de s’emparer au passage de l’ouvrage qu’il lui avait rapporté pour lui permettre de s’occuper un peu et de se changer les idées. Le sourire qui se peignit sur son visage au moment où elle comprit que ce livre était pour elle le fit sourire à son tour. C’était la première fois qu’il la voyait sourire et il fallait admettre que ça lui allait vraiment bien. Elle avait murmuré le nom de l’auteur avec douceur tout en effleurant avec soin, comme un bien précieux la couverture de cet ouvrage dont il venait de lui faire cadeau.

Je suis content qu’il vous plaise, je n’en n’étais pas certain au vu de sa vie sulfureuse. Je ne sais pas si vous l’avez déjà lu, fit-il en tournant légèrement la couverture du livre sur lequel était inscrit en couleur or le titre Childe Harold. Ces poèmes inspirés de ses voyages au Moyen-Orient… Je n’apprécie pas particulièrement l’homme mais ses idées. C’était un révolté, un défenseur de la liberté, un homme engagé contre toutes formes d’oppression et toutes ses idées se ressentent dans ses écris. Son héros, fit-il en prenant l’ouvrage dans les mains pour le regarder, ne montrent absolument aucun respect pour toutes les figures représentant l’autorité, il est également cynique et arrogant… c’est ce qui me plait chez cet auteur, j’espère qu’il en ira de même pour vous, fit-il en lui rendant son ouvrage. En attendant je vais m’occuper de vos bandages, venez.

Patiemment, il retira le bandage de sa main, la nettoya avec de l’eau chaude en prenant bien soin d’effleurer sa blessure, puis il la tamponna pour l’essuyer dans un tissu propre avant de badigeonner à nouveau sa main avec de l’onguent et de recouvrir le tout avec un nouveau bandage. Il opéra de la même manière avec chacune de ses blessures qui guérissaient toutes à vue d’œil tout en lui parlant de sujet divers et variés, comme débattre de certains auteurs qu’ils affectionnaient l’un l’autre ce qui débouchait indéniablement à des oppositions d’idées ou de perceptions. Non seulement ça permettait de lui occuper l’esprit et de la détendre mais d’en apprendre un peu plus sur elle. Seul la morsure du vampire qui marquait son épaule la fit tressaillir, sans pour autant qu’elle ne s’en plaigne. Déployant des trésors d’attention pour rendre les soins plus tolérable, Van garda le silence et s’appliqua à la tâche. Seul le martèlement de la pluie contre les carreaux de la fenêtre berça de sa cacophonie la petite pièce. Lorsqu’il eut terminé de s’occuper de cette blessure plus délicate que les autres, la jeune femme rajusta pudiquement sa couverture sur ses épaules avant de prendre la parole


- Liam, la coupa-t-il alors qu’elle posait sa main si délicate sur son avant-bras avec douceur et prévenance. Je vous l’ai déjà dit, je m’appelle Liam et franchement je n’ai pas cette prétention de désirer être appelé Monsieur. Je préfère Liam, seulement Liam

Si Liam avait des réticences toutes légitimes à la voir gambader dans la nature hors de ces murs tant que ces blessures (qui étaient en bonnes voies de rétablissements) ne seraient pas totalement guéries, il ne pouvait s’empêcher cette fois de partager son avis en hochant la tête avant de plonger son regard dans le sien et de poser sa main sur le drap à proximité de sa jambe.

- Pendant que vous vous reposiez je suis allez faire un tour prêt des docks. Un vieux marin est venu me parler. Il m'a raconté qu'il était présent, cette fameuse nuit, et il a tout vu. Il était caché dans une des barques qui se trouvait à quai. Il pense que l’heure de l’apocalypse est proche. Evidemment si je n’avais pas assisté à toute cette scène j’aurais surement pris ses élucubrations pour celles d’un ivrogne ou d’un fou, c’est pourquoi je ne m’inquiète pas de ce qu’il pourrait raconter à quelqu’un d’extérieur à tout cela. N’importe qui de censé ne pourrait prêter foi à ses divagations, mais quelqu’un qui vous cherche c’est une autre histoire. Avec le feu qui ravageait tout et éclairait les docks comme en plein jour, il a forcément du nous voir embarquer dans cette barque et s’il a raconté ça à vos poursuivants, ils sont déjà sur notre piste.


Il laissa un instant à la jeune femme pour assimiler toutes ces informations avant de reprendre

- J’ai hésité à le réduire définitivement au silence, je ne sais pas si j’aurais de quoi le regretter mais je n’ai pas pu m’y résoudre, de toute manière je doute être la première personne à qui il a parlé de ça alors si je devais éliminer tous ceux qui ont vu ou entendu quelque chose.. Ce n’est pas une solution. Ce qui m’a décidé également à le laisser en vie c’est surtout qu’à aucun moment il ne nous évoqué. Son esprit était bien trop obnubilé par tous ces démons qu’il avait aperçu et pour ne pas attiser sa curiosité je ne lui ai posé aucune question en ce sens, mais je pense plus prudent en effet de ne pas nous attarder et de s’en aller d’ici.

Retirant les couvertures qui recouvraient la jeune femme il se leva et lui tendit sa main pour l’enjoindre à l’imiter. Gabrielle avait été blessé à la cuisse et bien que sa blessure cicatrisait parfaitement, qu’il avait massé ses cuisses et sa jambe pour entretenir ses muscles, il avait besoin de s’assurer par lui-même qu’elle était capable de tenir debout.

- Je vais vous trouver des vêtements d’homme mais aussi une lame en argent pour vous défendre et un chapeau pour dissimuler votre chevelure mais avant cela, j’ai besoin de m’assurer que vous pourrez vous débrouiller et marcher sans risquer de vous faire davantage de mal

Gabrielle se tenait désormais debout face à lui, juste vêtu d’une chemise grossière qui n’altérait en rien sa beauté. Elle ressemblait à une nymphe qui avait malencontreusement échoué dans un milieu qui n’était pas le sien et qui lui était hostile. Lui lachant la main avec douceur, il se recula d’un pas sans la quitter de son regard inquisiteur jugeant son équilibre et sa force




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Sarah Spencer
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MessageSujet: Re: A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42] Jeu 11 Aoû - 16:01

La jeune femme ramena ses genoux contre sa poitrine pour se refermer contre elle et oublier le monde si possible. Lentement, elle replaçait les morceaux de sa mémoire comme les éclats d’un miroir brisé. Chaque fragment lui rappelait quelque chose, un nom, une odeur, un moment, hélas fugace et déjà si loin. Le feu dans la cheminée, l’odeur de brûlé du quai, celle de la soupe chez Swan, du thé dans ce mystérieux salon où la jolie rousse l’avait amenée, l’odeur humide de la chapelle puis celle des berges de la rivière. Chaque éclat était parsemé de sentiments contradictoires: la joie, l’espoir mais aussi la peur et le désespoir. Mais elle s’était résolue à avancer, à aller plus loin. Elle ne pouvait laisser le doute qui lui rongeait les entrailles continuer de la dévorer ainsi. Elle avait toujours été une femme d’action, une tête brûlée maintenant qu’elle y songeait. N’avait elle pas assez souffert de se jeter ainsi dans l’action sans même prendre le temps de réfléchir? Elle avait passé sa main contre son front, souriant de sentir la texture de sa peau qui avait retrouvé de sa douceur. Un épais bandage couvrait le haut de son front mais elle s’en sortirait. Cette journée était teintée d’un nouvel espoir, fragile fleur au cœur d’un hiver tenace, mais elle survivrait.

Ainsi repliée sur elle-même, la magicienne observait le médecin qui s’occupait à rallumer le feu. Observer ainsi un autre lui donnait une sensation étrange. Elle n’avait jamais vécu aussi intimement avec quelqu’un, être dans la même pièce qu’un homme sans surveillance aurait bien fait un scandale. Cela l’intimidait mais aussi la soulageait: observer le jeune médecin lui rappelait qu’elle était vivante, que quelque chose pouvait se comporter normalement. Les gestes anodins qu’il effectuait en attisant les braises lui rappelaient la simplicité de la vie et ce de quoi elle s’éloignait en plongeant dans les ténèbres. Elle regardait ce dos, si droit, si fier, accroupi devant le feu, les pieds bien encrés au sol que même un tremblement de terre n’aurait pu faire déplacer. C’était un drôle de personnage qui se tenait là. Médecin et pourtant aventureux, n’hésitant pas à faire face au danger lorsqu’il le fallait. Admirable, certes, un peu casse-cou et tellement mystérieux. Il ne lui disait pas tout, de cela elle était certaine. Elle l’enviait, lui et sa vie simple. Il était un homme, jeune, affranchi de tout. Simplement pour cela, il avait accès à des privilèges et à une vie auxquels elle n’aurait jamais accès et ce malgré son rang d’aristocrate. Voilà pourquoi elle devait reprendre l’apparence de Gabriel Fitzwilliam. Elle pourrait ainsi se glisser tel une ombre, traverser les salles sans attirer l’attention, aller dans n’importe quel endroit. Sous l’apparence d’un homme, elle aurait beaucoup plus de moyens. Elle se sentait comme le chevalier Eon. Pas complètement homme, pas complètement femme, un hermaphrodite oscillant entre les deux. Liam dut sentir sa présence car il se redressa pour venir à elle, un présent entre les mains. La Chasseuse était flattée d’une si douce attention. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas vu une marque de délicatesse spontanée. Dans la mascarade de la société aristocrate, on offrait simplement pour avancer un quelconque pion. Des fleurs? Pour mieux entrer dans les bonnes grâces. Elle eut un frisson en se souvenant du bouquet offert par le Comte. Il pouvait bien s’en servir comme couronne mortuaire. Ses bandages changés, la magicienne avait fait part de ses craintes et de son désir de quitter le jeune homme. Elle s’était attendue à une forte opposition de sa part mais pourtant il sembla se ranger de son avis. Il lui raconta alors son étrange rencontre ce qui fit frissonner la jeune femme. Un fou? Cela contraria la magicienne. Le vieil homme n’attirerait pas l’attention du Scotland Yard avec ses paroles alarmistes et dénudées de sens. Mais les vampires, ces êtres dont les siècles avaient rendu attentif aux murmures de la terre verraient là des informations de la plus haute importance. Ils écouteraient attentivement le vieil homme et suivraient sa piste. Elle devait absolument partir.

Liam lui demanda alors de se lever, pour juger de sa force. La jeune femme se mit difficilement sur ses pieds. Ses jambes étaient faibles et tremblèrent un peu mais cela n’était rien face à la détermination de la Chasseuse. Elle fit quelques pas sous l’œil attentif du médecin qui analysait chacun d'entre-eux. Elle marcha un peu dans la pièce, retenant une grimace. La douleur de sa cuisse était tenace mais surmontable.


- Une canne ferait l’affaire, dit-elle au médecin.

Simple mais efficace, cet accessoire pour jeune dandy l’aiderait à marcher mais aussi à passer inaperçue. Cela sembla satisfaire le médecin qui se rangea de son avis. Quelques instants plus tard, il s’absenta de nouveau pour aller trouver ce qu’il faudrait pour camoufler l’apparence féminine de la jeune demoiselle. De nouveau seule, Sarah se remit à ses pensées. Le médecin était un homme bon mais tenace. Il tenterait sans aucun doute de la suivre. Après tout ce qu’il avait fait pour elle, elle ne voulait pas qu’il se mette en danger pour elle. Une fois à l’extérieur elle serait à la merci de toutes les créatures qui la poursuivait et qui n’hésiterait pas à tuer tout ceux qui l’entouraient. D’un pas incertain, la jeune femme retourna vers la table où trônait divers médicaments. D’une main malhabile, elle fouilla parmi les pots avant de trouver ce qu’elle cherchait. Des graines de coquelicot. Un somnifère puissant mais doux, sans conséquence. Elle mélangea les graines avec les quelques feuilles de thé qu’avait rapporté le médecin. Lorsque celui-ci revient, la nuit était déjà bien avancée et le thé terminait de refroidir sur la table. La jeune aristocrate offrit un sourire sincère à Liam tandis qu’il déballait ses trouvailles. Il avait mis la main sur des vêtements, une canne mais aussi une lame en argent, chose qui lui serait bien utile.

Sarah observa d’un œil critique les vêtements que lui tendait Liam. L’amas de tissus informe contrastait énormément avec les vêtements chics et soignés qu’elle avait portés au courant des dernières semaines. En tant que Gabriel Fitzwilliam, elle avait revêtu l’apparence d’un de ces jeunes dandys. Elle avait appris leurs habitudes, leurs manières parfois ô combien grossières, leurs gestes du quotidien…Tout n’avait été qu’apprentissage. Mais elle n’avait pas vraiment le choix. Ses mains délicates attrapèrent les vêtements pour les observer de plus près. La veste était informe, la chemise blanche était faite d’un tissus grossier et bon marché et que dire du manteau: il était au moins deux fois trop grand pour elle. Les couleurs étaient ternes, les coutures grossières. Mais elle ne dit rien. Elle ne pouvait pas se permettre de critiquer un geste aussi généreux. À cheval offert, on ne regarde pas le licou comme le disait l’adage. Le regard de son sauveur détourné, elle se dévêtit avec une lenteur maladroite. Ses membres la faisaient encore souffrir. Chaque mouvement faisait résonner la douleur comme un écho lointain. La chemise de nuit que lui avait donné le médecin glissa le long de son corps gracieux avant de choir au sol. La jeune femme observait du coin de l’œil le jeune homme. Par un regain d'impudeur. Elle avait suspendu son geste, guettant le savant de peur qu’il ne se retourne. C’était la première fois qu’elle devait se dévêtir devant un homme. Le rouge lui monta aux joues lorsqu’elle se souvient qu’il l’avait sans doute vue nue au moment de la soigner. Ne lui avait-il pas également apporté la chemise de nuit? Mais l’homme ne broncha pas, ou du moins elle ne le vit pas. Elle enfila rapidement la chemise blanche dont la grandeur couvrait le haut de ses cuisses. Ses mains tremblèrent lorsqu’elle en boutonna les pans. Ses doigts étaient encore bien malhabiles à effectuer de petites tâches. Le pantalon était un peu plus à sa taille lui permettant de le porter sans ceinture. Elle enfila ensuite le manteau dont elle rabattit les pans. L’avantage de porter un manteau démesurément trop grand est qu’il cachait à merveilles ses courbes féminines. Elle attacha ses cheveux avec un ruban noir. Les bottes noires et un chapeau au rebord épais vinrent compléter son déguisement.

Une fois vêtue, la jeune femme se racla la gorge pour attirer l’attention du médecin. Celui-ci se retourna et sembla satisfait de sa nouvelle apparence. Sarah prit la lame et la dissimula avant de prendre la canne. Elle discuta quelques instant avec le médecin avant de lui prendre la main.


- Je vous remercie infiniment pour tout ce que vous avez fait monsi… Liam.

Elle garda le silence quelques instants, indécise, avant de se diriger vers la table. Elle y tira la tasse qu’elle tendit au jeune homme, avançant de sorte qu’il soit obligé de prendre place sur le lit.

- Je vous ai fait du thé! C’est bien la moindre des choses que je puisse faire pour vous. Est-il trop fort pour vous?

Sarah demeura immobile, un sourire aux lèvres, attendant que le jeune homme prenne la tasse et porte le breuvage tiède aux siennes. Elle prit place sur la chaise face au lit et discuta avec lui attendant que la mixture face son effet. Elle était nerveuse, regardant régulièrement ses mains et la fenêtre par laquelle elle voyait la nuit se dérouler. Au bout d'un long moment, il lui sembla que le docteur fut gagner par le sommeil. Était-ce le thé, le sommeil? Peut-être feignait-il? Il lui sembla toutefois voir les paupières du médecin se fermer. La Chasseuse attrapa la petite tasse avant qu’elle ne tombe au sol. La jeune femme se sentit mal d’avoir ainsi berné le jeune médecin. Mais elle n’avait pas le choix, il ne l’aurait pas laissée partir aussi facilement. La jeune femme tira la couverture sur Liam pour éviter qu’il n’attrape froid. Après l’avoir si bien soigné elle ne voulait pas qu’il tombe malade à son tour. Dehors, les premiers rayons de l’aube peignaient en orange les toits des maisons. Sarah observa un instant le visage endormi du médecin. Aucune ride soucieuse ne barrait son front. Il semblait enfin paisible, reposé. Du bout des doigts elle repoussa les mèches qui tombaient devant les yeux clos de l'endormi. Puis, elle déposa un baiser de gratitude sur son front avec la tendresse d'une mère avant de se relever. Après un dernier regard, la jeune femme sortit.

[HRP/ Fin du rp avec Sarah, suite à Un éclat au milieu des cendres
Merci Van pour ce beau rp Very Happy / HRP]


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A l'aube d'une rencontre [Van, Sarah] [27/04/42]

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