L'Ombre de Londres
Bienvenue à Londres!

La capitale entre dans le chaos: les Vampires complotent, les Hunters s'allient et s'organisent, les Alchimistes se réveillent doucement, les Lycanthropes s'assoupissent et les Loups-Garous recommencent à errer.

Citoyen de l'Ombre, te voilà revenu dans nos sombres ruelles...


Forum RPG - Londres au XIXème siècle. Incarnez Vampires, Loups-Garous, Lycanthropes, Homonculus, Chimères, Alchimistes, Hunter...et choisissez votre camp dans une ville où les apparences n'ont jamais été aussi trompeuses....
 
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Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42]

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Alastor Drake
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MessageSujet: Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42] Sam 29 Oct - 17:04

[HRP/ Suite au rp « De l'obscurité naît la lumière »/HRP]

Alastor marchait à grandes enjambées entre les rayonnages. D'un geste, il éteignait toutes les lampes qu'il croisait, sur les pupitres des étudiants qui avaient quitté les lieux des heures auparavant, sur les murs tapissés de rouge, sur les meubles mâts où traînaient encore quelques reliques d'un temps passé. Il fallait fermer les portes et se dépêcher : cette nuit serait différentes des autres nuits. Il y avait là une opportunité pour le Vampire de se débarrasser de son hôte et de lui sauver la vie qui ne se représenterait peut être plus.
Rapidement, la bibliothèque sombra ainsi dans l'obscurité. Seules les lueurs des lampadaires de la rue filtraient au travers des verrières et laissaient encore deviner quelques ombres. Alastor n'en avait pas besoin pour voir, évidemment, mais il appréciait tout de même cette demi-pénombre qui semblait veiller derrière lui sur les précieux ouvrages qu'il triait inlassablement chaque jour. Mais l'heure n'était pas à la poésie ni à la contemplation.
Bientôt son long manteau frôla les boiseries qui ouvraient sur le couloir en direction de son annexe personnelle, et sa main blanche déverrouilla l'accès à ses secrets.


- Monsieur ?

Le Vampire écarta un peu vivement sa secrétaire qui venait d'arriver à son niveau par son flanc droit et grogna sans s'arrêter:

- Pas maintenant Jézabel. Je vais sortir. Surveillez la bibliothèque. Et s'Il arrive, dites-lui que je serai de retour d'ici quelques heures, rassurez-le.

La jeune femme resta interdite une fraction de secondes puis elle se mit à suivre le pas rapide du Conservateur qui s'engouffrait dans le couloir.

- Mais ?! Monsieur...où allez-vous ? De qui parlez-vous ? Du Comte ?

Alastor ne répondit pas à la jeune femme qui était sur ses talons. Le front bas, il semblait avoir un objectif très précis qui ne pouvait souffrir de délais. Jézabel avait le cœur battant. Inquiète d'entendre le bibliothécaire l'appeler par son prénom, ce qui était très rare, et intriguée de le voir ainsi foncer tête baissée vers la chambre où Raphaël avait trouvé refuge, elle ne le quitta pas d'une semelle. Au fond, elle savait que cela signifiait qu'un événement grave était sur le point d'arriver. Le Comte avait-il décidé d'en finir une fois pour toute avec l'Italien ? Ou avait-il envoyé une menace mortelle à son maître ? Eulalia Grey était actuellement avec le Vampire aux cheveux blancs: peut-être que c'était d'elle dont il s'agissait...

Le Conservateur ouvrit à la volée la porte du débarra qui servait de chambre à son hôte et, sans se soucier de son intimité, quand bien même était-il avec une femme, il s'avança brusquement au centre de la pièce et sortit de sa poche un pistolet qu'il lui lança sans douceur.


- Monsieur Venezziano, c'est votre chance, vous n'en n'aurez peut-être pas d'autres.

Jézabel apparut derrière le bibliothécaire. Son regard l'interrogea tandis qu'il tournait ses yeux noirs vers elle.

- Miss Rainworth, allez chercher un manteau dans la réserve pour notre hôte. Le petit temps de latence qui suivit exaspéra le Vampire. Il força un peu la voix: Dépêchez-vous, bon sang !

La jeune secrétaire fut comme traversée d'un frisson avant de s'enfuir à toutes jambes, comprenant que la situation exigeait de l'efficacité. De son côté, Alastor vint à la rencontre de Raphaël et lui glissa dans la main une nouvelle boîte de Blood Tablett. Ses gestes, précis et glacés, ne permettaient pas à son cadet de refuser ce qu'il lui donnait.

- Gardez ça pour vous soulager. J'en ai d'autres. Et maintenant écoutez-moi bien: le Comte se trouve en ce moment même au cimetière d'Highgate. Il est en train de récupérer Sarah Spencer. C'est un piège grossier du Sabbat: une guerre interne est en train de débuter chez les Vampires. S'attendant à une bataille, il a appelé ses hommes de main. Ils ont donc en partie déserté les environs. C'est le moment ou jamais pour vous de quitter cette prison et de rejoindre les « vôtres ». Conscient que son implication pouvait être prise pour une marque de sympathie, le Conservateur fronça les sourcils et grinça entre ses dents: Je ne fais pas cela dans votre unique intérêt...vous le savez bien.

Jézabel revint avec un long manteau de cocher brun. Alastor le lui arracha des mains et le jeta dans celles du Vampire aux cheveux blancs. Se tournant vers Eulalia, il sortit alors d'une autre poche un petit couteau dans un étui noir. Il le lui tendit pour qu'elle le prenne.

- La lame est d'argent. Je ne peux rien de plus pour vous aider à survivre au milieu de nos semblables...Ne commettez pas l'irréparable, mademoiselle Grey.

Derrière ses cheveux d'un noir d'encre, son regard se fit plus intense, comme pour faire comprendre à la jeune femme qu'elle n'avait aucune réelle idée de l'impact des choix qu'elle aurait bientôt à faire. Puis, le Vampire attrapa un chandelier qui brûlait sur la table de nuit et invita Raphaël et son amie à le suivre.

- Venez. Nous allons passer par les égouts. Je peux vous faire sortir du côté de la City, près du Muséum. Après, les égouts sont surveillés par la Camarilla. Il faudra que vous sortiez. Nous avons un peu de chemin à faire, vous pensez y arriver ? Allons, pressons.

Alastor ne laissa guère le choix au jeune couple. Il le guida jusqu'à une étrange plaque de métal gravée de symboles ésotériques qu'il ouvrit après un instant de méditation. Puis, il les fit descendre avec lui dans les profondeurs de la terre par un escalier métallique quelque peu branlant...Jézabel ferma la plaque derrière eux après avoir jeté un regard désolé à Eulalia.
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Raphaël Veneziano
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MessageSujet: Re: Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42] Dim 30 Oct - 9:14

[HRP/ Après ''De l'obscurité naît la lumière''/HRP]

Assis sur son lit de fortune, Raphaël profitait encore un peu de la chaleureuse présence d'Eulalia. Depuis qu'elle l'avait retrouvé, la belle humaine avait décidé de venir le visiter régulièrement, et ce malgré les risques qu'elle encourait. C'était dangereux et dénué de toute logique. Mais l'amour n'est jamais une question de logique...
Le Vampire était simplement heureux de pouvoir serrer son amante dans ses bras de temps en temps, même si cela ne durait pas longtemps à cause de son besoin de sommeil et de sa soif incontrôlable de sang. Au moins se sentait-il vivant, encore un peu, apprécié et non plus rejeté comme le premier rebut venu. Contrairement aux autres Hunters, cette femme lui accordait attention et réconfort. Elle le prenait pour un être doué de raison, et non uniquement régi par de bestiales pulsions. Elle lui offrait un peu de sa chaleur et de sa compassion, au lieu de l'attendre avec un pistolet près de la tempe attentive au moindre faux pas qui l'autoriserait à l'achever.
Pour Raphaël, ce qui restait difficile à accepter, c'était surtout le fait que si le Comte n'était pas encore certain de leur liaison à tous les deux, il ne tarderait pas à la comprendre tout à fait. D'après le bibliothécaire, l'édifice était cerné par ses disciples et ces derniers surveillaient attentivement les lieux afin de l'attraper. Les allers-retours d'Eulalia ne passeraient pas longtemps inaperçus et le Vampire finirait par tenter de s'en servir pour le faire sortir. Ne l'avait-il pas déjà menacé à son sujet ? Apparemment, il avait compris que la jeune femme avait un lien particulier avec lui...

Entourant la taille de sa jeune compagne, l'Ange Blanc posa sa tête sur son épaule et soupira doucement. Il n'avait pas été aussi paisible depuis qu'il était sorti de la Salle Noire du Comte. Cela ne faisait que quelques jours qu'il vivait sous le toit du bibliothécaire et qu'Eulalia avait cautérisé sa main mutilée : pour lui, le traumatisme était encore très présent. Le Vampire dormait beaucoup et se réveillait sans cesse en sursaut, couvert de sueur, en hurlant de peur. Il voyait souvent ce cadavre que le piège du Comte lui avait présenté et auquel il avait parlé, et il sentait également la présence de ses doigts coupés, alors qu'ils n'étaient plus là...En vérité, son esprit peinait à comprendre que son corps ne serait plus jamais le même : il refusait d'admettre que son majeur et son index droits n'étaient que des souvenirs fantômes que ses tendons et ses nerfs tâchaient de retrouver en vain.

Ses pensées se bousculaient. Il n'avait pas envie de parler mais il en avait besoin. Eulalia était patiente, d'une tendresse sans égale, d'une douceur salvatrice. Raphaël ne voulait pas l'accabler de ses malheurs, mais il savait que la jeune femme était là pour l'aider et que s'il ne déliait pas sa langue ses maux ne cesseraient de croître.


- Tu sais, je...commença-t-il avec hésitation en baissant la tête, ...le Comte m'a enfermé dans un genre de...de salle sans lumière. J'y ai vu et entendu des choses terribles dont je ne serai pas capable de te faire une description. Des voix me harcelaient, je voyais des images du passé, des illusions...Mais je me souviens bien d'une chose : il y avait un...cadavre. Une charogne qui changeait d'apparence et qui...parlait.

Raphaël marqua une pause et jeta un regard étrange à la Huntress, comme s'il craignait qu'elle ne le prenne pour un fou. Puis, convaincu qu'elle l'écouterait jusqu'au bout sans le juger trop sévèrement, il continua:

- Il m'a demandé ce que j'avais à donner. Je lui ai dit que je donnerais ma vie et il m'a tendu la main. C'est là que je suis sorti de la salle...

Raphaël ne savait pas réellement quelle interprétation donner à ce qu'il avait vécu dans le piège de son aîné mais il y songeait souvent et réfléchissait sur ce qu'il s'était passé. Peu à peu, il comprenait certaines choses.

- Je crois que ce cadavre est une allégorie. Au départ, il avait mon visage. Puis, lentement, il a changé de face...C'est en lui parlant que je suis sorti. Le Comte n'avait pas l'air de s'y attendre...Je l'ai entendu hurler de rage avant de perdre connaissance.

Prenant la main de sa compagne à l'aide de sa main gauche, le Vampire lui sourit faiblement.

- J'ai aussi entendu ta voix à plusieurs reprises. C'est toi, dans l'obscurité la plus profonde, au milieu du malheur, qui m'a maintenu éveillé. Sans toi, je me serai sans doute laissé envahir par les ténèbres...

Raphaël se pencha vers Eulalia et posa lentement ses lèvres froides sur les siennes. Goûtant à cet instant précieux avec une infinie douceur, il laissa dans ce baiser transparaître tout l'amour qu'il éprouvait pour la jeune femme. Son cœur se mit alors à battre plus fort et une étrange chaleur se répandit dans son bas ventre. Il se souvenait de leur ultime étreinte lorsqu'ils s'étaient quittés chez elle après l'attentat au théâtre...Son amour, décuplé par sa survivance et par les mois écoulés sans la présence de la belle, désirait ardemment connaître à nouveau cette sensation pécheresse...

- Je t'aime. Raphaël avait prononcé ces mots avec force, ce qui leur donnait un poids solennel particulier. Je t'aime, comme je n'ai jamais aimé personne d'autre. Eulalia...en bientôt soixante-dix années d'existence, je n'ai connu que toi...Son regard se fit plus brillant tandis qu'il lui saisissait doucement le visage pour l'embrasser à nouveau....et je ne veux connaître que toi...

Son baiser fut long et intense. Son souffle s'accéléra et sa main descendit sur l'épaule de la jeune femme pour la serrer avec force. Mais, alors qu'il s'apprêtait à lui offrir une étreinte plus intime encore, la porte s'ouvrit à la volée. Dans un sursaut qui fut pour lui un choc terrible, le Vampire se leva tandis que le bibliothécaire semblait prêt à se jeter sur lui. Le cœur battant, il le vit sortir un pistolet. Faisant rempart de son corps devant Eulalia, Raphaël leva les bras devant lui pour se défendre. Il reçut alors le pistolet dans les mains et retomba assis, à moitié sur sa compagne. Les yeux rivés sur l'arme en sa possession, il ne pouvait plus arrêter ses tremblements.

- Qu'est-ce que...!?

Alastor envoya sa secrétaire chercher un manteau sur un ton impérieux. Raphaël se releva et glissa maladroitement le pistolet dans son pantalon pour recevoir aussitôt une boite de Blood Tablette de la part du Vampire. Ce dernier ne les laissa pas souffler. Il leur apprit dans la foulée qu'un échappatoire impromptu leur était offert puisque le Comte était apparemment occupé ailleurs avec ses congénères pour récupérer Sarah. Ce nom fit sursauter Raphaël.

- Sarah ?! Ils ont retrouvé Sarah ?!

Raphaël jeta un regard interloqué à Eulalia et hésita un instant. Avaient-ils réellement le choix ? Jézabel revint et le Hunter reçut un manteau sur la tête pendant que sa compagne se voyait offrir un couteau pour sa survie. Raphaël eut du mal à se vêtir à cause de sa main mutilée mais il finit par glisser ses bras dans les manches du manteau de cocher et à le passer par-dessus ses épaules. D'un geste, il cacha les Blood Tablette dans une poche dudit manteau puis il encouragea Eulalia d'un regard à suivre le Vampire dans le couloir.

- Mais...Comment pouvez-vous être si sûr que le Comte est au cimetière ?

Raphaël peinait encore à tenir correctement sur ses jambes. Il souffrait de multiples blessures physiques et son esprit était loin d'être guéri. Chaque mouvement lui coûtait, chaque ombre l'effrayait.
Arrivés devant une plaque de métal qui donnait apparemment sur les couloirs poisseux des égouts, le petit groupe s'arrêta. Raphaël n'était plus certain de vouloir continuer. Fallait-il vraiment faire confiance à ce Vampire ? Et s'il les entraînait dans un nouveau piège pour les livrer au Comte ? Et s'il n'avait pas bien calculé son coup et que des Vampires les attendaient un peu plus loin ?


- Nous pourrons continuer après la City mais... Le Vampire hésita encore. Êtes-vous certain que ce n'est pas la mort qui nous attend là-dedans ?

Raphaël serra la main d'Eulalia et lui jeta un regard incertain. Contraint de faire un choix et d'agir, le Vampire pria intérieurement pour ne pas avoir à regretter son geste. Finalement, après un dernier regard à la jeune femme, il suivit le bibliothécaire dans le gouffre béant. Sans sa main droit, il eut tout le mal du monde à descendre l'échelle qui se présentait à lui mais il finit par atterrir sans dommage près de leur guide qui les attendait avec un chandelier. Lui-même attendit son amante avant de regarder avec dégoût la plaque de métal se refermer sur eux. Faisant volte face, il dévisagea Alastor avec un rictus méfiant.

- Sortez-nous de là vivants, Drake, et je vous promets de ne jamais revenir en ces lieux pour vous importuner.
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42] Dim 6 Nov - 23:10

Eulalia se tenait près de Raphaël, lui prodiguant chaleur et réconfort. Maintenant qu’elle avait retrouvé sa trace, elle ne pouvait sciemment renoncer à l’idée de l’abandonner. Il avait besoin d’elle et elle était prête à prendre tous les risques. Pas un seul instant elle n’avait pensé que ses fréquentes allées et venues auraient pu la mettre en danger. Elle ne voyait que lui, l’être aimé, et refusait toute solution qui aurait dû la tenir éloignée de lui. Trop longtemps elle avait vécu dans la chaleur sécurisante de son pieux foyer, à l’écart de tout danger. Elle avait perdu se parents, il ne lui restait que lui et elle avait l’intention de le suivre au bout du monde, quitte à brûler sa vie par les deux bouts.

Elle le laissa se reposer contre elle, enlacée dans ses bras froids comme la pierre. Il avait l’air d’avoir retrouvé un peu de calme depuis les dernières fois. Les yeux bleus de la jeune femme l’observèrent. Que serait-il devenu si elle ne lui avait pas tendu la main ? Pourquoi fallait-il que les hommes et les Vampires ne cessent de s’entretuer ? Ce cours immuable des choses, comme les remous impitoyables de la mer, charriait inévitablement dans ses tourbillons grondants les âmes de pauvres individus qui, malgré leurs bonnes intentions, n’étaient pas décisionnaires.
Doucement, une de ses mains caressa avec délicatesse les cheveux blancs du Vampire. Elle aurait aimé lui proposer de fuir avec elle, loin de tout. Ils auraient réuni les économies de son héritage pour acheter un cottage dans la lande ou, pourquoi pas, fuir en Amérique et tout recommencer.
Cependant, pouvaient-ils se résoudre à abandonner Londres à la lutte intestine qui la déchirait ?
La voix du Vampire interrompit le cours de ses pensées. Avec douceur, Eulalia le laissa se confier. Elle l’écouta raconter les horreurs qu’il avait vu lorsqu’il était sous l’emprise du Comte, sans l’interrompre un seul instant. De temps en temps elle fronçait les sourcils, non pas parce qu’elle doutait de la véracité des propos de son amant mais parce qu’elle tentait de trouver une signification à cette vision.


-Peut-être que... Peut-être qu’en parlant au cadavre, en étant prêt à donner ta vie, tu as fait preuve d’une détermination telle que l’illusion du Comte n’a pas pu te contenir ? C’est… Très confus, je ne saurais pas expliquer pourquoi tu as vu tout ceci… Mais ce qui me paraît important c’est que tu t’es battu, tu as parlé et regardé en face ce qui pourrait symboliser la mort…

Eulalia pâlit soudain. Et si Raphaël allait mourir ? Et si, dans cette salle, il avait vraiment fait offrande de sa vie sans le savoir ? Est-ce que tout ceci ne devait pas être vu comme le symbolisme d’une mort prématurée ?
Le cœur d’Eulalia n’eut pas le temps de faire un bond que, déjà, le Vampire reprenait la parole. Il avait tenu grâce à sa voix. C’était elle, ou du moins, le souvenir qu’il avait eu d’elle qui l’avait sorti de ce cauchemar sans fin. Soudainement elle rougit. Sa vie n’avait peut-être aucune importance dans la lutte contre le mal qui gangrenait cette capitale mais elle avait réussi à sauver Raphaël. C’était la plus belle chose qu’on avait jamais pu lui dire.
Tendrement, elle lui rendit son baiser, repensant avec un sentiment grisant de culpabilité à leur étreinte, avant leur séparation.


-Je ne connaîtrai jamais personne d’autre que toi. Tu es tout ce que j’ai jamais désiré, Raphaël… Doucement, elle appuya son front contre le sien. Elle aurait voulu l’épouser et partir le plus loin possible, comme dans ces romans à deux sous que l’on donnait aux jeunes filles en fleur. Je ne te quitterai jamais plus, mon amour…

Elle se pressa avec plus de force contre lui. Soudain, un claquement de porte la fit sursauter. Tout se passa très vite. Avant qu’elle n’eut le temps de dire quoique ce soit, Raphaël se levait puis réceptionnait un vieux manteau de cocher, avec ces quelques mots, jetés à la figure par le bibliothécaire. Il était temps de partir.
La jeune femme buta sur les mots de Mr Drake. Sarah avait été retrouvée ? Après tout ce temps, elle était entre les mains du Comte ?! Et que faisait Alexender ? Pourquoi n’avait-il rien signalé ? Et cette histoire de Guerre interne, qu’en était-il réellement ?
Dans un sursaut, la jeune femme compris que cette lutte n’était pas simplement une opposition des hommes et des vampires pour le salut de leurs espèces respectives. C’était une sanglante lutte de pouvoir qui risquait de faire encore de nombreuses victimes.
Elle recueillit la lame que lui tendit le bibliothécaire en rougissant de gêne à ces mots qui voulaient dire tant de choses… Elle n’imaginait pas encore les épreuves qu’elle allait endurer.


-Je tâcherai d’en faire bon usage.

Ils se dirigèrent ensuite vers l’entrée des égouts. Bien sûr, Raphaël était méfiant. Elle aussi, mais elle ne pouvait s’empêcher d’avoir envie de faire confiance à Alastor. Quel autre choix avaient-ils de toute façon ? C’était peut-être une manœuvre pour les emmener dans un autre piège, mais s’ils refusaient de s’y engouffrer, le Vampire trouverait bien un autre moyen de les livrer au Comte, de toute façon. Autant tenter le tout pour le tout.
Avec un dernier soupir, la jeune femme visualisa le chemin qui leur resterait à faire, une fois vers la City, pour rejoindre le quartier général. Ils devaient longer la Tamise jusque dans l’East End, près des tanneries. Elle s’y était rendu une seule fois, au moment de l’installation des hunters, mais jamais elle n’avait retenu l’adresse, pour ne rien avoir à dire en cas d’interrogatoire. Seuls ses souvenirs visuels l’aideraient à retrouver le chemin.
Après un dernier regard à Jezabel, la lumière disparut presque complètement. La jeune femme détesta l’endroit immédiatement. Elle se sentait oppressée de toute part et ne voyait pas à plus de quelques mètres. L’espace d’un instant, elle repensa à sa marraine. Eulalia bénéficiait de la complicité de sa gouvernante, qui avait autrefois servi sa famille à Bloomsbury Square, pour la couvrir quand elle sortait, la faisant passer pour malade et dépressive. Mais son manège ne pourrait pas durer éternellement…

Toute proche de Raphaël, elle avançait, guidée par la lanterne du Vampire. Que se passerait-il si on les découvrait ?

- Je suppose qu’une fois arrivés à la City nous reprendrons chacun notre route… Sauriez-vous nous conseiller les zones à éviter lorsque nous devrons nous déplacer dans Londres ?

Eulalia était inquiète. Si Raphaël ne parvenait pas à maîtriser son aura, ils finiraient en fâcheuse posture. Ce soir c’était quitte ou double.
Plus personne ne parlait. Elle entendait aux respirations de ses deux compagnons que la situation était source de nombreuses inquiétudes chez eux aussi. Chaque pas les rapprochait de la fin de ce voyage… En effet, la bibliothèque n’était pas très loin de la City, fort heureusement pour Eulalia, qui commençait à être sérieusement incommodée par l’humidité puante des égoûts.

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Alastor Drake
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MessageSujet: Re: Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42] Sam 12 Nov - 11:59

L'hésitation marquée par les Hunters avait irrité le Conservateur. Mais, patient, il les avait pressés, leur révélant au passage que c'était le moment ou jamais de s'enfuir de la Bibliothèque. Il leur expliqua brièvement que les Vampires avaient retrouvé Sarah Spencer et que le Comte était parti la chercher au cimetière d'Highgate. Il leur confia également que c'était apparemment un piège, le début d'une guerre dans laquelle les immortels allaient se déchirer, et que le Comte serait assez occupé avec les siens pour leur permettre de se sauver.

La main crispée sur le pied du candélabre, Alastor répondit brièvement aux questions que Raphaël ne cessait de lui poser:


- J'ai mes sources, Monsieur Veneziano, et je doute que vous seriez satisfait de mes méthodes...Sachez seulement que je n'ai aucune raison de vous mentir. Vous offrir cet échappatoire me libérera de vous et de vos gémissements...Le Vampire avait été plus froid qu'il ne l'aurait voulu mais le temps pressait et les palabres inutiles l'avaient toujours répugné. Allons, pressons!

La jeune miss Grey suivit le mouvement, main dans la main avec son amant. Elle avait reçu le couteau avec dignité, sans paraître choquée, et leur avait emboîté le pas sans poser de question. Elle semblait plus à même de faire confiance au Conservateur que Raphaël qui restait toujours sur la défensive.
Au fond, Alastor était heureux de constater que le jeune Vampire pouvait compter sur cette femme d'action. Même si elle paraissait fragile, comme nombre des siens, l'archiviste sentait en elle une certaine force, une détermination formidable. Lorsqu'il avait évoqué la mort de ses parents et qu'il l'avait coincée dans l'ombre de ses rayonnages, n'avait-elle pas manqué de lui cracher au visage que la mort ne lui faisait pas peur et qu'elle continuerait d'espérer même dans les ténèbres les plus obscures? N'avait-elle pas eu ce regard dur, la peur passée, qui aurait convaincu le Diable de sa foi? Oui, Eulalia Grey était la fière descendante de Taddeus Grey! Elle possédait cette noblesse d'âme qui avait toujours caractérisé le Hunter et son sang recelait une ferveur inégalée. Raphaël serait sauvé, si cette femme continuait à le soutenir de tout son coeur.

Guidant le jeune couple dans les dédales de la Bibliothèque, Alastor les amena bien vite à une plaque d'égout. Il ouvrit le passage d'un geste et les encouragea à le suivre dans le trou béant qu'il offrait. Raphaël hésita à nouveau. Alastor soupira:


- Monsieur Veneziano, les égouts sont le repaire des membres de la Camarilla, mais ils sont occupés avec le Comte au cimetière. Ce soir, les tunnels seront plus sûrs que d'habitude, c'est votre seule chance. Je viens de vous le dire: à partir du muséum, oubliez les égouts et reprenez le chemin de la surface. Sinon, vous risquez de vous jeter dans les bras de ceux qui restent sous terre pendant la nuit...

Le Conservateur sentait que le temps s'écoulait comme dans un sablier percé à sa base. Il sentait qu'ils devaient avancer. Raphaël était en droit de se questionner et de craindre un mauvais tour, mais il devait maintenant lui accorder sa confiance ou il serait perdu.

- La mort viendra à vous, tôt ou tard, Raphaël, mais si vous ne souhaitez pas qu'elle vous cueille ce soir, alors elle ne vous cueillera pas.

Sans un mot supplémentaire, Alastor descendit le premier dans les profondeurs de la ville. Une fois qu'ils furent tous les trois rassemblés au pied de la grande échelle qu'ils venaient d'emprunter, les deux hommes se toisèrent dans la lueur tremblante des bougies. Le Hunter fixa le Vampire dans les yeux et lui promit de ne plus jamais remettre les pieds dans sa demeure s'il les sortait vivants de cette situation. Alastor eut un rictus amusé, comme s'il se trouvait face à un gamin qui venait de lui promettre l'impossible.

- Belle promesse, Monsieur Veneziano, mais je doute que vous la teniez...

Marchant à vive allure, le Vampire mena les Hunters dans les tunnels glacés et humides des égouts. Il les prévenait à chaque intersection, vérifiait les angles, les grilles suintantes de vase et les alertait dès qu'ils arrivaient à un passage qui nécessitait de mettre les pieds dans l'eau crasseuse.  
Au bout d'un moment, la jeune Eulalia demanda à leur guide s'il avait des conseils à leur donner concernant les rues de la capitale. Alastor soupira à nouveau, embêté par cette question à laquelle il considérait que les réponses étaient évidentes:


- Miss Grey, la nuit, il n'y a nulle ruelle sûre, vous le savez...Cependant, je ne saurai que trop vous déconseiller de rôder près des parcs et surtout de Buckingham Palace. C'est là que les acolytes vont quérir leur festin nocturne et que le Comte veille le plus. Vous savez qu'il reste proche de la reine...? Faites attention dans les quartiers bourgeois et à la sortie des salons, c'est là que les siens font leurs rondes et chassent...

Il ne pouvait pas en dire plus sans entrer réellement dans les conflits inter-raciaux, aussi préféra-t-il se taire et continuer de mener le couple à sa destination.
Il leur fallut presque deux heures pour atteindre la plaque qui les ramènerait à la surface près du muséum, notamment à cause de certains passages inondés qui furent plus difficiles à passer, mais également à cause des blessures de Raphaël qui ne pouvaient lui permettre de marcher tout à fait correctement. Malgré les pouvoirs de son amante, le Vampire gardait de nombreuses séquelles, les pires n'étant pas physiques...Ils durent aussi faire particulièrement attention à certaines intersections car Alastor sentit plusieurs auras s'animer alentours. La sienne cacha souvent celle de Raphaël et écarta les acolytes qui n'osaient pas s'attaquer à lui, mais dans le doute, il préférait marquer une pause et tendre l'oreille pour s'assurer qu'aucun Vampire n'allait croiser leur route. Leur périple fut donc plus long que prévu, mais aucun incident ne fut à déplorer. Ils ne rencontrèrent aucune ombre à part les leurs que le candélabre projetait contre les parois arrondies des lieux et quelques rats qui couinèrent à leur approche et les firent sursauter.
Une fois sous la bonne plaque, le Conservateur se tourna vers les Hunters et leur fit face.


- Vous voilà près du muséum. Cette plaque mène dans la ruelle qui se trouve derrière le bâtiment. Vous pourrez facilement rejoindre l'East End...Son regard se fit plus connivent. Apparemment, il savait que leur repaire se situait de ce côté de la ville. Faites vite. Je ne sens aucune aura à la surface, mais je ne sais pas combien de temps la Camarilla et le Sabbat vont retenir le Comte au cimetière, ni ce qui va découler de ce pourparler vampirique...Le temps vous est précieux. Mettez à profit ce qu'il en reste.

Après un soupir, le Conservateur posa une main sur l'épaule de Raphaël et fixa ses yeux dans les siens.

- L'aura vient de la Bête, Raphaël, maîtrisez-la et vous maîtriserez votre aura. Le Conservateur tiqua un instant et lui sourit légèrement. Il faut vous concentrer et mettre de côté la peur même d'être découvert: c'est ce qui vous pousse à vous découvrir. Comme un homme sur une falaise jette un coup d'oeil dans l'abîme qui s'ouvre près de lui et se retrouve entraîné dans cet abîme, il faut que vous évitiez d'y songer et que vous recentriez votre esprit sur ce qui vous maintient ancré au sol. Alastor lâcha le jeune Vampire et se tourna vers Eulalia. Songez que vous n'êtes pas seul...

Après un vague sourire, le Conservateur laissa dans les mains de la jeune femme son candélabre et tourna le dos aux Hunters. Sans ajouter un mot, le Vampire disparut dans les tunnels obscurs. Il ne pouvait plus rien pour les deux jeunes gens, c'était désormais à eux de pendre en main leur destin. Lui-même s'était déjà trop compromis...

[HRP/ Fin du RP avec Alastor. Suite des aventures du Conservateur à venir./HRP]
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Raphaël Veneziano
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Age : 67 ans
Age (apparence) : 26 ou 29 ans
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Lignée : Aucune
Rang Pyramidal : Ordinaire à tendence Dégénéré
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MessageSujet: Re: Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42] Ven 25 Nov - 20:53

Raphaël était lié à la mort. Tout le ramenait toujours à cette notion. Sa vampirisation avait d'abord tué son corps humain pour le transformer en créature de la nuit. Par la suite, ses envies de suicides n'avaient été endiguées que par l'amour d'une mère adoptive qu'il avait vue mourir devant ses yeux. Puis sa mère biologique avait péri elle aussi dans d'horribles conditions et son beau-père s'était fait descendre par un Hunter...Depuis sa naissance, la mort rôdait autour de lui et détruisait tout ce qu'il possédait.
A force, il avait décidé de la combattre en la donnant à son tour. Il avait ainsi saisi sa faux d'argent et s'était mis à la donner pour l'éviter à d'autres, jugeant et à condamnant ceux qui lui ressemblaient pour se laver de ses crimes. Sans le savoir, il avait entretenu sa propre folie et accéléré sa descente vers l'enfer que son âme tâchait d'éviter.
Aujourd'hui, l'Ange Blanc avait manqué de se faire assassiner par le Comte et avait atterri dans cet étrange espace fait de ténèbres pour échanger avec un squelette...Était-ce donc une nouvelle allégorie de la mort ? Un symbole ? Ou n'était-ce qu'une marionnette créée de toute pièce par son aîné pour jouer avec son esprit malade ? Cela pouvait tout aussi bien n'être qu'un cadavre abandonné là par ce psychopathe dégénéré. Et si c'était un signe prémonitoire quant à son propre destin ?

Seul Dieu le savait.
Seul Dieu avait le droit de le savoir.

Heureusement, au milieu de ces douloureuses réflexions et de ces questionnements métaphysiques, Raphaël conservait le soutien inconditionnel d'Eulalia. Dans cette chambre poussiéreuse où il séjournait depuis quelques jours, la jeune chasseuse veillait sur lui et tentait d'apaiser ses craintes et ses soupçons. Elle restait toujours douce et aimable avec lui. Elle tentait de le rassurer et de l'aider à comprendre ce qu'il avait vécu dans cet enfer sans sol ni plafond. Avec le peu d'informations dont elle disposait, la belle tâchait ainsi de reconstituer un semblant de logique au cœur de cet abominable labyrinthe qu'était devenu l'esprit de son amant. Elle tâchait de maintenir une forme d'espoir afin de le rattacher à la lumière de la vie.
Raphaël lui était reconnaissant pour son écoute. La jeune femme avait dû sentir son profond désarroi, parce qu'elle lui sembla encore plus attentive et patiente qu'à l'accoutumée. Elle élabora même l'hypothèse que s'il avait pu sortir de ce piège noir c'était justement parce qu'il avait réussi à converser avec ce fameux squelette dont il venait de lui parler. Ainsi, elle lui offrait la perspective que ce qu'il avait vécu n'avait peut être pas été vain.
Raphaël resta silencieux un moment. Ses souvenirs étaient légèrement flous, mais il gardait de cette scène avec le squelette une image particulièrement nette, car elle était traumatisante. Après tout, Eulalia avait peut être raison...


- J'aimerais que tu aies raison : cela voudrait dire que j'aurais trouvé le moyen de défaire le piège du Comte...

Après quelques minutes de silence, le Vampire confia la belle qu'il l'aimait plus que tout et qu'il n'avait jamais connu qu'elle et ne connaîtrait jamais d'autres femmes. Cette envie de se confier allait de paire avec celle de lui dévoiler enfin pleinement son cœur. Leurs lèvres se touchèrent alors et il eut envie d'oublier un instant sa douleur en sa compagnie.

C'est à cet instant qu'Alastor Drake entra et que tout bascula : le Blibliothécaire leur offrit l'échappatoire qu'ils n'espéraient plus. Malgré son air glacial et ses propos désespérément hautains, le Vampire aux cheveux noirs semblait quitter sa neutralité pour les rejoindre dans leur quête. Certes, il n'avait jamais dit qu'il désirait défaire le Comte, mais le fait qu'il les aide à lui survivre faisait de lui un allié inattendu.
Raphaël restait cependant très méfiant. Son air farouche et ses questions pressantes irritèrent plusieurs fois son hôte qui ne cessait d'accélérer le pas en les conduisant dans les égouts. Sa façon de lui répondre fut excessivement sèche, voire insultante, mais le jeune Vampire ne comprenait que trop bien ce qui était en train de se jouer pour son aîné. Sans chercher à l'agacer davantage, le Hunter suivit donc son guide dans les profondeurs de la Bibliothèque. Il serra la main de son amante dans la sienne afin de la garder près de lui et ne réagit plus aux répliques d'Alastor qui leur ouvrait la voie. Ses conseils étaient teintés de soupirs à peine dissimulés, mais au moins leur donnait-il de réelles indications concernant leur ennemi. Apparemment, il connaissait bien le Comte et ses habitudes. Il leur déconseillait les parcs, les salons, Buckingham Palace et les quartiers bourgeois. Il leur recommanda également d'éviter les égouts à partir du muséum afin de ne pas tomber sur quelques membres de la Camarilla.
Ainsi, après leur avoir donné manteau, pistolet, candélabre, Blood Tablett et conseils, le Vampire disparut et les laissa se débrouiller seuls pour la suite.
Ses dernières paroles résonnaient encore aux oreilles de Raphaël tandis qu'il marchait de son pas le plus rapide afin de rejoindre l'East End qui se profilait non loin d'eux.


- Je ne suis pas seul...non...mais...Il hésita. Puis, il jeta un regard coupable à Eulalia. J'aurais parfois préféré l'être. Conscient que ses paroles pourraient terriblement heurter la jeune femme, le Vampire ajouta vivement : J'aurais aimé que tu ne sois jamais impliquée dans des histoires aussi sordides...Je ne veux pas que tu sois blessée par ma faute...

Raphaël mentait légèrement. En vérité, il aurait presque préféré ne jamais la rencontrer pour ne pas être accablé de semblables sentiments. A cause de leur association, non seulement il avait dû laisser de côté ses habitudes de chasseur solitaire, alors qu'elles étaient d'une redoutable efficacité, mais il avait en plus sombré dans le péché qu'il avait réussi à éviter depuis qu'il avait été en âge de songer aux femmes. Déjà souillé par le Diable parvenu jusqu'à lui sous l'apparence d'un monstre à longues canines, il était aujourd'hui également souillé par ses pensées lubriques qu'il avait d'ailleurs malheureusement concrétisées.
Mais ce qui le rendait si amer en cet instant, ce n'était pas tellement l'idée de faire du mal à des proches : c'était l'idée qu'il n'appartiendrait jamais plus à ce monde qu'il avait quitté.


- Tu sais...Je...Je doute que de retourner au QG des Hunters soit une bonne idée...

Il réfléchit tout en marchant, le regard perdu sur les pavés détrempés devant eux. Chaque flaque d'eau reflétait le candélabre que la jeune femme portait. Les flammes des bougies semblaient ainsi danser sur leur chemin. Ses pupilles les suivaient, comme l'on suit une lueur lointaine qui s'éteint au creux d'une rivière.

- Alexender et ses élèves m'ont difficilement accepté, certains se méfient énormément de moi, ce que je ne peux leur reprocher quelque part...Mais ce sont surtout Katherine Thornes et son majordome qui ne tolèrent guère ma présence. Je me suis...battu avec lui...ça a failli dégénérer...Il soupira. Il aurait préféré qu'Eulalia ne l'entende pas prononcer ces mots. Déjà, il pensait qu'elle l'imaginait comme une bête qui s'était jeté sur le majordome en montrant les dents. C'est pour ça que j'ai quitté le QG...et parce que... Il s'étrangla légèrement et serra la mâchoire. Les manières d'Alexender me dégoûtent. Nous n'avons pas la même conception de ce que peuvent être l'amour ou la fidélité. Le Vampire lança à sa compagne un regard ironique qui voulait tout dire : Alexender et Katherine étaient amants. Puis, il grogna, énervé par quelques souvenirs désagréables qu'il tenait de son bref séjour au QG, et se passa une main dans les cheveux. L'ennui c'est que je ne sais pas où aller...conclut-il d'un air abattu.

Au bout d'un moment, alors qu'ils vérifiaient une nouvelle plaque qui indiquait le nom de la rue qu'ils empruntaient, Raphaël soupira :


- Soyons francs...Je ne veux pas compromettre le QG en y apportant mon aura. Les Vampires de l'East End vont finir par nous tomber dessus...Mais...c'est aussi ma seule chance de survivre...

C'était profondément égoïste comme réflexion, mais le Vampire commençait à se demander s'il ne devait pas utiliser les Hunters comme boucliers humains. Après tout ce qu'il avait fait pour eux, leur dernier rejet l'avait totalement convaincu qu'une véritable alliance était impossible et que s'ils faisaient équipe ce ne serait que pour un temps donné et sur une question de but commun. Les Hunters l'utiliseraient comme arme et lui comme bouclier : à chacun sa place, à chacun sa manipulation. Après tout, n'avait-il pas été atrocement mutilé pour garantir leur sécurité ? Ne lui devaient-ils pas quelques remerciements ? Après l'avoir poussé à disparaître dans la gueule du loup, il avait encore réussi à les épargner ! Ne lui devaient-ils pas un minimum de reconnaissance ? Oui, cette fois il aurait le droit à l'asile ou il les abandonnerait pour de bon. Il ne comptait pas continuer à subir de telles humiliations pour quelques gamins entichés de catins...

Sans un mot de plus, parce qu'il ne désirait pas approfondir la discussion et parce qu'ils devaient maintenant être les plus discrets possible, Raphaël vérifia les rares indications que quelques panneaux leur donnaient concernant les rues en surface et ouvrit la voie à Eulalia. Parfois, un trou d'eau les obligeait à contourner une partie de l'égout ou une paire de rats les faisait sursauter, mais ils n'eurent pas à déplorer d'incident majeur. En tous cas, aucun Vampire ne semblait vouloir leur tomber dessus : jusqu'au muséum, les égouts étaient vides.


- Drake avait raison...Les Vampires sont occupés...fit-il en chuchotant.Il faut maintenant remonter...Trouvons une échelle !

Remonter à la surface ne fut ni simple, ni agréable. L'échelle fut difficile à trouver car l'obscurité n'aidait en rien la jeune femme et le Vampire claudiquait encore, légèrement désorienté par les lieux et tout ce qui lui passait par la tête depuis qu'il s'était levé. Mais bientôt le Vampire poussait une plaque de fer et vérifiait que personne ne se trouvait dans la ruelle où ils débouchaient.

- Je...je ne vois rien...enfin personne.

Ascension lui avait été particulièrement difficile mais le soulagement qu'il éprouva en atteignant les pavés à l'extérieur ainsi que l'air frais du soir le grisa un instant. Il lui semblait avoir passé une éternité enfermé dans une boite ! La Salle Noire, la Bibliothèque, les égouts...Enfin il pouvait respirer et se sentir libre !
Aidant Eulalia à sortir du tunnel, le Vampire l'attrapa par la main et la hissa à ses côtés.


- Vite...C'est encore loin et je sens des auras...

Il fallait se dépêcher car tous les Vampires de Londres ne se trouvaient pas au cimetière d'Highgate. Plus vite ils seraient arrivés au QG et plus vite ils pourraient se sentir en sécurité. Même si la perspective de revoir les Hunters n'enchantait guère l'Italien, il devait bien avouer que leur compagnie était préférable à celle de Drake ou des ombres de la nuit.

[HPR/Fin du rp. Suite prochainement./HRP]
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Eulalia Grey
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MessageSujet: Re: Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42] Jeu 1 Déc - 22:01

Eulalia marchait aussi vite que possible, éclairant faiblement les alentours de son candélabre. Mr Drake les avait quitté et elle se demandait s'ils le reverraient seulement un jour. Enfin... C'était peut-être pour le mieux ainsi. Elle sentait que Raphaël était tendu. Il cogitait. Sans doute les paroles du bibliothécaire avaient-elles trouvé un quelconque écho dans son esprit embrumé par la fatigue et la malnutrition.

Les paroles qui tombèrent lui firent l'effet d'un couperet. Comment cela, aurait-il préféré resté seul ? Que voulait-il dire ? La jeune femme ne se retourna pas mais ses sourcils s'étaient froncés et sa main s'était crispée sur le candélabre. Il rajouta qu'il pensait cela pour son propre bien. Lally soupira et se tourna un peu vers lui, le visage las mais toujours un pâle sourire au bord des lèvres.


- Raphaël... Je suis une Huntress. Je l'étais déjà avant de te rencontrer. Tôt ou tard je me serais retrouvée mêlée à tout ceci, que je t'aie connu ou non. Et peut-être que si nous ne nous étions jamais rencontrés... Ma vie se serait probablement arrêtée sous les fenêtres du Queen's Head ce soir là.

Elle frémit en repensant à cette fameuse soirée. Elle revit la galanterie avec laquelle le Vampire l'avait serrée dans son blanc manteau d'hermine, la prévention dont il avait fait preuve à son égard pour la soigner. Elle ne se rappelait plus exactement à quel moment tout avait basculé. Ses sentiments avaient déferlés soudainement, en l'espace d'une seconde, d'un instant. C'était à ce point irréaliste que la jeune femme pensait vraiment que Dieu avait machiné leur rencontre pour les réunir. Peut-être était-ce là son but. Sauver Raphaël, le ramener dans la lumière, lui redonner l'espoir qu'il avait perdu. Peut-être était-elle la lumière que le Seigneur lui avait envoyé, après maintes supplications.

Elle interrompit le cours de ses pensées quand Raphaël lui confia qu'il ne souhaitait pas retourner au QG des Hunters. Que voulait-il dire ?


- Je ne sais pas où nous cacher... Nous sommes trop éloignés de ma résidence actuelle, nous n'y arriverons pas sans nous faire prendre... Il faut continuer.

Il lui expliqua alors les difficultés d'intégration. La jeune femme ralentit le pas, occupée à écouter les paroles de son amant puis elle se figea totalement lorsqu'il évoqua cette femme qu'elle ne connaissait pas et la rixe à laquelle il avait été mêlé. Raphaël, lui qui évitait tant les conflits, qu'avait-il bien pu entendre pour sortir de ses gonds ? Quelles infâmes provocations avait-il dû supporter ?
Elle faillit ajouter quelque chose mais lorsque le Vampire évoqua la liaison entre cette Huntress et Alexender, elle se stoppa net. Ce gredin s'était bien gardé de mentionner ça dans ses lettres...


- Mais.. Et Sarah ? Je croyais qu'il l'aimait ? J'imagine qu'elle n'est pas au courant la pauvre...

Eulalia serra les poings. Elle ne connaissait pas cette Katherine mais elle la détestait déjà. Jamais encore un tel flot de rage n'avait envahi ses veines. Elle se sentait insultée. Après avoir risqué leur peau à tous au théâtre pour arracher une bonne fois pour toutes Sarah des griffes du Comte, voilà qu'il la trompait avec une femme sortie de nulle part ! Il n'y avait pas plus méprisable et vulgaire façon de cracher sur les sacrifices qu'ils avaient dû faire pour attenter à la vie du Comte. Ce fut à peine si elle entendit Raphaël se demander si aller au QG valait vraiment le coup, bien que ce soit là sa seule chance d'en réchapper.


- Nous allons au QG Raphaël, et plutôt deux fois qu'une. Je refuse plus longtemps de te voir subir les brimades d'une inconnue qui n'a pas versé la moindre goutte de sang lors de nos actions au Théâtre. Je refuse de laisser cette... cette espèce de catin se permettre prendre les rênes de la résistance parce qu'Alexender trouve bon d'aller butiner entre ses cuisses !

Eulalia rougit un peu en prononçant ces mots, à la fois de colère mais aussi de gêne. Elle n'avait pas l'habitude d'employer des mots aussi crus à l'accoutumée. Dans un geste de rage, elle repartit dans les égoûts comme une furie, faisant de grandes enjambées, comme pour arriver plus vite dans le repaire de l'East End.

Retrouver l'air frais de la nuit lui fit du bien. Maintenant, le plus dur était à venir. Il fallait passer le plus loin possible des Vampires pour éviter de les mener jusqu'aux Hunters. Saisissant la main du Vampire pour se hisser, elle regarda autour d'eux. Il n'y avait personne mais apparemment, quelques Vampires devaient patrouiller cette nuit. Très doucement, Lally lia ses lèvres à celles du Vampire pendant un bref instant et chuchota dans le creux de son oreille :


- A partir de maintenant tu vas devoir réfréner ton aura... Je sais que tu peux le faire Raphaël. Nous allons y arriver ensemble.

Elle saisit la main valide de son compagnon et ils se dirigèrent ensemble vers la petite masure, filant de ruelle en ruelle, plus discrets que des chats de gouttière. Eulalia essayait de transmettre tout l'apaisement possible au Vampire par l'intermédiaire de son contact physique. Ils n'avaient pas le choix : s'ils révélaient leur position, ils étaient morts et le QG sombrerait aussi.

[HRP/ Fin du RP avec Lally, suite à venir ! /HRP]
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Échappatoire impromptu [Alastor, Eulalia, Raphaël] [01/05/42]

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