L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
AccueilPortailFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez|

La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Dim 3 Juin - 13:07

Londres se recouvrait progressivement de son manteau de brouillard en ce début de soirée morne. Au cœur de son manoir, Chastity se préparait pour sortir. Assise devant sa coiffeuse, Gracie, sa camériste, brossait ses cheveux avec soin. Elle les attacha ensuite en un chignon simple, à la demande de sa maîtresse. Elle avait l'habitude de la voir sortir le soir et ne s'inquiétait plus de ses escapades nocturnes. Impassible, elle reposa la brosse au manche en ivoire sculpté qui, à elle seule, valait une semaine de nourriture dans une famille de classe moyenne.

- Quelle robe souhaitez-vous porter ce soir, madame ?

- Oh... Ma robe en velours bordeaux fera l'affaire.

La jeune femme s'éclipsa dans le dressing pour sortir la fameuse robe. Pour quelqu'un d'une condition inférieure, c'était une petite merveille mais si on la comparait aux autres toilettes que possédaient la jeune femme, c'était à peine si on pouvait la qualifier de robe de voyage. Elle était composée d'une jupe à crinoline simple, mise en valeur par les reflets du tissus, et d'un corsage ajusté à manches longues un peu amples mais serrées aux poignets. Le col et les manchettes étaient agrémentées d'un petit rang de dentelle fine alors que le devant du corsage était garni d'un rang de boutons assortis à la couleur de la robe. La jeune camériste aida Chastity à la passer et la referma soigneusement. Pour finir, la riche jeune femme opta pour des bottines fourrées noires à talons lacées sur le devant, une paire de gants en cuir et une cape noire également, en laine du Cachemire. Ainsi vêtue, elle descendit le grand escalier et se fit ouvrir la porte par Jack, le valet de service. Elle le pria en partant de ne pas faire apprêter la voiture. Elle prendrait un cab pour rentrer. La tête haute, la jeune femme sortit à l'extérieur, bien protégée contre le froid mordant. Elle rabattit la capuche de sa cape sur son visage et avança sur le trottoir. Les allumeurs de réverbères n'étaient pas encore passés mais cela ne la gênait pas. Un attelage passa soudain et elle l'intercepta en vitesse. En montant dans un discret froufroutement de jupes, la jeune femme donna l'adresse au conducteur :

- Veuillez me conduire à l'Abbaye de Westminster, je vous prie.

Ni une ni deux, le cocher fouetta ses chevaux et prit la direction du superbe édifice qui avait traversé les siècles. Chastity regarda la rue au travers de la vitre. Il n'y avait pas un chat dehors. Tout le monde était chez soi. Elle apprécia l'architecture de plusieurs demeures qui avaient été construites il y avait deux ou trois ans. Plutôt réussies... Mais elle préférait malgré tout son manoir géorgien. Se rencognant dans la banquette, elle réfléchit à la raison de sa sortie nocturne. Quelques semaines auparavant, elle avait entendu parler d'un ouvrage unique datant du douzième siècle. Il avait été rédigé au sein d'un abbaye aujourd'hui disparu et traitait surtout de magie noire. Selon ses sources, il se trouvait dans la crypte de Saint-Pierre. Rien au monde n'aurait pu autant éveiller la curiosité de la demoiselle, toujours en quête de nourriture intellectuelle. Que pouvait donc cacher cet ouvrage mystérieux ? Quels secrets allait-elle découvrir ?
Le cab s'arrêta soudain, troublant le cours de ses pensées. Elle était arrivée. L'homme lui ouvrit la porte pour la laisser descendre et la vampire régla la course. Les tours de l'Abbaye crevaient le ciel noir de leur magnificence. Cet édifice était tout bonnement fascinant. Avant d'entrer, la jeune femme murmura une courte formule :


- Ad impossibilia nemo tenetur...

Voilà. Elle pouvait entrer dans le lieu sacré sans faire une réaction épidermique à la première croix qu'elle verrait. Elle poussa les portes qui s'ouvrirent sans difficulté. La maison de Dieu est toujours ouverte, c'est bien connu. Elle s'arrêta un instant pour observer la nef puis s'avança jusqu'au choeur avant de tourner à droite. Elle poursuivit sa route, longeant le cloître, se fondant dans l'obscurité. Une porte deux portes... Elle s'arrêta devant la troisième et l'ouvrit. Elle passa la volée d'escaliers et pénétra enfin dans la crypte. Tant de merveilles des temps passés s'y trouvaient... Elle eut du mal à ne pas tout passer en revue et s'arrêta devant un pupitre en pierre qui présentait un grimoire à la couverture en cuir très abîmée. Elle n'arrivait pas à lire le titre mais elle savait que c'était l'ouvrage qu'elle cherchait. Elle s'avança et tourna la première page. L'intérieur était presque intact. Un sourire de victoire illumina son visage et elle alluma une bougie pour pouvoir lire plus confortablement. Sa main fine caressa le parchemin pendant qu'elle parcourait les premières lignes. Elle ne sut pas combien de temps elle passa à lire mais un bruit de pas la fit sursauter. Elle souffla précipitamment sur la bougie, rendant la pièce noire, laissant une odeur de fumée flotter dans la crypte. Elle se terra ensuite dans un coin, rabattit sa capuche et activa son pouvoir d'invisibilité. Si ce n'était qu'un humain, il ne la repérerait probablement pas...


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Mer 31 Juil - 11:17, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Lun 4 Juin - 17:41

[HRP, après "Recherches nocturnes"/HRP]

Johansen était seul. L'humidité suintait des murs froids de l'édifice. Chaque pierre semblait avoir été rongée par la mort, lentement sucée par le temps, piétinée par les âges. La mousse se croyait en droit de s’immiscer dans chaque creux disponible et de s'étendre sous forme de filaments verdâtres. Invasion pernicieuse.

La crypte. Endroit lugubre, portail vers l'au-delà, seuil déconfit entre la surface et le sous-sol. Tout sentait la moisissure. Même les livres conservés ici comme reliques et fond anciens. Johansen y était descendu pour méditer. Il voulait y converser avec ses entités, lire de vieils ouvrages, passer une partie de sa nuit à errer. Eladen, son entité de loup, lui résistait toujours. Il lui fallait encore l'apprivoiser et seule sa curiosité en matière de savoir permettait au Lycanthrope quelques conversations. Il fallait l'amadouer avec ce genre de lieux.

Westminster avait des entrailles de géant tombé depuis des siècles. La terre s'ouvrait pour se refermer aussitôt sur des centaines de salles. Bibliothèques, reliques entassées, chaises cassées, tombeaux et rats se disputaient les grands espaces vides. Pendant des heures l'on pouvait s'y perdre et ne retrouver la porte du dédale qu'avec maints tours et détours. Mais Johansen avait le don olfactif des animaux. Se perdre n'était plus dans ses options depuis longtemps. Même s'il devait utiliser Artz, son entité ours, plutôt que son loup à l'odorat bien plus développé, il saurait retrouver son chemin.

Ce soir, il avait lu un passage des confessions de Saint Augustin à la lanterne. Un ouvrage qui l'importait si peu qu'il l'avait refermé au bout de quelques pages. Il avait touché des yeux la coupe d'or de Sainte Thérèse qui restait enfermée derrière sa vitre bardée de fer, et il avait psalmodié une paire de chants religieux de sa connaissance en rôdant parmi les meubles poussiéreux.

Ainsi s'était-il finalement assis sur un banc de pierre. Plongé dans l'obscurité. Méditant sur sa propre vie.
Qu'avait-il fait jusqu'à présent? Rien d'exceptionnel. Il n'avait rien accompli. Dieu veillait-il encore sur lui? Oui. Oui, et il n'avait pas le droit d'en douter. C'était blasphémer. Mais il n'avait rien accompli, et cela était vrai...
Il avait aiguillé quelques fidèles vers la foi, la vraie. Il avait aidé les plus miséreux, accueilli en son sein les plus abandonnés. Il avait rencontré les siens, en avait été rejeté, mais il avait continué et il s'était battu pour vivre! Mais il n'avait rien fait qui serait assez digne de figurer dans un de ces précieux manuscrits...Même Saint Augustin était un aventurier à côté de lui!
L'aventure...Nouveau blasphème. Pourquoi chercher l'aventure? Dieu ne le préconisait pas, au contraire. La vie d’ascèse, la pauvreté, la simplicité étaient la voie à suivre! L'humilité! Oui...l'humilité...C'est cela qui lui manquait. C'est contre cela qu'il se battait en son entité de loup, ultime part d'orgueil chez lui.

Soudain, un bruit de pas le fit sursauter. Quelqu'un venait! A cette heure? Comment? Pourquoi?
Pris d'un sentiment de panique, Johansen ralluma sa lanterne, se leva et s'éloigna de son banc.
Que faire? A cette heure ce ne pouvait pas être un fidèle...Quoique...Pourquoi pas?

Johansen se ressaisit. La culpabilité le prenait comme s'il allait être surpris en train de commettre un crime. C'était stupide! Il avait tout à fait le droit de se trouver là, d'ailleurs plus que n'importe qui. C'était un clerc!
Mais prudence est mère de vertu, c'est bien connu.

Le clerc avança alors lentement. Lorsqu'il fut certain d'avoir entendu du bruit, il se dirigea vers son origine. Son pas se fit plus ferme et droit: il reprit confiance. Après tout, quelle que soit la personne qui venait de pénétrer dans la crypte, l'endroit était public. Même si à cette heure le clerc s'étonnait de ne pas encore avoir croisé de gardien. Peut-être en était-ce un?


- Il y a quelqu'un? demanda-t-il d'une voix forte.

Son écho lui répondit.


- S'il vous plait?

Johansen attendit. Il ne voyait rien. Il sentait néanmoins une odeur de papier et de bougie. Était-ce lui qui dégageait ceci? Certainement. Il avait assez remué la poussière dans ces environs et sa lanterne était pleine de cire fondue.

Le clerc continua donc d'avancer. Il se faisait prudent, éclairant chaque recoin qu'il croisait. C'était peut être un enfant qui se cachait? A cette heure c'était improbable...Le gardien aurait répondu...Un animal peut être? Non c'étaient des pas qu'il avait perçu, il n'était pas fou.

Artz le mis en garde:


*Il fait sombre là-dedans, méfie-toi. Ce ne serait pas la première fois que tu tombes sur un fou*

- S'il vous plait? reprit Johansen. Je suis clerc! Est-ce qu'il y a quelqu'un?

Il arriva dans une salle où siégeait un pupitre de pierre. Lieu étrangement mystique, bâtit comme pour abriter une secte satanique. Johansen n'aimait pas ce genre de salle. C'était le summum de l’agencement glauque et sans intérêt. Il arriva face au pupitre et s'y immobilisa. Il fit un tour d'horizon de la salle, dans un mouvement ample et circulaire. Rien. Il n'y avait rien.

Sa main libre saisit la petite bougie posée près de l'ouvrage ouvert. La cire était chaude...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Lun 4 Juin - 18:24

Tapie dans la pénombre, les narines pleines de l'odeur de moisissure et de poussière qui régnait dans la pièce, Chastity attendit. Les pas se rapprochèrent et, finalement, un homme entra. Il était d'une stature plutôt imposante et elle distingua dans l'obscurité la balafre affreuse qui lui traversait le visage. Curieusement, cela ne la dérangea pas le moins du monde. La beauté d'un être lui importait peu, du moment que celui-ci était intéressant. Ce n'était qu'un extra, un petit quelque chose en plus qui changeait l' ''intéressant'' en ''fascinant''.

Un clerc donc... Bien, ce ne serait pas difficile de le bluffer. Elle ne tenait pas à ce qu'on la croise ici, à cette heure. Elle doutait que cette partie de la crypte soit ouverte au public et, quand bien même, les visiteurs n'étaient pas censés toucher les objets présents dans les salles. Elle pouvait se retrouver au poste pour ça, avec sur les bras une suspicion de sorcellerie. Même les prêtres ne consultaient pas ce genre d'ouvrage. De plus, elle risquait de ruiner la réputation qu'elle avait réussi à se construire. Les grands aristocrates de ce monde commençaient à lui accorder le respect qu'elle méritait, ce n'était pas pour tout gâcher en une soirée... La meilleure solution restait la fuite. S'il lui prenait dans l'idée de fouiller la pièce, il finirait certainement pas la repérer, soit en butant sur elle, soit en entendant un bruit. Même pour un vampire, il est dur de rester statique un long moment, surtout dans une position inconfortable.

Tournant silencieusement la tête à droite et à gauche, elle repéra un caillou non loin d'elle. Le saisissant, elle se prépara à le lancer. Il créerait un bruit dans la direction opposée à la sienne et le clerc irait probablement voir par là-bas, lui laissant le temps de filer rapidement.
* Une ruse vieille comme le monde...* Pensa-t-elle. Mais qui plus est, cela marchait à chaque fois. Son regard traversa la pénombre, visualisant la trajectoire du cailloux. Sa main gantée se referma dessus, son bras se leva et d'un habile mouvement de poignet, elle projeta la pierre contre le mur d'en face, créant un vacarme monumental dans le pieux silence de la crypte, encore renforcé par l'écho puissant qui lui perça les oreilles. Sa ruse avait fonctionné. Sans attendre plus longtemps, elle se releva dans un discret bruissement et courut vers la sortie, emportant le livre avec elle. Elle ne souhaitait pas le voler et le rapporterait une fois sa lecture finie. Elle passa la salle suivante, écartant quelques tentures sur son passage.

Un détail lui sauta soudain aux yeux. Enfin... Aux oreilles pour être plus précis. Ses talons. Chastity avait oublié qu'elle portait des talons. Et en courant, elle emplissait tous le sous-sol de l'abbaye. Le religieux l'avait forcément repéré, à moins d'être sourd comme un pot. Ne se posant pas la question de savoir s'il se trouvait derrière elle ou pas, elle serra le manuscrit contre sa poitrine et poursuivit sa course. Les salles se succédaient à toute allure et elle poussa sa cadence plus loin que ce qu'un humain aurait pu faire. Le semait-elle ? Apparemment oui... Elle tourna au même endroit qu'à l'aller et gravit la volée d'escaliers en sens inverse.

La lueur du crépuscule l'éblouit un court instant. Assez longtemps pour la distraire, ce qui fit que la jeune femme, emportée par son élan, se prit les pieds dans la barrière du cloître et tomba en avant. Elle fit tomber le précieux ouvrage et se précipita pour le rattraper, l'accueillant dans le berceau de ses bras et atterrissant en une pirouette au milieu de l'espace verdoyant. Bien qu'elle fût toujours invisible, on voyait l'herbe sous ses pieds se froisser. Il n'était pas difficile de la repérer dans ces conditions. En soupirant, elle annula son pouvoir d'invisibilité. De toute façon, elle était déjà repérée depuis longtemps. Cependant, elle prit soin de garder son capuchon pour dissimuler son visage. Il arrivait... Chastity s'assit tranquillement sur un banc de pierre et rouvrit le livre pour continuer sa lecture, l'air de rien. Une mèche de ses cheveux roux délicatement ondulés retombait sur ses yeux. Un bruissement d'herbe mouillée lui fit relever la tête et elle posa son regard sur la silhouette, lui adressant un sourire innocent.


- Belle soirée n'est-ce pas ? Les églises ont le don d'apaiser le cœur de ceux qui pénètrent leur enceinte... Est-ce à cause du calme ou bien de l'odeur de l'encens ?

Elle marqua une courte pause avant de poursuivre.

- Vous devez vous dire que j'ai l'air de tout sauf d'une voleuse de bas étage, n'est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas, je ne compte pas vous ôter ce précieux ouvrage... Je veux seulement le lire. Est-ce que Dieu interdit cela ?

Chastity ne bougea pas et regarda l'homme, levant la tête pour apercevoir son visage. Puis, elle reporta son attention sur le livre et en lut encore quelques paragraphes avant de demander avec un calme quasiment nonchalant:

- Nous n'avons pas été présentés... Dites-moi, comment vous appelez-vous?


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Lun 4 Juin - 19:31

Johansen poussa la bougie sur le pupitre et s'attarda sur le livre. C'était un ouvrage énorme mais dont le papier paraissait léger, peut-être de mauvaise qualité. Le clerc tourna quelques pages, ferma le volume et le rouvrit à la quatrième de couverture. Un livre du douzième siècle...Un livre sur la sorcellerie, la magie noire, les sciences occultes...Un ouvrage satanique, ou du moins traitant de ces choses-là.

Un froissement...Johansen avait tous les sens aux aguets. Certes, il gardait les yeux sur l'ouvrage, mais ses oreilles étaient toutes ouvertes aux bruits ambiants. La personne qui venait de quitter la pièce n'était pas loin. Il était loin de se douter qu'elle était à quelques mètres de lui, invisible. S'il s'était changé en loup ou en ours il l'aurait détectée aussitôt mais sous sa forme humanoïde, il ne pouvait pas sentir autant sa présence.

Le clerc referma l'ouvrage sans un bruit. Dans le même temps, un vacarme retentit derrière lui. Surpris, il se tourna aussitôt et se précipita vers le couloir. C'est alors qu'il entendit distinctement quelqu'un courir vers lui, sortir de la pièce et s'enfuir dans le couloir. Un parfum lui envahit le nez. Mais il ne voyait rien! Qu'était ce maléfice? Stupéfait, Johansen tourna la tête vers la salle: le pupitre était planté là, sans le livre...

Johansen entama alors sa course-poursuite. Il avait perdu cette première partie, il allait poursuivre le jeu. C'était hors de question de laisser un pareil ouvrage dans les mains de n'importe qui! Où étaient donc les gardiens de l'abbaye? C'était irréaliste! Et s'il n'avait pas été là? Un véritable moulin à vent! Il fallait qu'il en réfère aux autorités religieuses. C'était inadmissible. Mais en même temps, si les voleur se faisaient maintenant invisibles...

Un Vampire. Johansen ne voyait plus que cette explication. Si c'était un Lycan, il aurait senti sa présence immédiatement.
Il fallait qu'il le rattrape. Ou LA rattrape? Maintenant qu'il y songeait, ce parfum...c'était plutôt celui d'une femme. Et d'ailleurs, à moins que ce ne soit un homme en tenue de soirée ou avec talonnettes, ce qui faisait autant de bruit n'étaient autre que des talons de dame...

S'engouffrant dans les couloirs à en perdre haleine, Johansen suivit l'inconnue. Il perdit un instant sa trace, les bruits s'étant éloignés trop vite. Mais il prit le parti de remonter vers la surface. Si elle voulait enlever le livre, elle allait s'enfuir de l'édifice.

Eladen intervint alors. Johansen sentit sa présence en lui. Perturbé, il hésita. Puis il laissa le loup prendre possession de son corps. La course fut plus rapide et beaucoup plus simple sous cette apparence animale.
Bientôt Johansen fut dans l'abbaye. Il sentit chaque parcelle de la sortie et se rendit compte que l'inconnue avait trébuchée. Il poursuivit sa démarche et, arrivé derrière la porte d'entrée, il redevint humain avant de sortir prudemment. Les armes à feu devenaient courante...il fallait s'en méfier...

Mais rien. Johansen sortit alors et trouva sur un banc une jeune femme en dentelle, assise tranquillement, le livre recherché dans les mains. La course était finie. Elle l'attendait.
Étrange impression que de se sentir ainsi attendu...C'était presque une invitation macabre que cette jeune femme a l'air innocent, cachée par sa capuche...Une figure du Diable!

Johansen frémit. Il s'approcha, froissant l'herbe humide de ses pas.
La jeune femme tourna vers lui son visage angélique. Johansen esquissa une grimace. Il n'aimait déjà pas la compagnie d'autrui alors celle des femmes, surtout en tant que clerc, le dégoûtait presque. A ce visage au teint de poupée, il manquait, à son avis, une touche de vie...C'était bien un Vampire...

Sa voix, douce et jeune, perturba d'autant plus le trentenaire qu'elle utilisait un vocabulaire particulièrement dérangeant. L'enceinte, l'encens...un peut trop de "s" se profilaient...Il était peut être paranoïaque, mais il était surtout prudent et habitué à croiser des êtres malfaisants dans ce genre de lieu.

La subtile créature continua son petit charme. En soit, elle était presque attendrissante posée-là sur ce banc. Elle incarnait la douceur, la féminité, les rondeurs, la souplesse sur une structure raide et froide. Ses cheveux semblaient roux, d'après la mèche qui dépassait de son capuchon.

Johansen tenta d'être aimable à son tour:


- Sortir ainsi un livre de l'enceinte, sans déposer une signature sur le registre, relève du vol, mademoiselle...Et même si Dieu encourage les fidèles à s'instruire, je ne suis pas certain qu'il veuille que l'on s’enquiert de ce type d'ouvrage...

Le clerc fit le tour du banc pour se retrouver face à la jeune femme.

- Mon nom est Johansen Oso, et je suis clerc. Pourrais-je savoir à mon tour comment se nomme votre charmant minois?

Des mots habillés de mondanités, tout ce qu'il détestait. Des mots qu'il extirpait de sa bouche ciselée avec une difficulté sans nom...
Artz et Eladen grognaient ensemble en son sein. La situation ne lui plaisait pas.

Il tendit la main comme pour attendre qu'elle lui confie le livre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Mar 5 Juin - 9:03

Chastity posa son regard sur le clerc. Son instinct lui souffla qu'il avait senti sa véritable nature... Qu'importe. Après tout, lui non plus n'était pas humain. Il ne l'aurait pas rattrapée si vite sans ça. Un loup garou ? Non, la pleine lune resplendissait au-dessus d'eux et il avait l'air parfaitement normal... Peut-être un alchimiste ? Non plus, il l'aurait arrêtée avec un mur de pierre ou quelque chose dans ce registre... Cet homme ne correspondait pas non plus à l'idée qu'elle se faisait d'un homonculus. Ce ne pouvait être qu'un lycanthrope. Bien... Voilà qui devenait intéressant. Enfin, elle approchait une de ces créatures de près. Elle les considérait eux aussi comme les fruits de la dégénérescence du corps humain, au même titre que sa propre race.

Quand il se présenta à elle, les mots courtois qu'il employa contraint et forcé résonnèrent comme une injure à ses oreilles. Elle préférait encore qu'on lui parlât sans détours et sans fioritures inutiles plutôt que de se faire violence à employer un langage châtié. Elle balaya la question d'un revers de main avant de s'adresser à lui, toujours calme et posée.


- Je me nomme Tallulah FitzJames. Dire que je suis enchantée de vous connaître serait mentir, j'aurais préféré pouvoir lire tranquillement. Et que je sache, je n'ai pas sorti cet ouvrage de l'enceinte de l'abbaye puisque je me trouve dans le cloître... Je vous l'ai déjà dit, je n'ai pas l'intention de le voler. Il s'abîmerait bien plus vite chez moi qu'entre ces murs de pierres glacées.

La vampire venait de mentir sans tiquer. Elle ne se sentait pas prête à dévoiler sa véritable identité au clerc. De toute façon, il était fort probable qu'elle efface sa mémoire avant de partir. Elle fixa un moment l'homme. Manifestement, il voulait récupérer l'ouvrage, mais elle ne le lui rendrait pas tant qu'elle ne l'aurait pas décidé.

- Quant à Dieu, je me moque bien de savoir s'il approuve ou non mes lectures. Pour moi, ce n'est qu'un être onirique né de la peur des hommes d'être seuls sur terre. Ils se sont inventés alors cette force supérieure destinée à les guider comme des moutons, à leur faire oublier la peur de l'au-delà, sans se douter que cela causerait des conflits, des guerres, et la mort de milliers d'innocent. Comble de l'ironie, cette religion qui prône la pauvreté voit ses hauts représentants dormir dans de riches palais et porter des habits de culte taillés dans les plus beaux tissus qui puissent être... Durant des siècles, ces hommes n'ont cessé de traquer les gens qui n'avaient pas la même religion, ils leur ont fait subir des tortures atroces pour les forcer à avouer des crimes qu'ils n'avaient pas commis pour pouvoir ensuite les envoyer au bûcher... Quel bel exemple de tolérance et d'amour... Et après c'est moi qu'on ose soupçonner d'obscurantisme !

Elle lâcha un petit rire. Pas méprisant, loin de là. Un rire tout à fait normal, comme celui d'une personne normale qui venait de réaliser qu'elle se trouvait dans une situation improbable et cocasse. Pendant qu'elle tenait ses propos, manifestant ainsi tout le mépris et le dégoût que lui inspiraient la religion, la jeune femme n'avait pas cessé de lire, ignorant ostensiblement la main que lui tendait encore Johansen. Elle avait décidé de ne plus prendre de gants. Être polie avec cet homme n'était pas chose aisée et il n'avait pas l'air lui non plus de se complaire dans l'hypocrisie.

Elle tourna encore quelques pages du livre puis soupira d'exaspération. Il était devenu illisible et l'encre avait bavé à plusieurs endroits. Le temps n'avait pas été tendre avec lui... Elle passa une dizaine de pages toutes aussi piteuses les unes que les autres, pour se rendre compte que celles d'après étaient vierges. Retournant en arrière, elle se rendit compte que le parchemin était maculé de vieilles tâches brunâtres qui se retrouvaient aussi sur la couverture... Visiblement, le moine qui était chargé de recopier l'ouvrage premier avait été massacré pendant sa tâche. L'Inquisition avait dû être mise au courant des pratiques peu chrétiennes qui avaient cours dans ce monastère et elle avait préféré le faire disparaître définitivement de la surface de la terre.

Pourtant, quelque chose clochait. Si leur but était de vouloir éliminer le travail de ces prêtres maudits, pourquoi avoir ramené un des livres au lieu de les brûler tous ? Une idée germa dans la tête de l'intelligente jeune femme. Elle se pencha un peu en avant et scruta le parchemin, qui paraissait vraiment très bien conservé pour son âge, alors que la couverture avait souffert. Ce détail aurait dû lui mettre la puce à l'oreille... Elle mouilla son doigt avec sa salive et le porta sur l'une des traces de fluide vital. Une petite pellicule se déposa sur son index qu'elle suçota. Ce n'était pas le goût douceâtre et métallique du sang qui envahit sa bouche mais plutôt un genre de pigment...

C'était un faux ! Il avait été déposé dans la crypte pur satisfaire les éventuels voleurs potentiels qui se décourageraient en s'apercevant que le livre n'était pas complet. Le véritable ouvrage devait reposer ailleurs... Elle referma le livre et le rendit à Johansen


- Tenez, reprenez-le. Je n'ai que faire d'une imitation aussi grossière. Savez-vous où se trouve le vrai ?

La jeune femme doutait sérieusement qu'il fusse au courant. Et quand bien même, il n'allait pas le lui dire, cela revenait presque à lui présenter le manuscrit sur un plateau d'argent. Néanmoins, on en dévoile parfois bien plus en mentant que ce qu'on ne voudrait...


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Mar 5 Juin - 15:55

Johansen n'aimait pas cette femme. Son air innocent était amplement déjoué par son regard dénaturé. Elle paraissait calme et tranquille malgré la situation et, si rien dans son attitude n'avait l'air dangereux, elle laissait une impression de gêne se répandre dans l'atmosphère. Son visage de poupée, sa tenue de femme encapuchonnée, ses bottines légères et talonnées, ses mains finement ouvragée par le Démon...tout la faisait passer pour une créature de Dieu mais elle portait cette petite touche de malsainité qui faisait que Johansen s'en méfiait comme de la peste.
Ses deux entités le prévenaient à chaque instant du danger qui rôdait en sa présence. Eladen lui intimait de se préparer à la guerre ouverte tandis que Artz tentait de lui souffler avec sagesse de terminer cet échange par quelques mots avant de quitter les lieux.

Mais Johansen était curieux. Il voulait savoir où voulait en venir la jeune femme avec ce livre et ce qu'elle comptait en faire. Il était hors de question, de toute façon, qu'il la laisse l'emporter ainsi. Patient, il garda sa main tendu vers elle.

La jeune femme déclina alors son identité. Tallulah FitzJames...Un nom peu commun et qui sonnait pourtant bien. Mais son ton devint clairement plus dur qu'au premier abord: elle aurait aimé être seule pour lire cet ouvrage. Sa présence la gênait? Hé bien c'était une bonne chose. Il n'avait rien de particulier contre les Vampires mais à partir du moment où ils envahissaient les lieux saints pour tenter d'obtenir des informations occultes, cela le concernait. Il y avait un risque d'atteinte à la volonté divine et, en tant que messager de Dieu, il se devait de faire obstacle à ce type de personne.

D'ailleurs, la jeune femme continua dans sa lancée et se mit à blasphémer. Johansen l'écouta, droit comme un i, immobile et froid. Il serra un poing, Eladen parlait par lui: la colère prenait peu à peu possession de son corps. Comment osait-elle ainsi le provoquer? C'était évident que son opinion était vraie et qu'elle ne venait pas de l'inventer simplement pour l'énerver, mais c'était évident aussi qu'elle faisait exprès de bien étaler cette dernière sur un ton sec pour le titiller sur ses principe de clerc. Johansen était fatigué de ce genre de comportement. Il rencontrait souvent des égarés qui remettaient en cause l'existence du Seigneur, et son but était toujours de les remettre dans le droit chemin. Mais il était rarement en présence d'un de ces êtres obscurs.

Peu de temps auparavant, il avait rencontré un tueur avec lequel il avait éliminé un de ces êtres. Il ne les chassait pas mais ce dernier avait eu le malheur de s'attaquer à des innocents puis de tourner sa rage vers eux. Johansen n'avait fait que son devoir: protéger les faibles et aider les justes. La créature avait terminé sa course dans un souffle de poussière, les humains qui restaient étaient repartis sains et saufs, et le tueur avait un peu gagné sa confiance.

Ici c'était encore une situation différente: cette femme jouait bien la comédie. Souhaitait-elle boire son sang? Sentait-elle sa nature lycanne? Était-ce une simple curieuse ou bien avait-elle réellement des projets? Elle n'était pas ouvertement belliqueuse, elle était froide, directe et quelque peu provocante, mais elle n'avait pas encore sortit ses crocs. Quel âge pouvait-elle bien avoir? Johansen ne s'y connaissait pas assez pour le deviner. Il fallait qu'il reste très méfiant.
Au fond, il bénissait sa nature lycanne et ses maigres enseignements: au moins l'avait-il détectée! Mais maintenant qu'il y pensait, si elle avait voulu le tuer, elle aurait largement pu dans la crypte. Pourquoi s'être ainsi échappée? N'avait-elle pas confiance dans ses pouvoirs? C'eut pu être une humaine possédant quelque don d'invisibilité mais vu l'heure, vu sa vitesse et vu son teint, la chose était évidente pour un homme qui avait déjà rencontré des représentants de sa race.

La jeune femme termina son blasphème en continuant son étude du livre. Johansen fit preuve de patience. Il la laissa faire, silencieux, ses petites manipulations. Il l'observa, tournant encore et toujours les pages, allant en avant, en arrière, farfouiller et finalement rester muette face à la vérité. C'était une copie inachevée. Un exemplaire atrophié. Une vulgaire réplique sans valeur aucune.
Johansen assista à cette expertise en silence. Mais il tiqua clairement lorsque la jeune femme mouilla son doigt pour vérifier le papier. Ce genre de chose lui faisait horreur. Les livres étaient sacrés, même les plus ténébreux avaient droit à un minimum de respect dans leur aspect matériel. Et puis...il savait bien assez que certains ouvrages étaient empoisonnés: lécher ainsi le bout d'un doigt qui a été en contact avec le livre était inconscient! Mais c'était une Vampire, le poison ne pouvait agir sur elle.

La jeune femme, Tallulah, lui tendit alors le livre. Elle était visiblement déçue et dégoûtée d'être tombée sur un faux.
Le clerc saisit l'ouvrage et se contenta de répondre froidement:


- Je ne sais pas où est l'original, mademoiselle, fit-il en pesant ses mots penché un peu vers elle. Mais même si je le savais, je ne vous le dirais pas.

Il recula d'un pas ou deux, feuilletant à son tour le livre. Oui c'était un faux. Belle soirée! C'était évident! On n'aurait jamais laissé un volume sur les sciences occultes aussi mal protégé à Westminster. Cela l'aurait fortement étonné. Déjà que l'absence des gardiens commençait à l'inquiéter...

- Car voyez-vous, continua Johansen avec dédain, que Dieu existe ou non dans votre coeur, si vous croyez à ce genre de balivernes, fit-il en montrant le livre c'est que vous croyez au Diable. L'un et l'autre ne vont jamais seul: croire à l'un c'est croire à l'autre.

Il referma le livre dans un claquement sec et poussiéreux avant de le glisser sous son bras gauche.

- Que comptiez-vous donc en faire? Ce genre de contenu obscure n'est pas fait pour les demoiselles. Que cherchez-vous?

Johansen voulait savoir. Il n'avait que faire de ses entités qui ruminaient en son sein des paroles de guerre ou de paix. Ce qu'il voulait, lui, c'était la vérité. Il avait toujours été là pour la trouver.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Mar 5 Juin - 18:45

Chastity se rendit compte qu'elle avait vexé le Lycan plus qu'elle ne l'aurait voulu. Se mordant la lèvre discrètement, elle se demanda si elle devait s'abaisser à lui présenter ses plus plates excuses. Ce qui n'était vraiment pas dans ces habitudes soit dit en passant. Mais ce n'était pas bon pour elle non plus de se faire des ennemis de manière inconsidérée... Son ton se radoucit un peu. Elle n'avait pas dans l'objectif premier de s'énerver ce soir. Et puis, ce clerc n'avait pas l'air d'être un mauvais bougre... Il l'intéressait même et éveillait sa curiosité plus qu'elle ne l'aurait imaginé.

- Je crois que vous n'avez pas totalement compris le but de ma manoeuvre... Enfin, c'est peut-être de ma faute, je ne vous ai pas expliqué clairement mes motivations... En tout cas, j'aimerais que vous sachiez que je suis cohérente dans mes idées. Je ne crois en aucune force supérieure, peu importe d'où elle vienne. Le diable n'est pour moi ni plus ni moins qu'un monstre de contes pour enfants destiné à les obliger à rester dans le droit chemin... Voyez-vous, au sein des vampires, une croyance répandue a tendance à dire que nous descendons tous de deux vampires originaux, le Père et la Mère. C'est tout aussi idiot. Nous ne sommes que le fruit d'une dégénérescence, rien de plus. Je ne crois en rien à par en moi-même. Au moins, je suis sûre qu'au bout du chemin, je ne serais pas déçue et je n'aurais de comptes à rendre à personne. Tout le reste n'est qu'abstrait et ne peut être prouvé. A vrai dire, si je dois me référer aux paroles d'un de vos saints, ce serait sans doute ce fameux Thomas... ''Je ne crois que ce que je vois.'' C'est bien ça ?

Elle se leva alors et tourna son regard vers le ciel. Elle avait l'habitude de dégoûter les autres avec sa nature vampirique. Toute sa vie durant, elle avait été vue comme une marginale, une folle, un monstre. Toujours au ban de la société, jamais appréciée à sa juste valeur. Dieu qu'elle avait plusieurs fois voulu mourir. Mais la connaissance l'avait sauvée et lui avait donné un regain d'intérêt pour le monde. En trouvant une raison de vivre elle avait peu à peu retrouvé le goût de vivre et de là, s'était battue pour sa place avec rage. Alors cet homme qui considérait son besoin de savoir comme une passion morbide la vexait assez. Cependant, elle resta courtoise, peut-être plus détendue à présent.

- Vous avez l'air de croire que je pratique les sciences occultes... Ce n'est pas exactement ça. Ce que je recherche, c'est la connaissance absolue, le savoir de toute chose. Je me penche aussi bien sur la science que sur la magie. Et si je lis ce genre d'ouvrages plus ou moins mystiques, je ne me sers jamais des formules que j'y apprend. Pour une raison inconnue, les humains ont plus de facilités à se servir de la magie que nous... Alors même si je voulais, je ne pourrais pas. Je veux tout savoir, tout comprendre. Je veux atteindre ce que vous appelez l'élévation spirituelle. Cela me donne une raison de meubler ma longue existence...

Elle se mit à déambuler dans le cloître, regardant le clair de lune calmement. Il fallait tout mettre à plat sans en dévoiler trop sur elle.

- Je ne suis pas non plus une créature du mal... Toute race à ses ratés, ses brebis galeuses qui ne font pas tout comme les autres... Je ne tue pas et je n'ensorcelle pas sauf quand il s'agit de me protéger ou bien quand la personne m'a attaqué physiquement et désire me faire du mal.Chastity marqua une courte pause et eut l'air pensive. Un soupir franchit ses lèvres Je sais que je vous ai vexé en parlant ainsi de la Religion. Je ne rejette pas tout cependant. Certaines des idées que vous prônez sont tout à fait intéressantes et le monde vivrait bien mieux si elles étaient correctement appliquées.

Ce que je ne supporte pas c'est l'hypocrisie des humains ainsi que leur lâcheté. Combien de populations ont été massacrées par des gens qui se réfugiaient derrière les saints écrits pour justifier leurs actes ? Combien ont fermé les yeux ? Combien se sont servi sans vergogne dans la maigre fortune de fervents croyants sous prétexte de sauver leurs âmes ? Pourquoi devrait-on payer pour avoir plus de chance d'être accueilli au Paradis ? Pourquoi est-ce qu'un riche bourgeois dépravé sera toujours mieux considéré qu'un paysan qui trime toute la journée pour gagner son pain sous prétexte qu'il peut payer ? Pourquoi est-ce qu'une simple confession aurait le pouvoir d'absoudre tous nos péchés ? Dans ce cas, tout le monde aurait le droit de commettre les pires atrocités et n'aurait plus qu'à se confesser le samedi pour soulager sa conscience ! Elle serra les poings. Ces pratiques la révoltaient au plus haut point. Elle avait beau être une créature de la nuit, elle restait quelqu'un de juste malgré son athéisme. C'est cette facette du Christianisme qui me pousse à ne pas croire. Comment le pourrais-je alors que les hauts représentants de ce Dieu font tout le contraire de ce qu'il prône ? Pourquoi ? C'est tout ce que je veux savoir. Je ne veut pas remettre en cause vos croyances, vous m'avez l'air d'être quelqu'un de droit et je ne tiens pas à vous compter parmi mes ennemis. Je suis une femme prudente. Et cette prudence m'a poussée à vous mentir pour protéger mon identité. Peut-être qu'en vous révélant qui je suis réellement, je me mettrai en péril, je serai à nouveau rejetée par mon entourage. Néanmoins, ce serait renier tout ce que je crois si je vous mentait plus longtemps. Considérez que je vous accorde ma confiance.

La jeune femme rejeta alors gracieusement son capuchon en arrière, dévoilant ses cheveux roux et brillants, ses yeux noisettes discrètement dorés frangés d'un éventail de longs cils, son teint de porcelaine et ses lèvres fines. Elle esquissa un début de sourire à son adresse puis reprit la parole :

- Mon vrai nom est Stephenson. Chastity Esther Stephenson. Navrée de vous avoir menti.


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Dim 10 Juin - 19:20

Johansen était resté debout. Droit, raide et froid, le livre sous le bras, il fixait la jeune femme d'un œil sévère propre à tout ces hommes d'église que la bienséance religieuse met au service de la dignité. Il restait muet, écoutant la belle exposer ses intentions, ses sentiments par rapport aux choses occultes et à la religion. Elle ne croyait pas en Dieu, mais elle ne croyait pas non plus au Père et à la Mère des Vampires. Johansen trouvait cela presque plus choquant. Pour lui, ces croyances maintenaient un équilibre nécessaire et il lui était évident que cette rare venait de ces deux entités sur lesquelles il avait beaucoup lu de thèses et de théories. Pour lui, le Deü Zédaha, le livre premier, existait, c'était inévitable. Il croyait fermement à ces légendes qui faisaient mention de Dieu et de sa punition ultime, réduisant le premier peuple à plusieurs races défaillantes.
Il tiqua mais se tue. Inutile d'étaler ses propres opinions maintenant.

Il écouta donc la jeune femme continuer sur la folie de la religion.
Elle avait raison, en un sens, et Johansen n'était pas assez hypocrite envers lui-même pour nier l'évidence. Oui il y avait eu des abus. Oui il y avait eu des activités néfastes perpétrées par la religion. Certes il y avait des incohérences flagrantes et des atrocités dissimulées. Mais Dieu cautionnait-il tout cela pour autant ? Les insolents aux mœurs dépravées seraient un jour châtiés ! Les faux dévots auraient un jour leur place aux enfers ! Il ne fallait pas se battre contre la religion à cause de quelques méphitiques adeptes aux pratiques incestes, aux idées noires et aux mains avides de pouvoir ou d'or. Il avait toujours des belliqueux, des brebis malades et violentes, quelle que soit l'institution concernée. L’Église n'était pas blanche, il le savait bien. Mais ce n'était pas une raison pour être aussi pessimiste . Rien, à ses yeux, ne justifiait la culture de l’athéisme.


- Oui...murmura-t-il en réponse à la question sur Saint Thomas comme s'il ne pouvait pas s'empêcher de confirmer une information touchant à son domaine de prédilection.

Oui c'était bien Saint Thomas qui ne croyait que ce qu'il voyait. Et c'était malheureusement une citation qui portait préjudice au Seigneur. Il ne pouvait se montrer à tout ses fidèles et dès lors que l'on mettait en doute sa présence en notre cœur et notre esprit, il était évident qu'il allait encore moins se montrer. Mais comment l'expliquer aux égarés ? La patience est une vertu, mais dans ce genre de cas, elle devient souvent un supplice.

Lorsque la jeune femme se leva, Johansen eu un mouvement de recul. Il était prudent, sur les nerfs, prêt à se défendre, cela se voyait. Il était tendu. En lui, ses deux entités se disputaient. Il avait du mal à gérer leurs différents. L'un voulait partir, l'autre voulait se battre, Johansen, lui, voulait converser tranquillement, prudemment, mais s'instruire avant tout et tenter de comprendre cette étrange créature qui s'était présentée à lui ce soir.
Il observa donc la jeune femme qui regardait le ciel. Ses yeux restèrent un instant sur ses vêtements. Un peu trop décolleté, les bottines élégantes mais aussi un peu vulgaires, le col...les bordures...Puis il baissa les yeux. On lui avait apprit à éviter les femmes, depuis 36ans il tenait le célibat et n'était pas attiré par la gente féminine. Mais il avait des yeux et il savait, au fond, de manière purement sociale et ethnologique, qu'il était face à une femme d'une rare beauté. Aussi voulait-il conserver pudeur et distance. Réflexe habituel.

Il l'écouta et la regarda évoluer non loin de lui. Elle voulait la connaissance, le savoir, l'intelligence des livres et des sciences. Elle étudiait la magie, les Humains et les particularités occultes simplement pour atteindre un certain stade de conscience. Johansen comprenait cette attitude et cette envie dévorante, mais il comprenait surtout qu'il était en présence d'une créature insatisfaite et, partant de là, d'une créature avide. Avide de savoir, certes, mais aussi de pouvoir, comme tout ses semblables d'après les écrits. Ce péché suivait les autres.

Plus il observait la jeune femme et plus il s'interrogeait. Était-elle réellement une créature de Dieu? Ou une incarnation du mal? Sa nature vampirique, elle la confirma, et cela laissa à Johansen une impression étrange: était-elle sincère? Elle en avait l'air. Était-ce une pécheresse, comme nombreuses femmes? Était-ce une cupide? Une véritable avide? Ou bien était-ce simplement une petite curieuse? Elle blasphémait mais elle avait les opinions générales des égarés...Cherchait-elle à le rassurer pour mieux frapper?
Johansen était perdu.

La belle parlait d'élévation spirituel. Qu'entendait-elle par cela? Lui-même n'était pas certain de sa définition de la chose. Elle se posait en aimable femme qui ne faisait que chercher la paix intérieure, comme une créature qui ne venait pas du Malin et qui avait des opinions fermes mais cependant ouvertes aux dialogues.
Elle lui accordait sa confiance.

Lorsqu'elle enleva son capuchon, Johansen pu enfin voir clairement son visage à la pleine lune. Elle était belle, vraiment belle et ses cheveux étaient ceux d'une irlandaise, c'était appréciable. Cependant, Johansen détourna à nouveau son regard.

Il soupira. De la vapeur s'échappa de sa bouche.
En lui, Eladen s'était tue. Seul Artz continuait à l'épauler mais il ne l'incitait plus à partir. Il ressentait la lassitude de son compagnon.
Puis, lentement, le clerc s'assied sur le banc. Baissant la tête, fatigué et remué, il abandonna le livre près de lui et joignit ses mains comme pour réfléchir. Puis il releva les yeux vers la jeune femme.


- Je vous suis gré de votre sincérité, mademoiselle. Votre nature, je l'avoue, m'oblige à rester sur ma défensive malgré mon éducation préparée à la diversité. L'universalité de ma vision ne saurait me faire oublier le danger que vous et vos semblables représentez. Ceci concerne votre nutrition, je le sais. Aussi ne vous juge-pas à ce sujet même si je dois rester sur mes gardes.

Ses yeux se détournèrent à nouveau pour se perdre sur les barrières du cloître et la rosée qui s'y accumulait.

- Vous devez sentir ma nervosité, elle suinte de tout mes pores. Fit-il en étirant devant lui ses mains allongées. Mais je vous assure que votre sincérité apparente, tant au niveau de vos opinions que, maintenant, au niveau de votre nom, me permettra de mieux apprécier votre présence en ces lieux. Nous sommes deux prudents...

Johansen posa ses yeux sur le livre.

- Cet ouvrage, fit-il en donnant un coup de tête, ne vous apprendra pas grand chose sur l'élévation spirituelle. Il ne pourra que vous apprendre certaines folies qui vous classent, malheureusement, dans la catégorie des créatures malsaines aux yeux des hommes.

Le regard du clerc revint sur la jeune femme.

- Je comprends vos opinions sur la religion. Moi-même, en tant que clerc, j'ai pu assister au folies des prêtres, des fidèles et des représentants multiples de Dieu sur terre. Cependant, ne jugez pas tous les croyants comme l'on peut juger hâtivement votre nature.

Il était évident que le clerc faisait partie des Lycanthropes neutres par essence et qu'il considérait les Vampires au même titre que les Humains ou les Loups-Garous. Il ne prenait que le parti des innocents, autant dire de tout ceux qui avaient besoin d'assistance, quelle que soit sa nature.

- Je n'ai rien contre vous, mademoiselle...Stephenson. Temps que vous ne serez pas dangereuse pour quelques innocents, je vous regarderais comme n'importe quelle créature de Dieu.

*Ou du Diable* pensa-t-il. Il ne savait pas encore qu'elle était la réelle façon de penser de cette femme.

- Vous savez, fit-il avec un sourire, je ne pense pas que vous soyez une "dégénérescence". Je crois aux mythes de la création, donc je vous considère comme une des trois races du péché originel, une représentante d'un fragment de ce Tout originel perdu. Nullement comme une erreur. Moi-même...ne serais-je donc pas une erreur si l'on partait de ce principe?

Il savait que la Vampire avait senti sa nature, c'était sans doute terriblement flagrant grâce à ses sens sur-développés.

- Que faites-vous dans la vie, mademoiselle Stephenson? Même si vous n'évoluez que sous la lune, vous devez bien avoir une activité parmi les Humains?

Johansen avait nettement changé de ton. Ses entités le laissaient prendre en main la conversation. Il était neutre et cette Vampire lui apparaissait finalement sincère, hésitante peut-être, mais repentante. Il baissait sa garde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Mar 12 Juin - 20:24

Chastity resta pensive, au milieu du petit jardin. Les dés étaient jetés, qu'allait-il faire maintenant... ? Elle savait qu'elle pouvait le battre sans problème s'il montrait l'envie de l'éliminer mais cela l'ennuyait plutôt. Quand il s'assit sur le banc, elle pensa qu'ils pourraient finalement discuter normalement. Précédemment, elle avait noté que le clerc avait regardé sa robe avec un mélange de pudeur, de dégoût et d'indignation. Pourtant, elle n'avait en rien la mise d'une catin. Sa jupe impeccablement taillée tombait juste à la hauteur du talon de ses bottines, ses manches étaient longues et son col recouvrait les deux tiers de son cou. Elle se demanda comment elle aurait pu être choquante... Enfin.

Elle écouta ce que Johansen lui racontait sans broncher. En effet, ils étaient tous les deux extrêmement prudents et méfiants. En réalité, ils avaient bien plus de points communs que ce qu'elle voulait bien admettre. Cet homme impénétrable représentait pour elle un mystère. Comment pouvait-il croire aveuglément en la religion ? Comment avait-il pu consacrer sa vie à l'église ? Encore qu'ici, en Angleterre, les prêtres avaient le droit de se marier et d'avoir des enfants, c'était déjà ça...

La position qu'avait prit l'homme la fit sourire. Il avait l'air las, fatigué de toutes les péripéties de cette soirée. Renonçait-il à tout faire pour changer sa façon de penser ? Elle n'en était pas si sûre... Cet homme avait probablement en tête de lui faire au moins accepter l'idée qu'un être supérieur gouvernât ce monde.


- Je suis ravie que nous partions sur une base moins hostile... Il est vrai que je puisse paraître très étrange et obtue mais... Disons que j'ai mes raisons. Contrairement à vos collègues, vous semblez... plus calme et ouvert d'esprit. Mais peut-être est-ce dû à votre nature à part...La jeune femme se rapprocha de lui, elle aussi avec un air las et pensif Me permettez-vous de m'asseoir ? Je crois que la nuit va être longue pour nous deux et rester debout commence à être pénible. N'ayez pas peur de moi... Je ne suis pas une créature du Diable, ni une tentatrice destinée à vous détourner de votre foi. Je suis simplement une vampire différente des autres, dans la mesure où personne ne m'a mordue. Au sein de mon entourage, à vrai dire, je suis connue sous le nom de "Le Cobaye"... Et j'ai appris que ma "légende" comme je répugne à l'appeler, a fait le tour de tous les vampires de la capitale qui voient en moi une ratée comme une perle rare. Les avis divergent, voyez vous. Mais je m'égare... Vous parliez de ma nutrition. Là aussi, je fais une entorse au mode de vie traditionnel de ma race. Comme vous le savez sûrement, les vampires se nourrissent de sang humain pour pouvoir survivre. C'est un peu comme une drogue à vrai dire... Cependant, certains d'entre nous utilisent des médicaments appelés Blood Tablets, qui créent un effet placebo et empêchent le sujet d'avoir faim. Mais ce mode d'alimentation ne convient pas à tout le monde et il se peut qu'il y ait des rejets violents. Autrefois, j'ai connu un scientifique qui a apporté des améliorations à ce comprimé, notamment au travers de plantes diverses qui me permettent de ne pas me nourrir "normalement" et de me sentir mieux que si j'avais ingéré des Blood Tablets simples. Vous pouvez me croire sur parole, depuis ma transformation je n'ai jamais tué un seul humain pour me nourrir.

La jeune femme baissa les yeux. Son ton s'était fait amer quand elle avait évoqué le scientifique. Thomas... Son premier amour, l'homme qui avait titillé son envie de savoir, sa soif d'apprendre. Le premier homme qui l'avait initiée aux plaisirs de la chair... L'homme qui avait ensuite abusé de sa confiance et de son amour pour la trahir. Elle serra un instant les poings, songeant à l'incroyable et exquise sensation qu'elle avait éprouvée en le tuant. Elle s'était à son tour joué de lui et il s'était laissé prendre dans ses filets. Ce fut sa seule et unique victime.

Oui, car, après la satisfaction de s'être vengée, la peur, le dégoût d'elle même la rongea. Tout ce qu'elle trouva pour se raccrocher se trouvait dans les livres... Qui aurait pu penser que cette vampire pourtant jeune et si influente dans son milieu avait été torturée par les remords d'un meurtre ? Aussi étrange que cela pouvait paraître, c'était la vérité.

Johansen lui demanda ensuite ce qu'elle faisait de sa vie. Ah ! Une question des plus intéressantes, voilà qui allait lui faire oublier les fantômes de son passé.


- Et bien, pour tout vous dire, je ne suis pas vraiment ce que l'on peut appeler une femme oisive. Je tiens de mon ancien mari une petite entreprise de fabrication de machines à vapeur que j'ai faite fructifier. Au début, son influence se limitait à Southampton mais aujourd'hui, nous sommes presque seuls sur le marché. C'est quelque chose qui me passionne et je dessine et améliore moi-même tous les modèles. Je ne supporte pas de ne pas me retrousser les manches. De plus, l'économie est un domaine fascinant qui m'a permit de m'élever socialement. Bien sûr, il arrive que je laisse mon bureau pour ma bibliothèque ou que je me rende au théâtre ou à l'opéra... Et vous, en dehors de votre emploi de clerc, avez-vous des passe-temps ou des projets ?


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:55, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Mer 13 Juin - 3:09

Oui, Johansen était las. Il était fatigué de sa dernière nuit, fatigué de sa lutte pour tenter de maitriser sa première entité. Physiquement, il avait quelques difficultés à s'adapter à son mode de vie de plus en plus décalé. Il rêvait d'une nuit tranquille, sans pensées, dans le noir et le confort.
Encore un égarement de sa conscience. A force de songer aux biens dont il ne pouvait jouir, il finirait par s'éloigner du droit chemin.

Sur le banc, il reposait ses jambes lourdes. Il sentait, à travers ses vêtements austères de clerc, la dureté et la froideur de la pierre. Le cloître commençait à prendre un air de cimetière. La brume s'insinuait entre les herbes glacées où la rosée se figeait au fil des heures.

Johansen fut heureux, au fond, que la jeune femme l'écoute sans dire mot. Puis il accepta, d'un coup léger de la tête, sa demande: oui, elle pouvait s'asseoir à côté de lui. Il n'était pas prudent au point de laisser une lady debout alors qu'il était lui-même assis. Cependant, il prit garde à lui laisser de la place de telle manière qu'ils restaient à distance respectable. Tête baissée, son regard fixa un instant les ondulations du bas de sa robe. Un beau ballet de tissu, certes. L'art pouvait se trouver partout.
Nouvel écart de conduite spirituelle...Johansen se renfrogna.

La jeune femme lui parlait désormais avec calme et sérénité. La conversation avait pris une nouvelle tournure. Le clerc évitait de la regarder, se contentant d'observer l'herbe devant eux ou les fondements du cloitre. La Vampire semblait le considérer comme un religieux à part, comme un homme moins acerbe que tout ceux qu'elle avait rencontré dans cette profession. Une bonne chose finalement. Mais aussi peut être un soupçon d'hypocrisie. Johansen ne s'en souciait plus. Il savourait l'air frais et remuait de sombres pensées personnelles. La mélancolie le reprenait.

La belle lui expliqua alors sa nature véritable. Elle était différentes des autres Vampires, c'était une femme née autrement que par morsure.
A cette affirmation, Johansen se concentra et tourna son regard vers elle
.

- Que voulez-vous dire?

Il garda un moment les sourcils froncés. Il ne comprenait pas. Comment une Vampire pouvait-elle naître sans morsure? Elle devait boire du sang de Vampire après avoir été...tuée...oui...C'est ce qu'il avait toujours pensé et lu.
Puis elle parla de sa nutrition. Elle prenait des médicaments spéciaux qui permettaient aux siens d'éviter de boire du sang humain. Quelle était cette invention? Johansen n'en avait jamais entendu parler. Si cela avait existé, il serait au courant, ou du moins le procédé aurait déjà été exploité pour stopper les « crimes » de ces êtres nocturnes. A moins que cela ne soit pas très répandu, elle lui mentait, il n'y avait pas d'autre possibilité.


- Vous n'avez...jamais tué?

Son regard se perdit à nouveaux dans l'herbe. Que fallait-il croire? Si tout cela était vrai, il était alors l'homme le plus heureux du monde! La race des Vampires pouvait être sauvée! Mais cela était un rêve. Un doux rêve de réconciliation et d'harmonie. Une utopie.
Le Lycan hésitait. Après tout, il avait vu tellement de choses étranges...Pourquoi ne pas croire pareille révélation? Finalement, si cela avait été un vulgaire mensonge, il aurait été si disproportionné que cela aurait été ridicule. Peut être disait-elle réellement la vérité? C'était son avis.

Eladen se réveilla. Le loup lui chuchota alors sa théorie: elle mentait, c'était une démone qui profitait de son désarroi spirituel pour s'approcher de lui.
Le Lycan ignora son entité. Chose qu'il n'aurait pas dû faire. Eladen allait encore lui résister longtemps aux vues de leur entente avortée. Mais le clerc était trop las et curieux pour laisser son entité prendre le contrôle de sa pensée. Il l'écarta aussitôt.

Johansen soupira.
Il écouta la jeune femme répondre à sa question. Elle travaillait dans une entreprise qui fabriquait des machines à vapeur. Le Lycan releva la tête et eut l'air surpris.


- La Stephenson compagnie? Demanda-t-il soudainement.

Il connaissait la compagnie de réputation. Il s'intéressait un peu à toutes ces nouvelles technologies même s'il restait rétrograde, au fond. Car si la religion ne cautionnait pas l'évolution matérielle de l'homme, afin d'éviter qu'il ne s'amuse avec des Tours de Babel, lui le cautionnait plus ou moins. Il était impressionné par les progrès humains et il attendait d'ailleurs avec ferveur l'arrivée des premiers trains à Londres. La chose était dans toutes les discussions techniques des salons. Il était au courant via l'Église et les fidèles qui venaient se confier. Tout cela le fascinait malgré lui.

Johansen posa son oeil gris dans ceux de la jeune femme.


- Vous voulez dire que vous êtes l'héritière de cette compagnie?

Cette information venait de le détourner de la nature vampirique de Chastity. Un simili de sourire traversa son visage comme sa cicatrice balafrait son oeil droit. Puis il détourna à nouveau le regard et se tourna un peu, comme pour éviter une brûlure. Il baissa à nouveau la tête et joignit ses mains sous son menton.

- Une belle compagnie...Soupira-t-il. J'aimerai visiter vos locaux un jour...Mais je sais que ce n'est guère possible. Peut-être un jour...

Puis il se souvint que la Vampire venait de lui retourner sa question. Il réfléchit un instant et la grisaille revint saisir son coeur.

- Mes « loisirs »...commença-t-il avec amertume, se réduisent à la lecture sainte et aux promenades nocturnes...comme ce soir...Je n'ai...pas de vie.

Son ton était clairement mélancolique.
En soit Johansen disait vrai. Il ne vivait que pour l'Église depuis sa naissance. Il n'avait rien accompli, il n'avait rien inventé, rien sauvé à part quelques âmes, rien aimé à part Eladen son entité totem...Sa vie était faite de néant, de déplaisirs, de sobriété.


- Je suis un clerc...Tout ce qu'il y a de plus mortel...Cela résume assez bien ma vie. Mais...cette vie...me plait.

C'était faux et son ton traînant en disait long. Johansen traînait avec lui un mal de vivre incommensurablement tenace. Rejeté des siens, il avait erré en solitaire et était devenu un ermite sans foyer, sans famille, sans passé précis. Il n'avait rien à raconter.

- J'ai bien peur, Mademoiselle Stephenson, que vous ne vous ennuyiez avec moi...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Ven 15 Juin - 20:33

En parlant, Chastity fixait la voûte céleste, constellée d'étoiles brillantes et aussi pâles que sa peau. Elle adorait la nuit. Non pas à cause de sa nature vampirique mais parce qu'à ce moment de la journée, l'éther se parait de ses plus beaux diamants pour éclairer Londres. Chaque étoile avait son importance, chacune avait sa place dans une constellation et contribuait à la beauté de cet instant. Le soleil n'obscurcissait pas tout et ne régnait pas en maître absolu sur les astres... Oui, la nuit était un moment idéal pour sortir.

Elle sourit quand elle se rendit compte de l'air plutôt effaré de Johansen. Allons, bon, voilà qu'elle allait devoir lui expliquer toutes les subtilités de la transformation en créature de la nuit. Comment pourrait-elle faire pour synthétiser... Après avoir inspiré et refoulé ses mauvais souvenirs, elle se tourna vers lui et lui expliqua patiemment la façon dont on l'avait changée.


- Eh bien... Comment dire... En réalité, pour transformer quelqu'un en vampire, il faut que le "père"Elle dessina des guillemets avec ses doigts.mène son futur nouveau né à l'article de la mort. C'est pour cela qu'il doit le mordre, le vidant ainsi de son sang, ce qui est une méthode radicale. Ensuite, il faut qu'il lui fasse boire son propre sang pour entamer la transformation. L'usage de la morsure est secondaire et n'intervient en rien dans la mutation.
Quant à moi... le scientifique dont je vous ai parlé tout à l'heure m'a blessée avec une dague pour que je me vide de mon sang, sans m'abîmer les organes vitaux. Il m'a ensuite soignée rapidement et m'a fait ingurgiter une fiole contenant du sang de vampire qu'il avait récupéré je ne sais où.


La jolie femme soupira, lissant soigneusement les plis de sa robe comme pour penser à autre chose. Elle revit cet homme qu'elle avait aimé comme une folle. Elle l'avait suivi, avait cru tout ce qu'il lui avait raconté. Elle s'était laissée séduire, elle s'était donnée à lui... Pour au final, se faire poignarder par derrière et servir de cobaye à un être sans coeur. Les humains étaient parfois bien plus cruels que les vampires.

Quand il voulut s'assurer qu'elle n'avait jamais tué, elle soupira à nouveau et se fit violence pour le regarder. Ce n'était pas des choses qu'elle aimait ressasser auprès des inconnus mais cette histoire datait de plus de 300 ans déjà... A quoi bon se lamenter sur son sort ? De toute façon, il y avait déjà bien longtemps qu'elle n'avait plus de larmes pour pleurer.


- Johansen, êtes-vous déjà tombé amoureux d'une femme ? Si oui, vous devez savoir ce que ça fait, cettre sensation de ne plus exister sans elle, de vouloir tout faire pour son bonheur, de l'accompagner dans toutes ses actions. Et si cette personne que vous avez placée sur un piédestal vous trahit, s'il s'avère qu'elle se sert de vous pour arriver à ses fins, qu'elle n'a jamais rien ressenti pour vous, qu'elle va jusqu'à vous retirer votre humanité pour satisfaire ses envies, n'auriez-vous pas soudain envie de la tuer ?Le ton de la jeune femme était devenu tendu et brûlant d'une amertume latente. Après une courte pause, elle reprit, plus calme, posée et maîtresse d'elle même. C'est ce qui m'est arrivé... Thomas... C'est la seule personne que j'ai tué en 330 ans d'existence. Il m'a volé mon humanité et brisé tout ce en quoi je croyais. Le meurtre, même lorsqu'il est fondé, est la pire des choses qu'un être vivant puisse commettre. Je me suis juré de ne plus jamais tuer, sauf si je suis gravement menacée.

Chastity resta calme après sa déclaration. Elle jouerait cartes sur tables avec cet homme si étrange. Tout ce qu'elle lui racontait était vrai. Le mensonge l'exaspérait autant que l'hypocrisie. Il sembla un moment en plein dialogue intérieur, comme si... Quelqu'un lui parlait. C'était très fugace et elle l'avait perçu extrêmement faiblement. Peut-être s'agissait-il d'une de ce que les Lycans appelaient leurs "entités" ?

Elle espérait sincèrement que l'homme ne la verrait pas comme une succube dégoulinante de mal, malgré ce qu'elle avait fait. Elle savait qu'elle avait sa part de responsabilité dans l'histoire. Si seulement elle avait écouté ses parents, bien des années plutôt... Mais c'était trop tard. Ils étaient morts depuis longtemps maintenant et sa soeur était morte en couche, entraînant avec elle son petit garçon. Elle ne savait pas non plus ce que ses frères étaient devenus. Peut-être s'étaient-ils mariés et avaient-ils eu des enfants qui eurent à leur tout des enfants... Il faudrait qu'elle fasse des recherches discrètement, un jour.


Elle se sentit flattée de l'enthousiasme de Johansen quand elle mentionna son entreprise. Son regard gris si sévère se darda sur elle et elle lui répondit avec un aimable sourire.

- Oui, c'est exact, il s'agit de ma compagnie. Mais je n'en suis pas l'héritière à proprement parler. Il y a un peu plus de trente ans, j'ai épousé un vieil homme fortuné et sans enfants qui possédait une petite usine. La plupart des gens m'ont prise pour une opportuniste mais en réalité, cet homme avait des connaissances monumentales en matière de physique et mécanique. Il cherchait juste quelqu'un d'assez tolérant avec qui il aurait pu finir sa vie... Je lui ai donc prodigué soins, affection et amitié en échange de ses précieux enseignements. C'était un ami très cher à mon coeur et, à sa mort, j'ai appris qu'il avait modifié son testament en ma faveur. Son frère cadet m'en a voulu mais il n'a rien pu faire. J'ai donc repris la petite usine et je l'ai améliorée. De fil en aiguille, nous nous sommes étendus très loin. J'ai racheté des compagnies en faillite et j'ai étudié la bourse pendant des mois pour arriver à ce résultat. J'ai fait beaucoup de jaloux mais je pense que si l'on possède la motivation et les connaissances nécessaires, on peut très bien s'en sortir.

La jeune femme esquissa un sourire tranquille à l'adresse du clerc qui détourna progressivement son regard, comme si cela avait été inconvenant de la fixer... ou plutôt comme s'il avait peur de la punition divine pour avoir posé les yeux sur une vampire aussi sympathique et dénuée de cruauté qu'elle pouvait être. Quand il extériorisa son souhait de visiter les locaux de son usine, elle pensa qu'elle pourrait peut-être l'y emmener un jour... Ou bien lui offrir un billet de train pour le bord de mer. Elle réglerait les détails de la venue de l'homme dans la maison mère par voie épistolaire et elle prendrait en charge les frais de voyage. Ou bien, elle pouvait venir avec lui et lui faire la visite elle-même... Tout dépendrait de ce qu'il préférait.

- Si vous voulez, c'est avec plaisir que je vous ferait visiter notre usine de Londres... Ou alors, si le coeur vous en dit, je vous emmènerait découvrir notre maison-mère à Southampton. Qu'en dites-vous ?

Le ton qu'employa le clerc pour parler de son absence totale de loisirs lui fit mal au coeur. Comment pouvait-on vivre de cette manière sans se rebeller ? Elle était persuadée qu'il lui mentait quand il disait que cette vie d'ascète lui plaisait. C'était tout bonnement impossible ! L'ennui était la pire chose qui puisse arriver à un être humain normalement constitué. Elle jaugea rapidement son âge. Il devait avoir autour de trente-cinq ans. Il devait être très courageux pour avoir vécu tout ce temps sans la moindre distraction !

- Vous savez, il vaut mieux s'ennuyer à deux que seul. Personnellement, je ne pense pas que celui que vous appelez Dieu veuille que vous passiez votre vie à le prier au détriment de vos loisirs. S'il est aussi aimant que ce que les livres disent, il peut comprendre que ses enfants aient envie de pouvoir se distraire, non ? Je pense que l'on peut très bien consacrer sa vie au Seigneur tout en se distrayant régulièrement. De plus, contrairement aux prêtres de l'Eglise catholique de Rome, les serviteurs de l'Eglise anglicane ont le droit de se marier et d'avoir des enfants, ce qui peut être un genre de distraction en soi... Vous n'y avez jamais pensé ?






Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Ven 22 Juin - 19:38

Johansen avait écouté Chastity avec recueillement. Il ne l'avait absolument pas interrompu à chaque fois qu'elle avait pris la parole. La laissant parler vivement, il bu chaque parole comme un assoiffé. En soit, Johansen ne rencontrait pas beaucoup de personne, ou du moins ne discutait-il pas avec celles qu'il croisait. Son air macabre y était pour quelque chose mais sa voix, sa manière sèche de parler et son ton pessimiste n'aidaient pas non plus. Sa solitude et son indépendance étaient un frein pour sa sociabilité. Son métier de clerc également. Froid, distant, lugubre, il n'avait jamais tenté de sympathiser avec quelqu'un. Son dur passé jouait sur son humeur. Ses échecs lui avaient laissés bien plus que des marques physiques...

Lorsque la Vampire évoqua son passé à elle, son amour perdu, la traitrise, l'expérience sanglante, les vraies conditions de sa nature, Johansen fut écœuré. Sa vision des hommes était déjà très négative sur de nombreux point, même s'il mettait toutes les créatures au même niveau de folie, mais cette histoire faisait vraiment froid dans le dos.
Le clerc se tue. Restant silencieux comme une tombe, son regard resta perdu dans les herbes glacées à ses pieds. Il se retint d'exploser. Comment pouvait-on ainsi massacrer une vie pour en créer une autre sur fond d'égoïsme? C'était un acte odieux, perpétré par un homme, autant dire par un être ignorant des lois de la nativité. Johansen avait cette admiration pour les femmes, ces offreuses de vie, mais sa personnalité et son passé dénudé de toute compagnie féminine lui en avait peut-être laissé un tableau trop idéaliste, chose qui allait à l'encontre de ses principes religieux. Car si Johansen avait apprit que la femme était l'origine du péché et s'il avait toute sa vie évité sa présence par pure appréhension et par principes rigides, sa vision personnelle en avait toujours été plus belle que toutes celles que ces écrits tentaient de lui faire assimiler. Cet acte, donc, allait contre tout ce qu'il croyait. Même les Vampires ne transmettaient pas leurs "dons" à n'importe qui n'importe comment, il le savait.
Que ce soit un "père" ou une "mère", la vampirisation était codée. Ce scientifique avait joué avec la vie sans se préoccuper d'aucune éthique. C'était...


- Abominable...murmura-t-il dans un souffle, l'air abattu.

Ce fut tout ce qu'il dit à ce sujet. Préférant rester muet pour éviter d'exprimer ses sombres pensées. Il resta muré dans un silence de dégoût et de mépris pour son ancien amant. La pauvre...Il la plaignait. Il prierait pour elle. Pour son âme, si les Vampires en avait une (de cela il restait persuadé), pour sa conscience et sa sérénité. Elle le méritait.
Oui elle avait tué. Une seule fois: cet homme infâme. Pouvait-on lui en vouloir? Dieu devait-il la punir et la rejeter de son sein? Johansen ne connaissait pas la réponse, nul ne pouvait savoir quel jugement le Tout Puissant réservait aux morts.

Le clerc songea alors à cette légende qui donnait pour immortels les Vampires. Était-ce vrai? Non c'était tout bonnement impossible. Ces derniers se faisaient tuer, se suicidaient ou mourraient forcément un jour de vieillesse. Le corps n'était pas fait pour accepter la vie éternelle. Seuls les saints et les Anges étaient faits pour cette vie.
Il prierait donc pour elle. Comme pour beaucoup d'autres malmenés par autrui.

La discussion vira sur l'entreprise de la jeune femme. Johansen avait ainsi réussi à esquiver la question de l'amour et de sa conception de la chose. Il fut heureux que la Vampire soit aussi enthousiaste que lui au sujet des machines à vapeur et de son entreprise.
Il l'écouta donc parler de son héritage, de ce vieil homme qui l'avait mise sur son testament. C'était certain que dans la société ce genre de chose était mal vu. Chastity avait en effet due passer pour une fille intéressée uniquement pas l'entreprise mais à l'entendre elle l'avait beaucoup apprécié, comme ami, et l'avait aidé à finir sa vie de manière heureuse. Que fallait-il croire? Elle semblait sincère. Et Johansen voulait partir du principe qu'elle l'était depuis qu'elle lui avait révélé son nom.


- Hé bien, fit-il à cette nouvelle, c'est une histoire peu banale. Une Vampire avec un vieil homme, le tout dans un contexte d'héritage et de machines à vapeurs...Socialement parlant vous avez en effet dû faire scandale...Mais vous me semblez sincère et d'ailleurs je ne compte pas vous juger, ce n'est pas mon rôle ce soir.

Oui, ce soir il lui fallait enlever sa robe de clerc pour endosser celui de l'homme. Cette femme le troublait plus qu'il ne voulait bien se l'avouer. Elle lui inspirait finalement confiance et il commençait à apprécier sa compagnie en matière de discussion. Elle était animée, très belle aussi mais cela il tentait de l'oublier. Sa voix était claire. Ces gestes étaient sereins.

- Vous êtes une femmes fortes, Mademoiselle Stephenson, fit-il enfin. Tenir une pareille entreprise, étudier la bourse et s'en sortir comme vous avez fait, c'est une chose!

A chaque fois qu'il relevait la tête vers la jeune femme, Johansen esquivait son regard et détournait le sien. Il était gêné. Jamais encore il n'avait été aussi proche d'une inconnue. Il avait déjà pratiqué la confession mais le mur de bois du parloir était suffisant pour le rassurer. Ici, dehors, cette nuit, cette jeune femme réveillait en lui une dose de timidité. Elle avait épousé l'homme il y avait trente ans, cela confirmait la jeunesse éternelle des Vampire, elle ne faisait absolument pas son âge réel. D'ailleurs, quel était ce dernier? Une question à ne pas poser...Johansen se retint.

Puis Chastity proposa de lui faire visiter l'entreprise. Le clerc lui sourit les yeux brillants:


- Est-ce donc possible? Vous êtes sûre? Ce serait avec joie, mademoiselle. Votre usine de Londres serait déjà une belle surprise. Je n'oserai vous importuner jusque Southampton...

Puis il détourna son regard. Il était ravi. Un sourire restait sur son visage. C'était tellement peu habituel que les joues du clerc semblaient avoir quelques difficultés à conserver cette expression de bonheur.
La Vampire voulu alors en savoir un peu plus sur lui et la discussion revint à la question féminine. Johansen déchanta et son sourire disparu.

"S'ennuyer à deux?"

Il soupira. Qu'allait-il bien pouvoir lui répondre? Il ne voulait pas lui être désagréable mais cette question le retournait beaucoup. Lui-même ne se l'expliquait pas. Elle parlai de distractions, de loisirs, de femme, d'enfants...c'était trop pour lui.
Il se leva doucement et se mit à marcher dans l'herbe fraiche du cloître en se massant la nuque. Plein de gêne, il tenta de lui répondre avec courtoisie.

- Je ne sais pas...Je ne sais pas...Mademoiselle...

Il s'éloigna, revint, commençait à ouvrir la bouche, la refermait. Il était perdu. Puis il s'arrêta, soupira, leva la tête vers le ciel pour observer la lune.

- Dieu ne nous prive pas de loisirs, il nous incite à la solitude sur terre puisque nous ne sommes finalement jamais seuls, Lui étant là, au-dessus de nous, pour nous suivre. Mais Dieu accepte aussi la famille...l'amour...Comme vous dites...

Il se tourna vers Chastity et soupira.

- Je ne me l'explique pas. Je n'ai...jamais...fréquenté de femme.

Avait-il peur? C'était certain. Peur d'être à nouveau déçu par autrui? Peur de l'attachement? Peur de la vie?

Artz se réveilla. Il avait sentit son ami à la dérive. Il lui parla doucement.

*Tu va lui faire peur à force...*

Seul Eladen comprenait le fond de la pensée de Johansen. Lui seul savait ce qui clochait chez le clerc. Et c'était la raison de leur distance, de leurs disputes, de leur dissonance dans l'harmonie lycanthropique. Et c'était pour cela qu'il laissait Artz lui parler: lui, il ne le voulait pas.

Lorsqu'il entendit son entité lui parler, Johansen tiqua. Il tenta de le faire fuir mais Artz comptait bien l'aider maintenant. Il fallait que cette discussion cesse avant qu'il ne devienne encore plus sombre.


- Je...c'est peut-être un sujet à éviter. Fit le clerc avec une grimace.

Il s'éloigna encore, comme pour s'isoler. Il s'appuya sur une des colonnades du cloître, comme pour réfléchir. Puis il revint vers Chastity.

- Aimez-vous...les ours...Mademoiselle Stephenson? Est-ce une créature que vous jugeriez dangereuse, ou effrayante? Quel est votre avis sur cet animal?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Sam 23 Juin - 11:25

Chastity ne pensait pas à mal quand elle évoqua le mariage, la famille... Elle voulait simplement donner des pistes à cet humain qu'elle appréciait assez pour éviter qu'il ne passe sa vie tout seul. Quand il se leva et commença à marcher dans le cloître, elle se mordilla la lèvre, se sentant soudain coupable d'avoir commis une bourde quasiment irréparable. Il lui répondit qu'il ne savait pas... Il s'efforçait d'être poli avec elle. L'avait-elle vexé ? L'avait-elle dégoûtée ? Elle n'en savait rien. Elle se leva à son tour et le regarda en lissant calmement les plis de sa robe. Elle n'aimait pas vraiment les malentendus et répugnait à devoir s'expliquer quand ceux-ci arrivaient. Mais c'était là le devoir de toute femme de la bonne société que de savoir se rattraper. Pour se motiver, elle prit cela plus comme un défi. Oui, c'était cela. Elle se défiait de faire sourire et calmer Johansen.

- Je crois que nous nous sommes mal compris. Vous savez, l'ennui est mon pain quotidien. L'Eternité est longue à tenir. Enfin... je ne sais même pas pourquoi je vous parle de ça. Mais n'allez pas penser que mes paroles avaient pour but de vous inciter à aller vers les femmes, loin de moi cette idée.

Elle se tut et le regarda déambuler lentement, respirant l'air nocturne de Londres. Quelle heure était-il ? Peut-être minuit moins le quart... Elle avait cru entendre sonner un carillon dans le lointain. Décidément, ce clerc l'amusait de part ses manières et sa gêne si particulières. C'en était presque... attendrissant. Elle pensa qu'il aurait pu être beau si ses cheveux avaient été mieux entretenus et si cette cicatrice qui barrait son oeil n'avait pas été là. Malgré tout, elle trouva qu'il était doté d'un certain charme, assez étrange. Mais ce n'était pas le genre d'homme avec qui elle aurait aimé avoir une relation amoureuse. Il était un peu trop à cheval sur les principes de la Religion pour elle.

Il lui confia alors qu'il n'avait jamais fréquenté de femmes. Elle faillit lui répondre qu'il y avait un début à tout mais elle pensa qu'il le prendrait mal.

- Il n'y a pas de mal à ça, ce n'est pas quelque chose de honteux... Je comprend votre situation.

Elle ne s'épancha pas plus. Chastity avait mené une vie très dissolue à ce niveau là. Après la mort de Thomas, elle avait passé une bonne centaine d'années dans son manoir à parcourir les grimoires, coupée du monde. Puis, elle était ressortie et avait séduit beaucoup d'hommes influents, peut-être pour se consoler de son amour perdu. Mais au fil des années, son coeur s'était glacé et racorni, pour n'être plus qu'un bloc de terre cuite fendillé. Néanmoins, elle n'avait eu aucune relation pendant son mariage et cela faisait maintenant 50 ans qu'elle n'avait plus senti le corps d'un homme contre le sien. Une vie en totale contradiction avec son prénom, à vrai dire...

Quand l'homme lui confia que c'était un sujet à éviter, elle le comprit parfaitement et n'ajouta rien, se contentant de hocher la tête pour lui montrer son assentiment. Il s'appuya contre les pierres de l'édifice puis revint vers elle en la questionnant sur les ours.


- Et bien... Un jour, j'ai vu un ours lors d'un voyage dans les alpes. C'était une femelle qui s'occupait de son petit. Je dois avouer que le spectacle était des plus attendrissants. Il y avait également un ours empaillé dans le manoir de mon défunt mari. Je ne supportait pas ça. Je ne peut pas concevoir qu'un être qui a été vivant puisse se retrouver à l'état d'objet de décoration, voire même d'objet tout court. C'est pour cela que je ne porte jamais de manteaux de fourrure... C'est un peu comme si on se baladait en ville avec une dépouille sur le dos. En fait, les animaux ne me font pas peur. A partir du moment où on les respecte et qu'on les laisse tranquilles, ils font de même avec nous. Pour moi, l'ours est un animal qui m'inspire la force et en même temps une certaine douceur... Pourquoi ctte question ?

Chastity se demanda alors si l'une des entités de ce Lycan était un ours. Après tout, pourquoi pas ? C'était fort plausible et cela ne l'étonnerait qu'à moitié. Il voulait peut-être la tester... A moins que... il n'allait quand même pas se transformer sous ses yeux et chercher à l'attaquer tout de même ?! Non. Elle ne pensait pas qu'il ferait ça. Il était quand même assez gentil et elle n'avait pas chercher à le blesser... Il devait avoir envie de connaître simplement son avis sur la question.


- Je suppose que vous aimez les ours, Mr Oso. Et qu'en est-il des autres animaux ? Quels sont ceux que vous préférez ? Je dois avouer que j'ai un faible pour les écureuils. Ils sont vifs et intelligents et il est très dur de les observer. La façon qu'ils ont de se nourrir est également fascinante... Par contre, je déteste les chats. Ce sont des animaux vicieux qui ne viennent nous voir que lorsqu'ils ont faim ou qu'ils sont en manque de caresses. Je ne supporte pas de m'occuper d'êtres qui ne me montrent pas un minimum de gratitude. C'est pour cela que je préfère les chiens. Ils sont beaucoup plus affectueux et leur fidélité à l'égard de leur maître est à toute épreuve...

La jeune femme alla se rasseoir sur le banc et croisa sagement ses mains sur ses genoux. Il était rare qu'elle parle autant avec un inconnu mais cela ne lui déplaisait pas. Elle avait eu ce qu'elle voulait, à savoir de la distraction. Et cet homme ne la voyait plus vraiment comme une abomination ou comme une vile pécheresse vouée à l'enfer.

Un souffle de vent humide passa et agaça les feuilles des arbres dans un discret bruissement, semblable à celui de la robe de Chastity. Dehors, une couverture grise recouvrait une Londres frissonnante en ce mois pluvieux. Les cheminées crachaient leur fumée noire de charbon et les allumeurs de réverbères rentraient enfin chez eux, tout endoloris qu'ils étaient par le froid. Elle soupira. Peut-être qu'en ce moment même, quelque malheureux se faisait vider de son sang dans un coupe-gorge, peut-être qu'à cet instant, un nouvel être voyait le jour... La machine infernale de la vie avait des engrenages si complexes que même cette femme savante ne pouvait les comprendre. Les hommes naissaient, grandissaient, s'aimaient, donnaient la vie et mourraient, depuis la création du monde. Rien n'avait jamais pu perturber cet ordre des choses. Aucun grain de sable n'avait pu arrêter ce mécanisme si bien huilé... Le plus grand mystère qui pouvait exister se présentait constamment sous ses yeux et elle ne pouvait le résoudre. Une fine bruine qui se changea bientôt en pluie sortit la jeune femme de ses pensées. Elle ne rabattit pas son capuchon sur elle, se souciant bien peu d'être trempée.




Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Sam 30 Juin - 16:20

L'éternité...Oui, Johansen y avait souvent songé. Dans sa quête de quiétude spirituelle, il avait souvent pensé à ces créatures, ces Vampires, qui avaient pour eux cette soit-disant immortalité. Il n'y croyait pas. Il était persuadé qu'ils vivaient plus longtemps mais qu'ils étaient voués, comme toute créature sur cette terre, à la mort. Mais cette longévité indiscutable, il y avait longtemps consacré ses idées. Cela valait-il la peine ? Fallait-il leur envier ce ''don'' ? Que ressentait-on lorsque l'on voyait autour de soi les autres mourir ? Quelles sensations une vie de plusieurs siècles laissait-elle à l'esprit ? Cela devait être difficile, oui. Et Chastity lui confirmait ce soir.
Johansen ne répondit pas à ses confidences. Il ne savait pas comment lui assurer sa compréhension de la chose. Même s'il vieillissait au rythme des Humains il s'était souvent imaginé immortel, comme Le Tout Puissant, ou son fils. Et il en était toujours arrivé à la conclusion que, hormis au Paradis tant espéré, l'immortalité ne devait qu'être un lourd fardeau que le corps, cette enveloppe fragile, ne pourrait supporter. L'esprit, qui a indéniablement besoin de ce dernier, devait obligatoirement subir des lésions difficiles à comprendre ou à soigner.

Quant ce fut à lui de faire des confidences, la jeune femme n'hésita pas à lui dire qu'elle le comprenait. Que pouvait-elle comprendre ? L'abstinence volontaire...connaissait-elle ? Ce n'était pas une question qu'il pouvait poser. Au fond, Johansen se mit en colère, aidé d'Eladen, son entité lupine. La douleur ? La trahison ? L'amour interdit ? Connaissait-elle ? Non. Impossible. Pas à son échelle. Vu son beau visage, vu ses riches vêtement et son assurance, la jeune femme devait avoir eu un mari, des amants...D'ailleurs, oui, elle avait connu l'amour, elle venait de lui dire. La trahison aussi...Johansen se calma. Finalement il ne la connaissait pas encore réellement. Peut-être qu'ils se comprenaient au fond...

Lorsqu'il parla d'ours, la jeune femme eu l'air surpris. Quoi de plus normal dans pareille conversation ? Introduire ainsi cet animal en passant du coq à l'âne pouvait bien surprendre. Il voulait changer de sujet, c'était évident. Mais il avait aussi une sombre pensée qui l'avait amené à ce sujet. En soi, il savait que les Lycanthropes héritaient d'un second totem en totale adéquation avec leur caractère. Souvent il s'était posé la question : pourquoi un ours ? Pourquoi un pareil monstre de muscles, de poil et de dents ? Pourquoi un des plus gros représentants de cette race ? On donnait facilement aux ermites un peu rustres le surnom d'ours comme s'ils ne sortaient de leur caverne qui pour grogner et manger. En soi, Johansen se savait ermite, solitaire et quelque peu contrit, comme un ours blessé par la chasse dans les temps de jadis. Peut-être était-il réellement effrayant ? Ses cicatrices, son air sombre, sa mélancolie latente...oui, un ours...

Mais lorsque Chastity lui répondit, ce fut au clair d'avoir l'air surpris. Sa vision de l'animal était tout autre que celle qu'il s'était toujours vu attribué par lui même ou par les contes fabuleux. Tendresse, force, douceur...Finalement, Johansen se sentait revivre. En lui, Artz se gonflait un peu d'orgueil. Son hôte allait peut être enfin comprendre que sa présence n'était pas seulement là pour représenter de sombres aspects de sa personnalité.


- Je...Oui, répondit-il très perturbé, je les aime bien. Mais...j'en ai toujours eu une vision...négative. A vrai dire, je trouve qu'ils personnifient la solitude, la colère et la mélancolie. On en dit souvent du mal...On s'en servait au Moyen Âge pour montrer sa brutalité. On l'a souvent chassé.

Johansen ne répondit pas au pourquoi de sa question. Il resta muet, comme s'il avait oublié. La Vampire exposa alors ses avis sur les animaux en général. Elle était contre la fourrure portée à outrance par les nobles de cette société décatie et sans aucun respect pour la nature et ses biens. Elle était en parfaite adéquation avec ses propres pensées chamaniques. Cela réjouit le clerc quelque part.

- Oui, fit-il en s'approchant lentement pour se rasoir à côté d'elle. Les Humains ne respectent guère les créatures qu'ils considèrent comme inférieures à leur espèce.

Johansen était redevenu sombre. Oui, chasser les animaux pour leur peau était un acte qu'il qualifiait de ''barbare''. Il ne pouvait comprendre cette attitude. Même si l'on avait besoin de peaux, et à cette époque la question du besoin était depuis longtemps réglée, il ne pouvait imaginer que l'on puisse tuer pour ne pas manger.
Heureusement, Chastity dévia la conversation sur ses propres goûts. Johansen l'écouta attentivement. Cette femme commençait à le fasciner. Il avait si peu d'occasions de discuter ainsi...Elle aimait donc les écureuils, les chiens aussi, mais pas les chats. D'ailleurs, la description qu'elle fit des félins interpella le Lycan.


- Je...Je préfère les chats aux chiens, voyez-vous. Lui fit-il dans un sourire gêné. Ils sont plus souples, plus placides et tendres. J'aime leur forme, leur douceur et leurs drôles de manies. Mais l'analyse que vous en faites...me perturbe. Cela est vrai : le chat est moins fidèle que le chien, plus solitaire et peut être aussi sournois, oui. Il profite, en effet...

Il n'y avait jamais pensé. Artz riait en lui. Johansen n'était décidément pas doué pour la conversation et la moindre informations qui différait de ses propres pensées le remuait violemment. Maintenant qu'il y songeait, les chat étaient peut-être moins intéressants que les chiens...c'était à peser. Chastity avait les bons arguments.

- Vous avez peut-être raison, fit-il finalement après un silence repentant.

La pluie commença à tomber. Silencieuse, Chastity ne bougea pas. Le clerc, lui, s'inquiéta pour elle. Il se leva.


- Ne restons pas sous la pluie, allons sous les arcades du cloître, il doit y avoir un autre banc...

Johansen faillit tendre sa main à la Vampire mais il se retint. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être tactile, et relever ainsi une jeune femme tenait plus de la courtoisie de salon que de la religion. Le clerc s'éloigna donc après un sourire gêné, vérifiant que la jeune femme le suivait.
Il y avait en effet plusieurs bancs de pierre sous les arcades de l'édifice. Johansen se dirigea vers le plus près.


- Je ne sais pas si vous aimez la pluie, vous autres, les Vampires, je veux dire...fit maladroitement le clerc qui avait visiblement mal choisi ses mots. Elle ne me dérange pas sous mes formes animales, continua-t-il vivement. Mais la peau des Humains prend vite l'humidité et le froid...

Le clerc se tint près du banc. Il voulait attendre que la jeune femme s'assoit avant d'y prendre place à son tour, question de politesse.

- Venez-vous souvent dans ce genre de lieu ? Cette abbaye est habituellement bien surveillée. Je ne sais pas où sont les gardiens ce soir...

En soit, le clerc ne pu s'empêcher d'imaginer que la Vampire ai pu les dévorer. Après tout, c'était une femme qui se repaissait de sang humain, normalement, même si elle jurait le contraire. Le clerc ne savait que croire. Il était encore quelque peu méfiant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Dim 1 Juil - 15:33

Chastity ne put s'empêcher de sourire en voyant l'air perturbé de Johansen lorsqu'elle lui présenta son opinion sur les chats. A croire qu'il perdait ses moyens à chaque fois que l'avis de son interlocuteur divergeait du sien ! Elle se retint de rire. L'attitude de ce clerc avait quelque chose d'attachant. Après un silence, il admit qu'elle avait peut-être raison. Elle lui sourit franchement. Elle aimait bien cet humain en fait. Il était très distrayant.

- Tout dépend du point de vue duquel on se place... Je ne nie pas que les chats sont des animaux très beaux mais pour moi, les qualités de l'âme sont de loin bien plus importantes que l'apparence physique, qui n'est qu'une enveloppe destinée à disparaître un jour...

La pluie se fit plus drue et l'homme lui proposa d'aller sous les arcades. Docilement, elle se leva et se dirigea vers le banc à l'abri le plus proche. L'air sentait l'humidité et la terre fraîchement retournée... En passant, elle caressa les pierres du cloître. Oui... C'était là la véritable immortalité. Ces pierres étaient encore plus vieilles que le plus vieux des vampires connus, ce Comte Keï qui vivait dans l'ombre de la famille royale... Un jour, il finirait par disparaître, comme elle. Ils partiraient tous et ce monument continuera à se dresser au fil des siècles, inébranlable, merveille des hommes. Rien ne pouvait égaler l'immortalité de l'Histoire. Elle s'assit en lissant le bas de sa robe et Johansen fit de même. Elle constata qu'il l'avait laissée s'asseoir en premier. Il n'était donc pas totalement dénué de politesse... Le pauvre se démenait avec les mots pour essayer de faire passer ses idées de façon assez maladroite.

- Je vois ce que vous voulez dire... Vous savez, en dehors du fait que nous avons une vie plus longue que la normale et que nous sommes plus ou moins morts, nos sensations restent les mêmes que celles des humains. La pluie me fait le même effet qu'à vous. Mais cela ne me gêne pas vraiment...

La bourgeoise fut assez déstabilisée par la question du clerc. Sous-entendait-il par là qu'elle avait dévoré les gardiens ? Bizarrement, cette pensée, de par son absurdité, la fit sourire. Jamais elle ne se serait permise de toucher à la vie d'un homme qui ne lui avait rien fait. Mine de rien, elle avait des principes.

- Hm... Je dirais que, mis à part les cas exceptionnels comme ce soir, je ne met que très peu les pieds dans les églises et les cathédrales... Trop d'objets religieux à mon goût. Ce qui est plutôt dommage d'ailleurs, car les bâtiments en eux-même sont tous des chefs d'oeuvre d'architecture. Mais je ne pensais pas que cette abbaye était autant surveillée... Qui sait, je suis peut-être arrivée, par un heureux hasard, à passer entre les mailles du filet. A moins que les gardiens ne soient trop fatigués et ne m'aient pas vus... En tout cas, je vous assure que je n'ai touché à personne ici ! Je vous l'ai déjà dit, je ne me nourris pas de sang humain. Pour moi, un vampire qui se nourrit de cette manière est incapable de se dominer et, par conséquent, de maîtriser sa nature. Ce ne sont rien de plus que des animaux qui satisfont égoïstement leurs besoins.

Elle ne s'épancha pas plus sur la question. Chastity avait des opinions très arrêtées sur beaucoup de choses. Elle pouvait parfois passer pour une révolutionnaire imposant ses idées comme les seules recevables. C'était peut-être le cas. Mais elle savait trouver les arguments pour déstabiliser et prouver par a plus b qu'elle et elle seule avait raison. Elle avait beaucoup d'ennemis à cause de cela... Mais ce Lycan n'avait pas besoin de le savoir. Il la distrayait déjà bien, et elle se surprit à le trouver sympathique. Peut-être s'était-elle attachée à ce personnage si sauvage au fond... Johansen, de par ses manières et son caractère représentait un véritable mystère doublé d'un casse-tête qu'elle voulait désespérément comprendre dans les moindres détails. La chimie et la mécanique humaines l'avaient toujours fascinée au plus haut point.

- Pour en revenir aux ours... M'est avis que si vous avez cette vision de ces animaux, c'est parce qu'elle a été longtemps véhiculée, depuis le Moyen-Age, comme vous l'avez si justement remarqué. Et si nous renversions la question ? Peut-être que, parce qu'ils étaient rares et leur fourrure utile, les hommes les ont chassés. Plus tard, ces mêmes hommes donnèrent à cet animal une réputation de monstre féroce et sans coeur pour justifier ces massacres, ces chasses sans utilité et se donner bonne conscience. Pour se poser en sauveurs plutôt qu'en bouchers. Et de fil en aiguille, ce mensonge se transmet de générations en générations, créant ainsi un mythe de plus dans notre folklore... Un ours n'a rien de dangereux. Si un jour, vous avez la chance d'en voir un... Ne vous cachez pas et observez-le sans rien faire. Il finira par juger lui-même si vous êtes quelqu'un de bon ou de mauvais. En réalité... Peut-être que les animaux ont un meilleur sens de la justice que nous...

La jeune femme se tut un moment, n'ayant plus rien à dire. Elle se mit à crimsonouter le moment où le jour viendrait crever les nuages, l'obligeant à rentrer chez elle de toute urgence. Sa vie était parfois très contraignante... Mais elle serait toujours mieux lotie que les pauvres qui peuplaient l'est de la capitale. Ces pauvres gens, désignés par le hasard, ne connaîtraient jamais rien d'autre que la misère de cet endroit maudit, qui servait de garde-manger aux vampires qu'elle considérait comme décadents. Une certaine curiosité l'envahit soudain. Que ressentaient les vampires qui buvaient du sang humain ? Quelles sensations éprouvaient-ils ? Un frisson la parcourut. Peut-être qu'un jour elle essayerait... Mais ce jour serait le dernier de son existence. Celui où, trahie par tous, elle irait jusqu'à trahir elle-même ses convictions.

Elle essaya de faire dériver son esprit vers un sujet plus léger, espérant que le jour qu'elle imaginait ne viendrait jamais. Ou alors, le plus tard possible.


- J'aimerais que vous me parliez un peu de vous, si vous le voulez bien. Je me rend compte que je vous ai livré beaucoup de secrets sur mon existence, ce qui, soit dit en passant, m'étonne moi-même. Alors, maintenant, c'est à vous de parler. Je vous l'ai déjà dit non ? Je suis une grande curieuse...


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Lun 2 Juil - 13:08

Johansen fut heureux que la jeune femme le suive sous le cloître pour se mettre à l'abri. Il avait été quelque peu maladroit en évoquant sa race, mais Chastity ne releva pas son manque de tact. Le clerc lui en fut reconnaissant au-delà même de ce qu'il aurait pensé. En soit, il semblait qu'il voulait faire bonne impression. Etrange envie...

Tandis qu'ils allaient ensemble se réfugier sous les voûtes de pierres, Johansen continua au sujet des chats :


- Je...je suis d'accord...L'âme et le corps ne sont généralement pas liés, malgré certaines croyances et certains passages de la Bible.

Le Lycan eu l'impression qu'il blasphémait et c'était un fait puisqu'il remettait en cause les Saintes Ecritures. Cependant, le clerc avait oublié depuis longtemps cette idée que la beauté d'un visage reflétait absolument la pureté de l'âme ainsi que la laideur la méchanceté d'une personne. Pour lui, si le Diable pouvait prendre forme humaine et se dissimuler derrière un masque de beautés physiques, pourquoi l'innocence et la sagesse ne pourraient-elles pas se dissimuler derrière un aspect disgracieux ? D'ailleurs, s'il partait du principe que la beauté reflétait la noblesse d'une âme, lui-même serait sans doute placé au rang des traîtres et oiseaux de mauvais augures. Johansen se trouvait laid, c'était une des choses qui le rendait si timide et si distant.

Laissant la belle Vampire s'asseoir sur le banc, le clerc eut l'air de réfléchir un instant puis s'assied à ses côtés.


- Hé bien...On m'a dit que les Vampires ne pouvaient pas sentir le froid, tout comme ils sont insensibles aux maladies par exemple. Mais on ne m'a jamais dit qu'il ressentaient les choses comme nous. Je ne me suis jamais réellement posé la question avant ce soir, je dois bien vous l'avouer. En soit, je voulais surtout que vous ne soyez pas trempée...pour vos vêtements...vos cheveux...

Johansen baissa la tête. Qu'avait-il à la dévisager ainsi ? Etait-il devenu fou ? Il s'était assis trop près, oui, c'était une erreur. Lentement, le clerc fit mine de se frotter la tête et de gesticuler un peu pour finalement s'éloigner d'une bonne dizaine de centimètres. Il avait mal calculé son assise, il avait dépassé les limites de la bienséance, il en était maintenant certain. C'était un maladroit invétéré et il se maudissait pour cela.

Profitant des paroles de la jeune femme, Johansen voulu reprendre la conversation comme-si de rien n'était. Cependant, Chastity lui répondait quant aux gardiens. Il avait fait-là une bien plus terrible erreur. Il s'en rendit compte avec effroi.


- Oui...Non...je suis suis désolé, fit-il en passant une main tremblante dans ses propres cheveux. Je me suis mal exprimé, je m'en excuse. Je n'ai pas voulu dire que vous les aviez...

Un silence s'installa. Puis Johansen soupira et regarda enfin Chastity dans les yeux.

- Je suis un idiot. Un clerc méfiant comme un...ours...peut-être. Je ne voulais pas que vous le preniez ainsi. Je suis navré. Je vous crois, mademoiselle Stephenson, lorsque vous me dites que vous ne...mangez pas d'humains. J'ai eu tord d'y songer.

Oui, il la croyait finalement. Sinon, comment expliquer qu'il soit encore en vie ? Sa nature Lycanne la gênait-elle ? Non...Les Vampires pouvaient boire le sang des Lycans comme celui des humains puisque les Lycans étaient simplement porteurs d'un gène supplémentaire. Cela n'altérait pas le sang. Du moins c'était ce qu'il pensait. En soit il ne s'y connaissait pas. Peut-être qu'elle voulait simplement jouer avec lui et discuter avant de le dévorer ? Il n'y songeait plus. Cette Vampire était si courtoise, si agréable. Comment pouvait-on être si aimable pour poignarder ensuite ? Non...c'était un homme bien trop méfiant.

Johansen détacha son regard de Chastity pour reprendre sa position de songeur. Les mains ramenées l'une conte l'autre sur ses jambes, il baissa à nouveau la tête.


- Les gardiens doivent avoir quitté leurs postes pour aller rejoindre quelques filles...Cette abbaye est bien protégée d'habitude car elle regorge de reliques et c'est un endroit cher à la couronne. Mais peut-être est-ce un jour spécial, je ne sais pas. Enfin bon...temps qu'on n'y vole rien, même des livres noirs, je ne m'en soucie guère...

Faire allusion à la tentative d'effraction de la jeune femme n'allait pas lui attirer sa sympathie, il le savait bien, il avait encore parlé sans réfléchir. Même si ces paroles lui venaient du fond du cœur et qu'elles n'étaient évidemment pas là pour heurter la jeune femme mais simplement pour insister sur la morale à suivre, il était bien stupide de ramener cela dans la conversation. Johansen béguaya quelques excuses :

- Je...Enfin...vous comprenez...Je ne vous en veux pas...non...Ce n'est pas ce que je voulais dire...Le livre est faux de toute façon...et...je m'en fiche...

Artz tenta de le calmer :

*Tu est tendu comme un arc, Johansen, reste paisible, s'il te plait...Tu t'emballes et de ta bouche commençent à sortir des inepties. Cette femme ne te juge pas comme toi tu la juges...Ressens avec moi la tranquillité de l'atmosphère...Cesse de craindre chaque parole, chaque geste...*

La douce voix de l'ours fit ralentir le cœur du clerc. Il s'affolait, oui, c'était évident. Il avait peur de froisser la jeune femme. Il se contenta alors de se taire et d'écouter la jeune femme.
Il ne répondit pas à son avis sur les Vampires. Elle fit l'amalgamme des buveurs de sang et des animaux, cela ne lui plu pas et Artz lui-même se tu alors. En soit, ramener ainsi les tueurs à des bêtes était une image courante, cependant, pour un Lycanthrope et aux vues du contexte, cela pouvait devenir insultant. Mais Johansen fit comme s'il n'avait pas entendu. C'était lui le plus maladroit, il ne pouvait pas lui reprocher cette comparaison.

La belle enchaina alors sur les ours et sa vision ravie encore Johansen. Artz se mit à lui murmurer plus audiblement des chants du monde des esprits. La Vampire trouvait que c'était les hommes qui avaient fait de l'ours un tueur à leur place. La cruauté, la fourrure, les massacres...des boucs-emissaires. Oui...peut-être...
Johansen resta muet un instant. Puis la jeune femme lui demanda de parler un peu de lui. Elle avait raison, une fois de plus. Johansen lui avait fait raconter une partie de son passé douloureux sans même ébaucher le sien. Il lui avait dit qu'il n'avait rien fait d'intéressant dans sa vie, que c'était un simple clerc...mais en soit, elle venait de lui donner une nouvelle raison de parler de lui-même.


- Votre vision des ours et cette histoire de folklore me...me comble, mademoiselle Stephenson. Fit-il en tentant de ramener ses yeux dans les siens et de soutenir son regard, par politesse, pour vaincre sa timidité quelque peu gênante dans la conversation. Je...Je viens d'Australie, cet énorme bout de terre à l'autre bout du monde. Je n'ai pas...vraiment connu mes parents. J'ai apprit là-bas tout ce que je sais de la religion. Mon précepteur était dur mais...bon. Je n'ai eu que son...amour...jusqu'à ce que je décide de parcourir le monde en quête d'âmes à sauver.

Johansen tiquait. Il n'aimait pas parler de lui-même et se remémorer ce passé lugubre. Ces quelques mots réveilèrent Eladen qui se mit à grogner dans son esprit. Mais le clerc avait maintenant un but à la discussion et la perspective d'y arriver l'emplissait de courage.

- J'ai découvert ma nature lycanne avant de partir, reprit-il, mais j'ai appri à m'en accomoder qu'une fois mon long voyage entrepris. J'étais donc en pleine perte de mes moyens. Seul, jeune et agité, perturbé par mes entités, j'ai eu bien des difficultés à surmonter les épreuves d'un pareil périple. Mon visage en porte les marques...Mais me voilà en Angleterre ! Fit-il soudainement avec un sourire pour éviter le sujet. Me voilà ici, vivant et accroché à ma foi...

Johansen laissa son regard tomber dans le vide devant lui. Il n'évoqua pas plus son voyage, il n'en avait pas envie. C'était long, sans intérêt pour la jeune femme et trop sombre pour lui. Il voulait arriver à son sujet.


- Je ne sais pas si vous connaissez les pouvoirs des Lycans, Mademoiselle Stephenson ?

Il lui jeta un regard inquiet mais bien vite il reprit :

- Nous pouvons nous...hmm...transformer en loup et...En fait, s'interrompit-il, ce n'est pas vraiment une transformation...Nous laissons plutôt notre entité prendre le relais, physiquement, mais aussi un peu mentalement. Nous sommes toujours...trois en réalité.

Maintenant qu'il y songeait, Johansen trouvait que la nature lycanne était ce qui s'apparentait le plus à un délire de fou. Il fit une grimace gênée pour sourire et continua :

- Nous avons une entité lupine et une seconde, plus personnelle, ou du moins plus variée. Pour ma part...je ne sais pas si vous l'avez compris, c'est un ours.

Voilà, c'était dit. Chastity avait les réponses à sa question du ''pourquoi ?''. Il lui avait demandé son avis sur les ours pour avoir la possibilité de comparer un avis extérieur avec le sien.

- Votre vision de cet animal...fit-il en lui souriant, m'a un peu rassuré sur moi-même. Je vous en remercie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chastity E. Stephenson
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 30/05/2012
Nombre de messages : 50
Race : Vampire
Classe sociale : Haute Bourgeoisie
Emploi/loisirs : A la tête d'une grande entreprise spécialisée dans la production de machines à vapeur
Age : 330 ans
Age (apparence) : 25 ans
Proie(s) : Tous ceux qui essayeront d'attenter à sa vie.
Secte : Liée à la Camarilla de par ses idéaux mais se conduit comme une indépendante.
Clan : Toréadors
Lignée : Émissaires du Crâne
Rang Pyramidal : Premier (grâce à son érudition peu commune même au sein de sa communauté)
Crédit Avatar : Baioretto-Majo
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Mar 3 Juil - 12:12

Le Lycan s'installa plus près de Chastity que ce qu'elle avait envisagé. Finalement, peut-être essayait-il de se sentir plus en confiance... Cet homme avait les manies d'un chaton craintif qui venait juste de quitter le joug maternel. Sa façon de se comporter avec elle était assez ambiguë. Cela allait et venait, comme les vagues sur la mer. Il avoua qu'il ne voulait pas qu'elle se trempe et qu'elle abîme sa robe et ses cheveux. Une attention fort louable et sympathique, qui la fit sourire. Il la dévisagea longtemps puis s'écarta maladroitement, frottant sa nuque, trahissant sa gêne. La timidité de ce clerc l'amusait grandement. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas distraite comme cela, elle n'allait pas faire grand cas des écarts de bienséance d'un homme qui vivait seul et qui, de surcroît, n'avait pas beaucoup de confiance en lui-même.

- Ne vous en faites pas pour cela... Lui dit-elle avec un sourire fin. Votre attention me touche, c'est gentil de votre part...

Il ne pensait donc pas que les Vampires pouvaient éprouver des sentiments... Pourtant, c'était le cas. Bien que, la plupart du temps, c'étaient la haine et la jalousie qui les consumaient à petit feu. La jeune femme pensait que les vampires étaient jaloux des humains qu'ils tuaient. Ils étaient jaloux de leur mortalité et leur ôtaient la vie prématurément pour se persuader que leur nature vampirique leur conférait des pouvoirs bien plus enviables. Souvent, c'étaient les jeunes vampires qui ressentaient cela. Les plus vieux s'assagissaient dans le sens où ils se faisaient plus froids, mesquins et manipulateurs... Plus sadiques aussi, la plupart du temps. Chastity faisait partie de ceux-là. Elle ne tuait pas mais manipulait beaucoup de monde quand cela l'arrangeait. Elle était loin d'être une sainte mais elle avait un certain sens du bien et du mal, bien qu'au fond d'elle même, elle se savait capable des pires atrocités si elle se retrouvait sérieusement menacée. Prête à tout pour servir ses intérêts... Peut-être qu'au fond, elle n'avait aucune morale... Dieu seul le savait.

Pour briser ses pensées désagréables, elle fit remarquer à Johansen qu'elle n'avait pas pu tuer les gardiens puisqu'elle ne buvait pas de sang humain. Le clerc en parut tout chamboulé, comme s'il avait commis le pire des impairs. Il se décoiffa fébrilement, en proie à ses troubles et se confondit en excuses. Il alla même jusqu'à se traiter d'idiot à voix haute et se fustiger verbalement, comme pour expier sa faute. Chastity laissa alors échapper un rire clair comme de l'eau de roche et regarda le clerc avec un amusement non feint, mêlé à de la sympathie.


- Oh, je vous en prie, cessez donc de vous excuser pour tout ! Je ne suis nullement vexée... Vous parlez sans détour et sans réfléchir à la réaction de votre interlocuteur... Cette franchise est admirable. On rencontre tellement d'hypocrites en société... Cela change un peu. Surtout, ne vous braquez pas et restez comme vous êtes. Je comprends votre méfiance, qui est justifiée... Mais si vous aviez vraiment été une proie pour moi, il y a longtemps que j'en aurais fini avec vous.

Elle lui adressa un lumineux sourire et replaça une mèche de ses cheveux roux derrière son oreille. Elle se crimsonressa un peu et porta son regard vers le cloître, noyé par les intempéries. La nature était si belle après la pluie... Elle se souvenait encore des longues soirées passées dans le vieux château de la lande, dans la grande chambre du premier étage, alors qu'il pleuvait à verse dehors. La jeune humaine qu'elle était alors regardait l'eau couler depuis le lit, bien à l'abris sous les édcrimsonons, blottie dans les bras puissants de l'homme qui devait la poignarder et mettre fin à sa "vie"... En y repensant, le contact d'un homme lui manquait atrocement. La sensation d'être désirée aussi. Chastity avait renoncé à l'amour depuis des siècles mais le besoin physique restait. Néanmoins, elle était trop fière pour se donner au premier séducteur venu. Ses exigences plaçaient la barre très haut et nombre de prétendants s'étaient faits évincer en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire.

Johansen baissa la tête et se remit à parler. Il remarqua que les gardiens étaient sans doute allés prendre un peu de bon temps... Chastity ne pouvait vraiment les blâmer. S'occuper d'une église tous les jours devait s'avérer assommant, à force...
Il fit ensuite allusion au vol de la jeune femme. Enfin... Un vol qui ressemblait plutôt à un emprunt puisqu'elle était partie avec l'intention de le ramener une fois qu'elle l'aurait lu. Cela ne lui plut que moyennement. Elle pensait qu'ils étaient passés à autre chose... Une pointe de vexation s'immisça dans l'esprit ombrageux de la jeune femme. Le pauvre homme dût s'en rendre compte car il s'excusa avec encore plus de maladresse que les fois précédentes... Elle décida de le pardonner. Il l'avait déjà bien divertie et sa compagnie était apaisante. Peut-être était-ce dû à la présence de ses entités ? Elle n'en savait rien...

Il lui parla enfin de lui. Au vu de la manière dont il tiquait et butait sur les mots, son passé n'avait pas été très réjouissant non plus. Il venait donc d'Australie... C'était vraiment très loin, pour ne pas dire aux antipodes de l'Angleterre ! Devoir se contenter de l'affection d'un vieux religieux bourru pendant son enfance... Et puis, partir pour un long voyage... Tout cela devait avoir ébranlé sa jeune vie et terni sa vie d'adulte... Il confirma ses soupçons en poursuivant son récit. Elle n'enviait pas la vie de cet homme, si fragile, en fin de compte. Il avait eu une aussi piètre existence qu'elle, voire même pire.

Soudain, il lui demanda si elle connaissait les pouvoirs des Lycanthropes.


- Eh bien... J'ai dû lire un ouvrage sur le sujet mais il restait très mystérieux et évasif... Je n'en ai qu'une vague idée, à vrai dire. Je connais les principes fondamentaux qui régissent votre espèce mais quelques points restent encore obscurs...

La jeune femme se pencha alors en avant, très intéressée par ce que le clerc lui raconta. Ses soupçons se confirmaient... les Lycanthropes ne prenaient pas simplement l'apparence d'un animal totem... Ils la laissaient prendre les commandes. Ils étaient trois à vivre dans le même corps... Ces créatures étaient bien plus complexes que ce qu'elle pensait... Cette soirée était riche en surprises !

Johansen lui confia ensuite que sa seconde entité était un ours. C'était bien ce qu'elle pensait... Si la vision qu'elle avait des ours était exacte, ce clerc était donc un homme d'une grande tendresse avec des valeurs et un sens aigu de la justice, contrairement à ce qu'il voulait bien le croire. Et visiblement, il semblait rassuré par son point de vue, qu'elle avait déjà exposé plusieurs fois précédemment. Il avait besoin que quelqu'un lui ouvre les yeux sur les bons côtés de son être et le rassure. Cela la fit sourire...


- Vous ne devez pas avoir peur de vous, Mr. Oso. Vous êtes un homme bon, et je suis sûre que vous serez utiles à bon nombre d'âmes égarées dans cette ville. Nombreux sont les gens, indigents ou non, qui doutent d'eux et qui ont besoin de trouver leur voie en ce bas monde. Vous m'avez aussi éclairée sur certains points de ma personnalité et poussée à réfléchir... Je vous suis reconnaissante de cela.

Au dehors, l'air commençait à se réchauffer, elle le sentait. Et la luminosité augmentait petit à petit, bien qu'il fisse encore nuit. Il serait bientôt temps pour elle de partir... Elle ne voulait pas quitter cet homme dont la compagnie lui était agréable... Mais elle n'avait pas le choix. Elle se leva, faisant froufrouter les jupes de sa robe et sourit au clerc.

- Je vais devoir m'en aller... Le jour ne tardera pas à se lever. Mr Oso, votre compagnie m'a été très agréable et j'espère vous revoir un jour. Je vous ferai visiter mon entreprise si vous le désirez... Merci pour cette discussion des plus enrichissantes...

La jeune femme se retourna pour partir et fit quelques pas. Puis, elle s'arrêta et tourna la tête dans la direction de l'homme.

- Si un jour, vous croisez un vampire... Surtout ne baissez pas votre garde. Ils ne sont pas tous comme moi...

Sur ces mots, elle lui adressa un radieux sourire et lui adressa un signe de la main avant de réactiver son pouvoir d'invisibilité. Le bruit de ses talons disparut peu à peu et ne resta dans l'air que son délicat parfum de femme. Arrivée au dehors, la jeune femme reprit son apparence et héla un cab qui l'éloigna rapidement des grandes tours de l'abbaye.

[HRP/ Suite de Chastity au post L'Opéra (ou comment brûler un loup dans la chaufferie) /HRP]


Dernière édition par Chastity E. Stephenson le Jeu 9 Mai - 8:57, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Johansen Oso
Membre de l'Ombre
Date d'inscription : 09/03/2011
Nombre de messages : 23
Race : Lycanthrope
Classe sociale : Noble
Emploi/loisirs : Clerc
Age : 36 ans
Entité n°2 : Ours brun nommé Artz
MessageSujet: Re: La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen] Jeu 5 Juil - 17:18

Chastity était intriguée par les Lycanthropes. Mais elle n'y connaissait pas grand chose et même les livres éludaient de nombreuses questions sur le sujet. Très peu de gens avaient conscience qu'en un seul corps vivaient trois personnalités et quand bien même ils comprenaient cette particularité, ils ne saisissaient pas l'harmonie qui régissait ces esprits et ces corps. Car lorsque l'esprit de l'un prenait le dessus sur l'autre et que le corps changeait, cela ne voulait pas pour autant dire que le premier était effacé par le second. Les trois âmes conversaient toujours et l'une pouvait influencer l'autre. C'était là toute la difficulté de contenir ses entités. Johansen savait par exemple qu'Eladen était belliqueux au point qu'il lui insufflait parfois sa colère sans qu'il ne s'y attende, ce qui changeait considérablement son humeur.

Le belle Vampire semblait exaspéré par sa maladresse. Johansen en fut tout confondu. Mais il comprit bien vite qu'en réalité ce n'était pas tellement sa maladresse qui gênait Chastity mais bien son manque de confiance en lui qui le faisait toujours s'excuser outre mesure et qui le faisait bégayer. Le clerc baissa la tête puis soutint le regard de la jeune femme. Il fallait qu'il s'affirme, c'était un fait. Mais c'était aussi plus facile à dire qu'à faire. Il ne savait tellement pas s'y prendre avec les femmes ! Face à une Vampire, il était encore plus démuni. Il savait, et l'avait d'ailleurs souligné, qu'une telle créature s'ennuierait rapidement en sa présence. Sa vie, à côté de la sienne, était courte et son passé si peu utile à tenir une conversation...

Chastity le flatta quelque peu lorsqu'elle lui intima de rester tel qu'il était. Elle le voyait comme un homme bon et bienveillant. Pour elle il avait à tenir son rôle de berger tel qu'il l'avait conçu à la base. Mais il devait prendre confiance en lui et se rassurer quant à ses entités.

Johansen lui était fortement reconnaissant de ne pas l'avoir jugé hâtivement. Lui-même l'avait d'abord prise pour une voleuse, puis une buveuse de sang, sans chercher plus profondément. Heureusement leur conversation s'était peu à peu adoucie pour en arriver à ces douces paroles. Le clerc était heureux d'avoir trouvé une oreille attentive et surtout d'avoir eu la possibilité de dialoguer avec une de ces créatures si rarement coopératives.

- C'est moi qui vous remercie. Je n'ai fais que...m'attacher à de sombres sujets et vous m'avez redonné du baume au coeur.

Ses yeux tentaient de rester fixe. Il regardait régulièrement Chastity dans les yeux. Depuis sa dure réflexion au sujet de son attitude trop troublée, le clerc faisait des efforts pour reprendre assurance. Il avait peur de faire de nouveaux mauvais pas sociaux, il n'était pas très doué, mais il fallait qu'il se calme et prenne confiance.
De temps en temps ses yeux tombaient sur les vêtements de la belle. Elle était très bien habillée et sa robe lui allait à ravir. Il n'en dit mot, trop gêné par ses pensées quelque peu mondaines, mais il songea qu'il avait de la chance qu'une dame telle qu'elle s'intéresse un peu à lui et son histoire. C'était l'héritière d'une énorme entreprise, une femme forte et solide.

Mais bientôt la Vampire indiqua son désir de partir et Johansen ne su que dire pour la retenir. Il aurait voulu qu'elle reste plus longtemps auprès de lui. Cette conversation lui plaisait. Cela faisait des années qu'il n'avait pas eu de discussion avec quelqu'un de cette manière-là ! Il en était très perturbé. Mais retenir une jeune femme n'était absolument pas courtois. Aussi laissa-t-il la Vampire s'éloigner doucement.

Il se leva pour lui faire une courbette en signe d'au-revoir.


- Je serais ravi, oui, de visiter votre entreprise, lui confirma-t-il avant qu'elle ne s'en aille. Tout le plaisir est pour moi. Cette conversation m'a beaucoup apporté. Je loge à l'hôtel Albany sous mon véritable nom, Johansen Oso, vous n'aurez aucune difficulté à m'y adresser un message si vous le souhaitez.

La belle lui intima alors de ne pas baisser sa garde.

- Je...J'y songerais. Fit-il soudainement soucieux.

Chastity disparue.
Johansen se laissa tomber sur le banc. Il passa ses mains dans ses cheveux et resta ainsi, la tête dans ses mains. La pluie continuait à tomber dans un doux bruissement. Le clerc soupira. Cette soirée avait tournée bien différemment que ce à quoi il s'attendait en venant à l'abbaye. Lui qui cherchait la paix, lui qui était venu se désespérer dans les salles lugubres de Westminster, il avait finalement trouvé l'aventure. Il avait poursuivit cette femme, découvert sa nature Vampirique, exposé la sienne lycanne, et avait finalement discuté de l'entreprise des Stephenson, de son entité Artz, de ses peurs, un peu, de celles de la jeune femme...étrange soirée en réalité.

Il songea à tout ce qu'ils avaient évoqué. Il espérait maintenant de tout coeur la revoir pour échanger de nouvelles paroles. Il espérait aussi qu'elle le contacterait un jour dans son hôtel pour lui montrer son entreprise. C'était une rencontre vraiment intéressante.

Un oiseau vint se poser sur le bord de la toiture du cloître. Il poussa un paire de cris strident qui saluaient l'aurore annoncée par la soudaine clarté de la nuit. Johansen se rendit alors compte que le jour allait bientôt se lever. Combien de temps avaient-ils ainsi discuté ? Si longtemps ? C'était impressionnant. La Vampire avait dû partir pour éviter les rayons du soleil...
Il en fut heureux, finalement, ce n'était peut-être pas l'ennui qui l'avait poussée à le quitter.

Lentement, Johansen se redressa et se dirigea vers la sortie de l'abbaye. Il était temps qu'il rentre à l'hôtel. Les groom allaient se demander ce qu'il avait bien pu faire de sa nuit. Au fond, Johansen se fichait bien de leurs pensées. Il était clerc, aller de maison de passe à une autre n'était certainement pas dans ses habitudes...Ils pouvaient bien imaginer ce qu'ils voulaient, qui s'en souciait à cette heure ?

Le Lycan s'éloigna de l'abbaye et retourna donc dans les ruelles sombres. Il arriva à l'hôtel alors que le soleil brillait faiblement au-dessus des maisons. Il devait être 6h ou 7h du matin. Les oiseaux commençaient leurs rondes dans le ciel. La pluie avait cessée. Les nuages noirs s'écartaient lentement et se tintaient de rose.
Oui, ce fut une belle nuit. Johansen y songerait longtemps.


[HRP/ Fin du RP, je suis heureux d'avoir joué avec toi Chastity ! A une prochaine fois ! Suite de Johansen indéterminée/HRP]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

La curiosité est un vilain défaut... [PV Johansen]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» La curiosité est un vilain défaut [Nicolas de Ruzé]» La curiosité est un vilain défaut chère filleule [Fae]» [Défi] La curiosité est un vilain défaut...» La curiosité est un vilain défaut ! || PV Sapy» O1 - La curiosité est un vilain défaut. | Allyson [TERMINER]
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Ombre de Londres :: Whitehall et Westminster :: Abbaye de Westminster-